{"id":41492,"date":"2017-07-11T10:34:23","date_gmt":"2017-07-11T08:34:23","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=41492"},"modified":"2021-08-26T13:49:37","modified_gmt":"2021-08-26T11:49:37","slug":"hcr-enfants-syriens-non-accompagnes-fuyant-guerre-recueillis-espagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2017\/07\/11\/hcr-enfants-syriens-non-accompagnes-fuyant-guerre-recueillis-espagne\/","title":{"rendered":"HCR | Des enfants syriens non accompagn\u00e9s fuyant la guerre sont recueillis en Espagne"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Le gouvernement r\u00e9gional de l\u2019Andalousie a accueilli l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re huit enfants syriens non accompagn\u00e9s r\u00e9install\u00e9s depuis la Gr\u00e8ce, une premi\u00e8re en Espagne.<\/span><\/p>\n<p><em>Article de Tim Gaynor, publi\u00e9 le 27 juin 2017 sur le site du <abbr class='c2c-text-hover' title='Hoher Fl\u00fcchtlingskommissar der Vereinten Nationen'>HCR<\/abbr>. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.unhcr.org\/fr\/news\/stories\/2017\/6\/595295bca\/enfants-syriens-accompagnes-fuyant-guerre-recueillis-espagne.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">hier<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du HCR.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p><strong>Un balai \u00e0 la main et faisant semblant de balayer la salle de classe, Bienvenido Ortega, un professeur b\u00e9n\u00e9vole, aborde l\u2019enseignement de l\u2019espagnol d\u2019une mani\u00e8re ludique.<\/strong><\/p>\n<p>\u00abO\u00f9 serez-vous demain?\u00bb, demande-t-il \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves, install\u00e9s derri\u00e8re leurs pupitres dans une salle de classe d\u00e9cor\u00e9e de cartes du monde. \u00abEn classe!\u00bb, r\u00e9pondent-ils. \u00abEst-ce que vous allez travailler en classe ou est-ce que vous allez jouer?\u00bb, demande-t-il. \u00abTravailler!\u00bb, r\u00e9pondent-ils en ch\u0153ur en riant.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9nom de Bienvenido signifie \u201cbienvenue\u201d en espagnol et cette \u00e9vocation touche les enfants syriens de sa classe qui ont fui seuls la guerre civile dans leur pays.<\/p>\n<p>\u00abIl n\u2019est pas seulement un professeur, il est comme un p\u00e8re avec son fils\u00bb, explique Mahmoud, 16 ans, et qui a fui seul les massacres et le chaos d\u2019Alep. \u00abIl rit tout le temps, il parle, il blague. Il est g\u00e9nial.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le gouvernement de l\u2019Andalousie \u00e9tait le premier gouvernement r\u00e9gional du pays \u00e0 accueillir des enfants r\u00e9fugi\u00e9s syriens non accompagn\u00e9s tels que Mahmoud. Depuis septembre dernier, il a accueilli huit adolescents \u00e2g\u00e9s de 15 \u00e0 17 ans, six gar\u00e7ons et deux filles, tous relocalis\u00e9s depuis la Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p>L\u2019objectif \u00e9tait d\u2019offrir un environnement s\u00fbr et accueillant dans un cadre r\u00e9sidentiel dot\u00e9 de ressources sociales, sanitaires, \u00e9ducatives et culturelles destin\u00e9es \u00e0 \u201cfavoriser leur d\u00e9veloppement social\u201d et les aider \u00e0 se sentir int\u00e9gr\u00e9s.<\/p>\n<p>Bavardant sous le regard protecteur d\u2019un \u00e9ducateur dans leur foyer r\u00e9sidentiel de Motril, un petit groupe de jeunes racontent comment ils ont \u00e9chapp\u00e9 aux combats, aux meurtres, au recrutement forc\u00e9 et \u00e0 l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 chez eux, \u00e9chappant aux combattants arm\u00e9s pour s\u2019enfuir en Turquie.<\/p>\n<p>Entass\u00e9s dans des embarcations surpeupl\u00e9es, ils sont arriv\u00e9s en Gr\u00e8ce, o\u00f9 certains ont dormi \u00e0 la dure dans le chaos d\u2019un camp improvis\u00e9 pr\u00e8s de la fronti\u00e8re de l\u2019Ex-R\u00e9publique yougoslave de Mac\u00e9doine.