{"id":36750,"date":"2016-12-25T14:24:53","date_gmt":"2016-12-25T13:24:53","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/?p=36750"},"modified":"2021-08-26T13:52:32","modified_gmt":"2021-08-26T11:52:32","slug":"reiso-stigmates-migrants-nord-africains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2016\/12\/25\/reiso-stigmates-migrants-nord-africains\/","title":{"rendered":"REISO | Les stigmates des migrants nord-africains"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">La tendance \u00e0 criminaliser sans distinction des jeunes migrants d\u2019un groupe particulier favorise-t-elle l\u2019auto-s\u00e9gr\u00e9gation de certains d\u2019entre eux? Que ressentent les personnes ainsi stigmatis\u00e9es? Enqu\u00eate aupr\u00e8s de d\u00e9tenus. <\/span><\/p>\n<p><em>Article de Prisca Herzog, publi\u00e9 le 17 novembre 2016 sur le site de la Revue d&rsquo;information sociale (REISO). Cliquez <a href=\"http:\/\/www.reiso.org\/spip.php?article5799\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site reiso.org.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>L\u2019actualit\u00e9 politique et m\u00e9diatique fait \u00e9merger diverses repr\u00e9sentations sur les migrants nord-africains et sur les liens qui existeraient entre la migration et la d\u00e9linquance. Elle pose aussi la question de la stigmatisation que peuvent ressentir les jeunes d\u00e9linquants issus de l\u2019immigration nord-africaine.<\/p>\n<p>L\u2019immigration nord-africaine en Occident requiert d\u2019\u00eatre resitu\u00e9e \u00e0 partir de ses origines coloniales. Pour l\u2019essentiel, les repr\u00e9sentations sociales sur les migrants nord-africains sont dues aux peuples colonisateurs de ces pays. Entre rapports de force et de domination, m\u00e9compr\u00e9hension mutuelle et peur de la diff\u00e9rence, il s\u2019est cr\u00e9\u00e9 un foss\u00e9 entre les valeurs des uns et des autres. Quant \u00e0 l\u2019islamophobie actuelle, empreinte de pr\u00e9jug\u00e9s et de st\u00e9r\u00e9otypes, d\u2019associations r\u00e9ductrices et d\u2019amalgames, elle fait \u00e9merger les musulmans comme fanatiques et int\u00e9gristes et elle induit des comportements discriminatoires d\u2019une partie des citoyens occidentaux.<\/p>\n<p>Comment les jeunes d\u00e9linquants issus de l\u2019immigration nord-africaine ressentent-ils ces comportements? Ces jeunes se sentent-ils stigmatis\u00e9s du fait de leurs origines? Ressentent-ils une forme de traitement diff\u00e9renci\u00e9 \u00e0 leur \u00e9gard de la part des citoyens suisses ou des institutions \u00e9tatiques du fait de leur confession?<\/p>\n<p>Essayons d\u2019envisager que les comportements \u00e0 risque adopt\u00e9s par les jeunes issus de l\u2019immigration constituent une forme de r\u00e9action face aux constructions sociales stigmatisantes. Le parcours d\u00e9linquant vient alors alimenter le sentiment d\u2019injustice et de stigmatisation ressenti. Ce type de spirale autoporteuse et auto-excluante requiert d\u2019\u00eatre mise en lumi\u00e8re afin de trouver des \u00e9l\u00e9ments qui permettraient aux professionnels du travail social de rem\u00e9dier au mal-\u00eatre ressenti.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong>Repr\u00e9sentations sociales et stigmates<\/strong><\/p>\n<p>La tendance actuelle \u00e0 criminaliser sans distinction les jeunes migrants nord-africains s\u2019inscrit dans un rapport de domination et laisse \u00e0 penser au groupe dominant qu\u2019il contr\u00f4le l\u2019autre groupe. Cette attitude autorise une meilleure compr\u00e9hension du monde qui l\u2019entoure en jetant le discr\u00e9dit sur celui dont la diff\u00e9rence est visible, notamment du fait de son origine. A noter que, en Suisse, les immigr\u00e9s en provenance d\u2019Afrique du Nord viennent essentiellement des pays du Maghreb central, soit l\u2019Alg\u00e9rie, le Maroc et la Tunisie. Les politiques helv\u00e9tiques ont d\u00fb s\u2019adapter \u00e0 une \u00e9volution des motifs de demandes d\u2019asiles et des pays de provenance, la migration nord-africaine \u00e9tant une des plus r\u00e9centes.