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Serbie | L’antichambre de l’Europe

En ligne depuis le 7 janvier 2015 et publié dans
Auteur: Alberto Campi, 2015

Carte: Alberto Campi, 2015

Capitale: Belgrade
Population: 7,3 mio (DFAE)
Superficie: 77’474 km2 (sans le Kosovo)
Langue officielle: serbe (ou serbo-croate )
Groupe majoritaire: serbe (80%)
Groupes minoritaires: hongrois (4,8%), bosniaque (1,7%), macédonien (1,4%), albanais (1,4%), croate (1,4%), tsigane (1,0%), monténégrin (1,0%), slovaque (0,9 %), turc (0,5%), tchèque (0,5 %), bulgare (0,3%), etc.
Système politique: république comprenant également la province de la Voïvodine

La Serbie pays d’accueil, de transit et d’origine des réfugiés

Les Balkans en général, et la Serbie en particulier, ont depuis toujours rempli le rôle de lieu de passage et de transit de et vers l’Europe. L’origine des migrants a évolué au fil du temps.

Pays d’accueil -La Serbie est le pays qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés et déplacés suite aux guerres d’ex-Yougoslavie (1992 et 1995). Leur nombre a drastiquement diminué (-80 %) de 1996 à 2008, car la majorité d’entre eux a acquis la citoyenneté (200’000 personnes), est retournée en Bosnie ou en Croatie (149’000) ou a trouvé refuge ailleurs (49’000). Actuellement, quelque 86’000 personnes d’origine bosniaque et croate résideraient en Serbie, en plus des 209’722 déplacés provenant du Kosovo. Les réfugiés et déplacés de la région bénéficient de presque les mêmes droits que les Serbes et ont accès à une procédure accélérée pour l’obtention de la citoyenneté.

Pays d’origine – Une étude de l’association Asylum Protection Center établit un parallèle entre l’entrée en vigueur en 2009 de l’exemption de visas pour entrer dans l’Espace Schengen pour les citoyens serbes et l’augmentation des demandes d’asile en Europe (4e place après la Syrie, la Russie et l’Afghanistan en 2013). Une forte baisse a cependant été marquée en Suisse entre 2012 et 2013 (-85 %). Alors que la majorité des demandes sont le fait des minorités roms, fortement discriminées dans leur pays, le taux de reconnaissance est en général très bas (1,9 % en Suisse en 2013)

Pays de transit – La situation géographique de la Serbie par rapport à l’UE, ainsi qu’un accueil des réfugiés malgré tout assez favorable ont fait d’elle l’antichambre privilégiée de l’Europe occidentale pour les migrants et réfugiés partis de Turquie et ayant fui l’enfer grec ou la Bulgarie.

L’asile en Serbie

La première loi sur l’asile serbe date de 2008. Sa mise sur pied a été une condition exigée par l’UE afin qu’elle libéralise la politique des visas vis-à-vis de ses citoyens voulant séjourner dans l’Espace Schengen. La Serbie ne participe pas pour autant au régime d’asile européen, dont Dublin est l’un des piliers. Si la procédure d’asile serbe connaît de gros problèmes de fonctionnement, les demandeurs d’asile bénéficient de certains droits : hébergement temporaire, nourriture et accès aux services de santé. De 2008 à mars 2013, 7470 personnes ont demandé l’asile en Serbie. A ce jour, seules 16 personnes ont reçu une protection.

La Serbie: une étape dans le parcours migratoire. La majorité des migrants se trouvant en Serbie n’ont a priori aucune intention d’y rester. Selon les témoignages récoltés sur place, si l’économie serbe leur permettait de trouver un travail, beaucoup s’y installeraient. Généralement, les migrants ayant le plus de ressources, physiques et économiques, traversent les Balkans relativement rapidement; les autres, «complètement épuisés, malades ou encore sans moyens pour continuer leur voyage (…) demandent l’asile en Serbie. C’est souvent le seul moyen d’échapper à l’illégalité, de régulariser leur statut et de bénéficier de certains droits» (Meh, 2013). C’est aussi le moyen de digérer l’expérience traumatisante de la Grèce et de la Bulgarie.

Une fois récolté l’argent nécessaire, ils et elles reprennent leur route vers l’Europe, souvent via la Hongrie. L’UE ayant renforcé les contrôles à la frontière hongro-serbe, les migrants restent fréquemment bloqués en Serbie. Quant à ceux qui parviennent à la franchir, ils risquent de se retrouver… en Grèce! Les conditions d’accueil en Hongrie conduisent en effet nombre de migrants à refuser de donner leurs empreintes digitales  pour ne pas s’y trouver coincés par le jeu du système Dublin. Ils sont alors acheminés vers la frontière serbe, selon les témoignages que nous avons recueillis. Et lorsqu’ils sont interceptés en Serbie, ils sont condamnables à une peine de prison (10 à 15 jours) ou à une amende et reçoivent un ordre d’expulsion. Parfois, ils sont directement retransférés en Macédoine. La Macédoine ayant notamment signé un accord de réadmission avec Athènes, les migrants peuvent, au final, se retrouver en Grèce. Un pays structurellement défaillant en matière de protection, au point que les renvois Dublin y sont illégaux depuis 2011. La Hongrie continue ainsi d’y renvoyer indirectement les migrants, par le jeu de refoulements en chaîne.

Cristina Del Biaggio

Cristina Del Biaggio, géographe, accompagnée du photographe Alberto Campi, s’est rendue dans les Balkans en 2014 dans le cadre d’un projet de recherche universitaire sur les routes migratoires aux portes de l’Europe. Elle s’est notamment arrêtée en Serbie, pays de passage vers l’Union européenne. Elle y a rencontré des personnes cherchant protection en Europe, et parcouru le pays et ses centres d’accueil. Nous publions ici un aperçu de ses recherches, qui feront l’objet de diverses publications.

Voir aussi le reportage photographique “Balkan Road”, publié sur le site VisionsCarto.net, le 16 septembre 2014. Pour lire l’article et voir le reportage photo, cliquez ici ou sur l’image ci-dessous.

BalkanRoad

Photo: Alberto Campi

Photo: Alberto Campi

Sources de l’article:

Lire aussi le reportage de deux jeunes journalistes en formation: “En Serbie, Afghans, Syriens et nouveaux réfugiés aux portes de l’Union européenne“, publié sur Belgrade Express, le 20 février 2015.

Voir aussi:

Derniers billets publiés sur la situation des réfugiés en Serbie