{"id":30888,"date":"2016-04-02T17:27:37","date_gmt":"2016-04-02T15:27:37","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=30888"},"modified":"2021-08-26T13:55:31","modified_gmt":"2021-08-26T11:55:31","slug":"amnesty-turquie-des-expulsions-collectives-illegales-de-refugies-syriens-mettent-en-evidence-de-graves-lacunes-dans-laccord-avec-lue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2016\/04\/02\/amnesty-turquie-des-expulsions-collectives-illegales-de-refugies-syriens-mettent-en-evidence-de-graves-lacunes-dans-laccord-avec-lue\/","title":{"rendered":"Amnesty | Turquie. Des expulsions collectives ill\u00e9gales de r\u00e9fugi\u00e9s syriens mettent en \u00e9vidence de graves lacunes dans l\u2019accord avec l\u2019UE"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Les nombreuses expulsions de r\u00e9fugi\u00e9s effectu\u00e9es par la Turquie vers une Syrie ravag\u00e9e par la guerre illustrent les profondes failles de l\u2019accord r\u00e9cemment sign\u00e9 par la Turquie et l\u2019Union europ\u00e9enne (UE), a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 Amnesty International vendredi 1<sup>er<\/sup>\u00a0avril.<\/span><\/p>\n<p><em>Communiqu\u00e9 de Amnesty du 1er avril 2016. Cliquez <a href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/fr\/latest\/news\/2016\/04\/turkey-illegal-mass-returns-of-syrian-refugees-expose-fatal-flaws-in-eu-turkey-deal\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> pour lire le communiqu\u00e9 sur le site de Amnesty.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>De nouvelles recherches men\u00e9es par l\u2019organisation, dans des d\u00e9partements du sud de la Turquie limitrophes de la Syrie, indiquent que les autorit\u00e9s rassemblent et expulsent presque chaque jour depuis la mi-janvier une centaine d\u2019enfants, de femmes et d\u2019hommes syriens vers la Syrie. En l\u2019espace de trois jours la semaine derni\u00e8re, des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s d\u2019Amnesty International ont recueilli plusieurs t\u00e9moignages faisant \u00e9tat de renvois collectifs depuis le d\u00e9partement du Hatay, confirmant une pratique qui n\u2019est un secret pour personne dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Les expulsions forc\u00e9es vers la Syrie sont ill\u00e9gales, que ce soit en vertu du droit turc, europ\u00e9en ou international.<\/p>\n<p>\u00abTout \u00e0 leur h\u00e2te de sceller leurs fronti\u00e8res, les dirigeants de l\u2019UE ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment ferm\u00e9 les yeux sur un fait tr\u00e8s simple: la Turquie n\u2019est pas un pays s\u00fbr pour les r\u00e9fugi\u00e9s syriens et la situation se d\u00e9grade en outre de jour en jour\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d\u2019Amnesty International.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abLes expulsions collectives de r\u00e9fugi\u00e9s syriens dont nous avons pris connaissance illustrent les profondes failles de l\u2019accord UE-Turquie. Il s\u2019agit d\u2019un accord que l\u2019on ne peut mettre en \u0153uvre qu\u2019avec un c\u0153ur de pierre et un all\u00e8gre m\u00e9pris pour le droit international.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019accord UE-Turquie ouvre la voie au retour imm\u00e9diat vers la Turquie des r\u00e9fugi\u00e9s syriens arrivant sur les \u00eeles grecques, au motif qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un pays d\u2019asile s\u00fbr. Des responsables de l\u2019UE ont dit esp\u00e9rer que les retours pourraient commencer d\u00e8s lundi 4\u00a0avril.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration s\u00e9duction prolong\u00e9e men\u00e9e par l\u2019UE vis-\u00e0-vis de la Turquie avant l\u2019accord a d\u00e9j\u00e0 eu des effets d\u00e9sastreux sur les politiques turques \u00e0 l\u2019\u00e9gard des r\u00e9fugi\u00e9s syriens.