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Documentation

EPER | Suspension suisse du pacte de l’ONU sur les migrations

Le Conseil des États suisse a décidé de suspendre de l’adhésion de la Suisse au pacte de l’ONU sur les migrations dans le but d’effectuer quelques clarifications sur le texte. Bien que l’EPER approuve ce temps de réflexion, l’œuvre d’entraide rappelle que la Suisse doit enfin assumer sa responsabilité et participer aux solutions globales sur ces questions. Une nécessité d’autant plus que la pandémie mondiale de la COVID-19 influe autant sur les politiques de gestion migratoire que sur les parcours des personnes migrantes.

Nous reproduisons, ci-dessous, le communiqué produit par l’EPER publié le 10 juin 2021. Celui-ci est développé sur le lien suivant.

Pacte de l’ONU sur les migrations à nouveau suspendu : quid de la responsabilité de la Suisse ?

Le Pacte de l’ONU sur les migrations est un instrument essentiel pour garantir une gestion plus sûre et mieux coordonnée des migrations internationales et protéger les personnes migrantes particulièrement vulnérables. Alors que l’adhésion de la Suisse à cet accord important est en attente depuis trois ans, le Conseil des États a décidé aujourd’hui de suspendre l’examen de l’objet à des fins de clarifications. Sur le principe, l’EPER approuve son souhait de traiter le Pacte de l’ONU sur les migrations de manière rigoureuse. Néanmoins, les clarifications nécessaires et la décision doivent se faire en temps utile. En effet, la Suisse aussi doit assumer enfin sa responsabilité et participer aux solutions globales en matière de migration.

Image tirée du communiqué de l’EPER.

Les flux migratoires mondiaux posent des défis de taille qu’aucun État ne peut relever seul. Les principales victimes du manque de coordination internationale sont le plus souvent les migrantes et les migrants : quiconque doit emprunter des voies de migration illégales s’expose à de grands dangers et risque d’être victime de violations des droits humains, d’exploitation et de discrimination. L’Entraide Protestante Suisse (EPER) mène des projets de coopération au développement et d’aide humanitaire d’urgence dans de nombreux pays du monde où des personnes se voient contraintes de quitter leur foyer à cause de la pauvreté, de la violence ou des conséquences du changement climatique. L’EPER travaille auprès des personnes réfugiées qui doivent survivre dans des camps aux conditions précaires, sans protection et sans perspectives réalistes de mener une vie meilleure.

La pandémie de coronavirus aggrave la situation

Les répercussions économiques et sociales de la pandémie de COVID-19 intensifieront encore les mouvements migratoires. Ces défis mondiaux requièrent des solutions mondiales : afin d’offrir une meilleure protection aux personnes migrantes vulnérables, de gérer la migration positivement et conformément aux droits humains, et de faire baisser la migration irrégulière, il est nécessaire de mettre en place une coopération coordonnée entre les pays d’origine, les pays de transit et les pays d’accueil des personnes migrantes.Le Pacte de l’ONU sur les migrations pose les bases de cette coopération. En s’appuyant sur les droits humains, il définit 23 objectifs concernant la gestion des migrations ainsi que des mesures de mise en œuvre non contraignantes. La Suisse a largement participé à l’élaboration de cet accord et a pu faire valoir ses intérêts : le pacte réaffirme explicitement le droit souverain des États signataires de décider en toute autonomie de leur politique migratoire. En même temps, il rappelle leurs engagements internationaux et renforce ainsi les droits humains dans le monde entier – une ambition humanitaire pour laquelle la Suisse s’engage avec succès depuis des décennies.Un Oui de la Suisse au Pacte de l’ONU sur les migrations est donc d’autant plus important – aussi bien pour une politique migratoire internationale positive, dans le respect de la dignité humaine, que pour la protection des droits humains. L’EPER appelle donc le Conseil des États à assumer sa part de responsabilités et à soutenir le Pacte de l’ONU sur les migrations dès que possible. 

Joëlle Herren Laufer