{"id":20421,"date":"2015-02-01T07:37:45","date_gmt":"2015-02-01T07:37:45","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=20421"},"modified":"2021-08-26T14:03:44","modified_gmt":"2021-08-26T12:03:44","slug":"le-courrier-mali-tensions-au-camp-malien-de-goudoubo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2015\/02\/01\/le-courrier-mali-tensions-au-camp-malien-de-goudoubo\/","title":{"rendered":"Le Courrier | Mali: Tensions au camp malien de Goudoubo"},"content":{"rendered":"<h3>Cent cinquante mille personnes. C\u2019est le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s que la guerre dans le Nord du Mali, survenue il y a trois ans, a pouss\u00e9s sur les routes de l\u2019exil. Quelque trente cinq mille ont trouv\u00e9 refuge au Burkina Faso, dans un des trois camps mis sur pied par le Haut-Commissariat aux r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Hoher Fl\u00fcchtlingskommissar der Vereinten Nationen'>HCR<\/abbr>). Dans la province de l\u2019Oudalan, le camp de Goudoubo accueille une dizaine de milliers de Maliens. \u00abLa vie est dure pour la grande majorit\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s\u00bb, nous confie, Nasser*, employ\u00e9 d\u2019une ONG active dans le camp, qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder l\u2019anonymat. \u00abAu d\u00e9but, dans l\u2019urgence, les vivres \u00e9taient distribu\u00e9es plus g\u00e9n\u00e9reusement. Puis, le manque de fonds a entra\u00een\u00e9 une diminution de moiti\u00e9 des aides alimentaires.\u00bb<\/h3>\n<p><em><strong>Article de Julien Repond, publi\u00e9 dans Le Courrier, le 20 janvier 2015. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.lecourrier.ch\/127010\/la_crise_climatique_s_installe_au_sahel\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du Courrier.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Des r\u00e9fugi\u00e9s ont toutefois su tirer leur \u00e9pingle du jeu. \u00abCertaines personnes se sont m\u00eame enrichies\u00bb, rel\u00e8ve l\u2019acteur humanitaire. Un commerce de fausses attestations, sur la base desquelles les vivres sont d\u00e9livr\u00e9s, a \u00e9t\u00e9 mis en place. Des r\u00e9fugi\u00e9s allant jusqu\u2019\u00e0 payer des enfants burkinab\u00e8s des alentours pour qu\u2019ils viennent s\u2019enregistrer comme membres de la famille, augmentant ainsi la quantit\u00e9 de nourriture per\u00e7ues et permettant d\u2019en revendre une partie. \u00abLorsque le HCR s\u2019est rendu compte de la situation, il a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019organiser un recensement annuel des r\u00e9fugi\u00e9s et exig\u00e9 la pr\u00e9sence physique de chacun lors de la remise des vivres. Cela limite la fraude. Mais \u00e9tant donn\u00e9 le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s, il est impossible d\u2019instaurer des contr\u00f4les syst\u00e9matiques\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Autre probl\u00e8me avec lequel il faut composer, celui des cat\u00e9gories sociales. Cinq ethnies ou castes sont pr\u00e9sentes dans le camp. Les Touaregs, majoritaires, les Bellahs, leurs traditionnels esclaves, ou encore les Peuls, les Arabes et les Sonra\u00efs. \u00abLes Bellahs sont particuli\u00e8rement discrimin\u00e9s\u00bb, rel\u00e8ve Nasser. Ces derniers sont souvent rattach\u00e9s aux familles qu\u2019ils servent et enregistr\u00e9s comme membres de ces derni\u00e8res. \u00abLes Touaregs envoient leurs Bellahs pour r\u00e9colter les vivres, ils ne se verraient pas s\u2019aligner avec eux lors des distributions.