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abLoin de faire pression sur la Turquie pour qu\u2019elle am\u00e9liore la protection qu\u2019elle offre aux r\u00e9fugi\u00e9s syriens, l\u2019UE l\u2019incite en fait \u00e0 faire le contraire\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 John Dalhuisen.<\/p>\n<p>\u00abLa Turquie a tr\u00e8s probablement renvoy\u00e9 en Syrie des milliers de r\u00e9fugi\u00e9s ces sept \u00e0 neuf derni\u00e8res semaines. Si l\u2019accord est mis en \u0153uvre comme pr\u00e9vu, il existe un risque r\u00e9el que certaines des personnes renvoy\u00e9es par l\u2019UE en Turquie connaissent le m\u00eame sort.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Des enfants et une femme enceinte parmi les personnes expuls\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Un des cas recens\u00e9s par Amnesty International est celui de trois enfants renvoy\u00e9s en Syrie sans leurs parents. On peut aussi citer l\u2019exemple d\u2019une femme qui \u00e9tait enceinte de huit mois au moment de son expulsion.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abL\u2019inhumanit\u00e9 et l\u2019ampleur de ces renvois est v\u00e9ritablement choquante; la Turquie doit imm\u00e9diatement y mettre un terme\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 John Dalhuisen.<\/p><\/blockquote>\n<p>Beaucoup de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s en Syrie semblent \u00eatre des r\u00e9fugi\u00e9s non enregistr\u00e9s, m\u00eame si Amnesty International a \u00e9galement connaissance de cas de Syriens enregistr\u00e9s qui ont quand m\u00eame \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 appr\u00e9hend\u00e9s sans leurs papiers.<\/p>\n<p><strong>Des r\u00e9fugi\u00e9s syriens priv\u00e9s d\u2019enregistrement<\/strong><\/p>\n<p>Les recherches r\u00e9cemment men\u00e9es par Amnesty International montrent \u00e9galement que les autorit\u00e9s turques ont r\u00e9duit le nombre d\u2019enregistrements de r\u00e9fugi\u00e9s syriens dans les d\u00e9partements frontaliers de la Syrie, dans le sud du pays.<\/p>\n<p>Cette immatriculation est requise pour b\u00e9n\u00e9ficier de services de base. \u00c0 Gaziantep, Amnesty International a rencontr\u00e9 le fils d\u2019une femme que seule une intervention chirurgicale en urgence pouvait sauver, mais qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e \u00e0 se faire enregistrer &#8211; ce qui la privait donc d\u2019op\u00e9ration. Elle a finalement pu \u00eatre enregistr\u00e9e ailleurs et a pu recevoir les soins requis.<\/p>\n<p>Selon d\u2019autres r\u00e9fugi\u00e9s syriens se trouvant dans le d\u00e9partement du Hatay, certaines personnes ayant essay\u00e9 de se faire enregistrer ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es et renvoy\u00e9es de force en Syrie, aux c\u00f4t\u00e9s de r\u00e9fugi\u00e9s qui n\u2019\u00e9taient pas munis de leurs documents d\u2019immatriculation.<\/p>\n<p>Dans le d\u00e9partement du Hatay, Amnesty International a parl\u00e9 \u00e0 une famille de r\u00e9fugi\u00e9s syriens non enregistr\u00e9s ayant choisi de rester dans leur appartement plut\u00f4t que d\u2019essayer de se faire immatriculer, de crainte d\u2019\u00eatre renvoy\u00e9s en Syrie.<\/p>\n<p>On recense actuellement environ 200&rsquo;000\u00a0personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une bande de 20\u00a0kilom\u00e8tres le long la fronti\u00e8re turque. Selon des organisations humanitaires et des r\u00e9sident-e-s des camps, les conditions dans les sites de personnes d\u00e9plac\u00e9es proches de la fronti\u00e8re sont \u00e9pouvantables, sans eau propre ni installations sanitaires. Un r\u00e9sident a signal\u00e9 des enl\u00e8vements contre ran\u00e7on parmi les dangers possibles.