{"id":23592,"date":"2015-06-24T05:43:31","date_gmt":"2015-06-24T05:43:31","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=23592"},"modified":"2021-08-26T14:02:03","modified_gmt":"2021-08-26T12:02:03","slug":"le-courrier-vivre-dans-un-bunker-au-peril-de-sa-sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2015\/06\/24\/le-courrier-vivre-dans-un-bunker-au-peril-de-sa-sante\/","title":{"rendered":"Le Courrier | Vivre dans un bunker au p\u00e9ril de sa sant\u00e9"},"content":{"rendered":"<h2>M\u00e9decins et sp\u00e9cialistes se montrent critiques vis-\u00e0-vis de l\u2019h\u00e9bergement de requ\u00e9rants d\u2019asile dans des abris de la protection civile.<\/h2>\n<p><em><strong>Article de Pauline Cancela paru le 24 juin 2015 dans Le Courrier. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.lecourrier.ch\/130899\/vivre_dans_un_bunker_au_peril_de_sa_sante\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du Courrier.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>[caption id=\"attachment_21719\" align=\"alignright\" width=\"360\"]<a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/bunker_05032015_675_0.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-21719 size-full\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/bunker_05032015_675_0.jpg\" alt=\"Photo: Alberto Campi\" width=\"360\" height=\"179\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/bunker_05032015_675_0.jpg 360w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/bunker_05032015_675_0-300x149.jpg 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/bunker_05032015_675_0-150x75.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><\/a> Photo: Alberto Campi[\/caption]<\/p>\n<p>Parce qu\u2019elle poss\u00e8de de nombreux abris antiatomiques, la Suisse a cette particularit\u00e9 de loger des demandeurs d\u2019asile sous la terre face \u00e0 la p\u00e9nurie de structures d\u2019accueil. Une solution indigne pour les milieux de d\u00e9fense de l\u2019asile, et vis-\u00e0-vis de laquelle plusieurs experts se montrent critiques. A long terme, la vie dans un abri de la protection civile peut \u00eatre n\u00e9faste pour la sant\u00e9. Alors qu\u2019un large mouvement de protestation contre le recours \u00e0 ces \u00abbunkers\u00bb fait rage depuis plus d\u2019une semaine \u00e0 Gen\u00e8ve, m\u00e9decins et sp\u00e9cialistes r\u00e9pondent \u00e0 nos questions.<\/p>\n<p>A commencer par Sophie Durieux, responsable du Programme sant\u00e9 migrants des H\u00f4pitaux universitaires genevois (HUG). Sans critiquer la d\u00e9cision de l\u2019Hospice g\u00e9n\u00e9ral de loger environ 150 requ\u00e9rants d\u2019asile dans quatre abris de la protection civile (316 places), le m\u00e9decin estime que la vie dans un bunker n\u2019est pas sans cons\u00e9quences sur la sant\u00e9. Surtout lorsqu\u2019elle concerne une population d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Contre-indication m\u00e9dicale<\/strong><\/p>\n<p>Sa consultation, r\u00e9guli\u00e8rement sollicit\u00e9e par les requ\u00e9rants d\u00e9bout\u00e9s ou frapp\u00e9s d\u2019une non-entr\u00e9e en mati\u00e8re, n\u2019a pas attendu les r\u00e9centes manifestations pour \u00e9mettre un avis m\u00e9dical en faveur de ceux dont l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 contre-indique un logement en abri PC.<br \/>\n\u00abPour les personnes souffrant d\u2019asthme, de diab\u00e8te, ou de psychose, la contre-indication m\u00e9dicale est formelle. L\u2019inclinaison des rampes d\u2019acc\u00e8s et l\u2019exig\u00fcit\u00e9 des lits superpos\u00e9s ne sont pas non plus adapt\u00e9s \u00e0 des personnes souffrant d\u2019une fracture du bras ou de la jambe,\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Mais il est difficile pour les m\u00e9decins de formuler un tel avis formel et contraignant s\u2019agissant des personnes souffrant de stress post-traumatique ou de d\u00e9pression \u2013\u200824% des demandeurs d\u2019asile \u00e0 Gen\u00e8ve selon une \u00e9tude. \u00abSinon il n\u2019y aurait plus personne dans ces abris\u00bb, reprend Sophie Durieux. Or ils sont les plus \u00e0 m\u00eame de souffrir de ce type d\u2019h\u00e9bergement. \u00abLe confinement, la promiscuit\u00e9 et l\u2019absence de lumi\u00e8re naturelle conduisent certains \u00e0 revivre des situations traumatisantes, li\u00e9es \u00e0 un s\u00e9jour en prison, \u00e0 la guerre ou \u00e0 leur voyage pour arriver en Europe.