{"id":15457,"date":"2014-04-04T19:42:03","date_gmt":"2014-04-04T19:42:03","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=15457"},"modified":"2021-08-26T14:08:07","modified_gmt":"2021-08-26T12:08:07","slug":"irin-la-vie-des-refugies-rapatries-en-afghanistan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2014\/04\/04\/irin-la-vie-des-refugies-rapatries-en-afghanistan\/","title":{"rendered":"IRIN | La vie des r\u00e9fugi\u00e9s rapatri\u00e9s en Afghanistan"},"content":{"rendered":"<h2>Peu de temps avant son 18\u00e8me anniversaire, Naik Mohammad a \u00e9t\u00e9 r\u00e9install\u00e9 en Afghanistan, un pays qu\u2019il ne connaissait que par les r\u00e9cits familiaux et les informations t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es.<\/h2>\n<p><em><strong>Article publi\u00e9 le 3 f\u00e9vrier 2014 sur le site de l&rsquo;IRIN. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/99580\/la-vie-des-r%C3%A9fugi%C3%A9s-rapatri%C3%A9s-en-afghanistan\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site original.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>M. Mohammad, un r\u00e9fugi\u00e9 afghan n\u00e9 et \u00e9lev\u00e9 au Pakistan, est rentr\u00e9 chez lui dans le cadre de la plus importante op\u00e9ration de rapatriement volontaire de r\u00e9fugi\u00e9s \u2013 soit le rapatriement de pr\u00e8s de six millions de r\u00e9fugi\u00e9s afghans suite \u00e0 l\u2019invasion men\u00e9e par les \u00c9tats-Unis dans leur pays et la d\u00e9faite des talibans en 2001.<\/p>\n<p>Les rapatri\u00e9s ont connu des fortunes diverses, tout comme l\u2019Afghanistan.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, huit ans apr\u00e8s son arriv\u00e9e, M. Mohammad est propri\u00e9taire d\u2019un salon de coiffure pour hommes situ\u00e9 sur la rue principale du camp de rapatri\u00e9s de la commune de Sheikh Mesri, dans la province de Nangarhar. \u00ab C\u2019est mon pays. Je suis propri\u00e9taire de mon entreprise et personne ne nous harc\u00e8le. La situation n\u2019est pas parfaite, mais c\u2019est mieux d\u2019\u00eatre ici. C\u2019est chez nous, et nous avons des amis maintenant \u00bb, a-t-il dit \u00e0 IRIN.<\/p>\n<p>Des millions d\u2019Afghans ont fui au Pakistan apr\u00e8s la prise du pouvoir par un mouvement communiste \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. La majorit\u00e9 d\u2019entre eux sont revenus dans le pays, pleins d\u2019espoir. Ils ont emport\u00e9 leurs effets personnels et pris place dans des camions bond\u00e9s qui ont emprunt\u00e9 la passe de Khyber et le poste fronti\u00e8re de Torkham.<\/p>\n<p>\u00ab Les trois g\u00e9n\u00e9rations de r\u00e9fugi\u00e9s afghans du Pakistan n\u2019ont pas les m\u00eames attentes \u00bb, a dit Neill Wright, repr\u00e9sentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>) au Pakistan. \u00ab Les deux derni\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations ont choisi le rapatriement, elles n\u2019ont jamais v\u00e9cu dans leur pays, mais elles ont d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait temps d\u2019essayer. En ce qui concerne les g\u00e9n\u00e9rations plus anciennes, elles savent plus ou moins ce qu\u2019elles vont retrouver, car elles l\u2019ont quitt\u00e9 \u2026 mais il y a beaucoup de d\u00e9fis \u00e0 surmonter pour r\u00e9ussir leur r\u00e9int\u00e9gration en Afghanistan \u00bb.<\/p>\n<p>La chute des talibans a suscit\u00e9 des espoirs de paix et fait na\u00eetre la promesse d\u2019une aide au d\u00e9veloppement de plusieurs milliards, et la fermeture de certains camps de r\u00e9fugi\u00e9s du Pakistan a encourag\u00e9 bon nombre de familles afghanes \u00e0 rentrer chez elles.