{"id":17329,"date":"2014-07-09T14:31:53","date_gmt":"2014-07-09T14:31:53","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=17329"},"modified":"2021-08-26T14:07:40","modified_gmt":"2021-08-26T12:07:40","slug":"swissinfo-ch-la-suisse-aussi-participe-a-la-forteresse-europe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2014\/07\/09\/swissinfo-ch-la-suisse-aussi-participe-a-la-forteresse-europe\/","title":{"rendered":"Swissinfo.ch | La Suisse aussi participe \u00e0 la forteresse Europe"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">La Gr\u00e8ce fait tout pour se prot\u00e9ger contre les migrants ind\u00e9sirables. Un voyage \u00e0 la fronti\u00e8re avec la Turquie r\u00e9v\u00e8le les efforts d\u00e9j\u00e0 entrepris par Ath\u00e8nes, soutenue par l\u2019agence europ\u00e9enne Frontex. La Suisse y participe. Reportage.<\/span><\/p>\n<p><em>Article publi\u00e9 sur le site swissinfo.ch, le 4 juillet 2014. Cliquez <a href=\"http:\/\/origin.swissinfo.ch\/fre\/la-suisse-aussi-participe-%C3%A0-la-forteresse-europe\/40485246\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article et voir les photos sur le site swissinfo.ch.<\/em><\/p>\n<p><em>Photos d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.albertocampiphoto.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Alberto Campi<\/a>. Carte de Cristina Del Biaggio et Alberto Campi.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>[caption id=\"attachment_17331\" align=\"alignleft\" width=\"300\"]<a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/alexandroupolis_02072012_-169.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-17331\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/alexandroupolis_02072012_-169-300x200.jpg\" alt=\"Le fleuve Evros (c) Alberto Campi\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/alexandroupolis_02072012_-169-300x200.jpg 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/alexandroupolis_02072012_-169-150x100.jpg 150w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/alexandroupolis_02072012_-169.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a> Le fleuve Evros<br \/>(c) Alberto Campi[\/caption]<\/p>\n<p>Daniela Looser est assise avec son coll\u00e8gue roumain dans un bureau de Kipi, un point fronti\u00e8re entre la Gr\u00e8ce et la Turquie. Nous sommes aux portes de l\u2019Europe. Le poste fronti\u00e8re turc est situ\u00e9 deux kilom\u00e8tres plus \u00e0 l\u2019est. Entre ces deux endroits coule le fleuve Evros, dont 185 kilom\u00e8tres servent de d\u00e9marcation entre les deux pays.<\/p>\n<p>Originaire de Suisse orientale, la garde-fronti\u00e8re de 27 ans travaille ici depuis trois semaines. Il s\u2019agit de sa premi\u00e8re mission dans le cadre de Frontex, l\u2019Agence europ\u00e9enne pour les fronti\u00e8res ext\u00e9rieures, mais aussi de son tout premier s\u00e9jour en Gr\u00e8ce. Elle ne parle pas la langue du pays. Aux postes fronti\u00e8res, la langue de communication est en g\u00e9n\u00e9ral l\u2019anglais.<\/p>\n<p>De sa base st-galloise, \u00e0 la fronti\u00e8re form\u00e9e par le Rhin, Daniela Looser avait postul\u00e9 pour un poste dans le pool Frontex pour apprendre \u00e0 conna\u00eetre le fonctionnement de l\u2019espace Schengen. Elle continue \u00e0 percevoir son salaire suisse. Frontex coordonne les interventions et prend en charge les frais particuliers des missions, dont la responsabilit\u00e9 op\u00e9rationnelle est assum\u00e9e par la Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Emp\u00eacher les entr\u00e9es