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Accueil | De la Croix-Rouge fribourgeoise à l’ORS: Les requérants grands perdants

En ligne depuis le 17 décembre 2007 et publié dans - modifié le 28 juin 2017

Une page importante va se tourner le 1er janvier dans l’histoire de la Croix-Rouge fribourgeoise. En juillet dernier, le canton a décidé de confier le mandat de l’accueil et de l’encadrement des requérants d’asile, jadis dédié à la Croix-Rouge, à une entreprise privée basée à Zürich, ORS SA. Une entreprise que nos lecteurs connaissent bien, puisque nous en avons déjà parlé, lorsque celle-ci a été choisie pour remplacer Caritas dans le canton de Soleure (voir Vivre Ensemble, n°112, avril 2007, p. 14).

La division Requérants d’asile représentait une partie des activités de la Croix-Rouge fribourgeoise depuis sa création au début des années huitante. Une mission traditionnelle pour cette association cantonale, dont l’un des sept principes fondamentaux est l’humanité. Tournant le dos à ces principes, les autorités cantonales ont décidé de retirer le mandat de l’asile à la Croix-Rouge, au profit d’une entreprise dont la seule réputation est de faire des économies à tour de bras au grand dam de la condition humaine. De fait, dans les cantons alémaniques où des mandats similaires ont déjà été confiés à cette entreprise, des langues se sont déjà déliées pour dénoncer ses méthodes de prise en charge, qui laissent peu de place au travail social.

A la recherche du profit

Une entreprise investie d’une mission sociale qui se soucie plutôt de son chiffre d’affaires? Le concept laisse pantois de nombreux observateurs. Le directeur de la Croix-Rouge fribourgeoise, Charles Dewarrat l’a d’ailleurs dénoncé à demi-mot:

«Il est vrai que l’asile et la migration représentent de nos jours une tâche publique importante et sont devenus un enjeu politique et économique (…) Nous respectons le travail et l’évaluation des experts ainsi que le choix de l’autorité cantonale, mais nous constatons entre autres que la masse salariale a fortement pesé sur le balance» fulminait-il avant de poursuivre: «Dans notre offre, nous avons pourtant évalué au juste les besoins en ressources humaines. Ceux-ci reposent sur la réalité des tâches à accomplir, selon notre conception de l’accueil des personnes exilées.». Ce point de vue est partagé par Béatrice Ackermann-Clerc, actrice, puis observatrice avertie du travail social dans son canton depuis une trentaine d’années. «La mise en concurrence du travail social est une dérive inquiétante» commente-t-elle.

Une concurrence déloyale

Beatrice Ackermann-Clerc, regrette qu’il existe désormais un grand flou dans la mission du travail social d’une manière générale. Elle ne manque pas d’arguments pour valider ses peurs.

«Quels seront à l’avenir les critères d’une institution s’occupant de personnes en difficulté? Quels seront les critères de qualité de la prise en charge? Il n’y a pas de morale dans la concurrence. Un foyer d’accueil n’est pas une entreprise comme une autre», souligne-t-elle, avant de conclure: «L’Etat doit impérativement réguler l’action sociale avec des critères sociaux aussi et pas seulement des coûts concurrentiels.»

Attendue au tournant

De nombreuses personnes s’intéressent à cette nouvelle braderie de l’accueil des requérants d’asile dans le canton de Fribourg, mais la plupart préfèrent se taire pour l’instant, prêtes à réagir au moindre signe de dérive de la société ORS dans sa nouvelle mission. Dans l’immédiat, l’attention de la Croix-Rouge fribourgeoise porte sur l’application d’un plan social pour les quelques cinquante collaborateurs qui travaillaient jusqu’ici à la division asile de son institution.

Manuel Lanquier Hiol

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