{"id":33747,"date":"2016-08-04T16:12:48","date_gmt":"2016-08-04T14:12:48","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=33747"},"modified":"2021-05-17T10:34:24","modified_gmt":"2021-05-17T08:34:24","slug":"courrier-fuir-peril-de-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2016\/08\/04\/courrier-fuir-peril-de-vie\/","title":{"rendered":"Le Courrier | Fuir, au p\u00e9ril de sa vie"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Adolescent, Tesfaldet a quitt\u00e9 l\u2019\u00c9rythr\u00e9e pour l\u2019Europe, livr\u00e9s aux passeurs. Il r\u00e9side aujourd\u2019hui \u00e0 Gen\u00e8ve dans un foyer pour mineurs non accompagn\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><em>Article de Florian Erard, publi\u00e9 dans Le Courrier, le 4 ao\u00fbt 2016. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.lecourrier.ch\/141240\/fuir_au_peril_de_sa_vie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du Courrier.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Il s\u2019appelle Tesfaldet. Il a 16 ans, bient\u00f4t 17. Son parcours ne s\u2019apparente gu\u00e8re \u00e0 celui de la plupart des adolescents. Pourtant, il ressemble \u00e0 celui de nombreux \u00c9rythr\u00e9ens, souvent jeunes, qui s\u2019en vont dans l\u2019espoir d\u2019un avenir meilleur. \u00abDans mon pays, nous ne pouvons pas nous d\u00e9placer librement, les enseignants d\u00e9sertent les \u00e9coles. En \u00c9rythr\u00e9e, je n\u2019ai aucun futur\u00bb, regrette Tesfaldet. Partir t\u00f4t, c\u2019est aussi \u00e9chapper \u00e0 la duret\u00e9 du service militaire: d\u00e8s 18 ans et pour plus de dix ans, femmes et hommes doivent servir la nation.<\/p>\n<p>Le jeune homme partage, en fran\u00e7ais d\u00e9j\u00e0, le terrible p\u00e9riple qu\u2019il a endur\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9part \u00e0 pied<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019a que 15 ans lorsqu\u2019il d\u00e9cide de quitter sa ville, Mendefera (50 km au sud de la capitale Asmara), laissant derri\u00e8re lui ses parents et ses quatre s\u0153urs. Son fr\u00e8re, quant \u00e0 lui, a d\u00e9j\u00e0 pris la route de l\u2019exil et r\u00e9side en Norv\u00e8ge. Le premier objectif de Tesfaldet est d\u2019atteindre l\u2019\u00c9thiopie. Il part \u00e0 pied, avec trois compatriotes. Depuis le passage de la fronti\u00e8re, des soldats \u00e9thiopiens les escortent jusqu\u2019\u00e0 un camp de r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un mois, il prend la direction du Soudan. Avec plusieurs migrants, il s\u2019arrange pour trouver un passeur, seul moyen d\u2019atteindre les fronti\u00e8res. Tant\u00f4t \u00e0 pied, tant\u00f4t en voiture, et apr\u00e8s plusieurs transferts (quatre passeurs se relayent), ils arrivent au Soudan et se retrouvent enferm\u00e9s dans un hangar o\u00f9 tous doivent s\u2019acquitter de 1000 dollars. Impossible de sortir tant que le montant n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9. Tesfaldet, qui a emport\u00e9 le num\u00e9ro d\u2019un cousin r\u00e9sidant aux Etats-Unis, fait parvenir la somme au passeur qui le laisse ensuite s\u2019en aller.<\/p>\n<p>Le voyage se poursuit. Il est livr\u00e9 \u00e0 de nombreux passeurs qui se succ\u00e8dent des jours durant. Le jeune homme finit par rejoindre Khartoum, capitale du Soudan. L\u00e0, un \u00c9rythr\u00e9en l\u2019h\u00e9berge quelques jours. \u00abHeureusement que j\u2019avais cette connaissance: Khartoum est tr\u00e8s dangereuse, les migrants se font d\u00e9pouiller par les Soudanais. Nous sommes leurs boucs-\u00e9missaires\u00bb, se souvient Tesfaldet. Mais le p\u00e9riple n\u2019en est qu\u2019\u00e0 ses d\u00e9buts: le jeune homme n\u2019a que Tripoli et la M\u00e9diterran\u00e9e en t\u00eate.