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, les repr\u00e9sentations sociales permettent de faire l\u2019\u00e9conomie d\u2019une r\u00e9flexion syst\u00e9matique et complexe dans les rapports sociaux qu\u2019entretiennent entre eux les individus d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, en particulier lorsqu\u2019un \u00e9l\u00e9ment inconnu \u00e9merge. La cat\u00e9gorisation sociale permet de classer plus facilement l\u2019\u00e9l\u00e9ment \u00e9tranger au groupe et procure ainsi une forme de familiarit\u00e9 rassurante. Les repr\u00e9sentations sociales et les st\u00e9r\u00e9otypes concernant les jeunes issus de l\u2019immigration nord-africaine sont fortement influenc\u00e9s par les discours politiques et par les m\u00e9dias. Aussi \u00e9loign\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019ils soient, ils s\u2019av\u00e8rent n\u00e9anmoins int\u00e9rioris\u00e9s par les autochtones, ainsi que par le groupe d\u00e9sign\u00e9.<\/p>\n<p>En marge des repr\u00e9sentations sociales, le stigmate sert de r\u00e9v\u00e9lateur. Il vient de ce qui est visible par autrui ou de ce qui peut \u00eatre port\u00e9 \u00e0 la connaissance d\u2019autrui tels que, par exemple, le patronyme, la religion ou le ph\u00e9notype. En effet, comme le rel\u00e8vent Gianni, Giugni &amp; Michel (2015, pp. 52-53) (1), \u00ables musulmans en Suisse sont marqu\u00e9s par plusieurs attributs de diff\u00e9rence en terme de nationalit\u00e9, d\u2019ethnicit\u00e9, de religion, mais aussi d\u2019apparence. Ils sont donc particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables \u00e0 certaines formes de discrimination.\u00bb Les processus d\u2019ethnicisation et de racisation font d\u00e8s lors partie de la mise en alt\u00e9rit\u00e9 d\u2019un groupe qui comporte des diff\u00e9rences visibles par autrui.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong>Les entretiens avec les d\u00e9tenus<\/strong><\/p>\n<p>Les cinq personnes interrog\u00e9es dans le cadre de la recherche de terrain (2) sont des jeunes hommes issus de l\u2019immigration nord-africaine. Migrants de la seconde g\u00e9n\u00e9ration, ils ont entre 18 et 35 ans. Ces jeunes ont connu la majorit\u00e9 de leur socialisation en Suisse, voire dans un pays limitrophe. Les personnes rencontr\u00e9es \u00e9taient incarc\u00e9r\u00e9es au moment de la r\u00e9alisation des entretiens: les Etablissements p\u00e9nitentiaires de la plaine de l\u2019Orbe ont constitu\u00e9 le terrain exclusif de la recherche.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9chantillon choisi n\u2019a pas pour ambition d\u2019\u00eatre \u00abrepr\u00e9sentatif\u00bb du sentiment de stigmatisation pouvant \u00eatre ressenti par une majorit\u00e9 de jeunes issus de l\u2019immigration nord-africaine, mais bien de mettre en \u00e9vidence des ressentis subjectifs, en lien avec des parcours de vie individuels.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des propos des jeunes interview\u00e9s a mis en \u00e9vidence un sentiment de stigmatisation plut\u00f4t \u00abdiffus\u00bb, dans le sens o\u00f9, globalement, soit les jeunes ne se sentent pas stigmatis\u00e9s, soit ils ne parviennent pas \u00e0 d\u00e9crire clairement le ph\u00e9nom\u00e8ne ressenti. Ils situent l\u2019origine de leur sentiment de stigmatisation essentiellement dans des interactions individuelles. L\u2019actualit\u00e9 m\u00e9diatique les touche \u00e9galement, mais ils n\u2019en parlent que lorsqu\u2019ils sont directement questionn\u00e9s sur le sujet.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong>La spirale de l\u2019auto-s\u00e9gr\u00e9gation<\/strong><\/p>\n<p>Il est possible d\u2019envisager que les jeunes d\u00e9linquants issus de l\u2019immigration nord-africaine participent \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019auto-s\u00e9gr\u00e9gation. Ce type de ph\u00e9nom\u00e8ne est complexe car inconscient, mais il est probable qu\u2019en tant qu\u2019immigr\u00e9s de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, ils aient int\u00e9rioris\u00e9 les discours dominants, rendant plus difficile leur perception de la stigmatisation concernant les groupes auxquels ils appartiennent. Elias &amp; Scotson (1997, p. 295) vont \u00e9galement dans ce sens: \u00abComme les \u00e9tablis sont habituellement mieux int\u00e9gr\u00e9s et plus puissants, ils sont en mesure, par induction mutuelle et mise au ban des sceptiques, de donner un solide \u00e9tayage \u00e0 leurs croyances.