ill\u00e9gales<\/span><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019elle est en service, que ce soit de jour ou de nuit, Daniela Looser rev\u00eat l\u2019uniforme bleu du corps des gardes-fronti\u00e8re, le brassard bleu clair Frontex sur le bras droit, une arme de service \u00e0 la ceinture. Elle contr\u00f4le l\u2019authenticit\u00e9 des documents des voyageurs pour emp\u00eacher les entr\u00e9es ill\u00e9gales. \u00abLes passeports et visas falsifi\u00e9s ne sont pas rares\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce qui pr\u00e9vaut en Suisse, o\u00f9 les documents ne sont contr\u00f4l\u00e9s que ponctuellement depuis l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Espace Schengen, les fronti\u00e8res ext\u00e9rieures de Schengen font l\u2019objet de contr\u00f4les syst\u00e9matiques. Pour le reste, le travail ressemble \u00e0 celui qu\u2019elle effectue dans la vall\u00e9e du Rhin, ajoute la St-Galloise. \u00abDans le monde entier, des gens veulent aller d\u2019un point A \u00e0 un point B\u00bb, souligne-t-elle.<\/p>\n<p>Jardini\u00e8re de profession, Daniela Looser est sp\u00e9cialis\u00e9e dans la fouille des v\u00e9hicules. \u00abEn principe, il est possible de cacher des \u00eatres humains dans tous les types de v\u00e9hicules, que ce soit une Smart ou un camion.\u00bb Elle n\u2019en dira pas plus. Les collaborateurs de Frontex sont en effet soumis \u00e0 de strictes r\u00e8gles de confidentialit\u00e9 concernant des informations potentiellement tactiques.<\/p>\n<p>\u00abNous sommes ici pour soutenir le pays qui nous accueille. Nous n\u2019avons pas besoin de montrer aux Grecs comment prot\u00e9ger les fronti\u00e8res, ils le savent tr\u00e8s bien\u00bb, ajoute Daniela Looser.<\/p>\n<p>[caption id=\"attachment_17330\" align=\"alignright\" width=\"300\"]<a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Evros-region_low.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-17330\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Evros-region_low-300x300.jpg\" alt=\"Carte de la r\u00e9gion de l'Evros (c) Alberto Campi et Cristina Del Biaggio\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Evros-region_low-300x300.jpg 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Evros-region_low-150x150.jpg 150w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Evros-region_low.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a> Carte de la r\u00e9gion de l&rsquo;Evros<br \/>(c) Alberto Campi et Cristina Del Biaggio[\/caption]<\/p>\n<p>Nous prenons la route. Direction: 80 kilom\u00e8tres plus au nord, le long des rives bois\u00e9es de l\u2019Evros. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve: la Turquie. C\u2019est de l\u00e0 que les \u00e9migrants tentent de passer vers l\u2019Europe, dans des embarcations de toutes sortes. Ils viennent d\u2019Afghanistan, d\u2019Irak, de Syrie ou de Somalie.<\/p>\n<p>Cette rive a d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu d\u2019innombrables drames. Aujourd\u2019hui, rien de tel. Aucune patrouille ni de chiens douaniers en vue. Seraient-ils cach\u00e9s derri\u00e8re des arbres?<\/p>\n<p>Confront\u00e9e \u00e0 une forte augmentation du nombre de migrants ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la Gr\u00e8ce a augment\u00e9 le nombre des contr\u00f4les de fa\u00e7on massive. La r\u00e9gion du fleuve est aussi surveill\u00e9e par des h\u00e9licopt\u00e8res, des appareils de vision nocturne et des cam\u00e9ras de d\u00e9tection thermique, tout cela en collaboration avec Frontex.