<\/p>\n<p><strong>Aux mains des passeurs<\/strong><\/p>\n<p>Un nouveau passeur lui propose de l\u2019emmener, avec une centaine d\u2019autres r\u00e9fugi\u00e9s, jusqu\u2019\u00e0 la fronti\u00e8re libyenne. Des pickups les attendent. \u00abLes passeurs sont tyranniques: nous recevions des ordres \u00e0 longueur de journ\u00e9e et ils nous frappaient si nous n\u2019ob\u00e9issions pas\u00bb, se rappelle-t-il avec effroi. Entass\u00e9s \u00e0 30 par v\u00e9hicule, ils entament la travers\u00e9e de l\u2019est du Sahara. Tesfaldet qualifie les deux premiers jours de \u00absupportables\u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, ils n\u2019ont ni \u00e0 manger, ni \u00e0 boire. Le d\u00e9sert plat se transforme en collines raides, le chauffeur ne contr\u00f4le plus la voiture dans les descentes et il prend peur. Il fait parfois descendre les passagers en les insultant. Il leur ordonne de pousser le v\u00e9hicule ensabl\u00e9. Tous sont \u00e0 pieds nus. \u00abLe vent semblait s\u2019\u00eatre transform\u00e9 en feu, mes l\u00e8vres \u00e9taient br\u00fbl\u00e9es. Je ne pouvais plus ouvrir la bouche.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Camion \u00e0 double-fond<\/strong><\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me jour, une pi\u00e8ce du moteur casse. L\u2019aide n\u2019arrivera que le lendemain. \u00abOn se sent de plus en plus mal, on prie, on a tr\u00e8s peur de mourir. Un jour de plus aurait \u00e9t\u00e9 fatal\u00bb, lance-t-il en esquissant un sourire teint\u00e9 de fiert\u00e9 et de tristesse \u00e0 la fois. Pour certains, la travers\u00e9e du d\u00e9sert est mortelle. Tesfaldet a vu un pickup se renverser, faisant plusieurs morts.<\/p>\n<p>Ils sont alors une centaine \u00e0 atteindre un petit village o\u00f9 ils se reposent une nuit. Le lendemain, tous montent \u00e0 bord d\u2019un gros camion. Le chauffeur confectionne un double-fond avec des bouteilles d\u2019eau et des mouchoirs. Il compte ainsi tromper les douaniers libyens qui v\u00e9rifient la cargaison. Le voyage dure quelques heures. Il se d\u00e9roule sans interruption jusqu\u2019en Libye.<\/p>\n<p><strong>De la marchandise<\/strong><\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, le voyage ne fait que commencer. Ils vivent de nombreux transferts, \u00e0 pied, en voiture, de villages en villages, de passeurs en passeurs. Cela dure au moins plusieurs semaines. \u00abImpossible de savoir o\u00f9 j\u2019\u00e9tais. On nous d\u00e9pla\u00e7ait tout le temps\u00bb, dit Tesfaldet, avant de souligner qu\u2019ils \u00e9taient trait\u00e9s comme de la marchandise par ces hommes qui leurs servaient de guides. Car les passeurs sont en concurrence. Lors des haltes, ils tentent parfois de kidnapper les groupes des autres. Certains abusaient aussi des femmes. \u00abJ\u2019entendais des cris\u00bb, raconte-t-il avant de marquer un temps d\u2019arr\u00eat.<\/p>\n<p>Ensuite, il y a les coups mont\u00e9s: \u00abDes soldats libyens ont r\u00e9clam\u00e9 50&rsquo;000 \u00e0 notre passeur pour nous laisser poursuivre notre route. N\u2019ayant pas cette somme, ce dernier a dit aux militaires qu\u2019ils pouvaient faire ce qu\u2019ils voulaient de nous, y compris nous tuer. Un autre passeur nous a alors rachet\u00e9, mais je suis s\u00fbr que le but \u00e9tait simplement de nous faire peur.