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Editorial | Faillite de l’intégration, faillite de l’ODR

En ligne depuis le 16 janvier 2002 et publié dans - modifié le 21 juin 2017

Les réfugiés reconnus s’intègrent mal. C’est une étude de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) commandée par l’Office fédéral des réfugiés (ODR) qui le souligne, et toute la presse, le 16 novembre dernier, y est allée de son compte rendu pour récapituler les conclusions de cette enquête: l’accès au travail et l’apprentissage de la langue se font mal. Bref, malgré 80 millions de subventions à l’intégration, en plus des frais d’assistance, les résultats laissent à désirer.

Intégration difficile? Voilà bien une vérité de La Palice. Toute notre politique d’asile est orientée vers la dissuasion et l’exclusion. Et l’on voudrait qu’après des années de marginalisation, les rares rescapés de cette logique entrent facilement dans une logique d’intégration?

Quel est le premier message que reçoit un réfugié à son arrivée? Ici, pas question de travailler pour gagner votre vie. Vous devez apprendre à vivre comme des assistés, et vous contenter d’un montant qui n’est que la moitié du minimum vital. Si vous voulez le compléter pour ne pas perdre votre dignité, il vous faudra travailler au noir, ou vous livrer à la délinquance. Et que l’on ne dise pas que le droit de travailler est acquis après les premiers mois, alors que de multiples restrictions subsistent et que certains cantons interdisent pratiquement tout travail.

Parce que notre politique d’asile a d’abord pour but le renvoi, elle ne prévoit pas non plus un apprentissage intensif de la langue dès l’arrivée, et l’accueil s’arrête souvent à un médiocre b-a ba, laissant à des initiatives privées le soin de se soucier du reste. Faut-il ensuite s’étonner de difficultés d’intégration?

Quoi qu’on dise, les réfugiés sont des êtres aux multiples ressources. Car il en faut, de la volonté et du courage, pour affronter les incertitudes de l’exil et les difficultés du voyage. Voir à quel point la politique de rejet menée par l’ODR parvient à broyer cette énergie pour transformer nombre de réfugiés en véritables loques humaines aurait de quoi faire hurler, si les médias s’interrogeaient un peu sur les constats officiels.

Au plus fort de la crise, des milliers de Suisses, parfaitement formés dans nos écoles et bénéficiant de leurs racines sociales, se sont retrouvés à l’assurance invalidité après un chômage de trop longue durée. Pourquoi les réfugiés s’intégreraient-ils facilement après des années d’oisiveté forcée?

Le 26 juin 2000, «Solidarité sans frontières», qui fédère les groupes de solidarité avec les réfugiés en Suisse, déposait plus de 18’000 signatures à l’appui d’une pétition demandant la fin de l’interdiction de travailler. Une pétition vite classée par le Conseil fédéral comme par les Chambres. Si l’ODR prenait la peine d’en lire le commentaire, il n’aurait pas besoin de multiplier les études pour comprendre que la faillite de l’intégration, est d’abord la faillite de sa politique.

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