\u00bb Lors du partage de la nourriture par le chef de famille, ces serviteurs sont pourtant pr\u00e9t\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<p>La discrimination est \u00e9galement exerc\u00e9e par les chefs de blocs, personnes de contact des diff\u00e9rents quartiers du camp. \u00abLorsque des activit\u00e9s sont organis\u00e9es, telles que des programmes d\u2019alphab\u00e9tisation, ils sont pri\u00e9s de soumettre des listes de participants et en \u00e9cartent les Bellahs.\u00bb<\/p>\n<p>Les ONG et le HCR, conscients de ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019efforcent de traiter chaque r\u00e9fugi\u00e9 sur un m\u00eame pied d\u2019\u00e9galit\u00e9. Et tentent de compenser quelque peu cette situation dans leurs programmes, donnant parfois la priorit\u00e9 aux Bellahs. \u00abCette situation d\u2019in\u00e9galit\u00e9 est ant\u00e9rieure \u00e0 la guerre et perdurera apr\u00e8s le retour des r\u00e9fugi\u00e9s\u00bb, rel\u00e8ve Nasser.<\/p>\n<p>Un autre point de friction provient de l\u2019aide donn\u00e9e par l\u2019ONG V\u00e9t\u00e9rinaires sans fronti\u00e8res aux Maliens pour leur b\u00e9tail. \u00abLe statut de r\u00e9fugi\u00e9 donne le droit \u00e0 une assistance sp\u00e9ciale, que l\u2019on poss\u00e8de 5 ou 1500 t\u00eates. Leurs b\u00eates sont mieux trait\u00e9es que celles des populations autochtones\u00bb, avoue-t-il. Alors qu\u2019un Burkinab\u00e8 paie 1000 francs <abbr class='c2c-text-hover' title='Bundesasylzentren: Orte, an denen Asylsuchende ihr Gesuch einreichen und wo die beteiligten Akteure des Verfahrens, die dort alle zusammengef\u00fchrt sind, das Gesuch pr\u00fcfen. Die Asylsuchenden sind w\u00e4hrend des Verfahrens in diesen kollektiven Unterk\u00fcnften untergebracht.'>CFA<\/abbr> (2 francs) par t\u00eate pour les vaccins et le d\u00e9parasitant, les r\u00e9fugi\u00e9s y ont acc\u00e8s gratuitement. Au pire de la p\u00e9riode de soudure, ces derniers re\u00e7oivent \u00e9galement des aides en fourrage plus g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es que celles d\u00e9livr\u00e9es aux locaux. \u00abUn sentiment d\u2019injustice est pr\u00e9sent chez les Burkinab\u00e8. On peut le comprendre. La m\u00e9diatisation du conflit malien a permis d\u2019obtenir des financements plus importants pour les r\u00e9fugi\u00e9s que pour eux\u00bb, explique Nasser.<\/p>\n<p>Le 9 janvier dernier, un accord a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par le Burkina, le Mali et le HCR. Ce dernier offre un cadre juridique pour les retours volontaires au Mali. \u00abUne aide financi\u00e8re de 35&rsquo;000 francs CFA (70\u2008francs) est d\u00e9j\u00e0 distribu\u00e9e aux personnes choisissant de retourner au pays\u00bb, note Nasser.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur un possible retour, Ibrahim*, un r\u00e9fugi\u00e9 malien, tient \u00e0 remercier la population h\u00f4te pour son accueil. \u00abNous aimerions beaucoup retourner chez nous, mais les r\u00e8glements de comptes entre diff\u00e9rents mouvements et ethnies font rage, et autant la s\u00e9curit\u00e9 des biens que la possibilit\u00e9 de commercer ne sont pas assur\u00e9es\u00bb, explique-t-il. Selon les chiffres du HCR, seuls 4500 r\u00e9fugi\u00e9s maliens au Burkina ont pris la route du retour depuis novembre 2013. Le rapatriement total promet d\u2019\u00eatre long.<\/p>\n<p>*Noms d\u2019emprunt.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cent cinquante mille personnes. 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