<\/p>\n<p>[caption id=\"attachment_17333\" align=\"alignleft\" width=\"300\"]<a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/orestiada_26062012_-033.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-17333\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/orestiada_26062012_-033-300x199.jpg\" alt=\"La barri\u00e8re frontali\u00e8re et la tour de contr\u00f4le. (c) Alberto Campi\" width=\"300\" height=\"199\" \/><\/a> La barri\u00e8re frontali\u00e8re et la tour de contr\u00f4le.<br \/>(c) Alberto Campi[\/caption]<\/p>\n<p>Avant 2011-2012, la route des r\u00e9fugi\u00e9s menait encore par la route terrestre, \u00e9troite, au nord, l\u00e0 o\u00f9 la fronti\u00e8re n\u2019est pas form\u00e9e par de l\u2019eau mais par des champs et des prairies. Chaque jour, des centaines de personnes passaient cette \u00abfronti\u00e8re verte\u00bb. Depuis le d\u00e9but de 2013, une cl\u00f4ture en acier rend le voyage presque impossible.<\/p>\n<p>Nous rencontrons Panos Zevgolatakos, chef adjoint du poste fronti\u00e8re, au poste de police de la ville d\u2019Orestiada. Il nous montre les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res et les champs de tournesols. Un no man\u2019s land militaire commence cinq cents m\u00e8tres avant la fronti\u00e8re. Deux soldats montent la garde, mitraillette au poing.<\/p>\n<p>Un lieutenant-colonel nous escorte \u00e0 travers la zone militaris\u00e9e. Nous avons un quart d\u2019heure pour voir et photographier de pr\u00e8s la cl\u00f4ture faite d\u2019un double rideau \u00e9quip\u00e9 de fil de fer barbel\u00e9 de quatre m\u00e8tres de haut. Derri\u00e8re ce rideau de fer, la Gr\u00e8ce s\u2019\u00e9tend encore sur un m\u00e8tre de large. Ensuite, c\u2019est la Turquie. Interdit de photographier. Le lieutenant-colonel n\u2019a pas le droit d\u2019\u00eatre photographi\u00e9 non plus.<\/p>\n<p>Les Grecs ont l\u2019habitude des visiteurs \u00e9trangers. \u00abDepuis que nous avons install\u00e9 la cl\u00f4ture, nous avons accueilli une centaine de groupes\u00bb, explique Panos Zevgolatakos. Les \u00e9quipes de t\u00e9l\u00e9vision viennent de partout, des Etats-Unis (CNN), mais aussi d\u2019Australie, du Japon ou d\u2019Allemagne. \u00abEn avril 2013, nous avons eu la visite de la ministre suisse de la justice, poursuit le responsable. Comment s\u2019appelle-t-elle d\u00e9j\u00e0? Ah oui, Simonetta Sommaruga.\u00bb<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">\u00abPush-back\u00bb: bateaux repouss\u00e9s<\/span><\/p>\n<p>\u00abAvec la cl\u00f4ture, le renforcement des contr\u00f4les le long du fleuve et depuis que <a href=\"http:\/\/asile.ch\/2014\/01\/23\/rfi-a-lest-de-leurope-un-rideau-de-barbeles-descend-sur-la-bulgarie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la Bulgarie a \u00e9galement d\u00e9cid\u00e9 de construire une cl\u00f4ture<\/a>, la pression sur la dangereuse route maritime a augment\u00e9\u00bb, explique Elias Anagnospopoulos, directeur de la section grecque d\u2019Amnesty International.<\/p>\n<p>Ainsi, le 20 janvier dernier, onze r\u00e9fugi\u00e9s afghans et syriens, dont huit enfants, se sont noy\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019\u00eele grecque Farmakonisi, au moment o\u00f9 les gardes-c\u00f4te grecs ont tir\u00e9 le bateau vers la Turquie, <a href=\"http:\/\/www.amnesty.ch\/fr\/pays\/europe-asie-centrale\/grece\/docs\/2014\/expulsions-illegales-et-scandaleuses-de-refugies-et-de-migrants\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">selon Amnesty International<\/a>. Les autorit\u00e9s grecques nient qu\u2019il se soit agi d\u2019un bateau repouss\u00e9.