<\/p>\n<p><strong>Davantage de restrictions aux fronti\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>Le renforcement de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re et l\u2019impossibilit\u00e9 de la franchir en toute l\u00e9galit\u00e9 ont pouss\u00e9 des gens dans les bras de passeurs qui demandent au moins 1000\u00a0dollars par personne pour les amener en Turquie, selon des Syriens auxquels Amnesty International a parl\u00e9 des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re.<\/p>\n<p>Le durcissement de la politique relative aux fronti\u00e8res repr\u00e9sente un changement radical par rapport aux mesures pr\u00e9c\u00e9demment adopt\u00e9es par les autorit\u00e9s turques au cours des cinq ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es depuis le d\u00e9but de la crise syrienne. Par le pass\u00e9, les r\u00e9sidents syriens dot\u00e9s d\u2019un passeport pouvaient franchir les points de passage officiels le long de la fronti\u00e8re, et ceux qui la passaient de mani\u00e8re clandestine &#8211;\u00a0la grande majorit\u00e9\u00a0&#8211; pouvaient se faire enregistrer par les autorit\u00e9s turques.<\/p>\n<p>\u00abCes derniers mois, la Turquie a introduit l\u2019obligation pour les Syriens arrivant par avion d\u2019obtenir un visa, a ferm\u00e9 sa fronti\u00e8re terrestre avec la Syrie \u00e0 tous sauf ceux qui ont besoin de soins m\u00e9dicaux d\u2019urgence, et a ouvert le feu sur certaines personnes ayant tent\u00e9 de franchir clandestinement la fronti\u00e8re\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 John Dalhuisen.<\/p>\n<p>\u00abLa Turquie annonce maintenant fi\u00e8rement la cr\u00e9ation d\u2019une zone s\u00fbre irr\u00e9alisable \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Syrie. La suite des \u00e9v\u00e9nements ne fait aucun doute\u00a0: ayant \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de la cr\u00e9ation de la Forteresse Europe, nous assistons d\u00e9sormais \u00e0 la construction de la Forteresse Turquie qui s\u2019en inspire.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Zeugenaussagen<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Une famille syrienne dont les enfants ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s vers la Syrie<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Vingt-quatre personnes appartenant \u00e0 la m\u00eame famille vivent ensemble dans un appartement d\u2019Antakya, dans le d\u00e9partement du Hatay. Elles ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Amnesty International que cinq des membres de la famille ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s vers la Syrie le 20\u00a0f\u00e9vrier 2016 ou aux alentours de cette date.<\/p>\n<p>M.Z., 30\u00a0ans, qui se trouvait en Turquie depuis d\u00e9but 2015, \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 se faire enregistrer. Son fr\u00e8re de 20\u00a0ans, M.A., leur neveu de 11\u00a0ans et leurs deux ni\u00e8ces de 10 et neuf ans, \u00e9taient arriv\u00e9s en Turquie environ deux mois plus t\u00f4t et n\u2019avaient pas pu se faire enregistrer car il leur avait \u00e9t\u00e9 dit que cela \u00e9tait impossible, et que ceux qui essayaient risquaient d\u2019\u00eatre renvoy\u00e9s en Syrie.<\/p>\n<p>Les deux fr\u00e8res amenaient leur neveu et leurs ni\u00e8ces jouer au parc lorsque des policiers leur ont demand\u00e9 leurs papiers. Les policiers ont emmen\u00e9 les cinq Syriens dans un poste de police non loin.<\/p>\n<p>Z.Z., un autre fr\u00e8re de M.Z. qui vivait avec eux \u00e0 Antakya, a dit \u00e0 Amnesty International qu\u2019apr\u00e8s avoir appris leur arrestation, il avait amen\u00e9 la carte d\u2019immatriculation de M.Z. au poste de police, mais que les policiers ont refus\u00e9 de rel\u00e2cher un seul d\u2019entre eux.<\/p>\n<p>M.Z. a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Amnesty International au t\u00e9l\u00e9phone depuis la Syrie qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s en d\u00e9tention pendant quelques heures, lui-m\u00eame et ses quatre jeunes parents ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 bord d\u2019un bus et conduits au poste-fronti\u00e8re de Cilveg\u00f6z\u00fc \/ Bab al Hawa, dans le d\u00e9partement du Hatay.