<\/p>\n<p>Les familles de r\u00e9fugi\u00e9s qui rentrent chez elles dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration de rapatriement volontaire mise en \u0153uvre par le HCR b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une allocation de 150 dollars par personne, d\u2019une aide non financi\u00e8re et d\u2019une indemnit\u00e9 de transport pour financer leur voyage jusqu\u2019\u00e0 leur village d\u2019origine. La majorit\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s afghans du Pakistan appartiennent aux diff\u00e9rentes ethnies pachtounes et sont originaires des provinces proches de la fronti\u00e8re pakistano-afghane.<\/p>\n<p>Afin de garantir un rapatriement durable, les r\u00e9fugi\u00e9s ont besoin d\u2019un certain nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments essentiels, selon les acteurs humanitaires : des terres, des emplois et des services de base, le tout au bon endroit. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les rapatri\u00e9s- qui repr\u00e9sentent environ un quart de la population actuelle du pays \u2013 ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s des difficult\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Des logements en zone urbaine<\/strong><\/p>\n<p>En rejoignant le Pakistan, bon nombre de r\u00e9fugi\u00e9s ont d\u00fb passer \u00e0 un environnement plus urbain. \u00c0 leur retour, bon nombre d\u2019entre eux ont choisi de vivre \u00e0 proximit\u00e9 des villes.<\/p>\n<p>\u00ab Nous n\u2019avons pas vu beaucoup de r\u00e9fugi\u00e9s rentrer et repartir imm\u00e9diatement au Pakistan. Mais ils arrivent dans un environnement difficile, et je pense qu\u2019il y a un certain nombre de probl\u00e8mes qui se posent \u00bb, a dit Nigel Jenkins, directeur pays du Comit\u00e9 international de secours (International Rescue Committee, IRC) en Afghanistan. \u00ab Il ne faut pas oublier que l\u2019Afghanistan est avant tout un pays agricole et que beaucoup de ces r\u00e9fugi\u00e9s vivaient dans des zones rurales moins s\u00fbres. Bon nombre d\u2019entre eux ont grandi dans des camps, ils sont donc plus habitu\u00e9s \u00e0 un environnement de type urbain \u00bb.<\/p>\n<p>Plus d\u2019un tiers des rapatri\u00e9s se sont install\u00e9s dans les provinces de Kaboul et Nangarhar, selon le HCR.<\/p>\n<p>\u00ab Manifestement, ils ont vot\u00e9 avec leurs pieds, et si on leur propose un abri et m\u00eame des terres en zone rurale, ils choisissent les sites urbains, m\u00eame s\u2019ils ne disposent que d\u2019une tente, car ils pensent y trouver de meilleurs moyens de subsistance et de meilleurs services \u00bb, a dit Bo Schack, repr\u00e9sentant du HCR en Afghanistan.<\/p>\n<p>La municipalit\u00e9 de Sheikh Mesri, situ\u00e9e non loin de Jalalabad, est l\u2019une des municipalit\u00e9s o\u00f9 le projet d\u2019allocation de terres a rencontr\u00e9 le plus de succ\u00e8s. Malgr\u00e9 tout, le site est loin d\u2019\u00eatre id\u00e9al.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 notre arriv\u00e9e, le gouvernement [afghan] nous a donn\u00e9 ce terrain dans le d\u00e9sert, un terrain contamin\u00e9 par les mines \u00bb, a dit \u00e0 IRIN M. Mohammad depuis cette municipalit\u00e9 poussi\u00e9reuse situ\u00e9e \u00e0 15 km de la route la plus proche et de la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville.<\/p>\n<p>Sheikh Mesri fait partie des cinq communes qui ont \u00e9t\u00e9 choisies dans le cadre du projet national pilote d\u2019allocation de terres aux r\u00e9fugi\u00e9s rapatri\u00e9s, formalis\u00e9 par le d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel 104.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est difficile de vivre dans le d\u00e9sert, si loin de tout \u00bb, a dit Qari Rahmatullah, membre de la choura (conseil) de Sheikh Mesri. La majorit\u00e9 des familles de r\u00e9fugi\u00e9s qui vivent ici sont originaires de la province de Nangarhar, mais aujourd\u2019hui elles pr\u00e9f\u00e8rent vivre pr\u00e8s de Jalalabad pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9, d\u2019emploi et d\u2019\u00e9ducation. \u00ab La premi\u00e8re ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 difficile, mais notre situation est bien meilleure qu\u2019\u00e0 notre arriv\u00e9e. Malgr\u00e9 tout, la vie n\u2019est pas particuli\u00e8rement facile ici \u00bb.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, environ 1 800 familles sont install\u00e9es sur le site ; les agences des Nations Unies, les acteurs du d\u00e9veloppement et les organisations non gouvernementales (ONG) leur ont propos\u00e9 diverses formes d\u2019aide. Elles ont notamment particip\u00e9 \u00e0 l\u2019installation de pompes \u00e0 eau, la construction de route et l\u2019\u00e9tablissement de quatre \u00e9coles.<\/p>\n<p>Si le lotissement de parcelles et la proximit\u00e9 de Jalalabad ont donn\u00e9 au site l\u2019apparence d\u2019une communaut\u00e9 bien organis\u00e9e, plus de cinq ans plus tard, les responsabilit\u00e9s n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 la municipalit\u00e9 locale, comme pr\u00e9vu initialement. Pour bon nombre de repr\u00e9sentants locaux, le site reste un camp qui ne fait pas partie int\u00e9grante de la ville.<\/p>\n<p>L\u2019adh\u00e9sion des populations locales est cruciale, selon M. Schack du HCR.<\/p>\n<p>\u00ab Les parcelles allou\u00e9es se situent de plus en plus souvent loin des communaut\u00e9s \u00e9tablies. Sans eau, sans engagement clair de la part autorit\u00e9s nationales et sans int\u00e9gration dans les programmes nationaux, cela ne fonctionnera pas. La participation des pouvoirs politiques et la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale sont n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019int\u00e9gration dans la communaut\u00e9 existante \u00bb, a-t-il dit. \u00ab C\u2019est \u00e0 la communaut\u00e9 et aux autorit\u00e9s de s\u2019en occuper \u2013 si l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments n\u2019est pas l\u00e0, alors tout s\u2019effondrera \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Sans terre dans leur pays<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019obtention de droits fonciers est per\u00e7ue comme essentielle pour le succ\u00e8s du retour des r\u00e9fugi\u00e9s, mais elle se heurte \u00e0 la pratique de l\u2019<a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/98722\/analysis-land-disputes-add-to-afghanistan-s-security-woes\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">accaparement des terres<\/a>.<\/p>\n<p>Alhaj Ghulam Haider Faqeerzai, directeur des bureaux du d\u00e9partement charg\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s et du rapatriement \u00e0 Jalalabad, indique qu\u2019ils ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019enregistrement de 142 000 familles de rapatri\u00e9s et que 128 000 demandes de terrains ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es, mais qu\u2019ils ne disposent que de deux sites d\u2019implantation officiels pour environ 10 000 familles.<\/p>\n<p>Bon nombre d\u2019autres familles occupent des terres qui ne leur appartiennent pas.<\/p>\n<p>\u00ab Les efforts sont l\u00e0, mais nous sommes confront\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes importants. D\u2019autres provinces disposent de terrains plus appropri\u00e9s. Ici, ce n\u2019est pas un probl\u00e8me de ressources, mais de terrains \u00bb, a dit M. Faqeerzai.<\/p>\n<p>Les familles qui n\u2019ont pas de titre de propri\u00e9t\u00e9 sont r\u00e9guli\u00e8rement en butte \u00e0 des menaces d\u2019expulsion, et les acteurs humanitaires et du d\u00e9veloppement se heurtent \u00e0 des restrictions dans la fourniture de services et d\u2019assistance aux familles qui vivent sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Il y a aussi un risque croissant de tensions avec les populations d\u2019origine.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de la route de gravier qui m\u00e8ne \u00e0 la municipalit\u00e9 de Sheikh Mesri se trouve le campement de fortune de Lower Sheikh Mesri : les communaut\u00e9s y occupent des terrains appartenant \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 en charge de l\u2019eau et de l\u2019assainissement.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons refus\u00e9 de nous installer sur le site o\u00f9 se trouvent les parcelles, car nous voulions rester pr\u00e8s de la route \u00bb, a dit Allah Gul, chef de la choura du Lower Sheikh Mesri. \u00ab Avec le temps, il y a moins de monde \u2013 il n\u2019y a pas de travail, pas de s\u00e9curit\u00e9, pas de terres \u00bb.<\/p>\n<p>Ils gardent l\u2019espoir d\u2019obtenir des droits fonciers, mais d\u2019ici l\u00e0, ils recevront peu de soutien.<\/p>\n<p><strong> Reprendre le travail<\/strong><\/p>\n<p>Les travailleurs humanitaires indiquent que la question de l\u2019emploi est tout aussi importante. Certains r\u00e9fugi\u00e9s rapatri\u00e9s n\u2019arrivent pas \u00e0 trouver de travail et finissent par repartir au Pakistan \u2013 en tant que migrants sans-papiers cette fois.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir v\u00e9cu dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s proche de la ville de Peshawar, Sher Ali a rejoint le site de Lower Sheikh Mesri en 2008. Il est heureux d\u2019\u00eatre revenu dans un pays qu\u2019il a connu enfant. Comme bon nombre de rapatri\u00e9s, il vit gr\u00e2ce aux emplois non qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab Honn\u00eatement, je suis heureux d\u2019avoir d\u00e9cid\u00e9 de revenir. Il y a plus de travail ici et j\u2019ai moins de probl\u00e8mes de dette \u00bb.<\/p>\n<p>Bashir Ali, un autre rapatri\u00e9, ne partage pas cet avis. Apr\u00e8s avoir rejoint Londres en passant par l\u2019Iran et la Turquie, il a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 en Afghanistan : \u00ab Il n\u2019y a pas de travail, pas d\u2019argent et pas de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Les investissements r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine de la construction ont d\u00e9bouch\u00e9 sur des cr\u00e9ations d\u2019emplois \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des rapatri\u00e9s \u00e0 Sheikh Mesri, mais il y en a moins aujourd\u2019hui. Il est possible de trouver du travail \u00e0 la journ\u00e9e \u00e0 Jalalabad, mais les frais de transport pour rejoindre la ville repr\u00e9sentent la moiti\u00e9 d\u2019un salaire journalier de 400 roupies pakistanaises (la principale monnaie utilis\u00e9e dans l\u2019est de l\u2019Afghanistan, environ 3,80 dollars).<\/p>\n<p>R\u00e9cemment, la remise en \u00e9tat de la principale route d\u2019acc\u00e8s a permis d\u2019am\u00e9liorer les liaisons de transport, mais le fait que seulement environ 20 pour cent des 10 000 parcelles familiales potentielles soient occup\u00e9es \u00e0 Sheikh Mesri est principalement li\u00e9 au manque d\u2019emplois disponibles \u00e0 proximit\u00e9 du complexe.<\/p>\n<p>Les membres des communaut\u00e9s formelles et informelles ont \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019envoyer leurs enfants travailler dans les briqueteries de Kaboul pendant les mois d\u2019\u00e9t\u00e9 pour s\u2019assurer un revenu.<\/p>\n<p>Des programmes de formation professionnelle sont propos\u00e9s. L\u2019Organisation internationale des migrations (OIM) vient de former 350 rapatri\u00e9s sans-papiers dans des domaines comme le c\u00e2blage, la construction, la plomberie et la r\u00e9paration de motos. Mais la grande majorit\u00e9 des rapatri\u00e9s ont peu de comp\u00e9tences \u00e0 faire valoir et les parcelles qu\u2019ils ont re\u00e7ues sont souvent impropres \u00e0 l\u2019agriculture.<\/p>\n<p><strong>Le retour des sans-papiers <\/strong><\/p>\n<p>Tous les Afghans install\u00e9s au Pakistan ne disposent pas du statut de r\u00e9fugi\u00e9. Le personnel de l\u2019OIM indique qu\u2019au moins un million de migrants afghans sans-papiers vivent au Pakistan, concentr\u00e9s dans la province de Khyber Pakhtunkhwa.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9fugi\u00e9s n\u2019\u00e9tant pas pris en compte dans le processus de rapatriement officiel, ils sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables lorsqu\u2019ils rentrent en Afghanistan. Et certains sont menac\u00e9s de d\u00e9portation ou subissent le harc\u00e8lement des autorit\u00e9s pakistanaises.<\/p>\n<p>Le centre de transit de l\u2019OIM situ\u00e9 apr\u00e8s le poste fronti\u00e8re de Torkham fournit de l\u2019aide \u00e0 environ 200 familles sans-papiers vuln\u00e9rables chaque mois. Le nombre de retours enregistr\u00e9s a explos\u00e9 en avril 2013 : plus de 750 familles sans-papiers ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es, dont environ 400 ont re\u00e7u un soutien.<\/p>\n<p>\u00ab La majorit\u00e9 d\u2019entre elles racontent la m\u00eame histoire. Des soldats ou des policiers menacent de d\u00e9truire leur domicile, et elles disent qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 contraintes [ou se sont senties contraintes] de repartir \u00bb, a dit Omar Majeedi de l\u2019OIM, qui est charg\u00e9 de fournir une assistance aux rapatri\u00e9s sans-papiers. \u00ab Leur exp\u00e9rience du retour au pays est totalement diff\u00e9rente de celle des r\u00e9fugi\u00e9s officiels \u00bb, a-t-il dit.<\/p>\n<p>Les rapatri\u00e9s sans-papiers ne per\u00e7oivent pas d\u2019aide en esp\u00e8ces en raison des risques entra\u00een\u00e9s par leurs allers-retours entre le Pakistan et l\u2019Afghanistan pour obtenir de l\u2019aide \u2013 une pratique baptis\u00e9e \u00ab recycling \u00bb. En revanche, ils re\u00e7oivent un repas, un colis alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM) et d\u2019autres produits non alimentaires, comme des couvertures, des casseroles et du savon.<\/p>\n<p>Certains rapatri\u00e9s ont pass\u00e9 plus de 20 ans \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et ne se souviennent plus du nom de leur district d\u2019origine ; ils ont donc besoin de l\u2019aide du personnel de l\u2019OIM.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9int\u00e9gration<\/strong><\/p>\n<p>Les retours posent \u00ab un s\u00e9rieux d\u00e9fi \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019absorption du pays \u00bb, d\u2019apr\u00e8s le <a href=\"http:\/\/reliefweb.int\/report\/afghanistan\/afghanistan-humanitarian-needs-overview-2014\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">R\u00e9capitulatif des besoins humanitaires<\/a> de 2014 r\u00e9alis\u00e9 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).<\/p>\n<p>Si les r\u00e9fugi\u00e9s rapatri\u00e9s sont g\u00e9n\u00e9ralement per\u00e7us comme des personnes qui b\u00e9n\u00e9ficient le plus de l\u2019aide et qui ont de meilleurs m\u00e9canismes d\u2019adaptation que les 620 000 personnes touch\u00e9es par le conflit et d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur pays (PDIP), dans les faits, ils connaissent des situations assez identiques.