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Editorial | «Kosovo-Albaner: raus!»

En ligne depuis le 1 juin 2000 et publié dans - modifié le 27 juillet 2017

Avec le renvoi de dizaines de milliers de Kosovars, tous ceux qui ont contribué à diaboliser cette communauté, des autorités fédérales aux xénophobes zurichois, jubilent. Il leur aura fallu, pour cela, patienter pendant près de dix ans, mais cette fois sera la bonne. Depuis des mois, l’Office fédéral des réfugiés (ODR) et le Département fédéral de justice et police (DFJP) n’ont cessé de marteler leur volonté de faire usage de la force, et même si Bernard Kouchner, à la tête de la MINUK, a obligé Madame Metzler à renoncer pour l’instant au renvoi des minorités et à étaler quelque peu les rapatriements forcés, l’été nous réserve sans doute quelques belles opérations policières. Jamais une opération de renvoi n’aura pris cette ampleur. Jamais elle ne se sera appuyée sur une politique de rejet aussi déterminée.

On ne peut comprendre cet acharnement sans rappeler qu’avant même l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, le Conseil fédéral avait adopté, dans un message du 15 mai 1991, la nouvelle politique des trois cercles. Dont le principal effet concret revenait à exclure les Yougoslaves de tout recrutement de main d’oeuvre étrangère. A partir de l’été 1991, la guerre allait entraîner l’arrivée de nombreux «ex-Yougoslaves», dont beaucoup de Kosovars, dont les frères et les cousins formaient déjà le deuxième contingent de main d’oeuvre étrangère en Suisse.

Minimisant la politique d’oppression et d’apartheid menée en Kosove par la Serbie, la Suisse essayera par tous les moyens dès 1992, d’expulser les Kosovars au motif qu’il n’y avait pas de guerre ouverte chez eux. Le refus déterminé du régime serbe de récupérer ceux qu’il avait fait fuir, empêcha pourtant la réalisation de la majeure partie des renvois. Misant sur la dissuasion, les autorités fédérales se refusèrent cependant à donner le moindre statut légal à ces réfugiés, qu’elle s’acharna à isoler de leurs proches installés en Suisse par une politique d’attribution insensée qui laissa livrés à eux même des milliers de jeunes adultes interdits de travail, les laissant à la merci des propositions de trafiquants de tous poils. On sait ce qui s’en suivit.

Ayant largement contribué à la montée de la xénophobie à l’égard des Kosovars, les autorités fédérales attendront jusqu’au 7 avril 1999, plus d’un an après le début de la guerre en Kosove même, et plus de dix jours après le début des bombardements de l’OTAN, pour décider l’admission collective provisoire des Kosovars. Un immense élan de solidarité commença alors à se faire jour au sein de la population. Mais là où la propagande officielle affirme aujourd’hui que la Suisse a «accueilli» 50’000 réfugiés, il faudrait peut être rappeler que l’immense majorité a d’abord dû s’imposer, contre le gré de nos autorités qui n’ont cessé de limiter l’octroi de visas et de renforcer les contrôles aux frontières. Indésirables dès la première heure, ils ne pouvaient certes pas espérer beaucoup de mansuétude après la fin de la guerre. La politique des renvois forcés, qui tourne à l’obsession chez nos autorités, n’en est qu’un triste exemple.

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