<\/p>\n<p>Ils n\u2019\u00e9taient pas les seuls. M.Z. a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il y avait sept bus en tout, avec une trentaine de personnes \u00e0 bord de chacun &#8211;\u00a0des familles pour la plupart\u00a0&#8211; ce qui repr\u00e9sente environ 210\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s. Deux voitures de police accompagnaient ces bus, et M.Z. a dit \u00e0 Amnesty International qu\u2019un soldat turc arm\u00e9 d\u2019un fusil d\u2019assaut se trouvait dans son bus.<\/p>\n<p>Le fr\u00e8re de M.Z. les a suivis jusqu\u2019\u00e0 Bab al Hawa, mais il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 leur parler. Lorsqu\u2019ils ont atteint la fronti\u00e8re vers 3\u00a0heures du matin, ils ont \u00e9t\u00e9 remis au groupe arm\u00e9 Ahrar al Sham. Du c\u00f4t\u00e9 syrien, M.Z. a dit \u00e0 un soldat qu\u2019il n\u2019avait pas d\u2019argent pour s\u2019occuper des trois enfants. Le soldat les a conduits au camp de r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019Atma, dans la province d\u2019Idlib.<\/p>\n<p>M.Z. ne sait pas ce qui est arriv\u00e9 aux autres passagers des bus. Il a qualifi\u00e9 les conditions dans le camp d\u2019Atma d\u2019atroces, sans eau courante, ni installations sanitaires. La nourriture y est tout \u00e0 fait insuffisante.<\/p>\n<p>M.Z. a d\u00e9clar\u00e9 que les enfants souffraient de maladies cutan\u00e9s, et que depuis leur arriv\u00e9e \u00e0 Atma, son neveu avait des probl\u00e8mes de vue.<\/p>\n<p>Les cinq Syriens sont encore en mesure de communiquer par t\u00e9l\u00e9phone avec leur famille \u00e0 Antakya. La m\u00e8re des enfants a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Amnesty International\u00a0: \u00ab\u00a0Ils pleurent tout le temps\u00a0; quand ils parlent, je n\u2019arrive m\u00eame pas \u00e0 comprendre ce qu\u2019ils disent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des groupes dispensant une aide humanitaire ont signal\u00e9 qu\u2019en d\u00e9cembre 2015, pr\u00e8s de 58\u00a0000\u00a0personnes vivaient au camp d\u2019Atma. M.Z. a dit \u00e0 Amnesty International qu\u2019il a essay\u00e9 plusieurs fois de retourner en Turquie ce dernier mois.<\/p>\n<p>La famille de M.Z. \u00e0 Antakya a expliqu\u00e9 \u00e0 Amnesty International que les passeurs demandent 1\u00a0000\u00a0dollars par personne pour les ramener en Turquie, mais M.Z. dit n\u2019avoir que 500\u00a0livres syriennes (un peu plus de 2\u00a0dollars).<\/p>\n<p>La plupart des membres de la famille se trouvant encore en Turquie, y compris les enfants, ne sont pas enregistr\u00e9s et restent dans leur appartement d\u2019Antakya de crainte d\u2019\u00eatre eux aussi renvoy\u00e9s en Syrie. Ils s\u2019appuient sur les membres de la famille qui sont enregistr\u00e9s pour ramener \u00e0 l\u2019appartement ce dont ils ont besoin.<\/p>\n<p><strong><em>Deux hommes dont le fr\u00e8re et sa femme enceinte ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s en Syrie<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Deux fr\u00e8res ont expliqu\u00e9 qu\u2019ils voyageaient \u00e0 bord de deux voitures avec leur fr\u00e8re et son \u00e9pouse aux alentours du 3\u00a0mars 2016, apr\u00e8s avoir franchi le jour m\u00eame la fronti\u00e8re entre la Syrie et la Turquie pr\u00e8s de Yaylada\u011f\u0131, dans la province du Hatay. \u00c0 environ 3\u00a0kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re, des garde-fronti\u00e8res turcs ont arr\u00eat\u00e9 la voiture o\u00f9 se trouvaient leur fr\u00e8re K.A. et son \u00e9pouse B.Q.. K.A. a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 ses deux fr\u00e8res dans l\u2019autre voiture pour leur raconter ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9.