{"id":30532,"date":"2016-03-18T07:05:04","date_gmt":"2016-03-18T06:05:04","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=30532"},"modified":"2021-08-26T13:55:43","modified_gmt":"2021-08-26T11:55:43","slug":"revue-terrain-le-temps-dilate-lespace-retreci","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2016\/03\/18\/revue-terrain-le-temps-dilate-lespace-retreci\/","title":{"rendered":"Revue Terrain |\u00a0Le temps dilat\u00e9, l\u2019espace r\u00e9tr\u00e9ci"},"content":{"rendered":"<h2 id=\"docSubtitle\">Le quotidien des demandeurs d\u2019asile<\/h2>\n<div id=\"abstract-15479-fr\" class=\"tabContent\" lang=\"fr\" xml:lang=\"fr\">\n<p class=\"resume\"><span class=\"accroche\">La vie de Klara Golounova et Ak\u00e9 Kon\u00e9, demandeurs d\u2019asile h\u00e9berg\u00e9s dans des centres d\u2019accueil en France (cada), est caract\u00e9ris\u00e9e par une dilatation du temps et une r\u00e9traction de l\u2019espace. Cet article explore la r\u00e9alit\u00e9 que recouvre leur attente au quotidien. Bien entendu, il n\u2019existe pas une seule et unique fa\u00e7on de faire l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019attente et celle-ci ne constitue pas un temps homog\u00e8ne ni m\u00eame continu. Cependant, trois s\u00e9quences semblent se succ\u00e9der dans l\u2019exp\u00e9rience des hommes et des femmes rencontr\u00e9s au cours d\u2019un terrain conduit entre 2003 et 2008, notamment dans des centres d\u2019accueil en r\u00e9gion parisienne: 1.\u2009la halte qu\u2019impose le d\u00e9but de l\u2019attente et l\u2019arriv\u00e9e au foyer, 2.\u2009l\u2019ennui qui s\u2019installe et le temps qu\u2019il faut remplir, 3.\u2009le contournement de l\u2019attente.<\/span><\/p>\n<p class=\"resume\"><em>Article de Carolina <span class=\"familyName\">Kobelinsky<\/span>, publi\u00e9 dans la revue Terrain, n\u00b0 63, septembre 2014. Cliquez <a href=\"http:\/\/terrain.revues.org\/15479\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> pour lire l&rsquo;article complet sur le site de la revue.<\/em><\/p>\n<p class=\"resume\"><span class=\"intertitre\"><a href=\"http:\/\/terrain.revues.org\/15479\" target=\"_blank\" rel=\"attachment wp-att-30533 noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-30533 size-full\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Kobelinsky-attente.jpg\" alt=\"Kobelinsky-attente\" width=\"200\" height=\"134\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Kobelinsky-attente.jpg 200w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Kobelinsky-attente-150x101.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a>Conclusion: La fin de l&rsquo;attente<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"resume\">L\u2019ali\u00e9nation du temps n\u2019est pas un objectif de la politique d\u2019asile, ni de la politique d\u2019accueil. Elle est plut\u00f4t un effet des bureaucraties. Un effet avec, \u00e0 son tour, des cons\u00e9quences sur la vie des demandeurs d\u2019asile h\u00e9berg\u00e9s dans un espace qui, apr\u00e8s un premier moment de repos et de protection, les confine et les place \u00e0 l\u2019\u00e9cart, dans un provisoire qui s\u2019\u00e9tale dans le temps. Si elle s\u2019injecte dans la texture du quotidien, l\u2019attente modifie \u00e9galement le rapport des demandeurs d\u2019asile \u00e0 leurs projets d\u2019avenir, qui se trouvent dans une impasse. \u00c0\u00a0travers les parcours et les perceptions de Klara Golounova et d\u2019Ak\u00e9 Kon\u00e9, j\u2019ai souhait\u00e9 restituer l\u2019\u00e9paisseur des vies dans l\u2019attente, en montrant comment cette derni\u00e8re est \u00e0 la fois un temps creux \u2013\u00a0perception d\u2019une temporalit\u00e9 vide et exp\u00e9rience de l\u2019ennui\u00a0\u2013 et un temps rempli \u2013\u00a0exp\u00e9rience d\u2019une temporalit\u00e9 rythm\u00e9e par des activit\u00e9s avec des horaires qui cachent l\u2019impression d\u2019un temps \u00e9lastique. Quant \u00e0 la fin de cette p\u00e9riode pour ces deux interlocuteurs, Ak\u00e9 Kon\u00e9 a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 \u00e0 la Cour nationale du droit d\u2019asile en mars 2008, quarante mois apr\u00e8s le d\u00e9but de la proc\u00e9dure, et quelques mois seulement apr\u00e8s la nouvelle du d\u00e9c\u00e8s soudain de sa compagne au pays, qui l\u2019avait compl\u00e8tement boulevers\u00e9. Apr\u00e8s l\u2019audience, les trois semaines d\u2019attente lui ont sembl\u00e9 \u00abinterminables\u00bb, beaucoup plus longues que tous les mois qui l\u2019avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Le jour de la r\u00e9ponse \u00e0 son recours, il n\u2019a pas eu le courage d\u2019aller regarder les listes affich\u00e9es dans le hall de la Cour. Apr\u00e8s tant d\u2019attente, il ne se sentait pas la \u00abforce\u00bb d\u2019aller lui-m\u00eame consulter le r\u00e9sultat. Klara Golounova, au contraire, attendait avec son mari l\u2019ouverture des locaux le jour indiqu\u00e9 pour conna\u00eetre enfin le r\u00e9sultat de la proc\u00e9dure dans laquelle ils s\u2019\u00e9taient engag\u00e9s vingt-six mois auparavant. La veille, Klara Golounova m\u2019avait dit, anxieuse: \u00abC\u2019est la fin.\u00bb Son mari, plut\u00f4t discret jusque-l\u00e0, \u00e9tait intervenu: \u00abC\u2019est le d\u00e9but.\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"resume\"><em>Cliquez <a href=\"http:\/\/terrain.revues.org\/15479\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> pour lire l&rsquo;article complet sur le site de la revue.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La vie de Klara Golounova et Ak\u00e9 Kon\u00e9, demandeurs d\u2019asile h\u00e9berg\u00e9s dans des centres d\u2019accueil en France (cada), est caract\u00e9ris\u00e9e par une dilatation du temps et une r\u00e9traction de l\u2019espace. Cet article explore la r\u00e9alit\u00e9 que recouvre leur attente au quotidien. Bien entendu, il n\u2019existe pas une seule et unique fa\u00e7on de faire l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019attente et celle-ci ne constitue pas un temps homog\u00e8ne ni m\u00eame continu.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-30532","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30532","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30532"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30532\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30532"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30532"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30532"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=30532"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=30532"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=30532"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=30532"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}