top menu

Plateforme d’information sur l’asile

Actualités et documentation sur les réfugiés en Suisse et dans le monde

Comptoir des médias

Une veille médiatique sur les questions d’asile, pour une information sans préjugés

Réfugiés | Préjugés et réalité

Des faits et des chiffres pour lutter contre les idées reçues

Revue Vivre Ensemble

Bulletin de liaison pour la défense du droit d’asile

Migr’asile

Des ateliers pédagogiques proposés par des acteurs de terrain

Association Vivre Ensemble

Service d'information et de documentation sur le droit d'asile

Glossaire de l’asile

Mémo[ts] pour parler d'asile et de migrations

Témoignages video

Une plateforme de témoignages videos

Editorial | L’asile à mort

En ligne depuis le 16 janvier 2002 et publié dans - modifié le 19 juin 2017

Deux ans après la mort d’un réfugié palestinien, mort étouffé par ceux qui étaient chargés de le refouler, voici la mort d’un jeune nigérian, décédé sans raison, à en croire les autorités, alors que des policiers valaisans venaient l’embarquer pour le conduire à Kloten.

Mais voilà qu’à travers leur mort, ceux qui n’étaient que des anonymes de l’asile, deviennent des êtres humains, avec un nom et une histoire. Et nous découvrons dans la presse, avec le portrait de Samson Chukwu, le visage d’un homme doux, souriant à la vie. «Un gaillard sensible» qui a tenté autant qu’il le pouvait de se frayer un chemin dans l’existence à coup de petits boulots et dont le caractère enjoué lui a valu de nombreux amis à travers la Suisse.

De la même façon le remarquable livre publié récemment par le groupe «augenauf» (1) (qui a forcé la justice zurichoise à faire son travail en allant jusqu’à retrouver la famille de Khaled Abuzarifa à Gaza pour qu’elle se constitue partie civile), nous restitue l’histoire du fils aîné d’un intellectuel palestinien, profondément solidaire de sa famille dans les épreuves que lui imposent le retour à Gaza après l’exil en Algérie.

Oui, ceux que l’on tue en s’acharnant à les refouler sont des êtres humains comme nous. Avec leurs sentiments et leurs émotions, leurs espoirs et leurs peurs. Ni pires, ni meilleurs que nous. Mais ils sont morts parce que les mesures de contraintes, dans leur volonté d’assurer à tout prix le renvoi, s’apparentent aujourd’hui à une sorte de permis de tuer.

Et il y aura d’autres morts. Toute la logique de notre droit d’asile, aujourd’hui, consiste en effet à refuser de traiter un requérant d’asile comme un être humain, et encore moins si sa demande a été rejetée. Il y aura des morts, lorsque la révision de la loi sur l’asile dont le projet doit être divulgué cet été aura permis le renvoi vers des pays tiers soi-disant sûrs, sans se préoccuper d’une violation éventuelle du principe de non refoulement. Il y aura des morts lorsque cette même révision poussera encore plus à la misère et au désespoir ceux qui seront victimes de nouvelles restrictions au niveau des subsides d’assistance. Il y aura des morts lorsqu’on aura encore mieux verrouillé les arrivées par la voie des airs, obligeant ceux qui fuient à risquer la noyade en Méditerranée.

A nous de rappeler inlassablement que tous ces réfugiés menacés de mort par notre peur de l’autre sont des êtres de chair et de sang. Comme nous tous.

(1) Khaled Abuzarifa: sein Leben, sein Tod – Eine Ausschaffung aus der Schweiz, mars 2001, 78 pages, avec 12 photographies tirées de la reconstitution du ligotage qui a tué Khaled. A commander c/o Groupe augenauf, postfach, 8026 Zürich (15 frs.)

, ,