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Témoignage | 20 ans de l’AGORA: Des dessins pour parler d’exil

En ligne depuis le 16 septembre 2008 et publié dans - modifié le 1 juillet 2017

Instantanés de vie, d’émotions, fenêtres ouvertes sur un passé douloureux ou/et nostalgique, dessins d’exil nous livre, par l’illustration, un recueil de témoignages uniques de centaines de demandeurs d’asile fraîchement arrivés en Suisse. Des dessins produits entre 1993 et 2000, dans un cabanon de chantier installé pile en face de l’entrée du Centre d’enregistrement des requérants d’asile, alors à Genève. Anne de Vargas et Pilar de Paoli ont eu la bonne idée d’en faire un très bel oouvrage, publié à l’occasion des 20 ans d’activité de l’association Agora (Aumônerie genevoise œcuménique des requérants d’asile. Témoignages. (réd.)

«En ce temps -là, nous étions installés dans une cabane de chantier, baptisée Casagora, juste en face du CERA. Ce petit local, environ douze mètres carrés, servait de lieu d’accueil pour les demandeurs récemment arrivés à Genève.

Le premier contact n’était pas simple. Les personnes étaient épuisées, tourmentées, angoissées. Sur le coin de la table, une pile de feuilles et une boîte de crayons et de feutres étaient à leur disposition. Spontanément, enfants et adultes se mettaient à dessiner. Ils nous donnaient leur dessin en partant. Toutes les parois de la pièce en étaient recouvertes.

Au fur et à mesure, nous ôtions les plus anciens que nous rangions dans des cartons et nous accrochions les nouveaux. Nous avons ainsi conservé plusieurs centaines de dessins.» (Anne de Vargas)

Langage universel

«Parfois les gens parlaient, parfois ils dessinaient. Le dessin leur offrait la possibilité de dépasser le poids des mots dans un récit douloureux. C’était même souvent le seul langage possible. Je me souviens d’une jeune femme avec une histoire difficile qui avait longtemps dessiné. Nous travaillions, alors, dans l’urgence. Après quelques semaines, les gens étaient attribués dans un canton et nous ne les revoyions plus. Ils nous offraient leur dessin comme témoignage de leur passage.

Beaucoup ont représenté le drapeau ou la carte de leur pays, d’autres des paysages, des villages,… Mais aussi la guerre, la violence, la fuite. Chaque dessin exprime, au seuil d’un futur incertain, un besoin viscéral de garder un lien avec ce qui a été laissé.» (Pilar de Paoli)

Précieuses archives

Fin 2000, le centre d’enregistrement déménage à Vallorbe. L’Agora trouve un autre lieu et une autre raison d’être. Elle s’occupe désormais, dans la maison d’accueil de la Croisette, des requérants d’asile attribués au canton de Genève.

«Au moment du déménagement une question s’est posée : que faire des dessins? Nous n’en savions encore rien. Cependant, impossible de les laisser! Et nous avons décidé de tout garder. J’ai emporté les dessins chez moi. Ils ont «dormi» pendant plus de deux ans.

En 2003, nous avons ouvert les cartons et ce fut une expérience bouleversante. En même temps que les dessins, nous avons «revu» tout ce que nous avions ressenti et vécu à la Casagora. Désormais, cela devenait une nécessité de les faire connaître plus loin.

Nous avons passé encore quelques années à les trier, les classer, les sélectionner. Le choix fut long et difficile. Nous avons surtout retenu les dessins d’adultes. Tout en nous laissant guider par notre émotion, nous avons essayé de refléter la plus grande diversité. » (Anne de Vargas)

Toucher un nouveau public

«Les 20 ans de l’Agora nous ont offert l’occasion de publier ce recueil. Mais nous espérons, grâce à cet ouvrage, toucher d’autres personnes que les habitués du réseau asile. Nous souhaitons diffuser le livre dans différents lieux publics : écoles, bibliothèques, salles d’attente…

Ces dessins parlent par eux-même, ils sont des témoignages « hors-mots » avec leur propre langage de communication.» (Pilar de Paoli)

Nicole Andreeta


Les 20 ans de l’Agora

Une fête est organisée à l’occasion des 20 ans de l’Agora. le 18 septembre, à 20 h, à la Maison des associations (salle Gandhi).

Un anniversaire est aussi l’occasion de se pencher sur son passé. Michel Bavarel et Jean-Pierre Zurn, dont le nom est indissociable de l’Agora, publient Chronique d’un accueil controversé à Genève (1998-2008).

Les deux ouvrages peuvent être commandés auprès de  l’AGORA (CP 315-1233 Bernex) ou par courriel:agora@agoralacroisette.ch

Tarifs:

Les deux livres CHF 30.-