{"id":34309,"date":"2016-09-05T11:41:46","date_gmt":"2016-09-05T09:41:46","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=34309"},"modified":"2021-09-03T14:37:36","modified_gmt":"2021-09-03T12:37:36","slug":"lecho-magazine-canada-on-paie-refugie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2016\/09\/05\/lecho-magazine-canada-on-paie-refugie\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00c9cho magazine | Au Canada, on paie pour avoir un r\u00e9fugi\u00e9!"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Loin de restreindre l\u2019asile, les Canadiens se d\u00e9m\u00e8nent pour financer la venue de r\u00e9fugi\u00e9s chez eux. Ceux-ci s\u2019int\u00e8grent vite et apportent beaucoup \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. R\u00e9sultat: pr\u00e8s de 30\u2019000 r\u00e9fugi\u00e9s ont d\u00e9pos\u00e9 leurs valises dans le pays depuis novembre 2015.<\/span><\/p>\n<p><em>Article \u00e9crit par Aude Pidoux,<\/em> <em>publi\u00e9 dans l&rsquo;hebdomadaire <a href=\"http:\/\/www.echomagazine.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9cho Magazine<\/a>, le 1er septembre 2016. C\u00e9dric Reichenbach a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction de l&rsquo;article. Cliquez <a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2016-09-01_Echo-Magazine_accueil-prive.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> ou sur l&rsquo;image ci-dessous pour t\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article en format pdf.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><span id=\"result_box\" class=\"\" lang=\"fr\" tabindex=\"-1\"><span class=\"hps\"><div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"> <\/span><\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2016-09-01_Echo-Magazine_accueil-prive.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-34730 size-medium\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2016-09-01_Echo-Magazine_accueil-prive-225x300.png\" alt=\"2016-09-01_echo-magazine_accueil-prive\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2016-09-01_Echo-Magazine_accueil-prive-225x300.png 225w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2016-09-01_Echo-Magazine_accueil-prive-113x150.png 113w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/2016-09-01_Echo-Magazine_accueil-prive.png 1002w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a>Une des premi\u00e8res choses qu\u2019a faites Hussein en arrivant au Canada en juillet, c\u2019est d\u2019aller \u00e0 la biblioth\u00e8que de l\u2019universit\u00e9 de sa ville d\u2019adoption, St John\u2019s, et de demander une carte de biblioth\u00e8que. La biblioth\u00e9caire lui a r\u00e9clam\u00e9 une pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9 canadienne. Il lui a tendu quelques feuilles officielles et expliqu\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9, qu\u2019il venait d\u2019arriver et qu\u2019il n\u2019avait pas encore re\u00e7u ses papiers. Il n\u2019est normalement pas possible d\u2019obtenir une carte de biblioth\u00e8que sans document d\u2019identit\u00e9, lui a expliqu\u00e9 la dame avant d\u2019aller en discuter avec sa sup\u00e9rieure. Trois minutes plus tard, elle revenait et lui tendait une carte de biblioth\u00e8que. Hussein, un grand gaillard aux cheveux dress\u00e9s sur la t\u00eate, est sorti mystifi\u00e9 de cette exp\u00e9rience. \u00abJ\u2019ai pass\u00e9 trois ans et demi en Turquie comme r\u00e9fugi\u00e9, je n\u2019avais pas le droit de travailler, pas le droit d\u2019\u00e9tudier et pas m\u00eame le droit d\u2019entrer dans une biblioth\u00e8que. Je n\u2019avais rien \u00e0 faire et j\u2019avais tellement envie de lire des livres. Et ici, je re\u00e7ois une carte de biblioth\u00e8que sans poss\u00e9der les documents n\u00e9cessaires!