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Inconscient en pleine mer<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s des mois de voyage, il atteint Tripoli et esp\u00e8re embarquer pour l\u2019Italie. C\u2019est plut\u00f4t l\u2019enfermement qui l\u2019attend. Ils sont environ 125 r\u00e9fugi\u00e9s dans une cave, deux mois durant. \u00abPour continuer notre voyage, il fallait que tout le monde ait r\u00e9gl\u00e9 la somme de 3600 dollars. Mon cousin m\u2019a \u00e0 nouveau aid\u00e9.\u00bb Une ration de nourriture quotidienne leur est distribu\u00e9e. \u00abJe me souviens du passeur, cet homme sans c\u0153ur, qui nous surveillait. Craignant d\u2019\u00eatre rep\u00e9r\u00e9 par les autorit\u00e9s, il nous battait si nous parlions\u00bb, d\u00e9crit-il en hochant de la t\u00eate.<\/p>\n<p>Finalement, la mer. Avec de petits canots, ils rejoignent une embarcation de taille moyenne. Une fois les r\u00e9fugi\u00e9s mont\u00e9s \u00e0 bord, les passeurs reprennent leurs zodiacs et retournent sur la c\u00f4te libyenne. Il est deux heures du matin. \u00abNous \u00e9tions environ 450 \u00e0 bord, alors que le bateau ne semblait pas con\u00e7u pour. Des Syriens, eux aussi r\u00e9fugi\u00e9s, ont pris les commandes\u00bb, se rappelle Tesfaldet qui s\u2019est retrouv\u00e9 dans la cale.<\/p>\n<p>Le moteur fumait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, l\u2019air est devenu irrespirable en peu de temps. \u00abJe suis rest\u00e9 inconscient au moins sept heures, raconte-t-il les yeux humides. Lorsque je me suis r\u00e9veill\u00e9, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que j\u2019avais vomi et que d\u2019autres m\u2019avaient vomi dessus. Nous \u00e9tions entass\u00e9s.\u00bb Le voyage a dur\u00e9 environ douze heures, avant que les gardes-c\u00f4tes italiens ne les rep\u00e8rent. Tous montent \u00e0 bord du gros navire de secours. Des m\u00e9decins les re\u00e7oivent pour un premier contr\u00f4le m\u00e9dical. Ils passent un jour en mer avant d\u2019atteindre la Sicile. \u00abJe savais plus qui j\u2019\u00e9tais, ni o\u00f9 j\u2019\u00e9tais. J\u2019ai mis du temps \u00e0 r\u00e9aliser.\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00abNo money\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Arriv\u00e9 en Sicile, Tesfaldet subit de nouveaux contr\u00f4les m\u00e9dicaux et re\u00e7oit une paire de sandales. Il est rapidement transf\u00e9r\u00e9 vers le continent. Un car le d\u00e9pose dans un centre d\u2019accueil \u00e0 Teramo, \u00e0 deux heures de Rome. Deux femmes font \u00e0 manger. \u00abElles se sont tr\u00e8s bien occup\u00e9es de nous\u00bb, se souvient-il. Cependant, d\u00e9sireux de rejoindre la Suisse, o\u00f9 vit un autre cousin, il s\u2019enfuit et prend un bus qui l\u2019am\u00e8ne jusqu\u2019\u00e0 une gare routi\u00e8re. Il monte dans un autre bus, puis un troisi\u00e8me. \u00abTout \u00e7a sans payer\u00bb, rit Tesfaldet. \u00ab\u00c0 chaque fois que je montais dans un bus, je disais \u2018no money\u2019 ou \u2018can you help me?\u2019 et le chauffeur me faisait signe de m\u2019asseoir.\u00bb<\/p>\n<p>Il fait \u00e9tape \u00e0 Rome, demande de l\u2019argent au cousin qui l\u2019avait aid\u00e9 jusque l\u00e0. Ce qui lui permet de prendre un bus pour Milan, puis un train pour la Suisse. \u00abJe n\u2019ai pas eu de contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9 dans le train, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu\u00bb, dit-il en joignant les mains.