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Bosnie-Herzégovine | Une étape piège

En ligne depuis le 8 juillet 2019 et publié dans - modifié le 17 juillet 2019

La Bosnie-Herzégovine (BiH), qui ne fait partie ni de l’Union européenne ni de l’espace Schengen, n’est à priori qu’une étape dans le parcours migratoire des requérant-e-s d’asile. Or, depuis près de deux ans, le pays semble être devenu une « étape piège ». Le nombre de personnes migrantes et requérantes d’asile ayant traversé la BiH a considérablement augmenté, passant de 1 000 en 2017 à 22 400 en 2018. De plus, les réfugié-e-s qui tentent de rentrer dans l’UE se heurtent à la politique restrictive de la Croatie qui les refoule systématiquement en BiH. A l’origine de cette attitude des autorités croates : la possible adhésion du pays à l’espace Schengen.

UNHCR / Achilleas Zavallis

Le gouvernement de Bosnie-Herzégovine tente de composer avec une population hétérogène de trois communautés religieuses (musulmane, catholique et orthodoxe) et de se reconstruire malgré ses antagonismes hérités de la guerre. Le blocage des réfugiés par la Croatie et la Slovénie – qui mène une politique similaire mais dans une moindre mesure – s’ajoute à l’agenda politique des autorités bosniaques. Elles ne cessent d’exprimer leur inquiétude mais également leur incapacité matérielle et financière à prendre en charge toutes les personnes en quête de protection qui se trouvent sur leur territoire. En mars 2019, le Ministre de la Sécurité bosniaque responsable de la mise en œuvre de la loi sur l’asile se disait inquiet, redoutant une « escalade » du nombre de personnes migrantes sur la « route des Balkans ». Il déplorait le manque de soutien et de solutions de la part de l’UE.

LA SITUATION À LA FRONTIÈRE

Les pratiques des garde-frontières croates, en particulier le recours systématique à la violence lors des refoulements, sont dénoncées par les associations locales de défense des droits humains. Elles s’appuient sur les témoignages recueillis dans les régions de Bihac et Velika Kladuša où se retrouvent de facto les personnes refoulées. La confiscation ou la casse de biens personnels comme les téléphones portables, le harcèlement sexuel, les menaces et intimidations ne sont qu’une partie des exactions com- mises par les autorités croates. Une lettre ouverte aux citoyens européens a été lancée en novembre 2018 par des personnalités et ONG issues des différents pays de l’ex-Yougoslavie. Elles appellent à un sursaut face à la politique européenne directement responsable de pratiques qui permettent le développement d’idéologies et de politiques racistes et qui causent une détérioration des droits humains fondamentaux.

Une partie des personnes bloquées en Bosnie se rendent en Serbie pour l’hiver – où des camps d’accueil de réfugiés financés par l’UE existent depuis 2016 – avant de revenir pour tenter une nouvelle traversée. Selon les témoignages, il serait possible de soudoyer les douaniers, les chauffeurs de taxi ou de poids lourd. Mais la plupart de ceux qui n’ont pas d’argent restent bloqués en BiH et décident d’y déposer une demande d’asile.

ACCÈS LIMITÉ À LA PROCÉDURE D’ASILE

L’ONU estime que parmi les 23’000 personnes qui ont traversé la BiH en 2018, seules 7 % auraient requis une protection dans le pays. Ce chiffre s’expliquerait par un accès restreint au dispositif permettant de déposer une demande d’asile et à la faible chance d’obtenir une protection. Les rares élu-e-s sont les personnes ayant pu accéder à un des centres d’asile mis en place dans le pays. Divers obstacles administratifs – telle l’obligation de déposer une demande dans les 14 jours et de disposer d’une preuve de domiciliation – laisseraient ainsi une majorité de potentiels demandeurs d’asile hors du système légal, sans accès aux soins ou au système éducatif. Les personnes exclues se retrouvent à la rue, sont hébergées chez des particuliers ou dans des camps où elles dépendent de l’aide de l’OIM et du HCR. La présence des deux organisations en BiH remonte au conflit armé de 1992. Toujours présentes sur le territoire, elles ne disposent pas de mandat clair quant à leur rôle dans la prise en charge des personnes migrantes et requérantes d’asile en BiH.

Shukri Ahmed

Données socio-politiques

Capitale : Sarajevo
Président : Milorad Dodik (depuis novembre 2018)
Langues officielles : bosnien, serbe, croate
Population : 3,507 millions (2016, source : Banque mondiale)
Espérance de vie : 75 – 80 ans (2016, source : OMS)
Religions : musulmans (52,5 %), orthodoxes (31 %), catholiques (15 %)
Classement indice de développement humain : 77e position sur 189 pays (source : UNDP)

Quelques chiffres

Depuis la fermeture des frontières de la Hongrie en 2016, ladite « route des Balkans » a connu un changement de trajectoire. Les personnes en quête de protection traversent la Serbie ou le Monténégro pour arriver en Bosnie-Herzégovine (BiH). De là, elles tentent de rejoindre l’Union Européenne (UE) par la Croatie mais se retrouvent dans une impasse.

23 500 personnes auraient traversé la Bosnie-Herzégovine en 2018 et seules 7 % aurait requis l’asile dans le pays. Une infime minorité (moins de 2%) obtiendrait effectivement une protection, selon les données 2017 et 2018 du gouvernement bosniaque. D’après le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), cette route est essentiellement empruntée par des réfugiés provenant du Pakistan (30 %), de la Syrie (17 %), d’Afghanistan (12 %) et d’Iran (11 %).

Sources


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