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En ligne depuis le 16 avril 2003 et publié dans - modifié le 23 juin 2017

La procédure d’asile est compliquée. C’est un fait, mais parfois elle devient kafkaïenne et inhumaine quand elle sépare un jeune juste majeur de ses parents, comme nous le montre l’histoire ci-dessous racontée par sa mandataire du Centre Suisses-Immigrés valaisan. (Réd.)

I. est arrivé en Suisse en septembre 2002 en compagnie de sa mère et de ses deux sœurs mineures afin d’y déposer une demande d’asile. La famille est membre d’une ethnie minoritaire de la Kosove et a fui cette région en raison de discriminations dont elle est l’objet. Le père de famille est arrivé quelques mois plus tôt et a été attribué au canton de Genève.

Entendus au Centre d’enregistrement de Chiasso, la répartition ordonnée par l’Office fédéral des réfugiés (ODR) est la suivante: la mère et ses deux filles peuvent rejoindre leur mari, et respectivement père à Genève. I. dix-neuf ans, est attribué au canton du Valais! Manque de pot… le père de famille vient d’être l’objet d’une levée d’admission provisoire, avec un délai de départ fixé au 5 décembre, décision contre laquelle il n’a pas interjeté recours. I. reçoit également dans les jours qui suivent une décision négative de l’ODR.

Nombreuses démarches

Venu demander notre aide hors des délais de recours, nous demandons à l’ODR de bien vouloir joindre la cause de ce jeune homme au reste de sa famille et exprimons notre incompréhension quant à l’arbitraire de son attribution au canton du Valais… Nous prions donc l’ODR d’autoriser I. à rejoindre sa famille à Genève dans l’attente d’une décision sur la demande d’asile déposée par sa mère. De son côté, le père de famille adresse un courrier à l’ODR par lequel il sollicite le transfert de son fils du canton du Valais au canton de Genève.

Renvoi en vue

Réponse de l’Office au jeune requérant: son père n’est pas son mandataire, il n’est donc pas habilité à présenter une requête au nom de son fils, par ailleurs la notion de famille se limite aux conjoints et enfants mineurs. Réponse au Centre Suisses-Immigrés: pour ce qui est du transfert, l’ODR nous renvoie au courrier mentionné ci-avant; concernant la suspension du renvoi jusqu’à droit connu de la requête de sa mère, c’est un rejet, au motif que rien ne s’oppose à ce qu’I., majeur, rentre au pays, éventuellement en compagnie de son père, soit le 5 décembre 2002, comme fixé. A cela s’ajoute bien sûr la menace de l’application des mesures de contrainte.

Absence totale d’humanité

Déçu, le jeune et son père adressent à titre personnel deux nouvelles requêtes allant dans le même sens: regroupement familial, suspension de la mesure de renvoi… Là encore, l’ODR oppose un refus catégorique ! Avec l’injonction suivante, dans son dernier courrier:

«Le délai de départ précédemment imparti étant aujourd’hui largement échu, vous êtes appelé à quitter la Suisse dans les meilleurs délais».

Il semble, si nous avons bien compris, que dans l’intervalle le père a été autorisé à rester en Suisse durant la procédure de sa femme et de ses deux filles. Donc, I. est censé rentrer seul en Kosove! Belle notion de l’esprit de famille pour un Office dont la Cheffe sort des rangs d’un parti politique qui prône les valeurs familiales. On peut s’étonner que ces valeurs cessent d’exister à la majorité des enfants.

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