{"id":20870,"date":"2015-02-17T10:37:28","date_gmt":"2015-02-17T10:37:28","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=20870"},"modified":"2021-08-26T14:03:31","modified_gmt":"2021-08-26T12:03:31","slug":"irin-des-milliers-de-refugies-fuyant-boko-haram-sont-coinces-au-tchad","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2015\/02\/17\/irin-des-milliers-de-refugies-fuyant-boko-haram-sont-coinces-au-tchad\/","title":{"rendered":"IRIN | Des milliers de r\u00e9fugi\u00e9s fuyant Boko Haram \u00ab\u00a0coinc\u00e9s\u00a0\u00bb au Tchad"},"content":{"rendered":"<h2>Ils sont nombreux \u00e0 avoir fui en cano\u00eb sans avoir eu le temps de prendre quoi que ce soit avec eux. Ils ont travers\u00e9 le lac Tchad en pagayant pour \u00e9chapper aux massacres. Les milliers de Nig\u00e9rians qui ont fui les attaques lanc\u00e9es par Boko Haram sont maintenant coinc\u00e9s sur quelques-unes des innombrables petites \u00eeles qui pars\u00e8ment le lac et ont un besoin pressant d\u2019eau, de vivres, d\u2019abris et de soins de sant\u00e9.<\/h2>\n<p><em><strong>Article publi\u00e9 sur le site de l&rsquo;IRIN, le 12 f\u00e9vrier 2015. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/reportfrench.aspx?ReportID=101120&amp;utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de l&rsquo;IRIN.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>S\u2019ils ne sont pas localis\u00e9s et d\u00e9plac\u00e9s vers le camp de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9tabli \u00e0 Baga Sola, \u00e0 70 km de la fronti\u00e8re nig\u00e9riane, ces r\u00e9fugi\u00e9s, risquent de \u00abrester extr\u00eamement vuln\u00e9rables l\u00e0 o\u00f9 ils sont\u00bb, a dit Alice Armanni Sequi, qui dirige la branche tchadienne du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).<\/p>\n<p>Un grand nombre de ces \u00eeles ne sont gu\u00e8re plus que des affleurements mar\u00e9cageux ou des bancs de sable. Certaines sont habit\u00e9es, mais leurs r\u00e9sidents n\u2019ont pas grand-chose \u00e0 offrir aux r\u00e9fugi\u00e9s et doivent se contenter de les accueillir chez eux. La r\u00e9gion du Lac est l\u2019une des r\u00e9gions les plus d\u00e9favoris\u00e9es de l\u2019un des pays les plus pauvres et les moins d\u00e9velopp\u00e9s au monde. La population de certaines communaut\u00e9s a plus que doubl\u00e9 \u00e0 la suite du r\u00e9cent afflux de r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abLa situation actuelle est assez complexe\u00bb, a dit Mamadou Dian Balde, repr\u00e9sentant adjoint du Haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>) au Tchad. \u00abParmi les r\u00e9fugi\u00e9s, nombreux sont ceux qui se sont install\u00e9s dans des endroits o\u00f9 nous ne pouvons leur apporter aucun soutien, m\u00eame si nous voulons d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment leur venir en aide\u00bb, a-t-il dit, ajoutant qu\u2019il faut compter au moins une journ\u00e9e de bateau \u00e0 moteur pour se rendre sur certaines \u00eeles depuis la rive.<\/p>\n<h3><strong>Aggravation de la crise<\/strong><\/h3>\n<p>[caption id=\"attachment_20871\" align=\"alignright\" width=\"300\"]<a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Nigeria_OCHA.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-20871\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Nigeria_OCHA-300x206.jpg\" alt=\"Une carte des \u00eeles o\u00f9 se sont r\u00e9fugi\u00e9s les Nig\u00e9rians pour \u00e9chapper \u00e0 Boko Haram.\" width=\"300\" height=\"206\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Nigeria_OCHA-300x206.jpg 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Nigeria_OCHA-150x103.jpg 150w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Nigeria_OCHA.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a> Une carte des \u00eeles o\u00f9 se sont r\u00e9fugi\u00e9s les Nig\u00e9rians pour \u00e9chapper \u00e0 Boko Haram.