\u00bb<\/p>\n<p><strong>LA PHOTO DU PETIT GAR\u00c7ON <\/strong><\/p>\n<p>Depuis quelques mois, le Canada vit une v\u00e9ritable romance avec ceux qui ont obtenu l\u2019asile dans leur pays. \u00abUn r\u00e9fugi\u00e9 syrien est devenu le barbier le plus populaire de Corner Brook\u00bb, \u00abUn chocolatier syrien ouvre une fabrique \u00e0 Antigonish\u00bb, \u00abUn r\u00e9fugi\u00e9 syrien \u00e2g\u00e9 de dix ans poursuit sa passion pour le piano au Canada\u00bb, titrent joyeusement les m\u00e9dias, qui laissent rarement passer trois jours sans relater l\u2019histoire \u00e0 succ\u00e8s de r\u00e9fugi\u00e9s fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9s.\u2028Il n\u2019en a pas toujours \u00e9t\u00e9 ainsi. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le gouvernement conservateur alors au pouvoir menait une politique hostile aux demandeurs d\u2019asile. Jusqu\u2019\u00e0 ce que la photo d\u2019Alan Kurdi, petit gar\u00e7on kurde syrien retrouv\u00e9 mort noy\u00e9 sur une plage de Turquie bouleverse le monde le 2 septembre 2015. L\u2019image \u00e9branla particuli\u00e8rement l\u2019opinion publique canadienne: la famille du petit gar\u00e7on avait cherch\u00e9 \u00e0 rejoindre des proches \u00e0 Port Coquitlam, dans la banlieue de Vancouver, mais sa demande d\u2019asile avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e pour des raisons administratives. Deux jours apr\u00e8s le drame, \u00abcomment parrainer un r\u00e9fugi\u00e9\u00bb devenait la phrase la plus souvent entr\u00e9e sur le moteur de recherche Google au Canada.\u2028 \u00abA l\u2019\u00e9poque, le gouvernement ne parlait pas d\u2019accueillir des victimes de la guerre. Nous nous sentions impuissants, comme beaucoup de gens ici, face \u00e0 ces milliers de Syriens qui fuyaient vers l\u2019Europe. Nous avions envie de faire quelque chose\u00bb, raconte la chor\u00e9graphe et danseuse Louise Moyes. Comme beaucoup d\u2019autres, Louise Moyes et ses amis se tournent alors vers un outil sp\u00e9cifique au Canada: le parrainage de r\u00e9fugi\u00e9s. Mis en place \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 pour r\u00e9pondre \u00e0 la crise des <em>boat people <\/em>de la guerre du Vietnam, ce syst\u00e8me permet aux Canadiens de financer la venue de r\u00e9fugi\u00e9s dans leur pays. En 1975, l\u2019Etat avait accueilli 5000 Vietnamiens. Quelques ann\u00e9es plus tard, 50\u2019000 autres r\u00e9fugi\u00e9s vietnamiens venaient s\u2019installer au Canada, parrain\u00e9s par des citoyens touch\u00e9s par leur situation.<\/p>\n<p>Surfant sur la vague de compassion pour les victimes de la guerre en Syrie, Justin Trudeau a fait de l\u2019accueil un argument \u00e9lectoral. Une fois \u00e9lu Premier ministre, en novembre 2015, il organise imm\u00e9diatement la r\u00e9ception de r\u00e9fugi\u00e9s syriens et irakiens par l\u2019Etat et encourage le parrainage par des priv\u00e9s. Depuis, des milliers de groupes de parrainage se sont form\u00e9s qui, \u00e0 coups de campagnes sur Facebook, de ventes de g\u00e2teaux et de repas de soutien, t\u00e2chent de trouver des fonds tout en remplissant un grand nombre de formulaires. Pr\u00e8s de 30\u2019000 r\u00e9fugi\u00e9s sont arriv\u00e9s depuis novembre 2015 et des d\u00e9marches sont en cours pour plus de 20\u2019000 autres.<\/p>\n<p><strong>6000 DOLLARS PAR R\u00c9FUGI\u00c9 <\/strong><\/p>\n<p>\u00abNous avons choisi d\u2019accueillir une famille de trois personnes, une maman et ses deux enfants, raconte Louise Moyes. Le plus difficile a \u00e9t\u00e9 de r\u00e9unir l\u2019argent n\u00e9cessaire.\u00bb Les groupes de parrainage doivent fournir 6000 dollars par r\u00e9fugi\u00e9 (environ 4500 francs suisses), qui financent ses six premiers mois au Canada. La somme n\u00e9cessaire aux six mois suivants est prise en charge par l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral canadien. Ensuite, les r\u00e9fugi\u00e9s ont droit \u00e0 l\u2019aide sociale de leur province de r\u00e9sidence. \u00abTout le monde a donn\u00e9 dans la mesure de ses moyens poursuit Louise Moyes. M\u00eame mon fils a contribu\u00e9. Il a offert 65 dollars!\u00bb Quelques semaines apr\u00e8s que le groupe a r\u00e9uni la somme, Bushra, la maman, et ses deux enfants ont pu quitter le camp dans lequel ils vivaient en Turquie direction le Canada, un voyage sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Organisation internationale pour les migration\u2028.