{"id":38567,"date":"2017-03-23T12:12:59","date_gmt":"2017-03-23T11:12:59","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=38567"},"modified":"2021-08-26T13:52:02","modified_gmt":"2021-08-26T11:52:02","slug":"irin-crise-saggrave-republique-centrafricaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2017\/03\/23\/irin-crise-saggrave-republique-centrafricaine\/","title":{"rendered":"IRIN |\u00a0 La crise s\u2019aggrave en R\u00e9publique centrafricaine"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">L\u2019an dernier, l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident Faustin-Archange Touad\u00e9ra a fait na\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un r\u00e9el changement en R\u00e9publique centrafricaine (RCA). Or, 12\u00a0mois plus tard, le nouveau chef d\u2019\u00c9tat n\u2019a toujours pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tendre son autorit\u00e9 au-del\u00e0 de la capitale, Bangui, et le reste du pays demeure plong\u00e9 dans le chaos.<\/span><\/p>\n<p><em>Article de Philip Kleinfeld, publi\u00e9 sur le site d&rsquo;IRIN, le 24 f\u00e9vrier 2017. Cliquez <a href=\"https:\/\/www.irinnews.org\/fr\/analyses\/2017\/02\/24\/la-crise-s%E2%80%99aggrave-en-r%C3%A9publique-centrafricaine\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site d&rsquo;IRIN.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Le mois dernier, Fatimatou Issa et ses proches ont \u00e9t\u00e9 directement t\u00e9moins de cette violence. M\u00eame si cela faisait plusieurs jours qu\u2019ils entendaient des rumeurs faisant \u00e9tat de troubles, ils n\u2019ont pas eu le temps de r\u00e9agir lorsque les rebelles de l\u2019ex-S\u00e9l\u00e9ka sont arriv\u00e9s.<\/p>\n<p>Ils ont d\u2019abord cru qu\u2019ils \u00e9taient venus combattre d\u2019autres rebelles. Puis, voyant les balles siffler un peu partout dans Mbourtchou, un village de la pr\u00e9fecture de la Ouaka essentiellement habit\u00e9 par des membres du groupe ethnique fulani, ils ont compris qui ils ciblaient.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abIls sont arriv\u00e9s \u00e0 bord de v\u00e9hicules et se sont mis \u00e0 tirer partout\u00bb, a dit Mme\u00a0Issa, 26\u00a0ans. \u00abMon mari a voulu r\u00e9agir pour prot\u00e9ger la communaut\u00e9, mais il a \u00e9t\u00e9 abattu d\u2019une balle dans la t\u00eate.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Mme\u00a0Issa nous a racont\u00e9 son histoire, debout devant une fragile hutte de paille et de bambou, transpirant dans la chaleur poussi\u00e9reuse. Apr\u00e8s l\u2019attaque, elle s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e au camp pour personnes d\u00e9plac\u00e9es d\u2019Elevache, \u00e0 Bambari, une petite ville commer\u00e7ante voisine faite de rues de terre rouge et de maisons de briques et de boue et situ\u00e9e \u00e0 400\u00a0kilom\u00e8tres de Bangui.<\/p>\n<p>\u00abDe nombreuses familles n\u2019ont rien re\u00e7u\u00bb, a dit le leader communautaire Mohammadou Saibou, qui a fui la m\u00eame attaque. \u00abQuand nous sommes arriv\u00e9s, la Croix-Rouge nous a donn\u00e9 des vivres, mais il n\u2019y en avait pas assez pour tout le monde.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Aggravation de la crise<\/strong><\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s un scrutin d\u00e9mocratique qui avait laiss\u00e9 esp\u00e9rer l\u2019ouverture d\u2019une nouvelle \u00e8re en RCA, la situation se d\u00e9t\u00e9riore. Des groupes arm\u00e9s contr\u00f4lent en effet la vaste majorit\u00e9 du pays et des civils comme Mme\u00a0Issa et M.\u00a0Saibou en sont les principales victimes.<\/p>\n<p>La reprise des hostilit\u00e9s entre les groupes rebelles dans les pr\u00e9fectures de la Ouaka et de la Haute-Kotto, dans le centre et l\u2019est du pays, menace d\u00e9sormais Bambari, la deuxi\u00e8me plus grande ville de la RCA.