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Legal Centre Lesvos | La Grèce sommée de garantir des conditions de vie dignes

En ligne depuis le 9 mars 2021

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a été saisie par une femme requérante d’asile logée dans le hotpsot de Lesbos. Enceinte, proche de l’accouchement, celle-ci déplore les conditions de vie indignes qui l’exposent, elle et son enfant à venir, à des préjudices irremplaçables. Une autre femme enceinte s’est déjà immolée récemment au sein de ce camp de crainte de devoir y accoucher. Le Centre juridique de Lesbos qui représente la plaignante a informé que la Cour européenne des droits de l’homme a accédé à sa demande en sommant l’État grec de mettre fin aux traitements inhumains et dégradants pour cette femme. Ces conditions de vie ont été reconnues contraires à l’article 3 de la Convention des droits de l’homme.

Le communiqué du Centre juridique de Lesbos  a été publié le 4 mars 2021 sur son site.

Le gouvernement grec est sommé par la Cour européenne des droits de l’homme de garantir des conditions de vie compatibles avec l’article 3 CEDH pour la cliente AJ du Legal Centre Lesvos

Le mardi 2 mars 2021, le Centre juridique de Lesbos a déposé une demande urgente de mesures provisoires conformément à l’article 39 du règlement de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) au nom d’AJ, pour mettre fin à ses traitements inhumains et dégradants aux mains de l’État grec. Et en violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Le 4 mars 2021, la Cour a accéder à notre demande et a indiqué au gouvernement grec son obligation de garantir à AJ des conditions de vie compatibles avec l’article 3 de la Convention et de lui fournir des soins adéquats compatibles avec son état de santé .

AJ, actuellement en fin de grossesse, est une survivante de la guerre, avec des éclats d’obus à l’intérieur de son corps à plusieurs endroits. Elle souffre de crises fréquentes, d’engourdissements, d’immobilité et de douleurs conséquentes. Malgré cela, AJ est actuellement hébergée par l’État grec au Centre d’accueil et d’identification de Mavrovouni (RIC) – “ Moria 2.0 ” – dans des conditions de vie impropres à l’habitation humaine qui exacerbent ses souffrances physiques et mentales et présentent un risque imminent de préjudice irréparable à la fois pour elle et à son enfant à naître. AJ et sa famille ont vécu dans le célèbre camp de réfugiés de Moria avant l’incendie de septembre 2020, qui l’a laissée, elle et sa famille – y compris leur fille alors âgée de 15 mois – dans la rue pendant environ une semaine, piégés derrière des barricades de police, sans nourriture, sans eau, sans un abri muni des équipements de base et exposés aux gaz lacrymogènes de la police. Les conditions inhumaines et dégradantes que subit désormais la famille dans Moria 2.0 incluent l’ exposition au saturnisme , qui pose un risque disproportionné pour AJ en tant que femme enceinte, ainsi que pour le développement de son bébé à naître et de son enfant en bas âge.

Maintenant dans son neuvième mois de grossesse, AJ est naturellement terrifiée à la perspective de devoir accoucher à Moria 2.0 ou de devoir retourner vivre dans le camp avec son nouveau-né. La semaine dernière, une femme enceinte de Moria 2.0 face à un accouchement imminent s’est immolée par le feu à cette perspective .

En août 2020, AJ a été transférée par l’hôpital général de Mytilène pour des soins de santé qui ne peuvent être fournis à Lesbos. Le HCR et le chef du RIC étaient au courant des besoins médicaux d’AJ depuis au moins août 2020, mais ils ont systématiquement omis de transférer AJ dans un logement approprié ou de lever les restrictions d’assignation en dehors du hostpot pour AJ. Ils ont dès lors contrevenu à leur responsabilité de le faire pour AJ en tant que personne vulnérable nécessitant des conditions d’accueil particulières et ne pouvant bénéficier d’un accompagnement adapté sur l’île. De même, le service d’accueil et d’identification (RIS), qui, depuis janvier 2021, est compétent pour faciliter les transferts vers le continent, n’a pas réussi à faciliter le transfert d’AJ vers un hébergement approprié et un soutien médical sur le continent.

AJ n’aurait pas dû avoir besoin de déposer une requête devant la Cour européenne des droits de l’homme pour que l’État grec se conforme à ses propres lois: des lois déjà insuffisantes pour garantir les conditions de dignité humaine, d’autodétermination et d’épanouissement de AJ, tout comme de toute personne soumise à l’Europe qui impose un régime frontalier violent.

Cependant, à la lumière de la décision rendue aujourd’hui par la Cour, le gouvernement grec doit agir immédiatement pour:

  1. Faciliter le transfert immédiat d’AJ et de sa famille vers le continent avant son accouchement.
  2. Faciliter son accès aux soins dont elle a besoin sur le continent.
  3. Offrir à AJ et à sa famille des conditions de vie appropriées dans un logement décent sur le continent.

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