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Stress et troubles du sommeil<\/strong><\/p>\n<p>Et les statuts personnel et l\u00e9gal du requ\u00e9rants d\u2019asile n\u2019ont rien \u00e0 voir l\u00e0-dedans: \u00abNous soignons des patients, pas des permis!\u00bb M\u00eame si l\u2019Hospice a vis\u00e9 la population probablement la moins vuln\u00e9rable en choisissant les hommes c\u00e9libataires.<\/p>\n<p>Restent les cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 d\u2019un h\u00e9bergement prolong\u00e9 sous la terre . \u00abTout d\u00e9pend de l\u2019\u00e9tat initial de la personne. Les requ\u00e9rants d\u2019asile font souvent preuve d\u2019une grande capacit\u00e9 de r\u00e9silience et peuvent s\u2019adapter \u00e0 beaucoup de situations, mais il faudrait au moins leur annoncer la couleur, discuter avec eux et favoriser les initiatives sociales \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des abris: pouvoir se faire \u00e0 manger, avoir acc\u00e8s \u00e0 des occupations, etc.\u00bb<br \/>\nLorsque la dur\u00e9e du s\u00e9jour est inconnue, certains migrants d\u00e9veloppent facilement des syndromes d\u00e9pressifs. Pour le m\u00e9decin, elle devrait \u00eatre \u00abannonc\u00e9e \u00e0 l\u2019avance et la plus courte possible\u00bb. D\u2019autant plus s\u2019ils sont sans activit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abLes conditions de vie en abri sont un gros facteur de stress et provoquent parfois des angoisses et des troubles du comportement. On voit flamber des \u00e9tats de stress post-traumatique pass\u00e9s inaper\u00e7us\u00bb, encha\u00eene le m\u00e9decin Florence Faucherre, responsable de l\u2019unit\u00e9 Psy&amp;Migrants du CHUV \u00e0 Lausanne. Pour la plupart des cas suivis par cette psychiatre, un retour \u00aben surface\u00bb a suffi \u00e0 soigner le probl\u00e8me. \u00abOn ne devrait loger personne dans ces bunkers, car les conditions de vie sont v\u00e9ritablement anxiog\u00e8nes.\u00bb<br \/>\nEt puis il y a la question du sommeil, que la vie en abri peut perturber durablement. \u00abSur la longueur, le fait de dormir \u00e0 trente dans un dortoir, sans acc\u00e8s \u00e0 la lumi\u00e8re naturelle, et sans lieu pour se reposer la journ\u00e9e hormis les parcs peut provoquer d\u2019importants troubles, selon nos interlocutrices. \u00abJusqu\u2019\u00e0 des \u00e9tats d\u2019\u00e9puisement\u00bb, signale la Doctoresse Faucherre.<\/p>\n<p><strong>Contraire aux droits humains<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Organisation suisse d\u2019aide aux r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Organisation suisse d\u2019Aide aux R\u00e9fugi\u00e9s'>OSAR<\/abbr>) s\u2019inqui\u00e8te r\u00e9guli\u00e8rement de cette pratique, r\u00e9currente dans certains cantons. \u00abL\u2019abri antiatomique peut \u00eatre une mesure d\u2019extr\u00eame urgence seulement\u00bb, rel\u00e8ve son porte-parole Stefan Frey. Lui-m\u00eame dit avoir souffert de d\u00e9pression lorsqu\u2019il a d\u00fb loger quelques semaines \u00abau trou\u00bb durant son service militaire.<br \/>\nNicole Andreetta, aum\u00f4ni\u00e8re de l\u2019Agora aupr\u00e8s des abris PC genevois, le constate sur le terrain: \u00abApr\u00e8s quelques semaines dans un bunker, les personnes perdent leur \u00e9nergie et l\u2019envie de vivre.\u00bb \u00abC\u2019est encore plus probl\u00e9matique lorsqu\u2019aucun programme d\u2019occupation n\u2019est pr\u00e9vu le jour. A Gen\u00e8ve, ces prestations sont limit\u00e9es\u00bb, ajoute Denise Graf, d\u2019Amnesty International. Passer six mois sous terre est selon elle contraire aux droits humains et ill\u00e9gal dans certains cas. La Commission nationale de pr\u00e9vention de la torture limite d\u2019ailleurs cette dur\u00e9e \u00e0 trois semaines, souligne-t-elle.