<\/p>\n<p><strong>Endormi sur un banc<\/strong><\/p>\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 Berne, \u00e9puis\u00e9, il s\u2019endort sur un banc, \u00e0 la gare. Le matin, un homme le r\u00e9veille. Il est \u00c9rythr\u00e9en. Tesfaldet ne peut s\u2019emp\u00eacher de lui raconter son parcours et fond en larmes. L\u2019homme lui offre le petit d\u00e9jeuner et l\u2019am\u00e8ne jusqu\u2019\u00e0 Lausanne. Il lui recommande de prendre un train pour se rendre \u00e0 Vallorbe, o\u00f9 se trouve un centre d\u2019enregistrement pour les r\u00e9fugi\u00e9s. Un fonctionnaire l\u2019aide \u00e0 localiser son cousin, \u00e9tabli \u00e0 Gen\u00e8ve. En ao\u00fbt 2015, le mois de ses 16 ans, Tesfaldet arrive au bout du lac. Aujourd\u2019hui, il est au foyer pour mineurs non accompagn\u00e9s de l\u2019\u00c9toile.<\/p>\n<blockquote>\n<h2>\u00abJe r\u00eave de devenir infirmier\u00bb<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s son p\u00e9riple parsem\u00e9 de dangers (lire ci-dessus), Tesfaldet arrive \u00e0 Gen\u00e8ve \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 2015. Il est tr\u00e8s vite scolaris\u00e9 en classe d\u2019int\u00e9gration, au coll\u00e8ge Rousseau. Bien entour\u00e9 et stimul\u00e9 par la belle-famille de son cousin, il a rapidement appris le fran\u00e7ais. Ce qui n\u2019est pas le cas de ses compagnons de chambre, du foyer de l\u2019\u00c9toile, davantage livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Pour la p\u00e9riode estivale, il a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019assistant social de son foyer s\u2019il \u00e9tait possible de travailler. Il a trouv\u00e9 une place \u00e0 Gen\u00e8ve roule. Fin ao\u00fbt, l\u2019\u00e9cole reprend et Tesfaldet a d\u00e9j\u00e0 des projets en t\u00eate. \u00abJ\u2019ai toujours r\u00eav\u00e9 de devenir infirmier, dit-il enjou\u00e9. Mais pour y arriver, il faut que j\u2019am\u00e9liore encore mon fran\u00e7ais et que j\u2019obtienne des bons r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Si je n\u2019y arrive pas, la m\u00e9canique m\u2019int\u00e9resse. Je trouverai bien quelque chose.\u00bb<\/p>\n<p>Quant \u00e0 sa vie au foyer, il a l\u2019air peu enthousiaste: \u00abLa chaleur et le bruit de la circulation rendent les nuits difficiles\u00bb. Pour changer d\u2019air, il se rend souvent chez son cousin durant le week-end.<\/p>\n<p>Avant de prendre cong\u00e9, il confie encore: \u00abIl faut que je raconte mon parcours. Les gens doivent savoir d\u2019o\u00f9 on vient, ce qu\u2019on fuit et ce qu\u2019on a v\u00e9cu. Nous ne sommes pas l\u00e0 pour profiter de notre pays d\u2019accueil.\u00bb Aujourd\u2019hui, sa demande d\u2019asile est en cours de traitement.<\/p><\/blockquote>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adolescent, Tesfaldet a quitt\u00e9 l\u2019\u00c9rythr\u00e9e pour l\u2019Europe, livr\u00e9s aux passeurs. Il r\u00e9side aujourd\u2019hui \u00e0 Gen\u00e8ve dans un foyer pour mineurs non accompagn\u00e9s.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[342,155],"tags":[1127,938,607],"ve_numero":[],"pays":[263],"ve_type":[1061],"ve_action":[],"class_list":["post-33747","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-de-presse","category-documentation","tag-geneve","tag-mna","tag-passeur","pays-erythree","ve_type-article-de-presse"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33747","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33747"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33747\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33747"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33747"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33747"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=33747"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=33747"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=33747"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=33747"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}