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Tibet | Une tragédie oubliée

En ligne depuis le 16 décembre 2013 et publié dans
Photo: Tibetan painting of Shakymuni Buddha on a boulder at the Palpung Monastery, onwardtibet.org

Photo: Tibetan painting of Shakymuni Buddha on a boulder at the Palpung Monastery, onwardtibet.org

Données socio-démographiques

Pays: Tibet
Capitale: Lhassa
Minorité tibétaine en Chine
: 5.4 millions, dont la moitié vit dans la Région autonome du Tibet (TAR)
Réfugiés tibétains en exil : environ 130’000, dont 100’000 en Inde et 20’000 au Népal

Les réfugiés tibétains en Suisse

Le nombre de réfugiés tibétains qui déposent une demande d’asile en Suisse n’a cessé d’augmenter ces dernières années.

Selon les statistiques de l’ODM , 2607 nouvelles demandes de Tibétains provenant de la République populaire chinoise ont été enregistrées entre début janvier 2008 et fin juillet 2013, avec une augmentation en 2011 et 2012 (respectivement 631 et 730 nouvelles demandes).

La Chine représente le 10e pays de provenance des requérants d’asile en Suisse en 2012 .

Ressortissants tibétains en Suisse relevant du domaine de l’asile en 2012: 2225
En cours de procédure: En attente d’une décision de l’ODM = 1194 Réfugiés admis provisoirement*: depuis moins de 7 ans = 901 / Depuis plus de 7 ans
Admis provisoirement: = 109, depuis moins de 7 ans = 13 / Depuis plus de 7 ans = 3

Statistiques des demandes d’asile de tibétains en 2012
Nouvelles demandes : 730
Dossiers traités en 1ère instance : 97
Décisions positives : 12 octrois de l’asile / 68 admissions provisoires**
Décisions négatives : 4 rejets / 11 NEM dont 8 NEM Dublin***

* Réfugiés admis provisoirement : Personnes dont la qualité de réfugié est reconnue par l’ODM, mais qui ne bénéficient pas de l’asile en raison, par exemple, de motifs d’asile survenus après la fuite
** La Suisse compte les admissions provisoires comme des décisions négatives

*** Une NEM Dublin signifie que la demande doit être examinée par un autre Etat signataire de l’Accord de Dublin

 

Histoire

Le 7 octobre 1950, un an après la proclamation de la République populaire de Chine, Mao Zedong ordonne l’invasion militaire du Tibet, considéré par le nouveau régime comme une province chinoise dont l’indépendance n’est qu’une fiction créée par les Occidentaux.

Le 23 mai 1951, un traité sino-tibétain intègre officiellement le Tibet à la Chine communiste, mais prévoit le respect de la religion bouddhique et des droits du dalaï-lama.

Dans les années 1950 s’opère une profonde transformation du Tibet traditionnel, qui entre dans une phase de modernisation accélérée. Mais, en 1959, le compromis est rompu lorsque la Chine réprime un sursaut de la résistance tibétaine, contraignant le dalaï-lama à fuir le pays pour l’Inde. Débute alors une période de mise au pas, marquée notamment par la répression systématique de toute forme d’opposition et par un anticléricalisme forcené.

Pékin fait du Tibet une région autonome chinoise, le Xizang, en 1965. Depuis (…) la Chine (s’évertue à) resserrer toujours plus son emprise sur le Tibet.

(Olivier COMPAGNON, “Occupation du Tibet”, in Encyclopedia Universalis)

Une tragédie oubliée

En 2008, une vague de manifestations pacifiques initiées dans le contexte des Jeux Olympiques de Pékin se répand dans le pays. Le gouvernement chinois réagit par la fermeture hermétique de la région et par un recours massif aux forces de sécurité. La situation s’envenime le 14 mars 2008 lorsque des manifestants mettent le feu aux propriétés des habitants chinois de Lhassa. L’intervention policière fait 21 morts selon le gouvernement chinois, 250 selon la BBC. Des milliers de Tibétains sont arrêtés et plusieurs d’entre-eux sont condamnés lors de procès qualifiés d’arbitraires. En guise de protestation, des moines tibétains passent à une forme de résistance radicale: l’auto-immolation. Depuis 2009, plus de 120 hommes et femmes se sont ainsi donnés la mort.

Depuis le début de l’occupation du Tibet, le gouvernement chinois tente de briser la résistance tibétaine. Après mars 2008, le contrôle et la surveillance des régions tibétaines ont été massivement renforcés. Aujourd’hui, le moindre témoignage de sympathie envers le dalaï-lama, maître spirituel des Tibétains et leader politique en exil, est considéré comme une atteinte à la sécurité publique et sévèrement puni. Si la Chine est passée maître dans l’art de la désinformation quant aux conditions de détention, les témoignages récoltés par les organisations de défense des droits humains laissent craindre le pire: torture et mauvais traitements, morts en détention.

La répression sur le terrain s’accompagne de stratégies menaçant, aux yeux des Tibétains, la survie de leur culture: réformes économiques, colonisation de leurs terres; destruction des structures villageoises et sédentarisation forcée des nomades tibétains; surveillance des pratiques religieuses et de l’éducation ; campagnes de «ré-éducation patriotique». En 2012, Navy Pillay, Haut Commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU, a appelé la Chine à «respecter les droits de se réunir pacifiquement, d’expression et de religion et de libérer ceux qui sont détenus pour avoir simplement voulu exercer ces droits universels. » Appelant les Tibétains à renoncer à l’immolation par le feu, elle s’est dite alarmée par les rapports faisant état de violences excessives, d’arrestations et de disparition lors de manifestations pacifiques et de violation des droits culturels tibétains. Le gouvernement chinois a nié en bloc ces accusations.

Sophie Hodel

Sources de l’article

Voir aussi: