{"id":15779,"date":"2014-04-19T19:45:06","date_gmt":"2014-04-19T19:45:06","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=15779"},"modified":"2021-08-26T14:08:05","modified_gmt":"2021-08-26T12:08:05","slug":"irin-le-travail-des-enfants-en-hausse-chez-les-refugies-irakiens-au-liban","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2014\/04\/19\/irin-le-travail-des-enfants-en-hausse-chez-les-refugies-irakiens-au-liban\/","title":{"rendered":"IRIN | Le travail des enfants en hausse chez les r\u00e9fugi\u00e9s irakiens au Liban"},"content":{"rendered":"<h2>Ali Al Wasate n\u2019a peut-\u00eatre que 13 ans, mais il a \u00e9t\u00e9 contraint de m\u00fbrir vite. Il ne va plus \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et se consacre \u00e0 la recherche laborieuse d\u2019un emploi pour aider sa famille \u00e0 payer ses factures \u00e0 Beyrouth, au Liban.<\/h2>\n<p><em><strong>Article publi\u00e9 le 5 f\u00e9vrier 2014 sur le site de l&rsquo;IRIN. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/99599\/le-travail-des-enfants-en-hausse-chez-les-r%C3%A9fugi%C3%A9s-irakiens-au-liban\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de l&rsquo;IRIN.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>\u00c7a n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 comme \u00e7a. Quand il \u00e9tait plus jeune, \u00e0 Bagdad, son beau-p\u00e8re Ahmed gagnait bien sa vie comme fonctionnaire et Ali \u00e9tudiait dans une bonne \u00e9cole. Neuf ans apr\u00e8s l\u2019invasion am\u00e9ricaine en Irak, lui et sa famille avaient le sentiment d\u2019avoir surv\u00e9cu au pire. Quand soudain, tout a bascul\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Un jour que je rentrais chez moi apr\u00e8s le travail, deux hommes barbus m\u2019attendaient \u00bb, a dit Ahmed. \u00ab Ils m\u2019ont accus\u00e9 d\u2019\u00eatre un espion et m\u2019ont ordonn\u00e9 de quitter le quartier avant qu\u2019il ne soit trop tard. Je leur ai demand\u00e9 qui les envoyait, mais ils m\u2019ont r\u00e9pondu qu\u2019il \u00e9tait trop dangereux de poser ce genre de questions. \u00bb<\/p>\n<p>Convaincus que leurs vies \u00e9taient menac\u00e9es, les Wasate ont fait leurs valises et ont fui au Liban. L\u00e0, ils ont int\u00e9gr\u00e9 une petite communaut\u00e9 de 6 000 \u00e0 7 000 r\u00e9fugi\u00e9s irakiens attendant d\u2019\u00eatre relocalis\u00e9s dans un pays tiers.<\/p>\n<p>Ils souhaitaient qu\u2019Ali poursuive sa scolarit\u00e9, mais lorsqu\u2019ils ont commenc\u00e9 \u00e0 chercher une \u00e9cole o\u00f9 l\u2019inscrire, le co\u00fbt de la vie au Liban les a frapp\u00e9s. Dans ce pays, les n\u00e9cessit\u00e9s de base &#8211; comme le logement \u2013 co\u00fbtent souvent plus du double qu\u2019en Irak. \u00ab Avec ce que nous avions emport\u00e9, nous pensions pouvoir vivre deux ans. En six mois tout \u00e9tait d\u00e9pens\u00e9 \u00bb, a dit Ahmed.<\/p>\n<p>Les rares \u00e9coles publiques affichaient complet, et ils ne pouvaient pas se permettre les frais de scolarit\u00e9 des \u00e9tablissements priv\u00e9s, si bien qu\u2019Ali n\u2019est jamais retourn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Avec les probl\u00e8mes de dos d\u2019Ahmed qui l\u2019emp\u00eachent d\u2019ex\u00e9cuter des travaux manuels, la famille compte d\u00e9sormais sur Ali pour payer les factures.<\/p>\n<p>Nous voulions [lui trouver] un travail l\u00e9gal, avec des garanties, alors nous nous sommes adress\u00e9s \u00e0 une organisation qui aide les Irakiens \u00e0 trouver du travail. Nous les avons suppli\u00e9s de lui offrir un emploi, mais ils ont dit qu\u2019il \u00e9tait trop jeune \u00bb, a dit Inass, la m\u00e8re d\u2019Ali. Il n\u2019a pas encore trouv\u00e9 de travail, mais recherche quelque chose d\u2019ill\u00e9gal dans le secteur manuel.<\/p>\n<p>Leur histoire est d\u2019une banalit\u00e9 croissante chez les r\u00e9fugi\u00e9s irakiens du Liban. Un nouveau <a href=\"http:\/\/english.caritasmigrant.org.lb\/2013\/12\/insight-into-child-labor\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">rapport<\/a> de l\u2019ONG Caritas, qui vient en aide aux r\u00e9fugi\u00e9s irakiens dans ce pays depuis plus de dix ans, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019un nombre croissant d\u2019enfants \u00e9tait contraint de travailler.<\/p>\n<p>Bien que \u00ab dans l\u2019ensemble, une minorit\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s irakiens emploient le travail des enfants comme un m\u00e9canisme d\u2019adaptation \u00bb, a dit le rapport, les familles particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables &#8211; \u00ab g\u00e9n\u00e9ralement les familles nombreuses et celles sont les parents sont dans l\u2019incapacit\u00e9 de travailler \u2013 sont les plus susceptibles de faire travailler leurs enfants \u00bb.<\/p>\n<p>Les auteurs du rapport ont interrog\u00e9 pr\u00e8s de 100 enfants irakiens \u00e2g\u00e9s de 11 \u00e0 18 ans, qui \u00e9taient soup\u00e7onn\u00e9s de travailler ill\u00e9galement. C\u2019\u00e9tait le cas pour la grande majorit\u00e9, avec deux tiers d\u2019entre eux invoquant l\u2019argent comme la raison premi\u00e8re de leur d\u00e9scolarisation. De mani\u00e8re r\u00e9v\u00e9latrice, peu de parents avaient conscience que leurs enfants seraient contraints de travailler en quittant l\u2019Irak \u2013 92 pour cent des enfants n\u2019avaient jamais travaill\u00e9 auparavant.<\/p>\n<p><strong>Exploit\u00e9s au maximum <\/strong><\/p>\n<p>Il est interdit aux r\u00e9fugi\u00e9s irakiens de travailler au Liban, et selon Caritas, la plupart d\u2019entre eux le font ill\u00e9galement, en s\u2019adonnant souvent \u00e0 des activit\u00e9s manuelles assorties de peu d\u2019avantages sociaux.<\/p>\n<p>La situation s\u2019est aggrav\u00e9e ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019environ 890 000 r\u00e9fugi\u00e9s syriens. Ces derniers ont accapar\u00e9 bon nombre des emplois manuels dont les Irakiens d\u00e9pendaient, pour des salaires souvent bien inf\u00e9rieurs. Caritas a \u00e9galement document\u00e9 de nombreux cas de propri\u00e9taires expulsant arbitrairement leurs locataires pour louer plus cher \u00e0 des Syriens. Rien que par leur nombre, les Syriens &#8211; qui ont pour habitude de subdiviser les propri\u00e9t\u00e9s \u2013 ont fait grimper les prix du logement pour les autres.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, maintenant que l\u2019Irak n\u2019est plus au centre de l\u2019attention mondiale, les aides allou\u00e9es \u00e0 ceux qui fuient sa violence ont diminu\u00e9. Tandis que les aides financi\u00e8res aux Irakiens &#8211; essentiellement am\u00e9ricaines &#8211; ont \u00e9t\u00e9 revues \u00e0 la baisse ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et que le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s a faibli apr\u00e8s avoir atteint un maximum de 17 000 en 2006, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>) a restreint ses services ces derniers mois, en r\u00e9duisant ses aides aux personnes atteintes de maladies chroniques.<\/p>\n<p>Joelle Eid, la porte-parole du HCR, a dit que le financement posait probl\u00e8me, mais que l\u2019organisation continuait de contribuer autant que possible : \u00ab le volume de l\u2019aide destin\u00e9e aux r\u00e9fugi\u00e9s irakiens \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019aide allou\u00e9e aux Syriens au d\u00e9but de la crise [syrienne] \u00bb, a-t-elle dit. \u00ab Avec l\u2019intensification de la crise [syrienne], l\u2019aide aux Irakiens devient plus cibl\u00e9e. Les bourses d\u2019\u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites et align\u00e9es avec celles accord\u00e9es aux Syriens. Les soins hospitaliers ne couvraient plus que les premiers soins, comme pour les Syriens. \u00bb<\/p>\n<p>Isabelle Saadeh, coordinatrice de projet chez Caritas, a dit que de nombreux Irakiens avaient le sentiment d\u2019avoir re\u00e7u moins de soutien que leurs homologues syriens. \u00ab Les Syriens re\u00e7oivent beaucoup d\u2019aide : des couvertures, des r\u00e9chauds, des affaires d\u2019hiver. Alors ils ressentent la diff\u00e9rence entre les deux communaut\u00e9s \u00bb, a-t-elle dit.<\/p>\n<p>Le HCR a dit que les r\u00e9fugi\u00e9s syriens avaient re\u00e7u plus d\u2019aide pour affronter l\u2019hiver, mais que c\u2019\u00e9tait d\u00fb au fait qu\u2019ils avaient tendance \u00e0 vivre dans des r\u00e9gions plus froides du pays, tandis que les Irakiens se concentraient dans les villes et sur la c\u00f4te.<\/p>\n<p>Caritas a \u00e9galement r\u00e9duit ses effectifs et ses activit\u00e9s &#8211; de financement notamment &#8211; ont \u00e9t\u00e9 revues \u00e0 la baisse. \u00ab Pour une aide r\u00e9guli\u00e8re, nous ciblons les plus vuln\u00e9rables parmi les plus vuln\u00e9rables. C\u2019est un choix tr\u00e8s difficile. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Un probl\u00e8me linguistique <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019argent n\u2019est cependant pas l\u2019unique raison pour laquelle les enfants quittent l\u2019\u00e9cole pour travailler.<\/p>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que le Liban n\u2019est pas signataire de la convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des r\u00e9fugi\u00e9s, les familles irakiennes y sont en attente d\u2019\u00eatre r\u00e9implant\u00e9es dans un pays tiers. La proc\u00e9dure prend habituellement entre un et deux ans, mais peut durer bien davantage, rapportent le HCR et Caritas. Pourtant, de nombreuses familles esp\u00e8rent \u00e0 tort \u00eatre relocalis\u00e9s en quelques mois, et choisissent de ne pas inscrire leurs enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole libanaise, avec l\u2019intention de les inscrire une fois dans leur nouveau pays.<\/p>\n<p>\u00ab Nous essayons de leur expliquer que s\u2019ils ne vont pas \u00e0 l\u2019\u00e9cole tant qu\u2019ils sont au Liban, il risque d\u2019\u00eatre trop tard une fois qu\u2019ils seront relocalis\u00e9s \u00bb, a dit Mme Saadeh, en ajoutant qu\u2019ils ont m\u00eame demand\u00e9 \u00e0 certains parents de signer un papier promettant de ne pas retirer leurs enfants de l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p>Ceux qui vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole ont souvent du mal \u00e0 suivre. Le programme irakien est presque exclusivement enseign\u00e9 en arabe, tandis qu\u2019au Liban, le fran\u00e7ais ou l\u2019anglais sont pr\u00e9dominants. De nombreux enfants inscrits ne parviennent pas \u00e0 g\u00e9rer le foss\u00e9 linguistique.<\/p>\n<p><strong>Se d\u00e9brouiller <\/strong><\/p>\n<p>Livan Oraha a 10 ans, mais ce n\u2019est pas le cas de ses camarades de classe. Apr\u00e8s la mort de sa m\u00e8re dans les violences en Irak, sa tante Nadeema a fui le pays avec la famille. Les deux fr\u00e8res a\u00een\u00e9s de Livan, dont l\u2019un n\u2019est encore qu\u2019un adolescent, ont \u00e9t\u00e9 contraints de travailler pour payer le loyer de la famille, mais Nadeema a tenu \u00e0 offrir une \u00e9ducation \u00e0 Livan.<\/p>\n<p>Mais au lieu de le mettre dans une classe avec des enfants de son \u00e2ge, l\u2019\u00e9cole l\u2019a inscrit en premi\u00e8re ann\u00e9e. Si bien que ses petits camarades ont six ans. Livan les d\u00e9passe de plusieurs t\u00eates.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons pens\u00e9 que c\u2019\u00e9tait la meilleure chose \u00e0 faire, pour qu\u2019il puisse reprendre du d\u00e9but et apprendre la langue \u00bb, a dit Nadeema.<\/p>\n<p>Elle a ajout\u00e9 qu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 lui offrir une \u00e9ducation, mais qu\u2019elle esp\u00e9rait que ce serait plut\u00f4t en Occident qu\u2019au Liban. \u00ab Ils adorent tous aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole. J\u2019aimerais que les deux grands \u00e9tudient aussi, mais on ne peut tout simplement pas se le permettre. \u00bb<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<div>\n<div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ali Al Wasate n\u2019a peut-\u00eatre que 13 ans, mais il a \u00e9t\u00e9 contraint de m\u00fbrir vite. Il ne va plus \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et se consacre \u00e0 la recherche laborieuse d\u2019un emploi pour aider sa famille \u00e0 payer ses factures \u00e0 Beyrouth, au Liban.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[265,378],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-15779","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","pays-irak","pays-liban","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15779"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15779\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15779"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=15779"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=15779"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=15779"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=15779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}