<\/p>\n<p>En Afghanistan, la communaut\u00e9 humanitaire parle d\u00e9sormais de \u00ab rapatri\u00e9s vivant dans une situation semblable \u00e0 celle des PDIP \u00bb. Les travailleurs pr\u00e9sents sur le terrain ont rapport\u00e9 que si les r\u00e9fugi\u00e9s rapatri\u00e9s ont plus de facilit\u00e9 \u00e0 obtenir des papiers d\u2019identit\u00e9 que les PDIP, des difficult\u00e9s demeurent pour leur faire b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019aide des services de d\u00e9veloppement afghans en lieu et place de l\u2019aide humanitaire.<\/p>\n<p>\u00ab Nous mettons en avant la question du rapatriement \u00bb, a dit M. Schack, \u00ab mais nous devons nous assurer que les rapatri\u00e9s deviennent des Afghans \u00bb.<\/p>\n<p>Environ 1,6 million de r\u00e9fugi\u00e9s afghans enregistr\u00e9s continuent de vivre au Pakistan. Ils attendent qu\u2019on leur donne une bonne raison de quitter leur pays d\u2019accueil, et notamment qu\u2019on leur propose des solutions en mati\u00e8re de terres et de moyens de subsistance.<\/p>\n<p>\u00ab Nous disons aux gens de quitter le Pakistan \u00bb, a dit M. Rahmatullah de la choura de Sheikh Mesri. \u00ab La situation n\u2019est pas tr\u00e8s bonne l\u00e0-bas. Mais quelle sera la situation ici en 2014 ? Nous allons garder un \u0153il sur la transition \u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le gouvernement reconna\u00eet qu\u2019une brusque augmentation des rapatriements pourrait mettre \u00e0 mal les capacit\u00e9s du pays.<\/p>\n<p>\u00ab Nous ne pouvons pas les accueillir [les r\u00e9fugi\u00e9s du Pakistan] ; nous ne sommes ni pr\u00eats ni pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 les recevoir \u00bb, a dit M. Faqeerzai du d\u00e9partement des r\u00e9fugi\u00e9s et du rapatriement.<\/p>\n<p>Mais les informations qui circulent entre les Afghans r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et les rapatri\u00e9s, ainsi que les visites \u2018aller et voir\u2019 (\u2018go and see\u2019) parfois organis\u00e9es par le HCR permettent aux Afghans vivant au Pakistan de d\u00e9terminer ce qui est le mieux pour eux.<\/p>\n<p>\u00ab Ces personnes ont des oreilles et des yeux ici \u00bb, a dit Mahir Safarli, responsable du bureau du HCR \u00e0 Jalalabad. \u00ab Elles savent mieux que nous s\u2019il est prudent de rentrer \u00bb.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p><strong><div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\">Voir aussi l&rsquo;article: \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/asile.ch\/2013\/12\/05\/liza-schuster-brutaux-couteux-et-futiles-la-verite-sur-les-renvois-des-requerants-dasile\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Liza Schuster | Brutaux, co\u00fbteux et futiles, la v\u00e9rit\u00e9 sur les renvois des requ\u00e9rants d\u2019asile<\/a>\u00ab\u00a0, publi\u00e9 sur notre site le 5 d\u00e9cembre 2013.<\/div><\/div> <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peu de temps avant son 18\u00e8me anniversaire, Naik Mohammad a \u00e9t\u00e9 r\u00e9install\u00e9 en Afghanistan, un pays qu\u2019il ne connaissait que par les r\u00e9cits familiaux et les informations t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,189],"ve_numero":[],"pays":[228],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-15457","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-renvoi","pays-afghanistan","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15457","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15457"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15457\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15457"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15457"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15457"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=15457"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=15457"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=15457"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=15457"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}