{"id":109107,"date":"2026-05-04T14:39:27","date_gmt":"2026-05-04T12:39:27","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=109107"},"modified":"2026-05-04T23:41:30","modified_gmt":"2026-05-04T21:41:30","slug":"voix-dexils-des-melodies-qui-selevent-de-la-terre-vers-le-ciel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2026\/05\/04\/voix-dexils-des-melodies-qui-selevent-de-la-terre-vers-le-ciel\/","title":{"rendered":"Stimmen der Verbannung | Melodien, die sich von der Erde zum Himmel erheben"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Cela fait plus de 40 ans que la minorit\u00e9 kurde en Turquie est touch\u00e9e par des violences li\u00e9es\u00a0au conflit qui oppose les forces kurdes au gouvernement turc. Des violences qui marquent particuli\u00e8rement les enfants, qui grandissent dans un climat d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 et de traumatismes. Le t\u00e9moignage d&rsquo;Ax\u00een que nous relayons aujourd&rsquo;hui en dit long. Il raconte une r\u00e9pression qui passe par l\u2019effacement de la langue et la pr\u00e9sence polici\u00e8re, s\u2019inscrivant profond\u00e9ment dans les souvenirs de l&rsquo;enfant qu&rsquo;il \u00e9tait. Malgr\u00e9 les interdits et les enfermements, la chanson devient pour Ax\u00een un acte de r\u00e9sistance.<\/span><span class=\"accroche\"><\/span><\/p>\n\n\n\n<p><em>Nous relayons le t\u00e9moignage d&rsquo;Ax\u00een Tatli, membre de l&rsquo;\u00e9quipe neuch\u00e2teloise de Voix d&rsquo;Exils, disponible directement sur <a href=\"https:\/\/voixdexils.ch\/temoignages\/des-melodies-qui-selevent-de-la-terre-vers-le-ciel\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">leur site<\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n<div\n    class=\"c-block--box  is-box--\">\n    <div class=\"c-block--box-inner\">\n        \n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des m\u00e9lodies qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent de la terre vers le ciel<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La langue kurde face \u00e0 la r\u00e9pression<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait dans les ann\u00e9es 1990, \u00e0 l\u2019est de l\u2019Anatolie, dans de petits villages perdus entre les montagnes. Les enfants se r\u00e9veillaient le matin au son des berceuses kurdes, chant\u00e9es \u00e0 genoux par leur m\u00e8re, et s\u2019endormaient le soir berc\u00e9s par des contes kurdes.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette langue \u00e9tait, aux yeux de l\u2019\u00c9tat turc, \u00abinterdite\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enfants qui allaient \u00e0 l\u2019\u00e9cole devaient oublier la langue apprise de leurs parents, car l\u2019instituteur criait: \u00abParle turc!\u00bb. L\u2019enfant \u00e9tait humili\u00e9 et puni, pour un seul mot prononc\u00e9 dans sa propre langue. Chaque matin, dans la cour de l\u2019\u00e9cole, on leur faisait r\u00e9citer: \u00abMon existence est un don \u00e0 l\u2019existence turque.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Car c\u2019est ainsi que commence l\u2019effacement d\u2019un peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enfance s\u2019\u00e9coula \u00e0 cacher la langue maternelle, \u00e0 dissimuler le pr\u00e9nom kurde interdit par l\u2019\u00c9tat. Dans les villages et les villes, les maisons des familles jug\u00e9es \u00abpolitiquement suspectes\u00bb \u00e9taient sans cesse perquisitionn\u00e9es par des soldats et des policiers. Les maisons \u00e9taient fouill\u00e9es, les livres et les cassettes confisqu\u00e9es. Les chansons kurdes se cachaient dans les magn\u00e9tophones; les m\u00e8res les \u00e9coutaient \u00e0 faible volume.