<\/p>\n<p>Ces affrontements, ainsi que ceux qui ont lieu \u00e0 Kaga-Bandoro, dans le nord, et \u00e0 Ouham-Pend\u00e9, dans le nord-ouest, ont pouss\u00e9 plus de 411&rsquo;000\u00a0personnes \u00e0 quitter leur foyer \u2013 un record depuis le d\u00e9but de la crise.<\/p>\n<p>En\u00a02013, le conflit opposait la S\u00e9l\u00e9ka, une coalition de groupes rebelles du nord, majoritairement musulmans, qui a renvers\u00e9 l\u2019ancien pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Boziz\u00e9 lors d\u2019un coup d\u2019\u00c9tat, et les anti-balaka, un r\u00e9seau de milices d\u2019autod\u00e9fense chr\u00e9tiennes apparues pour lui r\u00e9sister.<\/p>\n<p>La dynamique n\u2019est plus la m\u00eame aujourd\u2019hui. Apr\u00e8s une partition de facto entre les chr\u00e9tiens, au sud, et les musulmans, au nord, les hostilit\u00e9s entre les deux groupes ont diminu\u00e9. Elles ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par une explosion d\u2019affrontements fratricides entre diff\u00e9rentes factions de la S\u00e9l\u00e9ka, qui ont \u00e9t\u00e9 dissoutes et chass\u00e9es de Bangui en\u00a02014.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abAu lieu de la pr\u00e9tendue logique chr\u00e9tien-musulman qui pr\u00e9valait au d\u00e9but du conflit, nous voyons maintenant des groupes musulmans se battre contre d\u2019autres groupes musulmans. La communaut\u00e9 est ainsi divis\u00e9e le long de lignes ethniques et les divers groupes se disputent le contr\u00f4le du territoire\u00bb, a dit Richard Moncrieff, directeur du projet Afrique centrale de l\u2019International Crisis Group (ICG).<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans les pr\u00e9fectures de la Ouaka et de la Haute-Kotto, l\u2019Union pour la paix en Centrafrique (UPC), domin\u00e9e par des musulmans du groupe ethnique des Fulani, et une coalition de rebelles dirig\u00e9e par le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), essentiellement compos\u00e9 de musulmans des communaut\u00e9s Gula et Runga, se disputent le contr\u00f4le.<\/p>\n<p>L\u2019UPC et le FPRC se sont scind\u00e9s en\u00a02014, apr\u00e8s que le leader du FPRC Noureddine Adam eut r\u00e9clam\u00e9 l\u2019ind\u00e9pendance du nord de la RCA, une r\u00e9gion \u00e0 majorit\u00e9 musulmane, une initiative d\u00e9sapprouv\u00e9e par le leader de l\u2019UPC Ali Darassa. Les tensions se sont aggrav\u00e9es lorsque Darassa s\u2019est oppos\u00e9 aux tentatives du FPRC d\u2019unifier les factions de l\u2019ex-S\u00e9l\u00e9ka, en octobre dernier, et elles sont devenues critiques un mois plus tard \u00e0 la suite d\u2019affrontements survenus aux environs d\u2019une mine d\u2019or \u00e0 Ndassima.<\/p>\n<p><strong>Un conflit \u00e0 caract\u00e8re ethnique<\/strong><\/p>\n<p>Depuis lors, le conflit a acquis un caract\u00e8re ethnique\u00a0: les deux groupes se sont en effet mis \u00e0 cibler les civils associ\u00e9s \u00e0 leurs opposants. L\u2019attaque men\u00e9e par le FPRC contre le village de Mme\u00a0Issa et M.\u00a0Saibou s\u2019est produite apr\u00e8s un assaut encore plus brutal survenu \u00e0 Bria, \u00e0 100\u00a0kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019est.<\/p>\n<p>Entre le 21 et le 23\u00a0novembre, le groupe a tri\u00e9 et massacr\u00e9 les Fulani, un groupe traditionnellement nomade dont les membres sont faussement consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab\u00e9trangers\u00bb ou des \u00abTchadiens\u00bb.<\/p>\n<p>Selon M.\u00a0Saibou, qui travaillait comme commer\u00e7ant avant de fuir le FPRC, cet argument ne fait aucun sens.<\/p>\n<p>\u00abNotre communaut\u00e9 a toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0, m\u00eame avant l\u2019ind\u00e9pendance\u00bb, a-t-il dit, pendant qu\u2019un groupe d\u2019hommes priaient pr\u00e8s de lui. \u00abPourquoi disent-ils que nous ne sommes pas d\u2019ici?