\u00bb<\/p>\n<p>Dans cette perspective, le ph\u00e9nom\u00e8ne de stigmatisation participe d\u2019une spirale autoporteuse qui rend complexe l\u2019\u00e9valuation des ressentis \u00e9voqu\u00e9s par les membres du groupe concern\u00e9. Dans les entretiens men\u00e9s, l\u2019int\u00e9riorisation de cette stigmatisation s\u2019est v\u00e9rifi\u00e9e. Il est possible d\u2019en conclure que les \u00abconvictions d\u00e9pr\u00e9ciatrices fa\u00e7onne si fortement leur conscience et leur image d\u2019eux-m\u00eames qu\u2019elle renforce consid\u00e9rablement la sup\u00e9riorit\u00e9 et la domination du groupe \u00e9tabli.\u00bb (<i>ibid<\/i>., p. 295). Ainsi, les discours publics, politiques et m\u00e9diatiques ne constituent pas en soi des \u00e9l\u00e9ments qui apparaissent comme stigmatisants dans les propos tenus par les jeunes rencontr\u00e9s, mais ils contribuent \u00e0 alimenter la spirale dans laquelle ils se trouvent.<\/p>\n<p>Les d\u00e9tenus interview\u00e9s ont construit leur identit\u00e9 avec des valeurs essentiellement occidentales, en conservant n\u00e9anmoins une culture du pays d\u2019origine de leurs parents qui pourrait \u00eatre qualifi\u00e9e de \u00abtransversale\u00bb. En d\u2019autres mots, ils ressentent un attachement fort pour le pays d\u2019origine de leurs parents, mais ils se sentent plus proches des valeurs de leur pays d\u2019accueil. Selon les t\u00e9moignages recueillis, l\u2019origine des parents constitue un rep\u00e8re stable et une part importante des racines. Un point commun pour ces jeunes r\u00e9side la pratique, parfois par intermittence, de l\u2019islam. L\u2019islam qu\u2019ils revendiquent comme une part pr\u00e9cieuse de leur h\u00e9ritage n\u2019est pas n\u00e9cessairement celui de leurs parents, mais davantage un islam r\u00e9invent\u00e9 et construit en tenant compte du contexte culturel et social de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle ils ont grandi.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong>Des pistes pour les professionnel\u00b7le\u00b7s<\/strong><\/p>\n<p>Quelques propositions peuvent \u00eatre faites aux professionnels amen\u00e9s \u00e0 travailler avec des jeunes d\u00e9linquants issus de l\u2019immigration. Ce travail social consiste \u00e0 aider les personnes d\u00e9tenues \u00e0 mettre \u00e0 profit leur temps de d\u00e9tention pour d\u00e9velopper une r\u00e9flexion personnelle. Cette d\u00e9marche est men\u00e9e en lien avec leur parcours et notamment en lien avec les facteurs qui ont contribu\u00e9 \u00e0 les faire se sentir stigmatis\u00e9s. Accompagner les jeunes dans une r\u00e9flexion sur leur sentiment de stigmatisation peut alimenter leur propre remise en question et les aider \u00e0 d\u00e9velopper une posture autor\u00e9flexive en vue de changer leur comportement social.<\/p>\n<p>Dans une perspective visant \u00e0 d\u00e9velopper une prise en charge sociale globale, les travailleurs sociaux soutiennent les personnes d\u00e9tenues dans les processus de pr\u00e9paration \u00e0 la sortie. Ils \u00e9coutent leurs dol\u00e9ances et les encouragent \u00e0 exprimer leurs ressentis pour leur permettre d\u2019en faire une ressource. Les transitions vers la sortie comprennent de nombreux enjeux, et notamment celui d\u2019impliquer les proches lorsque cela est possible, ainsi que celui d\u2019informer les partenaires des r\u00e9seaux internes et externes. Ces partenaires doivent \u00eatre inform\u00e9s sur les ressources et les limites des personnes concern\u00e9es, ainsi que sur les attentes des autorit\u00e9s, une fois que les jeunes auront recouvr\u00e9 leur libert\u00e9.<\/p>\n<p>Une autre piste concerne la sensibilisation au poids des st\u00e9r\u00e9otypes des professionnels des institutions de l\u2019Etat. Ils ont un r\u00f4le \u00e0 jouer dans le sentiment de stigmatisation des jeunes issus de l\u2019immigration. Il convient qu\u2019ils en aient conscience pour \u00eatre attentif aux actes et aux discours men\u00e9s en leur pr\u00e9sence. Informer les personnes d\u00e9tenues sur leur r\u00f4le de citoyen, leurs droits et leurs devoirs, peut \u00e9galement favoriser leur autonomie une fois de retour \u00e0 la vie libre et les aider \u00e0 \u00e9laborer un projet de vie qui s\u2019inscrive dans le respect des normes sociales.