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Neuchâtel | Réfugiés statutaires, admis provisoires et requérants d’asile: Aide à l’insertion professionnelle

En ligne depuis le 13 juin 2008 et publié dans - modifié le 1 juillet 2017

A diverses reprises, nous avons entendu parler d’ECHELLE, programme d’intégration professionnelle créé spécifiquement pour personnes réfugiées, existant à Bienne et à Neuchâtel. Les résultats obtenus semblaient intéressants. Nous avons donc pris contact avec Madame Emmanuelle Grenon, animatrice de la structure de Neuchâtel et lui avons donné la parole. Nous reproduisons ici son texte, qui présente les objectifs du programme, son contenu et les résultats observés, illustré par deux témoignages de participants. (réd.)

ECHELLE est un programme d’intégration professionnelle pour les réfugiés statutaires, les personnes «admises provisoirement» et depuis le début de l’année pour les requérants d’asile au bénéfice de l’aide sociale. Il est actif à Neuchâtel depuis 2004 grâce au financement du Centre social protestant (CSP) de Neuchâtel et de l’Office fédéral des migrations (ODM) via l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR); et depuis 2008, il reçoit l’appui financier de l’Etat de Neuchâtel. L’une de ses tâches principales est d’accompagner les participants dans leurs recherches de travail et de les aider à trouver un emploi. Une cinquantaine de personnes par année fréquentent ce programme.

Une offre ciblée

Trois types de soutien sont proposés aux participants afin de mener à bien leur projet d’insertion professionnelle. Tout d’abord, ils ont la possibilité de participer au cours «Le monde du travail en Suisse». L’objectif est de leur transmettre les connaissances nécessaires sur les techniques de recherche d’emploi (CV, lettre de motivation, entretien d’embauche, etc.) et sur l’organisation sociale et administrative du monde du travail (contrats d’embauche, droits et devoirs de l’employé et de l’employeur, etc.). Ensuite, ils sont «coachés» dans leurs recherches d’emploi grâce à des entretiens réguliers au cours desquels ils sont conseillés et aidés dans diverses démarches, telles que la rédaction de lettres de motivation ou la préparation d’entretiens d’embauche. Enfin, les collaborateurs prennent le temps de contacter des entreprises afin de leur présenter des candidats. Pour chaque situation, ils donnent les informations nécessaires concernant le statut de la personne, son type de permis, et répondent à toute question soulevée par l’éventualité d’un engagement. Ce programme est intensif et exigeant, et les personnes qui y participent doivent être volontaires et particulièrement motivées pour le suivre.

Des résultats encourageants

Avec le recul de ces quelques années, et d’après les réflexions des réfugiés, il semble que le programme ECHELLE a su développer des prestations utiles pour répondre aux besoins de cette population. En particulier: être encadré, régulièrement soutenu et écouté se révèlent très importants pour ne pas être découragé par les nombreuses recherches d’emploi souvent infructueuses. En plus de cette aide relationnelle, être informé des usages, valeurs et droits en vigueur dans le monde du travail en Suisse, disposer d’un dossier de postulation bien fait et convaincant, être entraîné à passer des entretiens d’embauche sont également des éléments essentiels pour obtenir des chances d’être engagé. Gravir les échelons de l’insertion professionnelle n’est pas facile pour des personnes psychologiquement marquées par l’exil, vivant dans la précarité et se heurtant souvent aux préjugés des employeurs, mais les résultats obtenus par ECHELLE sont encourageants. En 2007, environ 60% des participants qui ont suivi la formule cours plus «coaching» ont signé un contrat de travail, soit vingt personnes.

Emmanuelle Grenon


Témoignages: Des résultats à la clef

Nous reproduisons ci-dessous l’interview de deux personnes qui ont suivi le programme ECHELLE. Elles sont toutes les deux de nationalité angolaise, en Suisse depuis huit ans et au bénéfice d’un permis F.

Pedro, 51 ans, a fait une formation de polisseur, mais n’a travaillé que quelques mois dans le domaine. Depuis 2004, il travaille à 20% dans une entreprise de nettoyage. Il s’est inscrit au programme pour obtenir de l’aide pour trouver un travail à 100% dans l’horlogerie, ce qu’il a finalement obtenu.

Q.: Comment avez-vous eu connaissance d’ECHELLE?

Pedro: «J’avais besoin de trouver un travail fixe. Mon assistante m’a parlé du programme ECHELLE. Depuis que je suis en Suisse, je cherche un travail et j’ai seulement trouvé un emploi à 20%, ce n’est pas assez. Avec vous, je me suis dit que j’aurais plus de chance.»

Q.: Qu’est-ce que ce programme vous a apporté?

Pedro: «De bonnes choses, je trouve que les portes du travail sont plus ouvertes. J’ai appris comment chercher un travail, consulter les sites pour les annonces, comment parler au téléphone et aux entretiens, etc. Avant, jamais on ne m’avait appelé pour un travail. Là depuis deux mois, j’ai fait un essai dans une entreprise d’horlogerie, j’ai eu un entretien, et surtout j’ai signé un contrat comme polisseur. Votre accueil m’a fait du bien, cela m’a donné de la force ! J’étais fatigué de chercher sans rien trouver. Je ne veux pas dépendre de l’assistance, je n’aime pas cela. Grâce à ECHELLE, j’ai trouvé un travail.»

Luisa, 38 ans, recherche du travail depuis son arrivée. Elle a travaillé quelques mois dans le nettoyage et la garde d’enfant pour des privés. Dans le cadre d’ECHELLE, elle a signé un contrat de travail dans un restaurant comme aide-cuisine et repasseuse-lingère.

Q.: Qu’avez-vous appris?

Luisa: «Pour moi, le cours «Le monde du travail» s’est bien passé, il y avait une bonne ambiance, c’était vraiment tous des collègues. J’ai appris beaucoup de choses. Comment chercher du travail, comment se présenter dans une entreprise, comment téléphoner, etc. Avant je ne savais pas comment faire. Si j’allais dans un endroit pour demander du travail et que la personne me disait non, je partais. Maintenant, je me présente, je demande si je peux téléphoner plus tard, je prends la carte de visite. Quand on me dit que je n’ai pas d’expérience, j’insiste et je dis “si vous me donnez le travail, je vais essayer et après vous pourrez me juger”. Le coaching m’a aussi beaucoup apporté. On discute, j’ai pu poser des questions. Je pense que si j’ai trouvé, c’est grâce à ECHELLE. Cela fait huit ans que je cherche. J’ai seulement trouvé quelques heures par-ci par-là. J’ai écrit beaucoup de lettres. Pour nous c’est difficile, c’est toujours négatif. ECHELLE m’a beaucoup aidé, cela m’a donné confiance en moi.»

Propos recueillis par Emmanuelle Grenon

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