[\/caption]<\/p>\n<p>Selon le HCR, plus de 17&rsquo;000 Nig\u00e9rians se sont r\u00e9fugi\u00e9s au Tchad depuis le mois de mai 2013. Cent mille autres ont fui vers le Niger et 37&rsquo;000 vers le Cameroun.<\/p>\n<p>L\u2019afflux le plus important vers le Tchad \u2013 plus de 14&rsquo;000 r\u00e9fugi\u00e9s, \u00e0 un rythme sup\u00e9rieur \u00e0 1000 par jour \u2013 est survenu \u00e0 la suite de l\u2019attaque perp\u00e9tr\u00e9e le 3 janvier par Boko Haram contre la ville de Baga, dans le nord-est du Nigeria. Des centaines de personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es et des villages entiers ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9s. Selon la F\u00e9d\u00e9ration internationale des soci\u00e9t\u00e9s de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), plus d\u2019un nouvel arrivant sur cinq ne dispose d\u2019aucun abri<\/p>\n<p>\u00abAu cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es, la plupart des r\u00e9fugi\u00e9s fuyaient au Niger, qui est plus proche et plus facile d\u2019acc\u00e8s [par la terre], ou m\u00eame au Cameroun\u00bb, a dit M. Balde. \u00abLe fait qu\u2019ils ont commenc\u00e9 \u00e0 [traverser le lac] en grand nombre pour p\u00e9n\u00e9trer au Tchad montre qu\u2019ils sont d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<h3><strong>Relocalisation<\/strong><\/h3>\n<p>Alors qu\u2019il peut accueillir 15&rsquo;000 r\u00e9fugi\u00e9s, le camp situ\u00e9 \u00e0 Baga Sola, qui porte le nom de Dar-es-Salam (\u00ablieu de paix\u00bb), en h\u00e9berge actuellement un peu plus de 3000. Le HCR travaille en collaboration avec le gouvernement tchadien afin de d\u00e9placer 2000 r\u00e9fugi\u00e9s suppl\u00e9mentaires des \u00eeles vers le camp.<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 publique a envoy\u00e9 des m\u00e9decins et des infirmi\u00e8res \u00e0 Dar-es-Salam et d\u00e9ploy\u00e9 des travailleurs de la sant\u00e9 suppl\u00e9mentaires dans les communaut\u00e9s accueillant un grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9s. La propagation de maladies comme le paludisme et le chol\u00e9ra demeure cependant une pr\u00e9occupation. Les soins de sant\u00e9 maternels sont par ailleurs pratiquement inexistants dans cette r\u00e9gion du Tchad.<\/p>\n<h3><strong>Identification des rapatri\u00e9s<\/strong><\/h3>\n<p>Les autorit\u00e9s locales disent \u00eatre au courant de l\u2019existence d\u2019au moins 1 100 Tchadiens qui vivaient et travaillaient au Nigeria et qui sont rentr\u00e9s chez eux lorsque les violences ont \u00e9clat\u00e9. Selon les organisations d\u2019aide humanitaire, cependant, leur nombre est probablement beaucoup plus \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Le retour au bercail de ces pourvoyeurs est synonyme de nouvelles difficult\u00e9s \u00e9conomiques pour de nombreuses familles.<\/p>\n<p>\u00ab[Les rapatri\u00e9s] pr\u00e9sentent plusieurs vuln\u00e9rabilit\u00e9s semblables \u00e0 celles des r\u00e9fugi\u00e9s nig\u00e9rians, m\u00eame s\u2019ils sont retourn\u00e9s aupr\u00e8s de leur famille d\u2019origine\u00bb, a dit Mme Armanni Sequi. \u00abEt ils sont plus difficiles \u00e0 identifier parce qu\u2019ils vivent dans leur foyer d\u2019origine au sein des communaut\u00e9s h\u00f4tes. Ils sont d\u00e8s lors plus \u00e0 risque de rester dans l\u2019ombre et d\u2019\u00eatre n\u00e9glig\u00e9s par les op\u00e9rations d\u2019aide, qui sont par ailleurs rest\u00e9es, jusqu\u2019\u00e0 maintenant, largement concentr\u00e9es dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<h3><strong>Des communaut\u00e9s d\u2019accueil en difficult\u00e9<\/strong><\/h3>\n<p>Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, pr\u00e8s d\u2019un tiers de la population de la r\u00e9gion du Lac ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d\u2019un acc\u00e8s r\u00e9gulier \u00e0 une quantit\u00e9 suffisante de nourriture pour mener une vie saine. Le taux de malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans d\u00e9passe le seuil d\u2019urgence de 15 pour cent.