<\/p>\n<p>Bushra et ses enfants\u2028ont cependant eu de\u2028la chance de pouvoir\u2028venir aussi vite. Aujourd\u2019hui, le programme de parrainage est d\u00e9pass\u00e9 par son succ\u00e8s malgr\u00e9 l\u2019envoi, en juin, d\u2019une quarantaine d\u2019officiers d\u2019immigration suppl\u00e9mentaires au Moyen- Orient. Le processus prend d\u00e9sormais de longs mois, une attente qui exasp\u00e8re parrains et r\u00e9fugi\u00e9s. \u00abJe n\u2019y ai cru qu\u2019une fois que j\u2019\u00e9tais dans l\u2019avion, raconte Hussein. Les d\u00e9marches administratives avaient pris tellement plus de temps que pr\u00e9vu que je n\u2019avais plus confiance. J\u2019\u00e9tais cens\u00e9 me rendre dans un h\u00f4tel d\u2019Istanbul trois jours avant le vol avec toutes mes affaires pour suivre une session de pr\u00e9paration. J\u2019y suis all\u00e9, mais sans mes sacs. Je les ai laiss\u00e9s dans la pension dans laquelle je r\u00e9sidais. J\u2019avais peur que mon d\u00e9part soit annul\u00e9 et que je perde ma chambre. Il y a tellement de r\u00e9fugi\u00e9s en Turquie que jamais je n\u2019aurais pu retrouver une chambre \u00e0 ce prix. J\u2019ai r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 mes affaires la veille du d\u00e9part. Ce n\u2019est qu\u2019une fois dans le hall des d\u00e9parts de l\u2019a\u00e9roport que j\u2019ai appel\u00e9 la pension pour dire que je quittais ma chambre.\u00bb<\/p>\n<p><strong>PERMIS C D\u00c8S LE D\u00c9PART <\/strong><\/p>\n<p>Pour accueillir Bushra et ses enfants, leur groupe de parrainage a lou\u00e9 et meubl\u00e9 un appartement. Hussein, quant \u00e0 lui, a une chambre dans la maison d\u2019un de ses parrains. Ils partagent la salle de bain et la cuisine. Contrairement \u00e0 la Suisse, l\u2019Etat canadien n\u2019\u00e9met aucune directive concernant le logement, ce qui facilite la t\u00e2che des parrains. Une fois l\u2019argent r\u00e9uni, ils ont pour unique mission d\u2019aider leurs prot\u00e9g\u00e9s \u00e0 s\u2019installer et \u00e0 s\u2019int\u00e9grer. \u00abNous leur rendons r\u00e9guli\u00e8rement visite, leur montrons comment prendre le bus, o\u00f9 faire leurs achats, et tous ces d\u00e9tails pratiques.<\/p>\n<p>Comme mon fils a \u2028\u00e0 peu pr\u00e8s l\u2019\u00e2ge des\u2028 enfants, nous faisons\u2028 souvent des activit\u00e9s \u2028ensemble: nous allons jouer dehors, nager, faire du football\u00bb, raconte Louise Moyes. Les groupes de parrainage offrent ainsi aux r\u00e9fugi\u00e9s fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9s un r\u00e9seau de soutien dans tous les domaines.<\/p>\n<p>A leur arriv\u00e9e au Canada, les r\u00e9fugi\u00e9s re\u00e7oivent un statut de r\u00e9sident permanent (l\u2019\u00e9quivalent du permis C suisse). Ils ont donc le droit de travailler, b\u00e9n\u00e9ficient de la couverture m\u00e9dicale universelle et sont libres de d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 leur guise. Le syst\u00e8me a fait ses preuves: apr\u00e8s deux ans au Canada, plus de la moiti\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s parrain\u00e9s par des priv\u00e9s travaillent contre 30% seulement de ceux assist\u00e9s par le gouvernement. Des r\u00e9sultats beaucoup plus positifs qu\u2019en Suisse o\u00f9, apr\u00e8s dix ans, moins de la moiti\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s ont un emploi. \u00abJe trouve ce syst\u00e8me de parrainage excellent, remarque Hussein. Quand ils arrivent ici, certains r\u00e9fugi\u00e9s ont besoin d\u2019\u00eatre pris par la main, d\u2019autant plus s\u2019ils ne parlent ni l\u2019anglais ni le fran\u00e7ais. Je pense que les r\u00e9fugi\u00e9s appr\u00e9cient vraiment ce que fait le Canada pour eux, surtout s\u2019ils ont pass\u00e9 du temps en Turquie ou dans les pays avoisinants. Ils seront de bons citoyens.