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Le Courrier | Le refuge Saint-Laurent, un cri de résistance

En ligne depuis le 7 mai 2015

Depuis deux mois, cinq requérants d’asile érythréens et éthiopiens sont réfugiés dans le sous-sol de l’église Saint-Laurent, à Lausanne. Avant d’arriver en Suisse, plusieurs d’entre eux ont traversé les eaux tumultueuses de la Méditerranée, où tant de leurs semblables ont péri. D’autres ont atterri en Suède ou aux Pays-Bas, non sans subir un voyage traumatisant, semé d’humiliations et de violences.

Editorial de Mario Togni, publié dans Le Courrier, le 7 mai 2015. Cliquez ici pour lire l’éditorial sur le site du Courrier.

Tous ont finalement cherché refuge dans notre petit pays, l’un des plus riches du monde. Or la Suisse, en bon élève de la politique migratoire européenne, veut les renvoyer dans leur premier pays de transit, sans même les laisser souffler, selon la logique implacable des accords de Dublin.

Pour les moins chanceux, il s’agit de l’Italie, avec ses centres d’hébergement surpeuplés, ses campements insalubres ou simplement la rue, dernier terrain d’accueil de nombreux exilés. La Péninsule, en première ligne des voies migratoires, est submergée par les migrants fuyant la dictature, la guerre ou la misère. Il suffit de regarder une carte pour le comprendre.

Face à l’absurdité du système Dublin, la Suisse affiche pourtant un cynisme insolent. Apeurée par l’idée de créer un «appel d’air», elle préfère s’en laver les mains et réinjecter ses demandeurs d’asile dans les rouages d’une machine administrative dénuée d’humanité. Plutôt que d’user de sa marge de manœuvre, bien réelle, via la fameuse «clause de souveraineté».

A Lausanne, le refuge Saint-Laurent sonne donc comme un acte de résistance dépassant largement le sort de ses cinq résidents. Tout comme à Genève, où une importante mobilisation citoyenne a récemment permis d’éviter l’expulsion du jeune Tchadien Ayop Aziz, rescapé de l’incendie du foyer des Tattes.

Les cantons, autorité d’exécution des renvois, ont beau jeu de se cacher derrière le droit fédéral. La route est étroite, certes, mais les brèches existent. Ils doivent s’y engouffrer, autant que possible. Jusqu’à présent, le Conseil d’Etat vaudois, pourtant à majorité de gauche, semble plutôt jouer la montre, embarrassé par ce grain de sable qui a trouvé place au fin fond d’une salle de paroisse.

Comment sortir de l’impasse? Les militants cherchent à élargir le front de soutien. La manifestation de samedi, à laquelle des organisations d’autres cantons sont invitées, participe de cette démarche. Pas facile, alors même qu’une partie de la gauche – le Parti socialiste, en l’occurrence – fait preuve d’un silence gêné dans ce débat, paralysé par la présence des siens au sommet de l’Etat.

Mais les fronts peuvent bouger. Fin mars, une majorité du Grand Conseil vaudois refusait une résolution de l’UDC et du PLR demandant le renvoi immédiat des réfugiés de Saint-Laurent. Un bon début. Dans le confort helvétique, l’indignation se murmure à peine, alors que plus de deux cents refuges ont déjà ouvert leurs portes aux migrants en Allemagne. Un exemple à suivre?

 

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