<\/p>\n\n\n\n<p>Car m\u00eame une chanson pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00abcrime\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quand la nuit entrait dans nos maisons<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Dans la m\u00e9moire des enfants restaient moins les jeux que le bruit des chars, que les ruines des maisons, que les crosses frappant les portes au milieu de la nuit. Les enfants ont grandi avec le traumatisme d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de la torture inflig\u00e9e \u00e0 leurs proches. Na\u00eetre dans une famille kurde \u00e0 cette \u00e9poque, c\u2019\u00e9tait porter sur ses \u00e9paules un fardeau que m\u00eame les adultes ne pouvaient supporter. Les traces des \u00abop\u00e9rations \u00e0 l\u2019aube\u00bb ne se sont jamais effac\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous le poids de cette m\u00e9moire, ils ont grandi \u00e9cras\u00e9s, \u00e9touff\u00e9s\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ils ont surtout appris ceci : leur enfance, leurs jeux, sont rest\u00e9s inachev\u00e9s. Et ce manque, cette fracture, a laiss\u00e9 dans la m\u00e9moire d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration une blessure commune et ind\u00e9l\u00e9bile. Aujourd\u2019hui encore, quand je repense \u00e0 cette \u00e9poque, je ressens une douleur qui p\u00e9n\u00e8tre jusqu\u2019aux os. Les attaques psychologiques dirig\u00e9es contre mon enfance ont laiss\u00e9 en moi des traces, comme des fragments de films d\u2019horreur.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-dessus de mes jouets planait l\u2019ombre des bottes militaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque objet de ma chambre me rappelait les empreintes digitales des policiers. Lors des perquisitions men\u00e9es sous le nom d\u2019 \u00ab&nbsp;op\u00e9rations \u00e0 l\u2019aube \u00bb, la porte de notre maison n\u2019\u00e9tait pas seulement frapp\u00e9e, mais bris\u00e9e, fracass\u00e9e. Tout \u00e9tait mis sens dessus dessous. Je me recroquevillais dans un coin, les yeux grands ouverts, observant chaque geste avec terreur. Les pri\u00e8res murmur\u00e9es de ma m\u00e8re se m\u00ealaient aux gifles tombant sur le visage de mon p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon \u00e2me d\u2019enfant assistait impuissante \u00e0 des heures de torture.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces instants, j\u2019oubliais que j\u2019\u00e9tais une enfant : mon c\u0153ur battait \u00e0 tout rompre, mes mains devenaient moites. Le seul sentiment qui grandissait en moi, c\u2019\u00e9tait la peur, une peur profonde et inconnue. Mes souvenirs d\u2019enfance ne sont pas faits de jouets, mais de portes bris\u00e9es, de cris r\u00e9sonnant dans la nuit. Et en grandissant, j\u2019ai compris : mon enfance ne m\u2019appartenait pas seulement. Elle \u00e9tait la blessure partag\u00e9e d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, d\u2019un peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de toutes ces peurs, il y avait autre chose : la force de r\u00e9sister.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Cacher pour pr\u00e9server<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Car apr\u00e8s chaque raid, il y avait une famille qui se relevait, qui se reconstruisait. Et moi, t\u00e9moin de cette r\u00e9sistance, j\u2019en ai tir\u00e9 ma force. Un matin, je me suis r\u00e9veill\u00e9e. En regardant par la fen\u00eatre, j\u2019ai vu ma m\u00e8re dans notre grand jardin, sous le noyer. Pench\u00e9e, elle creusait la terre. Elle tenait un sac en plastique noir d\u2019o\u00f9 provenaient de l\u00e9gers bruits de verre ou de m\u00e9tal. Curieuse, je me suis approch\u00e9e sur la pointe des pieds, retenant mon souffle pour ne pas \u00eatre remarqu\u00e9e. Soudain, elle a lev\u00e9 la t\u00eate. Nos regards se sont crois\u00e9s. Surprise, elle a port\u00e9 son doigt \u00e0 ses l\u00e8vres : \u00ab Chut. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai rien compris. Je n\u2019ai rien demand\u00e9. J\u2019ai seulement observ\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e8re a pos\u00e9 le sac noir dans la terre, l\u2019a recouvert soigneusement, l\u2019a aplati de ses mains, puis a dispers\u00e9 des feuilles autour pour que rien ne paraisse. Je n\u2019ai pas compris ce jour-l\u00e0. Mais des ann\u00e9es plus tard, j\u2019ai appris que ces sacs contenaient des cassettes de chansons kurdes. Et qu\u2019en v\u00e9rit\u00e9, ce n\u2019\u00e9taient pas seulement des cassettes qu\u2019elle avait enfouies dans la terre, mais le souffle d\u2019un peuple, une langue r\u00e9duite au silence, le d\u00e9sir de libert\u00e9 contenu dans des chansons interdites.