top menu

Plateforme d’information sur l’asile

Actualités et documentation sur les réfugiés en Suisse et dans le monde

Comptoir des médias

Une veille médiatique sur les questions d’asile, pour une information sans préjugés

Réfugiés | Préjugés et réalité

Des faits et des chiffres pour lutter contre les idées reçues

Revue Vivre Ensemble

Bulletin de liaison pour la défense du droit d’asile

Migr’asile

Des ateliers pédagogiques proposés par des acteurs de terrain

Association Vivre Ensemble

Service d'information et de documentation sur le droit d'asile

Glossaire de l’asile

Mémo[ts] pour parler d'asile et de migrations

Témoignages video

Exilia Films – Voix d’asile. Donner la parole aux actrices et acteurs de l’asile

Antira.org | Accord migratoire avec l’Afghanistan: les projets d’expulsion de l’UE

En ligne depuis le 2 mars 2021 - modifié le 4 mars 2021

Avec l’acceptation du nouvel accord migratoire entre l’Afghanistan et l’Union européenne, jusqu’à 500 personnes par mois pourraient être autorisées à être expulsées vers l’Afghanistan. Le document de douze page montre clairement que l’UE a l’intention d’intensifier sa politique d’expulsion vers l’Afghanistan dans les années à venir. À l’avenir, il faut s’attendre à ce que le risque d’être déporté en Afghanistan augmente à nouveau. Dans un pays dont la situation sécuritaire est extrêmement précaire. Dans un pays où des milliers de personnes sont persécutées ou tuées chaque jour. 

La plateform Antira.org -basée en Suisse alémanique- rend compte de l’actualité et des développements autour du thème du racisme et veut constituer une base pour la résistance antiraciste. La newsletter du 8 février qui contient cet article en allemand: Migrationsabkommen mit Afghanistan offenbart die Ausschaffungspläne der EU a été publiée sur leur site. Avec leur accord, nous vous en proposons une traduction ci-dessous.

L’accord sur les migrations avec l’Afghanistan révèle les projets d’expulsion de l’Union Européenne

Jusqu’à 500 personnes par mois seront autorisées à être expulsées vers l’Afghanistan dans le cadre d’un nouvel accord sur les migrations. Dans le même temps, le ministère allemand des affaires étrangères déconseille tout séjour en raison de la situation dangereuse dans le pays.

L’UE est sur le point d’adopter un accord (informel) sur la coopération en matière de migration avec l’Afghanistan. Bien que la pratique en matière d’asile et d’expulsion à l’égard de l’Afghanistan soit souvent critiquée par le soi-disant centre politique, le document de douze pages énonce de manière flagrante ce que l’UE envisage dans le cadre de la coopération en matière de migration avec l’Afghanistan : d’arrêter la migration “irrégulière” en provenance d’Afghanistan et – ce qui est expliqué de manière beaucoup plus détaillée dans le document – et de faciliter la possibilité d’expulsions forcées. L’accord réglemente en grande partie les responsabilités en matière de clarification de l’identité et d’obtention des documents de voyage afin que les expulsions puissent se dérouler sans heurts.

Quelques extraits de l’accord : “L’UE et le gouvernement afghan ont l’intention de coopérer étroitement pour organiser le retour en Afghanistan, dans la dignité, la sécurité et l’ordre, des ressortissants afghans qui ne remplissent pas les conditions de résidence dans l’UE”. Appeler un renvoi forcé avec internement préalable dans une prison administrative et l’utilisation d’entraves, un “retour digne et sûr” est complètement hypocrite.

L’accord stipule ensuite qu’”afin de faciliter le retour […] des ressortissants afghans, les États membres de l’UE peuvent utiliser des vols réguliers ou non réguliers vers l’aéroport de Kaboul et vers tout autre aéroport afghan désigné […], y compris des vols conjoints pour le retour des ressortissants afghans de plusieurs États membres de l’UE organisés et coordonnés par Frontex. Tous les États membres de l’UE peuvent participer à des opérations de retour conjointes impliquant des vols spéciaux. Dans le cas de vols spéciaux, les États membres de l’UE fourniront les détails des vols (avec un maximum de 50 rapatriés par vol, nombre qui pourra être augmenté en accord avec le gouvernement afghan) et les données personnelles des rapatriés concernés […] trois semaines avant la date de retour. Le nombre maximum de rapatriés involontaires est limité à 500 personnes par mois, nombre qui peut être augmenté par accord préalable”.

Un passage du document est particulièrement révélateur : “Les États membres de l’UE veillent à ce que les personnes réadmises d’Afghanistan dont il s’avère ultérieurement qu’elles ne sont pas des ressortissants afghans soient réadmises par l’État membre de l’UE concerné ou expulsées vers leur pays d’origine”. L’essentiel est que des personnes soient déportées en Afghanistan, peu importe qu’elles n’aient jamais vécu là, qu’elles ne connaissent personne, qu’elles n’aient pas de réseau social.

Le document expose ensuite les “obligations” de l’UE et de l’Afghanistan envers les personnes déportées de force. Il s’agit notamment de la prise en charge des frais de vol, d’informations détaillées pour la personne concernée sur sa situation et d’un soutien financier pour la “réintégration” en Afghanistan. Il reste à voir si l’UE elle-même se conformera à ces exigences minimales. L’expulsion forcée vers l’Éthiopie la semaine dernière a montré à quel point la Suisse, par exemple, se soucie peu de ces normes. On sait qu’au moins une des personnes déportées n’a pas su ce qu’on lui faisait avant qu’elle ne soit dans l’avion. Et en Éthiopie, elle n’a reçu que 100 francs au lieu des 1000 francs annoncés publiquement.

Ce document montre clairement que l’UE a l’intention d’intensifier sa politique d’expulsion vers l’Afghanistan dans les années à venir. À l’avenir, il faut s’attendre à ce que le risque d’être déporté en Afghanistan augmente à nouveau. Dans un pays dont la situation sécuritaire est extrêmement précaire. Dans un pays où des milliers de personnes sont persécutées ou tuées chaque jour. Dans un pays pour lequel les conseils aux voyageurs du DFAE à l’intention des citoyens suisses sont les suivants : “Les voyages et les séjours en Afghanistan, quels qu’ils soient, ne sont pas conseillés. La sécurité n’est pas garantie : Il existe un risque de combats intenses, d’attaques à la roquette, de mines, d’attentats terroristes, d’enlèvements et d’attaques criminelles violentes, y compris des viols et des vols à main armée. Dans différentes régions du pays, les forces de sécurité afghanes combattent des formations de talibans et d’autres groupes armés. Dans l’est du pays, des combattants revendiquant l’allégeance à l'”État islamique” sont actifs. Les combats font de nombreuses victimes. Pour la seule année 2018, selon la Mission des Nations unies en Afghanistan (MANUA), 3804

https://www.statewatch.org/media/1801/eu-council-joint-declaration-afghanistan-5223-21-add1.pdf
https://www.eda.admin.ch/eda/de/home/vertretungen-und-reisehinweise/afghanistan/reisehinweise-fuerafghanistan.html


En relation avec cet article

, , , , , ,