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong>La diff\u00e9rence comme une richesse identitaire<\/strong><\/p>\n<p>En cultivant certains traits de leur personnalit\u00e9, notamment par la pratique de l\u2019islam, les jeunes rencontr\u00e9s d\u00e9montrent qu\u2019ils cherchent \u00e0 entretenir certains aspects de cette diff\u00e9rence qui se trouve \u00e9galement \u00eatre en partie \u00e0 l\u2019origine m\u00eame du stigmate qu\u2019il constitue. Si certaines diff\u00e9rences ne sont pas le fruit d\u2019un choix personnel, elles constituent n\u00e9anmoins une partie de ce qu\u2019ils sont et repr\u00e9sente \u00e9galement une richesse pour eux.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment sur ces aspects que les professionnels qui travaillent avec ces jeunes peuvent adapter leur suivi en fonction des ressentis et de la fa\u00e7on dont ils con\u00e7oivent leur(s) propre(s) diff\u00e9rence(s). S\u2019il convient d\u2019\u00eatre attentif \u00e0 ce que l\u2019incarc\u00e9ration produit comme r\u00e9action dans leurs comportements et sch\u00e9mas de pens\u00e9e, il est \u00e0 noter \u00e9galement que le suivi social dispens\u00e9 durant la d\u00e9tention peut jouer un r\u00f4le dans la construction identitaire des jeunes.<\/p>\n<hr \/>\n<div class=\"notes\">\n<p>(1) <strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<ul class=\"spip\">\n<li>Becker, H. S. (1985). <i>Outsiders: \u00e9tudes de sociologie de la d\u00e9viance.<\/i> Paris: M\u00e9taili\u00e9.<\/li>\n<li>Dubet, F. (1987). <i>La gal\u00e8re: jeunes en survie.<\/i> Paris: Fayard.<\/li>\n<li>Elias, N. &amp; Scotson, J. L. (1997). <i>Logiques de l\u2019exclusion.<\/i> Paris: Fayard.<\/li>\n<li>Fibbi, R., Kaya, B., Moussa, J., Percoraro, M., Rossy, Y. &amp; Steiner, I. (2014, juin). <i>Les Marocains, les Tunisiens et les Alg\u00e9riens en Suisse<\/i> (Forum suisse pour l\u2019\u00e9tude des migrations et de la population, Office f\u00e9d\u00e9ral des migrations, Berne). <a href=\"https:\/\/www.bfm.admin.ch\/dam\/data\/bfm\/publiservice\/publikationen\/diaspora\/diasporastudie-maghreb-f.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u2192En format pdf<\/a><\/li>\n<li>Giugni, M., Gianni, M.\u00a0&amp; Michel, N. (2015). <i>Les musulmans en Suisse: profils et int\u00e9gration.<\/i> Lausanne: Presses polytechniques et universitaires romandes.<\/li>\n<li>Goffman, E. (1975). <i>Stigmate: les usages sociaux des handicaps.<\/i> Paris: Les \u00e9ditions de minuit.<\/li>\n<\/ul>\n<p>(2) Le sentiment de stigmatisation chez les jeunes d\u00e9linquants issus de l\u2019immigration nord-africaine, Herzog Prisca, sous la direction de Claudio Bolzman, HES-SO Master, Lausanne, 2016, 105 p.<\/p>\n<\/div>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La tendance \u00e0 criminaliser sans distinction des jeunes migrants d\u2019un groupe particulier favorise-t-elle l\u2019auto-s\u00e9gr\u00e9gation de certains d\u2019entre eux? Que ressentent les personnes ainsi stigmatis\u00e9es? Enqu\u00eate aupr\u00e8s de d\u00e9tenus.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[316,757,294,1159],"ve_numero":[],"pays":[],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-36750","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-criminalite","tag-detention","tag-discrimination","tag-documentation","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36750","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=36750"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36750\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=36750"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=36750"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=36750"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=36750"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=36750"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=36750"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=36750"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}