<\/p>\n<p>La situation \u00e9conomique a \u00e9t\u00e9 aggrav\u00e9e par la fermeture, en ao\u00fbt, de la fronti\u00e8re terrestre entre le Tchad et le Nigeria. Celle-ci a emp\u00each\u00e9 les commer\u00e7ants locaux, les \u00e9leveurs et les marchands de circuler librement et entra\u00een\u00e9 des p\u00e9nuries de nourriture et une augmentation des prix des denr\u00e9es alimentaires.<\/p>\n<p>Les communaut\u00e9s d\u2019accueil \u00abne doivent pas \u00eatre oubli\u00e9es par la communaut\u00e9 humanitaire\u00bb, a dit Mme Armanni Sequi. \u00abElles ont partag\u00e9 tout ce qu\u2019elles avaient [avec les r\u00e9fugi\u00e9s], puisant dans leurs propres r\u00e9serves de nourriture et leurs propres ressources \u00e9conomiques [&#8230;]. Il est donc essentiel d\u2019accro\u00eetre l\u2019aide apport\u00e9e aux communaut\u00e9s h\u00f4tes et locales.\u00bb<\/p>\n<p>Selon OCHA, quelque 31 millions de dollars sont n\u00e9cessaires pour satisfaire les besoins humanitaires des habitants de la r\u00e9gion du Lac, y compris ceux des r\u00e9fugi\u00e9s. On ignore cependant quelle proportion de cette somme sera effectivement obtenue: l\u2019an dernier, l\u2019appel de fonds pour le Tchad a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 \u00e0 hauteur de 36 pour cent seulement.<\/p>\n<p>\u00abLa crise au Tchad a toujours \u00e9t\u00e9 sous-financ\u00e9e\u00bb, a dit Mme Armanni Sequi. \u00abLa communaut\u00e9 humanitaire qui oeuvre au Tchad est constamment confront\u00e9e au d\u00e9fi de trouver de nouvelles sources de financement pour faire son travail, et c\u2019est tout aussi vrai pour cette op\u00e9ration.\u00bb<\/p>\n<p>Le PAM a donn\u00e9 des rations alimentaires d\u2019urgence \u00e0 plus de 6000 r\u00e9fugi\u00e9s et commenc\u00e9 \u00e0 distribuer des rations d\u2019un mois aux habitants du camp. L\u2019organisation a annonc\u00e9 qu\u2019elle aurait besoin de pr\u00e8s de 11 millions de dollars pour r\u00e9pondre aux besoins de tous.<\/p>\n<p>\u00abNous avons \u00e9t\u00e9 capables de r\u00e9agir assez rapidement \u00e0 l\u2019afflux de r\u00e9fugi\u00e9s que nous avons re\u00e7u l\u2019an dernier en organisant des distributions de vivres\u00bb, a dit Peter Musoko, directeur pays adjoint du PAM au Tchad. \u00abLa principale difficult\u00e9 \u00e0 laquelle nous sommes aujourd\u2019hui confront\u00e9s, c\u2019est la quasi-absence de financement de la crise elle-m\u00eame.\u00bb<\/p>\n<p>OCHA a dit qu\u2019il faisait maintenant appel au Fonds central pour les interventions d\u2019urgence des Nations Unies (CERF) pour financer les op\u00e9rations d\u2019aide mises en place dans le but de r\u00e9pondre \u00e0 la crise au Nigeria.<\/p>\n<p>Selon Mme Armanni Sequi, de nombreuses organisations utilisent leur tr\u00e9sorerie interne pour assurer une r\u00e9ponse imm\u00e9diate, mais cette strat\u00e9gie n\u2019est pas viable \u00e0 long terme et ne permet pas d\u2019intensifier la r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Les Nations Unies ont dit qu\u2019elles se pr\u00e9paraient \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de jusqu\u2019\u00e0 30&rsquo;000 r\u00e9fugi\u00e9s nig\u00e9rians au cours des mois \u00e0 venir en fonction de l\u2019\u00e9volution de la situation s\u00e9curitaire.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est l\u2019une de ces situations qui pose un d\u00e9fi plus important que les ressources disponibles\u00bb, a dit Mme Armanni Sequi. \u00abLes acteurs humanitaires font tout ce qu\u2019ils peuvent, mais [\u2026] notre r\u00e9ussite finale d\u00e9pendra de l\u2019obtention de fonds suppl\u00e9mentaires pour mettre en oeuvre notre r\u00e9ponse dans la r\u00e9gion.\u00bb<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont nombreux \u00e0 avoir fui en cano\u00eb sans avoir eu le temps de prendre quoi que ce soit avec eux. 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