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019\u00e9tait tr\u00e8s, tr\u00e8s, tr\u00e8s dur\u00bb, se souvient Mahmoud. \u00abLes gens volaient, tuaient, faisaient des choses terribles aux filles. Beaucoup de choses terribles&#8230; Ce n\u2019est pas un endroit pour des enfants. \u2026 Parfois on se couchait sans avoir mang\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Maintenant, ils habitent une r\u00e9sidence commune dans une ruelle calme, o\u00f9 le chant des canaris est ce qui fait le plus de bruit. Les jeunes partagent des chambres parfaitement entretenues, ils partagent les repas et vont au coll\u00e8ge dans le cadre d\u2019un projet mis en place par le gouvernement de l\u2019Andalousie et soutenu par le HCR, l\u2019agence des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abNotre r\u00f4le est de les encadrer dans un environnement o\u00f9 ils se sentent en s\u00e9curit\u00e9 pour permettre leur d\u00e9veloppement social et les aider \u00e0 se sentir int\u00e9gr\u00e9s\u00bb, explique Margarita de la Rasilla, une juriste du HCR en Espagne.<\/p>\n<p>Pour faciliter leur int\u00e9gration, les enfants sont invit\u00e9s \u00e0 participer \u00e0 des activit\u00e9s parascolaires dans cette ville de 60&rsquo;000 habitants au sud de Grenade, la capitale provinciale. Ces activit\u00e9s comprennent les cours du soir en espagnol au club UNESCO Motril, o\u00f9 Bienvenido donne cours aux enfants, mais aussi des stages en entreprise et des opportunit\u00e9s de b\u00e9n\u00e9volat.<\/p>\n<p>Tareq, 17 ans, est originaire de Damas, la capitale syrienne, et fait un stage en entreprise dans un restaurant de la ville. Portant un tablier noir, une toque de cuisinier et une cravate, il se dirige vers la cuisine bourdonnante pour pr\u00e9parer des produits du terroir. Initialement peu friand de la cuisine espagnole riche en produits de la mer, il explique qu\u2019il commence \u00e0 aimer les plats et \u00e0 se faire de nouveaux amis.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est bien ici\u2026 j\u2019ai rencontr\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment de gens\u00bb, dit-il. \u00abQue ce soit \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou au restaurant. Peu \u00e0 peu j\u2019ai appris beaucoup de choses.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Alvaro Garcia, le patron du restaurant, la pr\u00e9sence d\u2019un jeune consciencieux et poli dans l\u2019\u00e9quipe est une exp\u00e9rience positive et il estime que d\u2019autres employeurs locaux devraient essayer de faire la m\u00eame chose.<\/p>\n<p>\u00abLes gens pensent peut-\u00eatre que \u00e7a va poser des probl\u00e8mes, mais c\u2019est le contraire\u00bb, explique-t-il, assis \u00e0 une table couverte d\u2019une nappe blanche dans la fra\u00eecheur de la salle du restaurant. \u00abIls viennent ici pour apprendre, pas pour poser des probl\u00e8mes. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s positif.\u00bb<\/p>\n<p>Ylias, un jeune de 16 ans qui a fui la ville de Qamishli d\u00e9vast\u00e9e par la guerre avec sa petite s\u0153ur, travaille maintenant comme b\u00e9n\u00e9vole une fois par semaine chez CONECTA, une organisation locale sans but lucratif qui rapproche des enfants autistes et d\u2019autres jeunes du m\u00eame \u00e2ge. Il se souvient \u00e0 quel point il avait des difficult\u00e9s \u00e0 s\u2019exprimer \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 Motril, et qu\u2019il cherchait \u00e0 trouver un moyen pour \u00e9tablir des liens avec Juan, un jeune autiste non verbal.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019avais de l\u2019empathie pour lui\u00bb, raconte Ylias. \u00abJe communiquais avec lui en utilisant les mains et les yeux.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, t\u00e9moigne-t-il, la r\u00e9union hebdomadaire qui a lieu dans un b\u00e2timent derri\u00e8re le petit port de la ville est \u201cce que je fais de mieux.\u201d Au milieu de l\u2019activit\u00e9 et des conversations, Juan et lui jouent avec un ballon de basket avec d\u2019autres jeunes ou ils s\u2019assoient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te pour beurrer des tartines au moment de la \u201cm\u00e9rienda\u201d, du go\u00fbter.