{"id":36200,"date":"2016-12-19T09:46:10","date_gmt":"2016-12-19T08:46:10","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=36200"},"modified":"2021-08-29T22:33:01","modified_gmt":"2021-08-29T20:33:01","slug":"en-savoir-plus-frontieres-physiques-linguistiques-mentales-et-sociales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2016\/12\/19\/en-savoir-plus-frontieres-physiques-linguistiques-mentales-et-sociales\/","title":{"rendered":"En savoir plus | Fronti\u00e8res physiques, linguistiques, mentales et sociales"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Fronti\u00e8res physiques, linguistiques, mentales, sociales. Nous vous proposons ci-dessous des courts r\u00e9sum\u00e9s de textes abordant la th\u00e9matique des fronti\u00e8res. A lire ou \u00e0 relire. <\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span class=\"intertitre\">Le droit de migrer, un bien public mondial<\/span><\/p>\n<p>Br\u00e8ve pr\u00e9sentation de la conf\u00e9rence intitul\u00e9e \u00abLe droit de migrer, un droit de l\u2019homme\u00bb donn\u00e9e par Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS, sp\u00e9cialiste des migrations internationales et professeure \u00e0 Sciences Po \u00e0 Paris. Le texte int\u00e9gral de cette conf\u00e9rence peut \u00eatre consult\u00e9 sur le site de Vivre Ensemble.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un rapide historique des circuits migratoires et de la gestion des fronti\u00e8res d&rsquo;avant le XXIe si\u00e8cle, l&rsquo;auteure d\u00e9crit la profonde transformation que conna\u00eet aujourd&rsquo;hui la r\u00e9alit\u00e9 migratoire \u00e0 travers le monde. Chiffres \u00e0 l&rsquo;appui, elle proc\u00e8de \u00e0 une d\u00e9construction des id\u00e9es toutes faites sur les d\u00e9placements des personnes migrantes. Seul est imagin\u00e9 le mouvement du Sud vers le Nord, avec ses pr\u00e9tendus dangers d&rsquo;invasion, alors que la tr\u00e8s grande part des flux migratoires se passent du Sud au Sud, et que l&rsquo;on observe aussi une nette augmentation des d\u00e9placements Nord-Nord et Nord-Sud. Une \u00abmondialisation des migrations\u00bb qui de fait pose le probl\u00e8me des droits \u00e0 la circulation \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire.<\/p>\n<p>Or, simultan\u00e9ment \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, s&rsquo;\u00e9tablit de fa\u00e7on totalement contradictoire et perverse une \u00abhi\u00e9rarchie entre pays par rapport au droit \u00e0 la migration\u00bb.<br \/>\nLa sociologue analyse ce paradoxe et ses dangers en montrant le d\u00e9veloppement croissant de diff\u00e9rents types de fronti\u00e8res. Alors que les \u00abbarri\u00e8res\u00bb sont beaucoup plus perm\u00e9ables dans les axes Sud-Sud et Nord-Sud, elles deviennent toujours plus sophistiqu\u00e9es quand il s&rsquo;agit d&rsquo;aller du Sud au Nord: fronti\u00e8res \u00e0 distance (visas, hotspots,&#8230;), obstacles physiques presque infranchissables ou rendus comme tels (murs, grilles, travers\u00e9es sans protection en mer), fronti\u00e8res int\u00e9rieures dans les Etats d&rsquo;immigration (zones d&rsquo;attente, centres de r\u00e9tention, centres de proc\u00e9dure isol\u00e9s, discriminations,\u2026)<\/p>\n<p>Ces mesures de contr\u00f4le et de r\u00e9pression toujours plus nombreuses et violentes cr\u00e9ent d&rsquo;immenses in\u00e9galit\u00e9s dans les possibilit\u00e9s de se d\u00e9placer. Pourtant la mobilit\u00e9 des personnes fut de tout temps un facteur de d\u00e9veloppement humain, contribuant en particulier \u00e0 att\u00e9nuer les injustices \u00e0 travers le monde. L&rsquo;auteure s&rsquo;attache \u00e0 d\u00e9montrer la chance que repr\u00e9sentent ces mouvements de population. La migration doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00abbien public mondial\u00bb et doit \u00eatre g\u00e9r\u00e9e en tant que tel.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">DANIELLE OTHENIN-GIRARD<\/p>\n<hr \/>\n<p><span class=\"intertitre\">R\u00e9fugi\u00e9, migrant, demandeur d&rsquo;asile?