<\/p>\n<p>Panos Zevgolatakos dit n\u2019avoir jamais entendu parler de tels cas. \u00abSi je ne respectais pas les lois grecques ou le droit international, je serais emprisonn\u00e9\u00bb, dit-il. Selon lui, ces rumeurs n\u00e9gatives sont propag\u00e9es par les bandes de passeurs.<\/p>\n<p>Frontex est clairement oppos\u00e9e aux man\u0153uvres visant \u00e0 repousser les bateaux, que l\u2019agence estime ill\u00e9gales. Elle souligne aussi qu\u2019Amnesty International met en cause les gardes-fronti\u00e8re grecs et non ceux des autres Etats.<\/p>\n<p>L\u2019organisation de d\u00e9fense des droits humains ne blanchit pas Frontex pour autant. Selon elle, l\u2019agence europ\u00e9enne porte une part de responsabilit\u00e9. \u00abC\u2019est pourquoi nous demandons \u00e0 Frontex de suspendre ses op\u00e9rations en Gr\u00e8ce\u00bb, explique Panos Zevgolatakos.<\/p>\n<p>Autre probl\u00e8me, selon le responsable: les Etats consacrent bien plus d\u2019argent \u00e0 prot\u00e9ger leurs fronti\u00e8res qu\u2019\u00e0 prot\u00e9ger les r\u00e9fugi\u00e9s. \u00abEt le reste de l\u2019Europe est bien content qu\u2019il y ait l\u2019Espagne, Malte, l\u2019Italie et la Gr\u00e8ce pour surveiller les fronti\u00e8res. Lorsque des requ\u00e9rants d\u2019asile ou des immigrants ill\u00e9gaux frappent \u00e0 nos portes, nous devons les \u00e9couter et voir s\u2019ils ont droit \u00e0 une protection.\u00bb<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Un centre mod\u00e8le<\/span><\/p>\n<p>Nous quittons Panos Zevgolatakos et poursuivons notre route 15 kilom\u00e8tres en direction du nord-ouest, vers Fylakio. C\u2019est ici, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du village, que le centre de premier accueil pour r\u00e9fugi\u00e9s de la r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 construit.<\/p>\n<p>[caption id=\"attachment_17334\" align=\"aligncenter\" width=\"1024\"]<a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/20101009_Fylakio_detention_center_for_immigrants_refugees_Thrace_Evros_Greece.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-17334\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/20101009_Fylakio_detention_center_for_immigrants_refugees_Thrace_Evros_Greece-1024x248.jpg\" alt=\"Centre d'enregistrement et de d\u00e9tention de Fylakio. (c) Alberto Campi\" width=\"1024\" height=\"248\" \/><\/a> Centre d&rsquo;enregistrement de Fylakio.<br \/>(c) Alberto Campi[\/caption]<\/p>\n<p>Encore une fois, des grillages, tout autour du centre. Christos Christakoudis, le coordinateur, nous accueille, mais nous restons \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, car l\u2019acc\u00e8s aux locaux est interdit. Except\u00e9 un chien et quelques jeunes hommes jouant au football derri\u00e8re les baraques, nous ne voyons personne.<\/p>\n<p>Il y a ici de la place pour 240 r\u00e9fugi\u00e9s \u2013 hommes, femmes, enfants \u2013 r\u00e9partis dans quatre ailes. \u00abGr\u00e2ce \u00e0 la cl\u00f4ture m\u00e9tallique, \u00e0 Frontex et \u00e0 l\u2019accroissement des contr\u00f4les, le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s ill\u00e9gaux a fortement diminu\u00e9 l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e\u00bb, d\u00e9clare Christos Christakoudis.<\/p>\n<p>Au centre du complexe se trouvent les cuisines, le service de nettoyage, la t\u00e9l\u00e9vision, le t\u00e9l\u00e9phone et des jeux pour les habitants des lieux, qui proviennent majoritairement de Syrie et d\u2019Afghanistan. Selon le coordinateur, les nouveaux arrivants subissent un contr\u00f4le m\u00e9dical et psychologique. On les informe sur le droit d\u2019asile. Des traducteurs sont sur place.