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Editorial | L’asile n’est pas un jeu!

En ligne depuis le 20 juin 2003 et publié dans - modifié le 23 juin 2017

«Leyla, tu as gagné (seulement si: bonne condition physique, pas de mensonges, ni d’actes criminels).»

C’est ainsi que j’ai appris que j’avais réussi le jeu virtuel sur l’asile «swiss-checkin.ch» figurant sur le site Internet de l’Office fédéral des réfugiés (1) (ODR). Mon personnage n’a pas obtenu l’asile en raison de ses activités politiques dans son pays d’origine la Turquie ou des persécutions subies, comme on pourrait le penser, non. Mais en raison de sa bonne condition physique, de son intégrité morale et de son respect des lois suisses, à se demander si les œuvres d’entraide ne devraient pas mettre sur pied des séances de fitness pour les requérants.

Trêve de plaisanteries. L’asile n’est pas un jeu. On ne choisit pas d’être un réfugié, on le devient. On ne quitte pas son pays d’origine comme on part en vacances à l’étranger en choisissant sa destination et son trajet, et en ayant la possibilité de prendre dans ses bagages de l’argent, des médicaments, des vêtements, de la nourriture, une arme, de la drogue, des faux papiers ou… un passeur. Pour une personne qui doit quitter son pays dans l’urgence, les choix sont restreints voire inexistants, et pour ceux qui fuient des situations de guerres civiles ou de troubles politiques, c’est uniquement une question de survie. Il n’y a souvent pas d’autres options possibles, comme voudrait pourtant le faire croire l’ODR. Tout comme il n’y a pas dans la réalité plusieurs essais possibles pour ceux qui n’obtiennent pas l’asile.

Non, le droit à l’asile ne se fonde pas sur la bonne condition physique des requérants, ni sur leurs comportements irréprochables, mais bien sur les motifs d’asile (persécutions, atteintes à l’intégrité, pressions psychiques insupportables). Que le jeu de l’ODR ne le mentionne pas est injustifiable. D’autant plus qu’il est, selon les différentes personnes qui l’ont testé, extrêmement difficile d’obtenir le statut de réfugié. Le requérant algérien par exemple, lui n’y arrive jamais. Quel que soit le moyen de preuve choisi par le joueur, on parvient toujours au même résultat: c’est un menteur qui a caché sa véritable identité.

Si comme l’indique l’ODR (22.5.003) sur son site «Le message principal du jeu est de faire comprendre que l’asile est une affaire sérieuse et difficile, liée à des destins humains et à des drames personnels», on peut dire que c’est raté. Le jeu ne fait que renforcer les préjugés à l’égard des requérants d’asile, qui par exemple, ont dans le jeu le choix de se prostituer, de voler ou de dealer. Combattre les idées reçues n’est pas chose facile nous le savons bien, c’est pour cette raison que vous trouverez encarté dans ce numéro, une petite brochure reprenant dix préjugés à l’encontre des requérants d’asile. N’hésitez pas à nous en commander d’autres. L’important, c’est que les informations circulent.


Note:

(1) Retiré provisoirement du site le 22 mai par l’ODR dans l’attente des résultats d’une enquête, suite aux critiques de l’association «ACOR-SOS Racisme».