{"id":33020,"date":"2016-06-23T06:47:41","date_gmt":"2016-06-23T04:47:41","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=33020"},"modified":"2021-05-17T10:23:29","modified_gmt":"2021-05-17T08:23:29","slug":"courrier-majeurs-livres-a-eux-memes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2016\/06\/23\/courrier-majeurs-livres-a-eux-memes\/","title":{"rendered":"Le Courrier | Une fois majeurs, livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Les jeunes r\u00e9fugi\u00e9s non accompagn\u00e9s qui atteignent 18 ans perdent leurs droits et sont isol\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><em>Article de Sophie Dupont, publi\u00e9 dans Le Courrier, le 23 juin 2016. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.lecourrier.ch\/140201\/une_fois_majeurs_livres_a_eux_memes\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du Courrier.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Pour un mineur non accompagn\u00e9, f\u00eater son 18e anniversaire est souvent source d\u2019angoisse. Originaires majoritairement d\u2019Erythr\u00e9e, d\u2019Afghanistan ou de Syrie, beaucoup de ces r\u00e9fugi\u00e9s obtiennent pourtant un permis de s\u00e9jour, durable ou provisoire. Mais \u00e0 leur majorit\u00e9, on attend d\u2019eux qu\u2019ils deviennent autonomes et leur encadrement est r\u00e9duit au strict minimum.<\/p>\n<p>\u00abIls sont compl\u00e8tement l\u00e2ch\u00e9s dans la nature\u00bb, t\u00e9moigne une \u00e9ducatrice d\u2019un foyer pour mineurs non accompagn\u00e9s (MNA), qui tient \u00e0 garder l\u2019anonymat. Jusqu\u2019\u00e0 18 ans, ces adolescents sont suivis par des \u00e9ducateurs, dans un foyer ou en appartement, et b\u00e9n\u00e9ficient des m\u00eames droits, quel que soit leur statut.<\/p>\n<p>A leur majorit\u00e9, ils doivent rapidement quitter les foyers pour MNA, satur\u00e9s. Au nombre de quatre aujourd\u2019hui, contre un seul il y a un an, ces \u00e9tablissements font constamment face \u00e0 de nouvelles arriv\u00e9es. Environ 240 mineurs non accompagn\u00e9s sont actuellement pris en charge par le canton de Vaud, soit trois fois plus que l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p><strong>Trouver un toit<\/strong><\/p>\n<p>Les jeunes r\u00e9fugi\u00e9s qui obtiennent un permis B doivent trouver un toit par leurs propres moyens. Dans un march\u00e9 en p\u00e9nurie, sans emploi, et avec un budget de 570 \u00e0 650 francs par mois, d\u00e9nicher un logement rel\u00e8ve du parcours du combattant. \u00abM\u00eame ceux qui\u00a0sont bien int\u00e9gr\u00e9s et parlent bien fran\u00e7ais ne trouvent rien\u00bb, constate l\u2019\u00e9ducatrice.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut d\u2019autre solution, une vingtaine de jeunes entre 18 et 30 ans sont actuellement log\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4tel par le Centre social d\u2019int\u00e9gration des r\u00e9fugi\u00e9s (CSIR). \u00abSans possibilit\u00e9 de cuisiner, ils se nourrissent de kebabs et de MacDo\u00bb, d\u00e9nonce notre interlocutrice.<\/p>\n<p>Suivis auparavant quotidiennement par une \u00e9quipe \u00e9ducative, les jeunes peuvent passer des semaines, voire des mois, sans un seul contact avec un professionnel social. D\u00e9chiffrer son courrier, faire la diff\u00e9rence entre une publicit\u00e9 et une lettre des services sociaux, lire une adresse, se rep\u00e9rer en ville, tout est kafka\u00efen pour ces r\u00e9fugi\u00e9s qui naviguent dans une langue et un \u00adenvironnement qu\u2019ils commencent tout juste \u00e0 apprivoiser.<\/p>\n<p><strong>Perte de confiance<\/strong><\/p>\n<p>Tomi (pr\u00e9nom d\u2019emprunt), Somalien de 19 ans, vit dans une chambre d\u2019h\u00f4tel depuis novembre. Il a obtenu son permis B en juillet dernier, quelques mois apr\u00e8s ses 18 ans. Toutes ses recherches de logement se sont sold\u00e9es par un \u00e9chec. \u00abIl a compl\u00e8tement d\u00e9croch\u00e9 scolairement\u00bb, se d\u00e9sole une enseignante \u00e0 l\u2019OPTI, \u00e9cole de perfectionnement.<\/p>\n<p>Bon \u00e9l\u00e8ve, Tomi \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 faire un apprentissage. Depuis son changement de statut, il s\u2019est renferm\u00e9 sur lui-m\u00eame, a perdu confiance en lui et ses enseignants luttent pour qu\u2019il ne quitte pas les bancs de l\u2019\u00e9cole. Apr\u00e8s plus de sept mois \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, Tomi pourra enfin rejoindre une colocation \u00e0 Aigle, propos\u00e9e par le CSIR.<\/p>\n<p>Face \u00e0 leurs \u00e9l\u00e8ves d\u00e9munis, il n\u2019est pas rare que les instituteurs s\u2019engagent personnellement. La ma\u00eetresse de classe de Tomi l\u2019a aid\u00e9 \u00e0 constituer son dossier et l\u2019a accompagn\u00e9 dans une g\u00e9rance. Une autre enseignante de l\u2019OPTI a trouv\u00e9 en urgence un logement temporaire pour une jeune Erythr\u00e9enne.<\/p>\n<p><strong>Changement trop brutal<\/strong><\/p>\n<p>Les professionnels de la sant\u00e9 s\u2019inqui\u00e8tent aussi de ce changement radical \u00e0 la majorit\u00e9 des jeunes r\u00e9fugi\u00e9s. \u00abA 18 ans, le cerveau est loin d\u2019\u00eatre mature. Supprimer tout encadrement d\u2019un coup est contradictoire avec le d\u00e9veloppement. Il faudrait encourager l\u2019autonomie par \u00e9tapes\u00bb, plaide le m\u00e9decin-chef Anne-Emmanuelle Ambresin.<\/p>\n<p>Pour la sp\u00e9cialiste de la sant\u00e9 des adolescents au CHUV, la d\u00e9gradation de la sant\u00e9 physique et psychique des jeunes non accompagn\u00e9s \u00e0 leur majorit\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 une \u00abmaltraitance administrative\u00bb. Elle rappelle que les mineurs non accompagn\u00e9s arrivent avec un v\u00e9cu traumatique et sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables.<\/p>\n<p class=\"abstract\"><\/div><\/div>\n<div class=\"parsys parSys\">\n<div id=\"belogin_wrapper\">\n<div class=\"textBild floatingComponent section\">\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les jeunes r\u00e9fugi\u00e9s non accompagn\u00e9s qui atteignent 18 ans perdent leurs droits et sont isol\u00e9s.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[342,155],"tags":[938,1123],"ve_numero":[],"pays":[82],"ve_type":[1061],"ve_action":[],"class_list":["post-33020","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-de-presse","category-documentation","tag-mna","tag-vaud","pays-suisse","ve_type-article-de-presse"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33020","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33020"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33020\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33020"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33020"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33020"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=33020"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=33020"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=33020"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=33020"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}