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Procédure | Le permis B, au prix d’un harcèlement procédural

En ligne depuis le 19 décembre 2008 et publié dans - modifié le 2 juillet 2017

Après six ans de procédure, Almir (prénom d’emprunt) bénéficie d’un permis B. Le jeune Bosniaque n’avait que douze ans lorsqu’il a été admis provisoirement en Suisse, en raison d’un problème d’asthme bronchique sévère. Une maladie exigeant un traitement très coûteux, vraisemblablement à vie et inaccessible en Bosnie! Les autorités n’ont pourtant cessé de demander une réévaluation de sa situation, plongeant à chaque fois l’adolescent dans de violentes angoisses.

Almir n’avait que quelques années quand la guerre éclate dans l’ex-Yougoslavie. Ses parents, originaires de Vlasenica (ville bosniaque aujourd’hui sous occupation serbe), ne pourront jamais regagner leur domicile. Ils resteront réfugiés en Fédération croato-musulmane. Les traumatismes subis sont profonds. Le père vit la chute de Srebrenica. La mère est emprisonnée plusieurs jours dans un camp avec ses deux enfants. Tous sont témoins d’atrocités.

Almir souffre de crises d’asthme toujours plus aigües qui mettent sa vie en danger. Les parents, totalement démunis, ne pouvant se procurer les médicaments nécessaires pour sauver l’enfant, décident de partir et demandent l’asile en Suisse.

Admission in extremis

La première requête, en janvier 2001, est refusée bien que l’état de santé de l’enfant soit déclaré très inquiétant par plusieurs rapports médicaux, dont certains déjà établis en Bosnie.

Recours, puis demande de réexamen sont nécessaires pour amener les autorités à prendre en compte la maladie d’Almir et surtout à admettre l’absence totale de garantie de soins appropriés en cas de renvoi en Bosnie (Vivre Ensemble, avril 2002).

Pendant ce temps, l’enfant s’angoisse, son équilibre psychique se détériore. Au point que les médecins craignent un acte suicidaire. Une psychothérapie s’avère urgente et nécessaire sur le long terme. De toute évidence, l’admission provisoire octroyée en janvier 2002 ne pourra être levée. Les tracasseries ne cessent pas pour autant.

Février 2003, janvier 2006, janvier 2008: l’ODM revient à la charge, exige de nouveaux certificats médicaux.

A chaque fois les spécialistes ne peuvent que répéter la même chose.

A chaque fois, c’est l’angoisse et l’attente renouvelée pour cette famille..

Une réelle entrave au bon développement d’Almir.

Entre 2002 et 2008

Le jeune Almir traverse ses années d’adolescence, s’encourage dans sa scolarité, suit une thérapie. Mais à chaque lettre de l’ODM, ses angoisses réapparaissent, s’intensifient.

Tout cela le fragilise. Son parcours scolaire se péjore, lui donnant peu d’ouverture sur des choix professionnels. En dépit de tout, Almir va de l’avant, décroche une place d’apprenti peintre en bâtiment. Mais au bout d’un an, son asthme le force à interrompre cette formation.

Conflits de loyauté

Souffrant de son statut précaire constamment remis en cause, il vit d’importants conflits de loyauté face à ses parents, auxquels il souhaite une vraie sécurité. Aussi craint-il toujours l’arrivée d’une lettre des autorités fédérales. Il pense que le mieux est de travailler au plus vite, renonce à tout projet de formation, se ferme d’ailleurs à toute proposition d’aide à ce niveau, cherche un job comme manœuvre. Le plus important pour lui: accéder à l’autonomie financière pour recevoir un permis B, qu’il obtient effectivement en septembre 2008.

Un parcours méritoire, où subsistera un regret: avoir laissé passer sa chance d’acquérir une formation et un diplôme. Dans ce renoncement, le climat de tension constamment engendré par les pressions de l’ODM n’est pas étranger.

La chance d’Almir: sa persévérance, et un réseau de soutien (mandataire, médecins, psychothérapeute) qui a bien fonctionné pour produire à temps les informations exigées!

Danielle Othenin-Girard

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