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous ce noyer, ma m\u00e8re avait enterr\u00e9 la voix d\u2019une culture.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces voix vivaient l\u2019amour, la nostalgie, l\u2019esp\u00e9rance de la libert\u00e9. Et moi, avec mon esprit d\u2019enfant, j\u2019\u00e9tais devenue la gardienne d\u2019un secret. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019a commenc\u00e9 ma passion pour l\u2019art&nbsp;: dans cette m\u00e9moire, dans cette transmission familiale. Ce matin-l\u00e0, l\u2019intention de ma m\u00e8re \u00e9tait de nous prot\u00e9ger, de pr\u00e9server notre culture. J\u2019ai compris que je devais faire remonter \u00e0 la surface les chansons enfouies sous terre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La musique comme m\u00e9moire d\u2019un peuple<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de ma famille pour l\u2019art \u2014 mes fr\u00e8res jouaient du saz, de la fl\u00fbte, des percussions \u2014 m\u2019a rapproch\u00e9e davantage de la musique. Ma s\u0153ur, qui chantait en faisant les t\u00e2ches de la maison, m\u2019a aid\u00e9e \u00e0 d\u00e9couvrir ma propre voix. Chez nous, la musique ne manquait jamais. Tr\u00e8s jeune, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 chanter, inspir\u00e9e par eux. \u00c0 cette \u00e9poque, nos chansons \u00e9taient limit\u00e9es. Nous ne pouvions chanter en kurde qu\u2019\u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Dehors, nous avions peur.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec mes amis, nous chuchotions les chansons apprises de ma m\u00e8re et de ma s\u0153ur. M\u00eame dans ce minuscule espace, les chansons \u00e9taient notre souffle. Sous l\u2019ombre des interdictions et des peurs, nos voix transformaient la maison en une petite mais pr\u00e9cieuse sc\u00e8ne de libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es ont pass\u00e9, je n\u2019\u00e9tais plus une enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai d\u00fb grandir dans le chaos et la douleur. Mais au c\u0153ur de cette obscurit\u00e9, c\u2019est encore l\u2019art qui m\u2019a montr\u00e9 la voie. L\u2019amour de la musique transmis par ma famille s\u2019est chang\u00e9 en un d\u00e9sir d\u2019apprendre un instrument. Un jour, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 : j\u2019ach\u00e8terai une guitare. Et sur ses cordes, je ferai r\u00e9sonner les voix autrefois enfouies dans la terre.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de pratiquer mon art, de trouver ma propre voix.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai achet\u00e9 une guitare, je me suis inscrite \u00e0 un cours. Chaque fois que je touchais ses cordes, je sentais mes \u00e9motions refoul\u00e9es pendant des ann\u00e9es trouver un son. La guitare n\u2019\u00e9tait pas seulement un instrument : c\u2019\u00e9tait pour moi le symbole de la libert\u00e9, de la r\u00e9sistance, de l\u2019espoir. Oui, je grandissais, mais les raids continuaient, les peurs demeuraient. Pourtant, j\u2019avais d\u00e9sormais un instrument.<\/p>\n\n\n\n<p>Et malgr\u00e9 tous les obstacles, j\u2019\u00e9tais d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 chanter.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus je plongeais dans la musique, plus ma voix s\u2019\u00e9panouissait, plus mon chemin s\u2019\u00e9largissait. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 donner des concerts dans de petites salles, sur des sc\u00e8nes modestes. Chaque chanson \u00e9tait non seulement une joie, mais aussi un acte de d\u00e9fiance.<\/p>\n\n\n\n<p>Car je chantais en kurde.