<\/span><\/p>\n<p>Derri\u00e8re les mots, des contextes et des volont\u00e9s politiques. Analyse historique. Crise des r\u00e9fugi\u00e9s, ou des politiques d\u2019asile? Par Karen Akoka<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019un r\u00e9fugi\u00e9? Comment le distinguer du migrant ou du demandeur d\u2019asile? Comment ces notions ont-elles \u00e9volu\u00e9 au cours du XXe si\u00e8cle? La sociologue Karen Akoka revient sur le travail institutionnel de distinction entre \u00abbons\u00bb et \u00abmauvais\u00bb r\u00e9fugi\u00e9s pour \u00e9clairer l\u2019actuelle \u00abcrise\u00bb des migrants en Europe.<\/p>\n<p>Exemples \u00e0 l\u2019appui, elle montre \u00e0 quel point cette dichotomie, consid\u00e9r\u00e9e comme acquise, est loin d\u2019aller de soi. Akoka rappelle que la d\u00e9finition du r\u00e9fugi\u00e9 a \u00e9volu\u00e9 \u00e0 travers le temps au gr\u00e9 des priorit\u00e9s politiques, \u00e9conomiques et des bouleversements g\u00e9opolitiques.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920, le concept de r\u00e9fugi\u00e9 \u00e9tait pens\u00e9 collectivement\u2009: l\u2019asile \u00e9tait accord\u00e9 \u00e0 des groupes de m\u00eame nationalit\u00e9, \u00e0 l\u2019instar des Russes fuyant l\u2019URSS en proie \u00e0 la guerre et \u00e0 la famine. La d\u00e9finition telle qu\u2019\u00e9nonc\u00e9e dans la <abbr class='c2c-text-hover' title='La Convention de Gen\u00e8ve relative au statut des r\u00e9fugi\u00e9s est un texte de droit international qui d\u00e9finit \u00e0 la fois ce qu\u2019est un\u00b7e r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e, quels sont ses droits et quelles sont les obligations des \u00c9tats signataires \u00e0 son \u00e9gard.'>Convention de Gen\u00e8ve de 1951<\/abbr> tend \u00e0 rompre avec cette reconnaissance collective en instituant la pers\u00e9cution individuelle comme seul crit\u00e8re de reconnaissance. Loin d\u2019\u00eatre neutre politiquement, ce crit\u00e8re a eu pour fonction, au plus fort de la guerre froide, de d\u00e9cr\u00e9dibiliser le bloc communiste qui d\u00e9fendait l\u2019id\u00e9e d\u2019une protection contre les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abLa d\u00e9finition du r\u00e9fugi\u00e9 comme pers\u00e9cut\u00e9 telle que retenue dans la Convention de Gen\u00e8ve [\u2026] confirme la hi\u00e9rarchie propre au bloc occidental qui place les droits civiques au-dessus des droits socio-\u00e9conomiques; les droits individuels au-dessus des droits collectifs, et les violences politiques au-dessus des violences \u00e9conomiques\u00bb, explique Akoka.<\/p><\/blockquote>\n<p>Mais l\u2019enjeu n\u2019est pas seulement dans les d\u00e9finitions. Il r\u00e9side aussi dans l\u2019interpr\u00e9tation des textes et l\u2019application des cat\u00e9gories, souligne la chercheuse. Hongrois, Boat people indochinois, Za\u00efrois, Yougoslaves. A chaque contexte politique et \u00e9conomique r\u00e9pond une lecture diff\u00e9rente de qui est r\u00e9fugi\u00e9 et a droit \u00e0 une protection. La majorit\u00e9 des Hongrois d\u2019hier n\u2019aurait pas pass\u00e9 le filtre des crit\u00e8res contemporains. Depuis la fin des ann\u00e9es 1980, on assiste au passage \u00e0 une interpr\u00e9tation rigide du r\u00e9fugi\u00e9.<\/p>\n<p>Akoka explique que ce d\u00e9veloppement, dont la cons\u00e9quence a \u00e9t\u00e9 l\u2019augmentation des taux de rejet, est li\u00e9 \u00e0 une construction du mythe du \u00ab\u2009faux r\u00e9fugi\u00e9\u2009\u00bb fuyant la mis\u00e8re \u00e9conomique, dans un contexte o\u00f9 la question de l\u2019immigration a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9e en tant que probl\u00e8me public.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">ALEXIS THIRY<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>R\u00e9f\u00e9rence<\/strong>: Karen Akoka, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.laviedesidees.fr\/Crise-des-refugies-ou-des-politiques-d-asile.