<\/p>\n<p>Les deux hommes ont expliqu\u00e9 \u00e0 Amnesty International que leur fr\u00e8re et leur belle-s\u0153ur ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s en Syrie, au poste-fronti\u00e8re de Cilveg\u00f6z\u00fc \/ Bab al Hawa, \u00e0 bord d\u2019une fourgonnette, de m\u00eame que sept autres v\u00e9hicules du m\u00eame type transportant d\u2019autres r\u00e9fugi\u00e9s syriens. Environ 14\u00a0personnes se trouvaient semble-t-il \u00e0 bord de chaque fourgonnette, ce qui repr\u00e9sente \u00e0 peu pr\u00e8s 112\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s syriens. Le fr\u00e8re et son \u00e9pouse d\u00e9sormais enceinte de neuf mois vivent au camp d\u2019Atma, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re turque.<\/p>\n<p><strong><em>Un homme dont la m\u00e8re avait besoin d\u2019\u00eatre op\u00e9r\u00e9e en urgence<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Un Syrien a d\u00e9clar\u00e9 que les autorit\u00e9s ont refus\u00e9 d\u2019enregistrer sa m\u00e8re \u00e0 Gaziantep\u00a0; le pronostic vital de celle-ci \u00e9tait pourtant engag\u00e9 \u00e0 moins qu\u2019on ne l\u2019op\u00e8re en urgence, or l\u2019intervention en question ne pouvait \u00eatre autoris\u00e9e qu\u2019apr\u00e8s enregistrement.<\/p>\n<p>Un m\u00e9decin lui avait dit que chaque jour qui passait mettait un peu plus en danger la vie de sa m\u00e8re. Au bout de deux semaines de tentatives infructueuses \u00e0 Gaziantep, \u00e0 pr\u00e9senter aux autorit\u00e9s de nombreux r\u00e9sultats d\u2019analyses m\u00e9dicales prouvant l\u2019urgence de la situation, ils ont abandonn\u00e9 et sont arriv\u00e9s \u00e0 convaincre les autorit\u00e9s de l\u2019enregistrer \u00e0 Kilis, \u00e0 une soixantaine de kilom\u00e8tres. Sa m\u00e8re a ensuite pu recevoir gratuitement les soins dont elle avait besoin.<\/p>\n<p><strong><em>Un Syrien d\u2019Azaz ill\u00e9galement raccompagn\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Cet homme faisait partie d\u2019un groupe d\u2019environ 60\u00a0personnes essayant de passer clandestinement en Turquie le 20\u00a0f\u00e9vrier 2016. Ces personnes ont \u00e9t\u00e9 appr\u00e9hend\u00e9es par des garde-fronti\u00e8res turcs et plac\u00e9es en d\u00e9tention dans une caserne pr\u00e8s de Reyhanl\u0131, dans le d\u00e9partement du Hatay.<\/p>\n<p>Il a indiqu\u00e9 \u00e0 Amnesty International qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 de libert\u00e9 pendant quatre heures, et que d\u2019autres personnes (notamment des enfants et des femmes) avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus pendant 24\u00a0heures. Il a ajout\u00e9 que les garde-fronti\u00e8res ne leur ont donn\u00e9 ni eau ni nourriture, ni permis d\u2019utiliser les toilettes.<\/p>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les nombreuses expulsions de r\u00e9fugi\u00e9s effectu\u00e9es par la Turquie vers une Syrie ravag\u00e9e par la guerre illustrent les profondes failles de l\u2019accord r\u00e9cemment sign\u00e9 par la Turquie et l\u2019Union europ\u00e9enne (UE), a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 Amnesty International vendredi 1er avril.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,155,162],"tags":[1159,464],"ve_numero":[],"pays":[340,270],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-30888","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-refoulement","pays-syrie","pays-turquie","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30888","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30888"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30888\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30888"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30888"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30888"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=30888"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=30888"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=30888"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=30888"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}