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Réflexion | Procédure d’asile, la parole impossible

En ligne depuis le 4 octobre 2010 et publié dans - modifié le 8 juillet 2017

Un ouvrage collectif, de caractère scientifique, intitulé Clinique de l’exil. Chroniques d’une pratique engagée vient de paraître. Il est dû à des cliniciens des associations Appartenances de Genève et du canton de Vaud, spécialisés dans l’aide psychologique aux migrants.

Nous ne retiendrons ici qu’une idée, à partir d’un débat et d’une interview accordée au journal Le Temps par la psychologue Betty Goguikian Ratcliff et le psychiatre Olivier Strasser qui ont assumé la direction de ce livre. «Certains aspects de la procédure d’asile font du mal à nos patients», disent-ils. Pour obtenir l’asile, il faut parler. Or, exiger de personnes qui ont subi des traumatismes massifs et proviennent de sociétés où la parole a un sens différent revient à leur imposer une nouvelle intrusion, voire à les placer dans une situation impossible. «Une femme qui dit qu’elle a été violée risque souvent de se couper de sa famille».

Ce que confirme le psychiatre français Thierry Baubet qui écrit dans sa contribution: «Plus les traumatismes sont graves, plus il est difficile pour les patients de les évoquer devant les instances administratives.» Et plus ils sont confus lorsqu’ils parviennent, par exemple, à évoquer la torture, plus on leur reproche de mentir. «On en arrive à ce paradoxe […] que les patients les plus affectés sont considérés comme les moins crédibles».

Dans un cadre officiel, on risque ainsi de ne recueillir qu’une vérité déformée, ce qui peut conduire à une décision erronée, a observé Yves Brutsch, du Centre social protestant, lors du débat. Un entretien thérapeutique et un interrogatoire dans un centre d’enregistrement procèdent de deux logiques et ont deux objectifs différents, conclut Betty Goguikian Ratcliff. «Ce sont deux mondes qui ne se touchent pas». Que faire pour qu’ils se rejoignent?

Michel Bavarel
Article paru dans Agora Infos