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Crise des r\u00e9fugi\u00e9s, ou des politiques d&rsquo;asile?<\/a>\u00ab\u00a0, <em>La Vie des id\u00e9es<\/em>, 31 mai 2016.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span class=\"intertitre\">Qu\u2019est-ce qu\u2019une fronti\u00e8re? Par Etienne Balibar\u00a0 <\/span><\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019une fronti\u00e8re? C\u2019est \u00e0 cette question que le philosophe Etienne Balibar tente de r\u00e9pondre, dans un texte publi\u00e9 il y a 20 ans, mais toujours pertinent.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.editions-galilee.com\/f\/index.php?sp=liv&amp;livre_id=2625\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-36609 size-medium\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/CrainteDesMasses_Balibar-188x300.jpeg\" alt=\"craintedesmasses_balibar\" width=\"188\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/CrainteDesMasses_Balibar-188x300.jpeg 188w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/CrainteDesMasses_Balibar-94x150.jpeg 94w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/CrainteDesMasses_Balibar.jpeg 312w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><\/a>Balibar affirme qu\u2019il est complexe, sinon impossible, de d\u00e9finir les contours du concept de fronti\u00e8re. Loin d\u2019\u00eatre un frein, l\u2019absence de d\u00e9finition claire et universellement admise permet de mieux saisir la complexit\u00e9 du monde instable dans lequel nous vivons. Il propose d\u2019appr\u00e9hender les ambig\u00fcit\u00e9s du concept en prenant compte de quatre caract\u00e9ristiques propres aux fronti\u00e8res: surd\u00e9termination, polys\u00e9mie, h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et ubiquit\u00e9. Une fronti\u00e8re politique n\u2019est jamais qu\u2019une simple ligne entre deux Etats. Les d\u00e9marcations g\u00e9opolitiques, telles qu\u2019elles ont pu se manifester \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale et durant la guerre froide, participent d\u2019un processus de d\u00e9termination multiple. Par ailleurs, les fronti\u00e8res n\u2019existent pas de la m\u00eame mani\u00e8re pour des individus appartenant \u00e0 des groupes sociaux diff\u00e9rents. Pour un ressortissant ais\u00e9 du Nord, la fronti\u00e8re n\u2019est qu\u2019une formalit\u00e9 d\u2019embarquement qui se franchit au pas de course, alors que pour un migrant du Sud, la fronti\u00e8re est per\u00e7ue et v\u00e9cue comme un lieu quasi infranchissable o\u00f9 l\u2019on revient sans cesse et que l\u2019on passe au gr\u00e9 des expulsions. Balibar parle ici d\u2019un double r\u00e9gime de circulation, qualifi\u00e9 d\u2019apartheid mondial, remplissant des fonctions de discrimination et de tri. Enfin, la fronti\u00e8re remplit des fonctions de d\u00e9marcation et de territorialisation. Certaines d\u2019entre elles \u00abne sont ainsi plus situ\u00e9es aux fronti\u00e8res g\u00e9ographico-politico-administratives, mais partout o\u00f9 s\u2019exercent des contr\u00f4les effectifs\u00bb. Balibar conclut son propos en sugg\u00e9rant un contr\u00f4le d\u00e9mocratique de la fronti\u00e8re afin d\u2019en faire un espace de rencontre o\u00f9 se d\u00e9veloppent des int\u00e9r\u00eats et un langage communs entre les peuples.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">ALEXIS THIRY<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>R\u00e9f\u00e9rence<\/strong>: \u00c9tienne Balibar, \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une fronti\u00e8re?\u00a0\u00bb, in E. Balibar (dir.), <em>La crainte des masses. Politiques et philosophie avant et apr\u00e8s Marx<\/em>, Paris, Galil\u00e9e, 1996.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fronti\u00e8res physiques, linguistiques, mentales, sociales. Nous vous proposons ci-dessous des courts r\u00e9sum\u00e9s de textes abordant la th\u00e9matique des fronti\u00e8res. 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