\u00bb\u2028 Si les citoyens s\u2019engagent pour accueillir les r\u00e9fugi\u00e9s, les provinces sont elles aussi g\u00e9n\u00e9ralement heureuses de leur venue malgr\u00e9 la perspective de devoir les soutenir financi\u00e8rement \u00e0 leurs d\u00e9buts. Beaucoup des plus grands hommes d\u2019affaires d\u2019aujourd\u2019hui sont venus du Liban en tant que r\u00e9fugi\u00e9s dans les ann\u00e9es 1960 et 1970 lors de la guerre civile, notait Rob Batherson, directeur de la Chambre de commerce d\u2019Halifax, en Nouvelle-Ecosse, peu apr\u00e8s la promesse faite par le gouvernement lib\u00e9ral d\u2019accueillir des r\u00e9fugi\u00e9s. \u00abLes r\u00e9fugi\u00e9s viennent en Nouvelle-Ecosse, cr\u00e9ent de la richesse, des emplois, augmentent le revenu des imp\u00f4ts. Je suis impatient de voir qui, parmi les r\u00e9fugi\u00e9s qui arrivent aujourd\u2019hui, sera la success story des trente prochaines ann\u00e9es!\u00bb<\/p>\n<p><strong>LE LUXE DU CHOIX<\/strong><\/p>\n<p>Contrairement aux pays d\u2019Europe, le Canada a l\u2019avantage de pouvoir choisir ses r\u00e9fugi\u00e9s. Le pays n\u2019\u00e9tant atteignable que par bateau ou par avion, les requ\u00e9rants d\u2019asile pris en charge par le Canada sont s\u00e9lectionn\u00e9s directement dans leurs r\u00e9gions d\u2019origine par le biais du Haut-Commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s. La plupart des Syriens accueillis au Canada viennent donc de camps en Turquie, au Liban et en Jordanie.<\/p>\n<p>Le Canada a d\u00e9cid\u00e9 de n\u2019accueillir que les requ\u00e9rants d\u2019asile les plus vuln\u00e9rables, \u00e0 savoir les familles avec enfants et les membres des minorit\u00e9s sexuelles. En outre, avant d\u2019\u00eatre inscrits sur les listes de r\u00e9fugi\u00e9s attribu\u00e9s au Canada, les requ\u00e9rants d\u2019asile subissent un grand nombre de contr\u00f4les de s\u00e9curit\u00e9. Leur histoire et leurs relations sont pass\u00e9es au crible afin de pr\u00e9venir tout risque pour les citoyens canadiens. \u00abJe suis vraiment content d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 contr\u00f4l\u00e9 de la sorte, rel\u00e8ve Hussein, un r\u00e9fugi\u00e9 arriv\u00e9 au Canada en juillet. De cette mani\u00e8re, je sais que les Canadiens se sentent \u00e0 l\u2019aise et n\u2019ont pas peur de moi.\u00bb<\/p>\n<p>Tous ces \u00e9l\u00e9ments, ainsi que le fait que tous les r\u00e9fugi\u00e9s accueillis au Canada le sont sur une base volontaire, participent des bonnes relations entre les Canadiens et les r\u00e9fugi\u00e9s, qu\u2019on appelle ici les nouveaux Canadiens.<\/p>\n<p><strong>ET EN SUISSE?<\/strong><\/p>\n<p>En Suisse, on ne paie pas pour accueillir un r\u00e9fugi\u00e9. Les citoyens qui choisissent d\u2019ouvrir leur porte re\u00e7oivent, au contraire, un peu d\u2019argent \u00e0 titre de compensation.<\/p>\n<p>Reste que peu de Suisses h\u00e9bergent des r\u00e9fugi\u00e9s. Est-ce d\u00fb \u00e0 un manque de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9? Pas selon Sophie Malka, coordinatrice de Vivre Ensemble, une association tr\u00e8s active dans le domaine de l\u2019asile: \u00abDans les cantons de Vaud, de Gen\u00e8ve, de Berne et d\u2019Argovie, environ 450 familles ont fait le pas de s&rsquo;engager \u00e0 recevoir chez eux des r\u00e9fugi\u00e9s depuis le lancement d\u2019un projet-pilote par l\u2019<abbr class='c2c-text-hover' title='Schweizerische Fl\u00fcchtlingshilfe'>OSAR<\/abbr> en automne 2015. Personne ne s\u2019attendait \u00e0 un tel \u00e9lan de solidarit\u00e9\u00bb. Et apr\u00e8s? \u00abCet engouement a surpris, et les initiants du projet-pilote ont sans doute mis du temps \u00e0 mettre les moyens pour assurer le suivi. Certaines familles ont attendu des mois avant de voir leur projet se concr\u00e9tiser et seule une cinquantaine d\u2019entre elles accueillait en avril\u00a0 un r\u00e9fugi\u00e9. C\u2019est dommage car les lieux d\u2019h\u00e9bergement manquent, en particulier \u00e0 Lausanne et Gen\u00e8ve.