\u00bb<\/p>\n<p>Les Fulani qui sont rest\u00e9s \u00e0 Bria sont maintenant coinc\u00e9s dans des enclaves. On craint de plus en plus que la ville de Bambari soit confront\u00e9e \u00e0 une situation semblable ou pire.<\/p>\n<p>Les forces du FPRC se rapprochent actuellement de la ville depuis Ippy, au nord-est, et Bakala, au nord-ouest. Elles veulent d\u00e9loger l\u2019UPC, \u00ablib\u00e9rer le pays des groupes arm\u00e9s \u00e9trangers\u00bb et faire de Bambari la capitale d\u2019un \u00c9tat ind\u00e9pendant appel\u00e9 la R\u00e9publique de Lagone, ou Dar al-Kuti.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Carte_Centrafrique.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-38568 size-large\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Carte_Centrafrique-1024x829.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"829\" \/><\/a><\/p>\n<p>L\u2019UPC tente d\u2019emp\u00eacher leur avanc\u00e9e, mais, ce faisant, le groupe commet lui-m\u00eame des atrocit\u00e9s. Selon un rapport de Human Rights Watch (HRW), ses membres auraient ex\u00e9cut\u00e9 32\u00a0civils et captur\u00e9 plusieurs combattants en d\u00e9cembre \u00e0 Bakala.<\/p>\n<p>Environ 10&rsquo;000\u00a0civils ont fui vers les villes voisines de Mbr\u00e9s, Grimali et Bambari. Plusieurs milliers d\u2019autres campent dans la brousse.<\/p>\n<p>\u00abIls sont arriv\u00e9s un dimanche apr\u00e8s-midi. Ils ont aussi attaqu\u00e9 la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne et les Gula\u00bb, a dit Christine Passio, une chr\u00e9tienne de 45\u00a0ans qui a fui Bakala en d\u00e9cembre dernier.<\/p>\n<p>Elle vit aujourd\u2019hui dans une hutte de paille situ\u00e9e pr\u00e8s de la piste d\u2019atterrissage de Bambari. Elle survit gr\u00e2ce aux maigres rations qu\u2019elle conserve pr\u00e9cieusement dans un sac en toile.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abNous n\u2019avons pas eu le temps de prendre nos affaires. Nous avons march\u00e9 pendant trois semaines dans la brousse en transportant nos enfants. Nous n\u2019avions rien \u00e0 manger\u00bb, a-t-elle dit.<\/p><\/blockquote>\n<p>Pour le moment, Bambari est \u00e9pargn\u00e9e par le conflit. Mais les affrontements entre les deux groupes ont empoisonn\u00e9 les relations au sein de la communaut\u00e9 musulmane de la ville. Les membres de l\u2019UPC ciblent en effet les Gula et les Runga, qu\u2019ils consid\u00e8rent comme des sympathisants du FPRC.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est la premi\u00e8re fois que nous connaissons ce genre de division au sein de la communaut\u00e9 musulmane\u00bb, a dit un travailleur humanitaire qui a demand\u00e9 \u00e0 garder l\u2019anonymat. \u00abChaque fois qu\u2019il y a un convoi vers Bria ou Bangui, [les Gula et les Runga] profitent de l\u2019occasion pour partir. D\u2019autres se sont r\u00e9fugi\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 chr\u00e9tien de Bambari.\u00bb<\/p>\n<p><strong>L\u2019ennemi de mon ennemi<\/strong><\/p>\n<p>Assis au fond de la petite \u00e9glise catholique de Notre-Dame-des-Victoires, qui fait aussi office de camp pour chr\u00e9tiens d\u00e9plac\u00e9s, Zoyondonko Sogala Deya, un Gula de 32\u00a0ans, est remarquablement calme.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, ce p\u00e8re de trois enfants n\u2019aurait pas r\u00eav\u00e9 de mettre le pied dans cette zone, situ\u00e9e au beau milieu des quartiers de la ville contr\u00f4l\u00e9s par les anti-balaka.<\/p>\n<p>Mais, apr\u00e8s que sa maison eut \u00e9t\u00e9 pill\u00e9e par des combattants de l\u2019UPC, le mois dernier, M.\u00a0Deya a dit qu\u2019il n\u2019avait pas vraiment eu le choix de trouver refuge aupr\u00e8s de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne. Lorsqu\u2019on lui a demand\u00e9 si cela l\u2019inqui\u00e9tait de vivre parmi des anti-balaka, il a secou\u00e9 la t\u00eate. \u00abJe me sens beaucoup mieux ici avec les chr\u00e9tiens que l\u00e0-bas avec les musulmans\u00bb, a-t-il dit. \u00abNous avons tous peur de l\u2019UPC.