top menu

Plateforme d’information sur l’asile

Actualités et documentation sur les réfugiés en Suisse et dans le monde

Comptoir des médias

Une veille médiatique sur les questions d’asile, pour une information sans préjugés

Réfugiés | Préjugés et réalité

Des faits et des chiffres pour lutter contre les idées reçues

Revue Vivre Ensemble

Bulletin de liaison pour la défense du droit d’asile

Migr’asile

Des ateliers pédagogiques proposés par des acteurs de terrain

Association Vivre Ensemble

Service d'information et de documentation sur le droit d'asile

Glossaire de l’asile

Mémo[ts] pour parler d'asile et de migrations

Témoignages video

Exilia Films – Voix d’asile. Donner la parole aux actrices et acteurs de l’asile

MSF | Grèce: souffrances psychologiques causées par le système des “hotspots”

En ligne depuis le 17 juin 2021

Médecins sans Frontières (MSF) a publié un rapport qui dénonce l’ampleur des souffrances causées par le système des “hotspots” mis en place par l’Union européenne. L’ONG révèle des conditions de vie insalubres, des procédures administratives interminables, l’exposition aux violences, la séparation des familles ou encore l’impossibilité de se soigner. Tous ces éléments sont des sources de stress et d’inquiétude. Plus de 180 personnes soignées par MSF s’étaient automutilés ou avaient tenté de se suicider. Le rapport demande de mettre fin aux politiques de confinements et que les individus qui arrivent en Europe aient le droit à une aide d’urgence.

Nous publions, ci-dessous, le communiqué du rapport réalisé par Médecins sans Frontières publié le 11 juin 2021.

Reconsidérer l’accueil des migrant·es dans les “hotspots” grecs

Grèce : un rapport MSF dénonce l’ampleur des souffrances causées par le système des « hotspots » mis en place par l’Union européenne

Les conclusions d’un rapport publié cette semaine par Médecins Sans Frontières (MSF) mettent en lumière les ravages des politiques migratoires européennes sur la santé des demandeurs d’asile, réfugiés et des autres personnes migrantes bloquées sur les îles grecques.

« Depuis plus de cinq ans et l’entrée en vigueur de l’accord UE-Turquie, la politique de l’Union européenne (UE) consistant à contenir les gens et à traiter leurs demandes d’asile dans des hotspots, sur les îles grecques, a créé une crise sans précédent et une énorme souffrance », a déclaré Reem Mussa, spécialiste MSF de la migration et l’une des auteures du rapport.

En 2019 et 2020, les psychologues de MSF à Chios, Lesbos et Samos ont soigné 1369 patients, dont beaucoup souffraient de graves troubles psychologiques, notamment de stress post-traumatique et de dépression. Plus de 180 personnes soignées par MSF s’étaient automutilées ou avaient tenté de se suicider. Deux tiers d’entre elles étaient des enfants, la plus jeune n’avait que six ans. Vivre dans des conditions insalubres, mener des procédures administratives interminables pour obtenir l’asile, être exposé à la violence et à l’insécurité, être séparé de sa famille, ne pas pouvoir se soigner, sont des sources de stress et d’inquiétude, auxquelles s’ajoute la crainte permanente d’une expulsion.

De plus, pendant des années, les besoins vitaux les plus élémentaires ont été négligés sur les îles grecques. MSF et d’autres ONG ont continuellement été obligées d’intervenir pour fournir ces services fondamentaux, allant des soins de santé à l’approvisionnement en eau. Entre octobre 2019 et mai 2021, les équipes de MSF ont acheminé par camion plus de 43 millions de litres d’eau potable pour les habitants du hotspot surpeuplé de Vathy, sur l’île de Samos, où l’eau est impropre à la consommation.

« Il est choquant de constater que le hotspot de Moria sur l’île de Lesbos sert désormais de modèle pour un nouveau centre de type carcéral à Samos. Ce dernier, situé dans une zone isolée et exposée de l’île, accueillera des personnes dans des conteneurs, entourés de fils barbelés, avec des entrées et sorties contrôlées. Ce projet est vendu comme une amélioration des conditions de vie des gens, alors qu’il continuera, au contraire, à détériorer la santé mentale des personnes, à provoquer une nouvelle crise de protection et à rendre encore plus invisible la souffrance des personnes piégées sur les îles grecques » explique Iorgos Karagiannis, chef de mission.

« L’UE et ses États membres doivent mettre fin aux politiques de confinement et faire en sorte que les personnes arrivant en Europe aient accès à une aide d’urgence. Ils doivent faciliter l’accès à la protection et à la relocalisation vers un accueil et une intégration sûre à travers l’Europe », conclut Reem Mussa.

Le rapport en anglais « Constructing crisis at europe’s border » est téléchargeable en bas de cette page.


En relation avec cet article

, , , , , ,