<\/p>\n<p>\u00abApr\u00e8s quinze jours au plus, les r\u00e9fugi\u00e9s arrivent dans un centre d\u2019accueil quelque part en Gr\u00e8ce ou repartent volontairement dans leur pays d\u2019origine. Les mineurs sont adress\u00e9s \u00e0 l\u2019Organisation internationale pour les migrations, l\u2019OIM\u00bb, poursuit le responsable.<\/p>\n<p>Les migrants qui ne d\u00e9posent pas de demande d\u2019asile, et ils sont en majorit\u00e9 car le pays n\u2019est pas tr\u00e8s attractif \u00e9conomiquement, risquent de se retrouver dans la prison en vue de l\u2019expulsion (\u00abDetention Centre\u00bb) situ\u00e9e juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, et fortement surveill\u00e9e. L\u2019endroit a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises pour ses conditions inhumaines.<\/p>\n<p>Christos Christakoudis semble heureux de n\u2019avoir rien \u00e0 voir avec cette prison. \u00abPeut-\u00eatre est-elle surpeupl\u00e9e, je ne sais pas, et ce n\u2019est pas mon affaire, dit-il. Chez nous, il y a 240 places et 240 personnes au maximum.\u00bb<\/p>\n<p>Pour le directeur d\u2019Amnesty International, le centre de Fylakio est le \u00abgrand h\u00f4tel des centres pour r\u00e9fugi\u00e9s en Gr\u00e8ce\u00bb. En revanche, la prison situ\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ressemble \u00e0 de nombreux autres lieux de d\u00e9tention du pays. \u00abSurpeupl\u00e9s, sans ou avec tr\u00e8s peu de soins m\u00e9dicaux, marqu\u00e9s par les abus des gardiens ou la privation de lumi\u00e8re pendant de longues p\u00e9riodes.\u00bb<\/p>\n<p><span class=\"intertitre\">Courte visite<\/span><\/p>\n<p>La St-Galloise Daniela Looser a de la visite. Andrea H\u00fclsmann, responsable des missions internationales au sein du corps suisse des gardes-fronti\u00e8re, passe 36 heures en Gr\u00e8ce pour s\u2019entretenir avec les responsables de Frontex et ses homologues grecs.<\/p>\n<p>\u00abIl est important de nourrir les contacts et de se montrer, explique-t-elle. \u00abCes missions repr\u00e9sentent un enrichissement, m\u00eame si le travail de nos collaborateurs manque, chez nous.\u00bb Mais il ne faut pas oublier, ajoute-t-elle, que la Suisse profite aussi du travail professionnel de Frontex qui permet de stopper les migrants ill\u00e9gaux aux fronti\u00e8res ext\u00e9rieures de l\u2019espace Schengen.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019admire la mani\u00e8re dont les Grecs int\u00e8grent chaque mois de nouveaux collaborateurs \u00e9trangers, note Daniela Looser, qui arrive au terme de son s\u00e9jour de quatre semaines. J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment profit\u00e9 de mon s\u00e9jour. J\u2019ai appris \u00e0 conna\u00eetre de nouveaux coll\u00e8gues, une nouvelle culture et une autre Europe.\u00bb<\/p>\n<p>Daniela Looser retrouvera bient\u00f4t son poste en Suisse, et contr\u00f4lera \u00e0 nouveau les v\u00e9hicules et les papiers des voyageurs dans la vall\u00e9e du Rhin. L\u00e0 aussi, des gens, quelles que soient leurs raisons, passent, parce qu\u2019ils sont en transit d\u2019un point A \u00e0 un point B.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Gr\u00e8ce fait tout pour se prot\u00e9ger contre les migrants ind\u00e9sirables. Un voyage \u00e0 la fronti\u00e8re avec la Turquie r\u00e9v\u00e8le les efforts d\u00e9j\u00e0 entrepris par Ath\u00e8nes, soutenue par l\u2019agence europ\u00e9enne Frontex. La Suisse y participe. 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