\u00bb<\/p>\n<p>La confiance de M.\u00a0Deya envers les anti-balaka n\u2019est pas aussi \u00e9trange qu\u2019il y para\u00eet, du moins pour l\u2019instant. Dans et autour de Bambari, des \u00e9l\u00e9ments anti-balaka ont en effet scell\u00e9 une alliance opportuniste avec les combattants du FPRC dans le but de partager avec eux le butin de guerre ou simplement d\u2019expulser les Fulani de la RCA. Les deux groupes \u00e9taient pourtant des ennemis jur\u00e9s il y a quelques mois seulement.<\/p>\n<p>Assis dans un restaurant situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de sa maison, \u00e0 l\u2019ouest de Bambari, Marcelin Orogbo, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des anti-balaka \u00e0 Ouaka, a dit que tout ce qu\u2019il veut, c\u2019est \u00abchasser Ali Darassa\u00bb.<\/p>\n<p>Tout en descendant des bouteilles de Mokaf, une bi\u00e8re brass\u00e9e \u00e0 Bangui, il a lou\u00e9 les combattants du FPRC pour leur \u00abdiscipline\u00bb et soutenu que leur objectif \u00e0 Bambari \u00e9tait simplement d\u2019\u00ab\u00a0expulser l\u2019UPC\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Reste \u00e0 voir combien de temps durera cette alliance. Quand IRIN a parl\u00e9 du but avou\u00e9 du FPRC de diviser le pays, M.\u00a0Orogbo a rapidement r\u00e9agi en disant: \u00abS\u2019ils vont au-del\u00e0 de leur objectif de se d\u00e9barrasser de Darassa, nous ne l\u2019accepterons pas. Nous sommes strictement contre la division du pays. La RCA doit rester unie.\u00bb<\/p>\n<p>Avec son effectif d\u2019environ 13&rsquo;000\u00a0soldats et policiers, la force de maintien de la paix des Nations Unies en RCA, la MINUSCA, doit mener deux offensives distinctes pour endiguer la vague de violence dans le centre et l\u2019est de la RCA. Il s\u2019agit de l\u2019un des plus grands d\u00e9fis qu\u2019elle ait connus jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>La mission a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e pour son inaction, m\u00eame si son mandat est essentiellement de prot\u00e9ger les civils. La MINUSCA a trac\u00e9 des \u00ablignes rouges\u00bb sur les routes menant \u00e0 Bambari afin d\u2019emp\u00eacher l\u2019avanc\u00e9e du FPRC. Elle a aussi lanc\u00e9 un ultimatum appelant les combattants de l\u2019UPC qui se trouvent dans la ville \u00e0 partir.<\/p>\n<p>\u00abNous sommes pr\u00eats, dispos\u00e9s et capables de prendre le contr\u00f4le de la ville. Et nous le ferons\u00bb, a dit le chef du bureau des Nations Unies \u00e0 Ouaka Alain Sitchet, sur un ton confiant. \u00abBambari sera une ville sans armes.\u00bb<\/p>\n<p>Tout le monde n\u2019est pas aussi optimiste. Le FPRC a d\u00e9j\u00e0 franchi une \u00abligne rouge\u00bb et, selon une source bien inform\u00e9e, ses combattants contournent les positions de la MINUSCA sur les routes principales et avancent vers Bambari par la brousse.<\/p>\n<p>Des rapports ont laiss\u00e9 entendre qu\u2019Ali Darassa avait quitt\u00e9 Bambari. La ville abrite cependant toujours des combattants de l\u2019UPC habill\u00e9s en civil. D\u2019autres continuent de lutter contre le FPRC dans les villes et les villages voisins.<\/p>\n<p>Dans une interview men\u00e9e plus t\u00f4t avec IRIN, Darassa \u2013 un personnage imposant v\u00eatu d\u2019une robe blanche assis sur une chaise de plastique \u2013 s\u2019est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment montr\u00e9 ambigu au sujet de ses plans futurs.<\/p>\n<p>\u00abSi la population civile veut que je parte, je partirai\u00bb, a-t-il dit, ajoutant que la protection de la population fulani de Bambari demeurait sa priorit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le dilemme de Touad\u00e9ra<\/strong><\/p>\n<p>Quant au gouvernement central, il semble pratiquement impuissant. Cela montre qu\u2019\u00abune \u00e9lection relativement bien accept\u00e9e permet la mise en place d\u2019un gouvernement l\u00e9gitime \u00e0 Bangui, mais qu\u2019elle ne permet pas grand-chose de plus\u00bb, a dit M.