\u00bb<\/p>\n<p>Mais les choses s\u2019am\u00e9liorent. Depuis cet \u00e9t\u00e9, l\u2019\u00e9tablissement vaudois d\u2019accueil des migrants (EVAM), d\u00e9sormais seul responsable du projet pour le canton de Vaud, s\u2019efforce de r\u00e9pondre dans les dix jours aux citoyens int\u00e9ress\u00e9s. \u00abSi nous avons une personne \u00e0 placer imm\u00e9diatement et que les deux parties s\u2019entendent, cela peut \u00eatre l\u2019affaire de quelques jours\u00bb, r\u00e9v\u00e9lait Evi Kassimidisla, porte-parole de l\u2019EVAM, au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9 dans 24 heures.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s ont aussi assouplit le r\u00e8glement. Plus besoin, par exemple, de disposer d\u2019une salle de bain \u00e0 part juste pour le r\u00e9fugi\u00e9 h\u00e9berg\u00e9 chez un priv\u00e9: il suffit que tout le monde soit d\u2019accord de partager la salle d\u2019eau. R\u00e9sultat: alors qu\u2019une trentaine de personnes ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es durant les huit premiers mois du projet-pilote, une vingtaine de\u2009r\u00e9fugi\u00e9s au moins ont trouv\u00e9 un nouveau toit en moins de trois mois. De quoi remotiver les familles d\u00e9sireuses d\u2019aider leur prochain. Et de redonner espoir aux Syriens, Afghans, Iraquiens et Erythr\u00e9ens ayant fui la guerre et qui r\u00eavent de reprendre pied avec l\u2019aides des Suisses.<\/p>\n<p><span id=\"result_box\" class=\"\" lang=\"fr\" tabindex=\"-1\"><span class=\"hps\"><\/div><\/div> <\/span><\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_34313\" aria-describedby=\"caption-attachment-34313\" style=\"width: 797px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-34313 size-full\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Echo_Canada.png\" width=\"797\" height=\"518\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Echo_Canada.png 797w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Echo_Canada-300x195.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Echo_Canada-150x97.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 797px) 100vw, 797px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-34313\" class=\"wp-caption-text\">Liban, d\u00e9cembre 2015: des enfants syriens et irakiens attendent d\u2019\u00eatre transport\u00e9s au Canada. Photo: Keystone-a<\/figcaption><\/figure>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Loin de restreindre l\u2019asile, les Canadiens se d\u00e9m\u00e8nent pour financer la venue de r\u00e9fugi\u00e9s chez eux. Ceux-ci s\u2019int\u00e8grent vite et apportent beaucoup \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. R\u00e9sultat: pr\u00e8s de 30\u2019000 r\u00e9fugi\u00e9s ont d\u00e9pos\u00e9 leurs valises dans le pays depuis novembre 2015. Article \u00e9crit par Aude Pidoux, publi\u00e9 dans l&rsquo;hebdomadaire \u00c9cho Magazine, le 1er septembre 2016. C\u00e9dric Reichenbach &hellip; <a href=\"https:\/\/asile.ch\/de\/2016\/09\/05\/lecho-magazine-canada-on-paie-refugie\/\">Continued<\/a><\/p>","protected":false},"author":5,"featured_media":34730,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,342,155,837],"tags":[380,1159,242,1180],"ve_numero":[],"pays":[544],"ve_type":[1061,1083],"ve_action":[1050],"class_list":["post-34309","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-articles-de-presse","category-documentation","category-dans-la-presse","tag-accueil","tag-documentation","tag-solidarite","tag-ve-dans-la-presse","pays-canada","ve_type-article-de-presse","ve_type-vivre-ensemble-dans-les-medias","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34309","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34309"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34309\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media\/34730"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34309"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=34309"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=34309"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=34309"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=34309"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=34309"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=34309"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}