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<blockquote><p><strong>Le Collectif du Gr\u00fctli et Mauro Poggia se rencontrent<\/strong><\/p>\n<p>La Maison des Arts du Gr\u00fctli est d\u00e9sormais occup\u00e9e depuis huit jours par une quarantaine de requ\u00e9rants d\u2019asile du foyer des Tattes, qui s\u2019opposent \u00e0 leur transfert dans des abris PC. Ce mardi, quatre nouveaux migrants auraient pris leurs quartiers dans ce th\u00e9\u00e2tre, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par l\u2019Hospice g\u00e9n\u00e9ral de leur futur d\u00e9m\u00e9nagement sous terre. Cet h\u00e9bergement militant devrait encore \u00eatre tol\u00e9r\u00e9 aujourd\u2019hui par la Ville de Gen\u00e8ve, propri\u00e9taire des lieux. Le collectif s\u2019active pour trouver une nouvelle solution temporaire (lire nos \u00e9ditions pr\u00e9c\u00e9dentes). En d\u00e9but de soir\u00e9e, pr\u00e8s de deux-cent personnes ont une nouvelle fois manifest\u00e9 en ville.<\/p>\n<p>Hier apr\u00e8s-midi, une rencontre a eu lieu entre une d\u00e9l\u00e9gation du Collectif pour l\u2019occupation du Gr\u00fctli (quatre migrants, des repr\u00e9sentants des associations et le m\u00e9diateur Ueli Leuenberger) et les conseillers d\u2019Etat Antonio Hodgers, charg\u00e9 du Logement, et Mauro Poggia, charg\u00e9 des Affaires sociales, ainsi que le directeur de l\u2019Hospice g\u00e9n\u00e9ral, Christophe Girod. Les membres du collectif ont relev\u00e9 un \u00abprogr\u00e8s\u00bb \u00e0 l\u2019issue des discussions. Mauro Poggia a \u00e9voqu\u00e9 certaines pistes alternatives d\u2019h\u00e9bergement, qui ne seront toutefois pas envisageables avant 2016. Par ailleurs, aucune solution concr\u00e8te pour le relogement \u00e0 court terme des migrants du Gr\u00fctli n\u2019a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e. \u00abMais aucune piste n\u2019est exclue\u00bb, selon le magistrat.<\/p>\n<p>Ce point de discorde devrait encore perdurer. Mauro Poggia a en effet r\u00e9affirm\u00e9 que la cr\u00e9ation imm\u00e9diate de nouvelles places d\u2019accueil, m\u00eame temporaires, devrait avant tout profiter aux requ\u00e9rants logeant actuellement dans les abris. \u00abDans le cas contraire, ils ne comprendraient pas et pourraient se r\u00e9volter, a d\u00e9clar\u00e9 le magistrat. Le principe d\u2019\u00e9quit\u00e9 exclut de privil\u00e9gier les requ\u00e9rants du Gr\u00fctli.\u00bb L\u2019affaire n\u2019est donc pas r\u00e9gl\u00e9e, mais le conseiller d\u2019Etat a accept\u00e9 de poursuivre les discussions avec le collectif sur le long terme.<\/p>\n<p>Dans la soir\u00e9e, dans un communiqu\u00e9, le pr\u00e9sident du PLR Alexandre de Senarclens a estim\u00e9 que le mouvement Stop Bunker est \u00abirresponsable, irrespectueux et ind\u00e9fendable\u00bb. Il a justifi\u00e9 le recours \u00e0 des abris PC, \u00aben temps de crise\u00bb, mais pr\u00e9f\u00e8re que les familles avec enfants et les personnes qui n\u2019ont commis aucun d\u00e9lit en soient pr\u00e9serv\u00e9s. \u00abOui, c\u2019est une discrimination au d\u00e9triment d\u2019hommes c\u00e9libataires, d\u00e9bout\u00e9s et (parfois) condamn\u00e9s p\u00e9nalement pour diff\u00e9rents d\u00e9lits.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9decins et sp\u00e9cialistes se montrent critiques vis-\u00e0-vis de l\u2019h\u00e9bergement de requ\u00e9rants d\u2019asile dans des abris de la protection civile.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,342,155],"tags":[707,1159,1127,390],"ve_numero":[],"pays":[],"ve_type":[1061],"ve_action":[1050],"class_list":["post-23592","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-articles-de-presse","category-documentation","tag-bunker","tag-documentation","tag-geneve","tag-logement","ve_type-article-de-presse","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23592","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23592"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23592\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23592"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23592"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23592"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=23592"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=23592"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=23592"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=23592"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}