<\/p>\n<p>Pour Elisa Salamanca, la fondatrice et pr\u00e9sidente de CONECTA, c\u2019est une joie de voir les enfants communiquer avec Ylias et les autres b\u00e9n\u00e9voles syriens.<\/p>\n<p>\u00abIls sont sympathiques, tr\u00e8s proactifs et super affectueux avec (les enfants), et ils apportent \u00e9norm\u00e9ment de joie\u00bb, dit-elle avec un large sourire. \u00abNous sommes ravis de les avoir et nous esp\u00e9rons qu\u2019ils ne partiront jamais!\u00bb<\/p>\n<p>En 2016, les autorit\u00e9s andalouses ont cr\u00e9\u00e9 24 places pour des enfants syriens demandeurs d\u2019asile non accompagn\u00e9s et elles pr\u00e9voient d\u2019en accueillir 16 de plus.<\/p>\n<p>Le HCR a lanc\u00e9 un appel aux \u00c9tats pour qu\u2019ils acc\u00e9l\u00e8rent le transfert de demandeurs d\u2019asile \u00e9ligibles en Italie et en Gr\u00e8ce, y compris des enfants non accompagn\u00e9s.<\/p>\n<p>R\u00e9pondant \u00e0 cet appel, d\u2019autres gouvernements r\u00e9gionaux, notamment la Catalogne, la Cantabrie et le Pays basque, ont pris contact avec le HCR qui a offert des formations sp\u00e9ciales aux partenaires qui se pr\u00e9parent \u00e0 les accueillir.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, certains des enfants participant \u00e0 ce projet pilote se faisaient difficilement \u00e0 la vie dans la province espagnole, \u00e0 la cuisine qui ne leur \u00e9tait pas famili\u00e8re et \u00e0 la perte d\u2019ind\u00e9pendance. Margarita de la Rasilla explique toutefois \u00abqu\u2019on voit peu \u00e0 peu leur \u00e9tat d\u2019esprit changer et qu\u2019ils d\u00e9couvrent les opportunit\u00e9s qui se pr\u00e9sentent \u00e0 eux.\u00bb<\/p>\n<p>Tous les enfants interrog\u00e9s ont dit qu\u2019ils ont tous appris \u00e0 aimer leurs nouvelles vies, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re. \u00abAu d\u00e9but, je n\u2019aimais rien, je ne voulais pas vivre ici\u00bb, dit Mahmoud.<\/p>\n<p>\u00abJe n\u2019aimais pas la maison, je n\u2019aimais personne, mais maintenant, tout est parfait. On a \u00e0 manger, on a de l\u2019eau, je peux prendre des douches, dormir, chercher du travail. Je peux faire des \u00e9tudes et faire ce que je veux, comme tout le monde. Pour moi, \u00e7a suffit.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Tareq, un jeune homme r\u00e9fl\u00e9chi qui choisit ses mots avec soin, la r\u00e9installation \u00e0 Motril a \u201ctout chang\u00e9\u201d.<\/p>\n<p>\u00abIci, en Espagne, on suit une routine quotidienne. On doit aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole, on partage les repas assis autour d\u2019une table, on va au travail.\u00bb<\/p>\n<p>Il marque une petite pause et laisse entrevoir l\u2019enfant qui subsiste au c\u0153ur de ce jeune homme si pos\u00e9. \u00abC\u2019est important parce que nous sommes encore des enfants.\u00bb<\/p>\n<p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le gouvernement r\u00e9gional de l\u2019Andalousie a accueilli l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re huit enfants syriens non accompagn\u00e9s r\u00e9install\u00e9s depuis la Gr\u00e8ce, une premi\u00e8re en Espagne.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,938],"ve_numero":[],"pays":[463,340],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-41492","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-mna","pays-espagne","pays-syrie","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41492","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=41492"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41492\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=41492"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=41492"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=41492"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=41492"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=41492"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=41492"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=41492"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}