\u00a0Moncrieff.<\/p>\n<p>Afin de contenir les diff\u00e9rents groupes arm\u00e9s, le pr\u00e9sident Touad\u00e9ra, un ancien professeur de math\u00e9matiques, a engag\u00e9 un dialogue sur le d\u00e9sarmement, la d\u00e9mobilisation et la r\u00e9insertion (DDR).<\/p>\n<p>Mais les programmes de DDR men\u00e9s par le pass\u00e9 en RCA ont \u00e9chou\u00e9 et rares sont ceux qui sont optimistes quant \u00e0 l\u2019initiative actuelle.<\/p>\n<p>Le FPRC, un nouveau groupe arm\u00e9 bas\u00e9 dans l\u2019Ouham-Pend\u00e9 appel\u00e9 Return, Reclamation, Rehabilitation (mieux connu sous le nom de 3R) et des anti-balaka plac\u00e9s sous le commandement de Maxime Mokom ont tous boycott\u00e9 le processus.<\/p>\n<p>Toutes les mesures prises par les groupes de l\u2019ex-S\u00e9l\u00e9ka pour se d\u00e9sarmer ont \u00e9t\u00e9 \u00abpurement symboliques\u00bb, a dit Lewis Mudge, chercheur chez Human Rights Watch.<\/p>\n<p>\u00abIl suffit d\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir un instant pour comprendre que ces groupes n\u2019ont aucune raison de se d\u00e9sarmer\u00bb, a-t-il ajout\u00e9. \u00abIls profitent du conflit. L\u2019UPC est peut-\u00eatre en position d\u00e9fensive, mais le FPRC et le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (un autre groupe de l\u2019ex-S\u00e9l\u00e9ka) profitent du conflit.\u00bb<\/p>\n<p>Les v\u00e9ritables griefs \u00e0 l\u2019origine du conflit n\u2019ont pas non plus re\u00e7u l\u2019attention qu\u2019ils m\u00e9ritent, selon M.\u00a0Moncrieff.<\/p>\n<blockquote><p>\u00abL\u2019absence totale d\u2019opportunit\u00e9s \u00e9conomiques dans les provinces et la question de la citoyennet\u00e9 sont les deux principaux probl\u00e8mes\u00bb, a-t-il dit. \u00abLes habitants sont nombreux \u00e0 avoir le sentiment d\u2019\u00eatre des citoyens de seconde classe et d\u2019\u00eatre compl\u00e8tement marginalis\u00e9s par les classes politiques de Bangui.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Bien que riche en minerai, la RCA est sous-d\u00e9velopp\u00e9e, et ce, depuis plusieurs d\u00e9cennies. Les violences persistantes viennent par ailleurs aggraver la pauvret\u00e9 alors que la moiti\u00e9 des 4,6\u00a0millions d\u2019habitants d\u00e9pendent d\u00e9j\u00e0 de l\u2019aide humanitaire.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019an dernier, l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident Faustin-Archange Touad\u00e9ra a fait na\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un r\u00e9el changement en R\u00e9publique centrafricaine (RCA). Or, 12 mois plus tard, le nouveau chef d\u2019\u00c9tat n\u2019a toujours pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tendre son autorit\u00e9 au-del\u00e0 de la capitale, Bangui, et le reste du pays demeure plong\u00e9 dans le chaos.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,155,162],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[571],"ve_type":[1061],"ve_action":[1050],"class_list":["post-38567","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-documentation","category-publications","tag-documentation","pays-republique-centrafricaine","ve_type-article-de-presse","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38567","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=38567"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38567\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=38567"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=38567"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=38567"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=38567"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=38567"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=38567"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=38567"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}