<\/p>\n\n\n\n<p>Je portais sur sc\u00e8ne la m\u00e9lodie d\u2019une langue interdite. Et cela avait un prix. Apr\u00e8s chaque concert, des ombres apparaissaient aux portes \u2014 des policiers, puis des salles d\u2019interrogatoire, des cellules aux murs glac\u00e9s, aux vitres embu\u00e9es, et les m\u00eames questions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00e0 l\u2019infini\u2026 Chantant en kurde, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e pendant des ann\u00e9es de \u00abpropagande d\u2019organisation\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chanter malgr\u00e9 les murs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tandis que le froid de ces murs p\u00e9n\u00e9trait ma peau, mes chansons br\u00fblaient d\u2019autant plus fort en moi. Ces murs de pierre s\u2019\u00e9levaient pour me faire taire, mais chaque fois, je voulais y graver ma voix. Chanter la m\u00e9lodie d\u2019une langue que l\u2019on veut r\u00e9duire au silence me paraissait \u00eatre la forme la plus pure de libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Encha\u00een\u00e9e, je sentais pourtant se d\u00e9ployer les ailes des cordes, des notes, des mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Et j\u2019ai compris : m\u00eame entre ces murs glac\u00e9s, mes chansons garderaient mon \u00e2me libre. Cela reste pourtant incompr\u00e9hensible. Pourquoi tant de douleur ? Pourquoi notre langue maternelle a-t-elle \u00e9t\u00e9 \u00ab interdite \u00bb ?<\/p>\n\n\n\n<p>Quel mal une langue peut-elle faire ?<\/p>\n\n\n\n<p>Un mot, une m\u00e9lodie, une chanson\u2026 Le son qui na\u00eet du c\u0153ur est la plus naturelle expression de l\u2019existence. Pourquoi a-t-on voulu nous r\u00e9duire au silence pour avoir chant\u00e9 dans notre propre langue&nbsp;? Pourquoi avons-nous \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, exil\u00e9s ? Pourquoi nos sc\u00e8nes ont-elles \u00e9t\u00e9 plong\u00e9es dans l\u2019obscurit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, nous n\u2019\u00e9tions que nous-m\u00eames&nbsp;: nos racines, nos couleurs, nos voix\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez la nature : la beaut\u00e9 d\u2019un jardin ne vient pas d\u2019une seule fleur. Elle na\u00eet de la coexistence de milliers de fleurs c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Chacune a son parfum, sa couleur, sa forme. Les \u00eatres humains sont ainsi : nos peaux, nos croyances, nos langues, nos cultures diff\u00e8rent. Mais ces diff\u00e9rences ne se d\u00e9truisent pas ; elles cr\u00e9ent l\u2019unit\u00e9, elles rendent la vie plus forte, plus belle, plus sens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame qu\u2019une rose n\u2019\u00e9clipse pas une tulipe, une langue n\u2019en efface pas une autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Au contraire : c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, elles peuvent rendre un jardin splendide. L\u2019humanit\u00e9 n\u2019est belle et noble que dans la diversit\u00e9, non dans l\u2019uniformit\u00e9. Nos chansons, m\u00eame r\u00e9duites au silence par les interdictions, sont les fleurs qui \u00e9closent dans nos c\u0153urs. Car nous aussi, les Kurdes, avec nos couleurs, notre culture et notre voix, nous appartenons \u00e0 ce grand jardin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ax\u00een Tatli<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Membre de l\u2019\u00e9quipe neuch\u00e2teloise de Voix d\u2019Exils<\/strong><\/p>\n\n\n    <\/div>\n<\/div>\n\n\n<div\n    class=\"c-block--box  is-box--\">\n    <div class=\"c-block--box-inner\">\n        \n\n<p><em>Die Rubrik Dokumentation gibt Nachrichten und Haltungen von Akteurinnen und Akteuren der Migration und des Asyls wieder. Die ver\u00f6ffentlichten Inhalte spiegeln die Meinungen ihrer Autorinnen und Autoren wider und stellen nicht zwangsl\u00e4ufig die Position dar\u2019<a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=http:\/\/asile.ch&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1773065428421466&amp;usg=AOvVaw3bTO48Dj68HS8aH4B-VIFG\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">asile.ch<\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n    <\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>\u00a9 Titelfoto:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.pexels.com\/fr-fr\/photo\/origami-creatif-sur-fond-de-ciel-degage-35075400\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Bahar sur Unsplash<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela fait plus de 40 ans que la minorit\u00e9 kurde en Turquie est touch\u00e9e par des violences li\u00e9es\u00a0au conflit qui oppose les forces kurdes au gouvernement turc. 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