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Yémen | Entre guerres d’influence et migrations croisées

En ligne depuis le 3 mai 2017 et publié dans

Dans le sillon du printemps arabe, un processus de transition politique a été engagé mettant fin à 33 ans de pouvoir sans partage du président Ali Abdullah Saleh. Celui-ci cède les rênes du pays le 27 février 2012 à son vice-président Abd Rabbu Mansour Hadi, vainqueur des élections présidentielles du 21 février. Dès son entrée en fonction, Hadi doit composer avec la puissante milice houthi. Originaire du nord du pays et se réclamant du Zaïdisme, une minorité de l’Islam chiite, ce groupe a pris les armes en 2004 pour dénoncer la marginalisation politique et religieuse de leur communauté. Hostiles à un projet de fédéralisation voulu par le nouveau chef de l’Etat, les Houthis s’emparent de la capitale Sanaa en septembre 2014 forçant le président Hadi à l’exil.

Crédits: Ferdinand Reus

En mars 2015, sous l’égide de l’Arabie saoudite, une coalition constituée d’Etats arabes débute une campagne de bombardements destinée à ralentir la progression des Houthis. Cette intervention permet aux forces restées loyales au président Hadi de reprendre le contrôle d’Aden et de quatre autres provinces du sud. Les Houthis conservent le contrôle de Sanaa et la majeure partie du nord en y maintenant un semblant d’Etat. En toile de fond se profile une guerre d’influence régionale à laquelle se livrent l’Arabie saoudite et l’Iran, la République islamique étant accusée de soutenir les putschistes. La coalition bénéficie du soutien complice de plusieurs pays occidentaux, dont la Suisse, la France et les USA, qui la fournissent en armes selon un rapport de l’ONG Control Arms. Le Conseil de sécurité de l’ONU a bien adopté une résolution en avril 2015 instaurant un embargo sur les armes, mais celle-ci ne concerne que les Houthis.

Cette guerre peu médiatisée a fait plus de 10’000 morts notamment imputables aux frappes de la coalition. Celle-ci utilise des bombes à fragmentation de fabrication occidentale ne permettant pas de discerner cibles civiles et militaires. Human Rights Watch a documenté plusieurs attaques ciblant des maisons, des marchés, des hôpitaux, des écoles, des commerces civils et des mosquées. Le pays compte 2,2 millions de déplacés internes et 80% de la population a besoin d’une aide humanitaire urgente selon l’ONU.

Les droits humains n’ont pas été épargnés. Les Houthis ont recours aux arrestations arbitraires et aux disparitions forcées visant les intellectuels indépendants, les journalistes et les acteurs islamistes sunnites. Les forces loyalistes sont accusées de pratiquer des exécutions sommaires de combattants houthis capturés et de civils considérés comme partisans du régime de Sanaa.

Pays d’accueil et de transit. Le Yémen est le seul pays de la péninsule arabique à avoir ratifié la Convention de Genève de 1951. Avant le déclenchement des hostilités, le pays comptait 244’204 Somaliens reconnus comme réfugiés. Plusieurs milliers de Syriens ont été accueillis entre 2011 et 2015. En dépit de l’intensification du conflit en mars 2015, plus de 100’000 personnes originaires de la Corne de l’Afrique ont traversé le golfe d’Aden en 2016 en direction du Yémen. Parmi eux une majorité d’Ethiopiens souhaitant rejoindre les monarchies du Golfe.

Pays d’émigration. Le HCR estime qu’à fin 2016, 182’011 personnes ont quitté le Yémen. Plutôt que de se rendre en Arabie Saoudite, la moitié a préféré la traversée risquée du golfe d’Aden pour trouver refuge à Djibouti, au Soudan, en Ethiopie et même en Somalie. Les données fournies par le HCR démontrent que les ressortissants yéménites ne sont de loin pas les seuls à fuir : 30’000 réfugiés somaliens ont été contraints de retourner dans leur pays d’origine.

Pour de nombreux candidats à l’exil, le choix de l’Arabie saoudite ne va pas de soi malgré la proximité géographique. Non seulement le royaume wahhabite est partie prenante de la guerre qu’ils cherchent à fuir, mais une clôture antimigrants a été érigée le long de la frontière avec le Yémen. L’Arabie saoudite affirme avoir interrompu les expulsions de citoyens yéménites en situation irrégulière suite à l’intensification du conflit. Plus de 600’000 Yéménites avaient été renvoyés entre juin 2013 et décembre 2014.

ALEXIS THIRY

Données socio-démographiques

Capitale : Sanaa (De jure), Sanaa (gouvernement Houthi), Aden (gouvernement Hadi)
Population : 27 millions
Langue officielle : Arabe
Religions : 65% sunnites chaféites, 35% chiites zaïdites (source : Banque mondiale)
Chef d’Etat reconnu par la communauté internationale : Abd Rabbu Mansour Hadi
Réunification du Yémen du Sud et du Nord: 22 mai 1990

Statistiques suisses 2016

Nouvelles demandes : 48
Cas réglés : 60 dont :
Décisions sur le fond : Asile: 8 – Admissions provisoires (AP) : 26 – Rejet : 0
Non entrée en matière (NEM) : 21 dont NEM Dublin 17
Radiations (décès, extinction) 5
Renvois vers pays d’origine : 0
Reconnaissance du besoin de protection après examen sur le fond : 100%
En incluant les décisions de non entrée en matière (NEM) dans ses calculs, le Secrétariat
d’Etat aux migrations aboutit à un taux de protection de 61,8 % (asile + aP) et
de 14,5 % (uniquement asile) –> Plus d’infos sur asile.ch / statistiques