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Israël et les réfugiés

En ligne depuis le 23 avril 2013 et publié dans

Suite de la chronique sur le Sinaï (VE 140)

International_refugee_year_stamp_Israel_-_Exodus_19-4

Données socio-démographiques

Pays: Israël
Superficie: 20’770 km2
Population: 7’590’758 habitants
Langues: hébreu (langue officielle), arabe (langue parlée par la minorité arabe), anglais (langue étrangère la plus courante)
Villes: Tel Aviv-Yafo, Haifa, Jérusalem (capitale)

Populations réfugiées en Israël: fin juin 2012, environ 57’193 demandeurs d’asile résidaient en Israël, la plupart originaires du Soudan (15’210 personnes-25,91%) et de l’Erythrée (35’895-63%).

« Si plus de 82% des Subsahariens résidant en Israël sont originaires d’Erythrée et du Soudan, le gouvernement a systématiquement refusé de conduire des procédures de demandes d’asile pour les ressortissants de ces deux pays. Placés sous une « protection collective » qui les protègent contre l’expulsion, ils ne bénéficient d’aucun droit ni service social. (…) Sans espoir d’obtenir un jour un statut officiel de réfugié, ces individus sont littéralement pris au piège dans un Etat aux frontières ultra-surveillées, les empêchant de rebrousser chemin ou de continuer leur route vers l’Europe ou un autre pays de la région.»

David Lagarde, Israël, “L’infernale terre promise, Revue Plein droit, décembre 2012

L’asile en Israël

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«La clôture le long de la frontière égyptienne a atteint ses objectifs, affirme le Premier ministre», titre le quotidien conservateur The Jerusalem Post. Inaugurant le principal tronçon, de 230 km de long, de la nouvelle clôture rehaussée de barbelés en bordure du Sinaï, Benyamin Nétanyahou a assuré qu’on avait assisté à une réduction conséquente du nombre de migrants et à une diminution du nombre d’attaques terroristes à partir de cette région. «Ce succès nous indique que nous devons achever le travail sur d’autres frontières.» (Courrier International, 3 janvier 2013) EgyptIsraelBorderEilat

Notre précédente chronique portait sur l’enfer vécu par les réfugiés érythréens et soudanais dans le Sinaï (VE 140). Lorsqu’ils parviennent à échapper aux trafiquants et aux camps de torture en Egypte, ils doivent affronter un nouveau défi: déposer une demande d’asile en Israël.

Israël est un des rares pays de la région à avoir ratifié la Convention de Genève sur le statut des réfugiés. Mais il ne dispose pas de véritable législation sur l’asile. Jusqu’en 2006, quelques centaines de demandeurs d’asile entraient chaque année en Israël. Depuis, le nombre de réfugiés soudanais, érythréens et d’Afrique subsaharienne n’a cessé de croître, le pays enregistrant 17’000 entrées par la frontière égyptienne en 2011, soit quelque 60’000 personnes au total depuis 2006. La question des réfugiés devient alors une thématique dans l’actualité israélienne.

Pour endiguer les entrées illégales de migrant-e-s, le gouvernement israélien signe en 2007 un accord de réadmission et de prévention des “infiltrations” avec Hosni Moubarak (la politique égyptienne du “stop and shoot” fera une centaine de migrants morts en 5 ans) [1]. La même année, Israël transforme la prison de Ktziot en centre de rétention. Et il entame en 2010  la construction d’un mur d’acier ultra-technologique sur la frontière avec le Sinaï. Las, la révolution arabe dope le nombre de passages clandestins. Israël adopte alors en janvier 2012 une loi  “anti-infiltration” selon laquelle quiconque entre illégalement en Israël est qualifié d’ ”infiltré” et traité comme un traître. Il ou elle peut alors être détenu-e sans jugement et sans accès à un avocat pour une durée de trois ans, voire plus. Pour mettre en vigueur cette loi, Israël entame l’agrandissement et la construction de nouveaux centres de détention, dotés d’une capacité de 30’000 âmes. L’accès à ces lieux d’enfermement est interdit aux ONG israéliennes.

La procédure d’asile reste inexistante. Jusqu’en 2009, le bureau du HCR en Israël était en charge du traitement des demandes. Depuis, les réfugiés voient difficilement leur demande d’asile examinée par les autorités. Les ONG israéliennes militent pour un accès à une véritable procédure d’asile, et la fin de la criminalisation des réfugiés, soulignant leur besoin de protection ainsi que la nécessité de poursuivre les trafiquants d’êtres humains dont plus de la moitié d’entre-eux auraient été victimes dans le Sinaï.

Theodore Baird

[1] David Lagarde, “Israël, l’infernale terre promise“, Revue Plein droit, décembre 2012

Sources de l’article

Voir aussi