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Le Courrier | Un recours contre l’isolement des requérants à l’aéroport

En ligne depuis le 14 janvier 2014 - modifié le 1 novembre 2014

Elisa-Asile estime que le déplacement du site d’hébergement des requérants de l’autre côté de la piste s’apparente à de la détention.

Article d’Eric Lecoultre , paru dans Le Courrier, le 3 janvier 2014. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Lorsqu’un requérant d’asile parvient à Genève par la voie des airs, il ne franchit jamais la frontière tant que sa demande n’est pas acceptée. Il reste à l’aéroport dans un espace d’hébergement de 170m2 et une terrasse clôturée de 65m2 situés sur le toit de l’aérogare. Il peut toutefois se rendre librement dans la zone de transit international et ses quelques commerces et restaurants.
Avec le projet d’extension de l’aéroport, sa direction souhaite relocaliser cet espace de l’autre côté de la piste d’atterrissage en construisant un nouveau bâtiment spécialement pour le logement des requérants, les isolant ainsi de l’aile est de l’aéroport. Un projet combattu auprès du Tribunal administratif fédéral par l’association d’assistance juridique Elisa-Asile, soutenue par l’aumônerie genevoise Agora, toutes deux présentes auprès des requérants à Cointrin, comme l’a annoncé lundi Le Temps. Elles ont fait recours le 13 décembre dernier.

«Tout d’une prison»
La durée maximale d’un séjour à l’aéroport de Genève pour un demandeur d’asile est de soixante jours, période durant laquelle sa situation est étudiée pour statuer sur son droit ou non d’entrer sur le territoire suisse. Les deux associations craignent avec ce déplacement une mise à l’écart des requérants qui s’apparenterait à une détention. Une procédure d’accueil des réfugiés jugée illégale par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
«Selon les plans, le nouveau bâtiment a tout d’une prison», déplore Anne-Madeleine Reinmann, aumônière à l’Agora. «On cherche à compliquer l’accès à ces personnes pour éviter au maximum qu’elles ne se mélangent aux voyageurs.» Alors qu’actuellement les requérants peuvent aller et venir à tout moment de la journée dans la zone réservée aux voyageurs se rendant en dehors de l’espace Schengen, ils devront à l’avenir compter sur un système de quatre navettes par jour pour s’y déplacer.

Extension de l’aéroport
Dans ses propos recueillis par l’ATS, le porte-parole de l’aéroport, Bertrand Stämpfli, estime que le nouveau bâtiment sera «plus satisfaisant» et «plus humain», contestant ainsi le recours d’Elisa-Asile. De plus, il rappelle la nécessité pour l’aéroport, avec l’augmentation constante du trafic, de pouvoir s’agrandir. Les travaux d’extension de l’aile est seraient donc inévitables et conduiraient forcément à la destruction de l’actuel espace d’hébergement des requérants.
Michel Ottet, permanent à Elisa-Asile, ne conteste pas le besoin d’agrandir l’aéroport. Il estime cependant que déplacer les requérants aussi loin est néfaste: «On pourrait les reloger provisoirement dans les salons VIP qui sont toujours déserts, mais pas à l’autre bout de la piste!»
Dans l’attente du verdict, l’Agora a tout de même obtenu les garanties d’un accès facilité au centre d’hébergement si celui-ci venait finalement à être déplacé. «Notre mission deviendrait compliquée si nous étions dépendants de navettes pour nous rendre auprès des requérants», explique Anne-Madeleine Reinmann. L’association pourrait ainsi compter sur Meyrin, commune sur laquelle devrait se construire le nouveau bâtiment et qui a déjà fait part de son opposition à accueillir sur ses terres un lieu de détention pour requérants.

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