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CFA de Boudry | Cadeaux de Noël solidaires pour les requérant·e·s d’asile

En ligne depuis le 5 février 2021

Une idée, de la solidarité, et l’aide des réseaux sociaux. En décembre 2020, la comédienne Garance la Fata a mis sur pied un projet qui a permis d’offrir un présent aux requérant·e·s d’asile du centre fédéral de Boudry. Via les réseaux sociaux, elle a fait appel à la générosité des citoyen·ne·s pour qu’ils et elles envoient un paquet rassemblant une douceur, un produit d’hygiène (dentifrice, savon, etc.) et un objet de loisir (jeu de carte, stylo, cahier, etc.), un mot doux et un objet chaud, en fonction des âges. Avec l’aide d’autres personnes bénévoles, quelques 350 paquets ont été constitués et remis au personnel du centre afin qu’une distribution ait lieu le 24 décembre. Retour en image et en mots autour de cette initiative solidaire originale.

Interview: Cadeaux de Noël solidaires pour les requérant·e·s d’asile

A Boudry, dans le canton de Neuchâtel, est en fonction depuis avril 2018 un centre fédéral d’asile qui loge des personnes requérantes d’asile qui sont en attente de la décision des autorités fédérales sur leur demande. Le séjour maximum y est de 140 jours. 480 lits sont prévus en temps normal Actuellement, vu le faible taux de demandes d’asile et les mesures sanitaires, seuls un peu moins de trois cents résident·e·s y vivent. Dès lors qu’elles sont fixées sur leur sort, les personnes quittent le centre. Elles sont soit renvoyées directement vers un autre pays européen, soit transférées vers un centre sans procédure en vue de leur départ de Suisse. Et si elles obtiennent un permis de séjour ou que le traitement de leur demande d’asile demande davantage de temps pour aboutir, elles sont attribuées à un canton suisse. Le canton de Neuchâtel, lui, comme d’autres qui hébergent un centre fédéral sur leur territoire, a vu son quota de requérant·e·s d’asile diminuer.

A Boudry, des familles et des personnes seules sont logées. Les mineurs suivent des cours d’instruction obligatoire au sein des centres. L’argent de poche est minime et les tickets de transport publics difficiles à obtenir. Les contacts avec la population sont donc rares, hormis les démarches citoyennes et militantes en soutien à leur droit et soucieuses de susciter la rencontre.

En décembre, s’inspirant d’un exemple vaudois de récolte de cadeaux pour les personnes sans domicile fixe, Garance la Fata a décidé de mettre sur pied un projet similaire pour offrir un présent aux résident·e·s du centre. Appuyée dans la démarche par l’association Partage du canton de Neuchâtel, elle a appelé les personnes intéressées à constituer des petits paquets cadeaux en fonction des sexes et âges indiqués, et à les lui envoyer afin qu’elle organise une distribution.  Intéressées par sa démarche, nous l’avons contactée pour savoir comment cela s’était déroulé. Elle nous livre ici sa vidéo de l’action et répond à nos questions. Une démarche simple, solidaire qui donne envie de démultiplier les liens sociaux avec celles et ceux qui en sont plus que jamais privé·e·s.

Vivre Ensemble : Pourquoi avez-vous spécialement pensé à cette catégorie de personnes ?
Garance : Parce que malheureusement nous n’avons pas toutes et tous la chance de nous réunir en famille autour d’un bon repas dans la joie et le partage. Beaucoup de gens sont seul·e·s et n’ont pas d’entourage avec qui fêter la fin d’année. J’ai voulu apporter un peu de chaleur et d’attention à une catégorie de la population qui vit, en plus, dans une situation instable puisque son avenir n’est pas encore déterminé et le sera par les autorités. J’ai eu l’occasion de travailler avec de jeunes migrant·e·s dans un autre cadre: j’ai rapidement pensé aux requérant·e·s pour cette action, étant un peu au courant de la situation.

Quelle a été l’accueil de votre idée par : les autorités du centre et les personnes autour de vous?
Elle a été très bien reçue. La pandémie ne permettait pas au centre d’organiser quoi que ce soit. Cela tombait plutôt bien je crois. J’ai rapidement trouvé des volontaires parmi mes ami·e·s pour m’aider à réaliser le projet. Nous étions huit. Le temps était compté et la logistique plus lourde que ce que j’imaginais au début. Mais nous avons réussi à réunir entre 320 et 350 paquets (on en a prévu un peu plus et je ne les ai plus compté à la fin).

Comment s’est déroulée la distribution?
Il y a eu quelques petits couacs de communication, certains contenants n’étaient pas réglementaires par rapport au règlement du centre et je l’ai constaté sur place en arrivant. Mais comme j’avais prévu des choses en plus, j’ai pu remplacer rapidement tout ce qui n’était pas conforme et tout s’est très bien passé. J’ai eu droit à une autorisation exceptionnelle pour aller déposer les paquets au centre. Nous les avions tous étiquetés en fonction de l’âge et du sexe, ce qui nous a permis de les distribuer plus facilement.

Avez-vous pu rencontrer les destinataires?
J’aurais pu mais j’ai finalement décidé de ne pas rester pour la distribution. J’ai laissé l’équipe du centre et l’aumônière s’en charger. J’ai très envie d’échanger avec les résident·e·s mais cela se fera à une autre occasion.

Une anecdote sur le type de cadeaux reçus ou la préparation ou la distribution?
Il y a en a plusieurs mais je garde surtout un super souvenir de la récolte et de la préparation des paquets. Les gens se sont donnés beaucoup de peine à préparer ces cadeaux et ça nous a beaucoup touché de les voir les déposer, de lire les mots des enfants et de constater que l’envie d’aider, de soutenir et d’apporter de la joie était si présente. Il y a même des enfants qui ont préparé des paquets pour enfants avec leur argent de poche.

Il y a eu quelques tensions dernièrement autour de la présence du centre dans cette commune. Un groupe d’habitant·e·s s’est créé pour dénoncer le fait qu’un grand centre se trouve dans une si petite commune. Qu’en pensez-vous?
Je ne vis pas dans le coin donc je ne connais pas toutes les problématiques. Mais je pense qu’une relation de confiance prend du temps à s’installer et ce dans les deux sens.

Votre geste a-t-il une volonté de créer un lien avec les habitant
·e·s?
Oui. Beaucoup de gens aimeraient pouvoir aider mais ne savent pas comment faire ou n’osent pas lancer des initiatives. Cette action leur permettait de faire un don concret en sachant exactement où il allait aller. C’est important pour moi de montrer aux requérant·e·s qu’une partie de la population aimerait aller à leur rencontrer et créer des liens. Nous ne sommes pas toutes et tous hostiles, loin de là !

Seriez-vous prête à recommencer l’année prochaine?
Avec quelques ajustements oui. Il se peut que d’autres choses se concrétisent aussi durant l’année.

Propos recueillis par Giada de Coulon


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