{"id":45571,"date":"2018-01-22T19:45:41","date_gmt":"2018-01-22T18:45:41","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=45571"},"modified":"2024-10-01T15:02:34","modified_gmt":"2024-10-01T13:02:34","slug":"passion-dun-apiculteur-syrien-abeilles-britanniques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2018\/01\/22\/passion-dun-apiculteur-syrien-abeilles-britanniques\/","title":{"rendered":"La passion d\u2019un apiculteur syrien avec les abeilles britanniques"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Ryad Alsous, un ancien r\u00e9fugi\u00e9 qui a reconstruit sa vie dans le nord de l\u2019Angleterre, est devenu l\u2019ardent d\u00e9fenseur des races d\u2019abeilles indig\u00e8nes et transmet \u00e0 d\u2019autres ses connaissances de l\u2019apiculture.<\/span><\/p>\n<p><em>Article de Caroline Brothers, publi\u00e9 sur le site du <abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>, le 6 d\u00e9cembre 2017. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.unhcr.org\/fr\/news\/stories\/2017\/12\/5a2a87d1a\/passion-dun-apiculteur-syrien-abeilles-britanniques.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site du HCR.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>\u00abRegardez-les toutes en train de travailler!\u00bb dit-il, en observant les abeilles qui vont et viennent autour des ruches soigneusement dispos\u00e9es autour des pommiers. \u00abJe n\u2019aurais jamais pens\u00e9 que des abeilles puissent prosp\u00e9rer \u00e0 ce point dans ce climat.\u00bb<\/p>\n<p>Comme les abeilles supportent mal l\u2019humidit\u00e9, Ryad Alsous est stup\u00e9fait de la rusticit\u00e9 de l\u2019abeille noire indig\u00e8ne d\u2019Angleterre, une parente poilue des souches d\u2019Allemagne et des pays baltes, qui s\u2019est adapt\u00e9e depuis longtemps dans les \u00eeles du Royaume-Uni.<\/p>\n<p>\u00ab\u00c0 la moindre pluie, les abeilles syriennes ne sortent plus,\u00bb ajoute-t-il. Il n\u2019y a plus d\u2019activit\u00e9 d\u00e8s qu\u2019on tombe \u00e0 15\u00b0 alors qu\u2019ici, elles continuent de travailler normalement \u00e0 cette temp\u00e9rature-l\u00e0, voire \u00e0 13\u00b0, et m\u00eame sous la pluie!\u00bb<\/p>\n<p>Autrefois professeur d\u2019agriculture \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Damas, Ryad Alsous, 64 ans, est arriv\u00e9 au Royaume-Uni en tant que r\u00e9fugi\u00e9 il y a quatre ans. Laissant derri\u00e8re lui ses recherches sur l\u2019apiculture et la pollution environnementale, il a fui la Syrie pour rester en vie apr\u00e8s les menaces de mort re\u00e7ues par les membres de sa famille et le dynamitage de sa voiture.<\/p>\n<p>[caption id=\"attachment_45572\" align=\"aligncenter\" width=\"966\"]<a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/5a2136551.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-45572\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/5a2136551.jpg\" alt=\"\" width=\"966\" height=\"543\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/5a2136551.jpg 966w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/5a2136551-300x169.jpg 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/5a2136551-150x84.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 966px) 100vw, 966px\" \/><\/a> Ryad Alsous et la ruche qu\u2019il utilise pour les d\u00e9monstrations. \u00a9 HCR\/ Caroline Brothers[\/caption]<\/p>\n<p>En juillet 2013, il a rejoint son \u00e9pouse \u00e0 Huddersfield, une ville de l\u2019ouest du Yorkshire o\u00f9 leur fille Razan s\u2019\u00e9tait install\u00e9e. Arriv\u00e9e l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, Razan est un peu devenue une star locale depuis qu\u2019elle a particip\u00e9 \u00e0 une \u00e9mission culinaire \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision britannique pour parler de l\u2019halloumi produit par sa soci\u00e9t\u00e9, Yorkshire Dama Cheese, qui a remport\u00e9 un prix.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il vivait en Syrie, Ryad Alsous s\u2019occupait de 500 ruches dont les colonies d\u2019abeilles, issues de souches italiennes et carnioliennes, produisaient chaque ann\u00e9e au moins 10 tonnes de miel. Outre ses travaux de recherche \u00e0 l\u2019universit\u00e9, il dirigeait une entreprise de cosm\u00e9tiques \u00e0 base de plantes et de miel.<\/p>\n<p>Sa passion pour les abeilles est l\u2019une des rares choses qu\u2019il a pu emmener avec lui lorsqu\u2019il est parti. M\u00eame son pr\u00e9cieux enfumoir en acier et caoutchouc a d\u00fb \u00eatre ramen\u00e9 de Syrie plus tard par un ami.<\/p>\n<p>Ryad Alsous a eu besoin de temps pour trouver ses marques au Royaume-Uni. Il parlait un peu l\u2019anglais, mais n\u2019avait aucun contact avec des anglophones. En outre, chaque fois qu\u2019il postulait un emploi, il n\u2019\u00e9tait pas retenu parce qu\u2019il \u00e9tait surqualifi\u00e9.<\/p>\n<p>Il a fini par prendre contact avec l\u2019Association des apiculteurs de Huddersfield pour y travailler b\u00e9n\u00e9volement. Il s\u2019y est fait des amis et des connaissances, mais restait malgr\u00e9 tout un apiculteur sans abeilles.<\/p>\n<p>\u00abIl ne me fallait qu\u2019une ruche pour red\u00e9marrer,\u00bb dit-il. Il a fini par mettre une annonce sur Facebook pour demander si quelqu\u2019un avait une ruche \u00e0 donner.<\/p>\n<p>Trois semaines plus tard, en septembre 2015, il a re\u00e7u une r\u00e9ponse d\u2019une femme de Manchester. Non seulement elle offrait une ruche, mais il a \u00e9t\u00e9 ravi de constater que la ruche venait avec une colonie d\u2019abeilles noires d\u2019Angleterre dont on pensait jusque r\u00e9cemment qu\u2019elles avaient totalement disparu.<\/p>\n<p>\u00abCe premier essaim, je l\u2019ai divis\u00e9 sept fois,\u00bb annonce fi\u00e8rement Ryad, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la m\u00e9thode utilis\u00e9e par les apiculteurs pour emp\u00eacher l\u2019essaimage, ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui pousse les abeilles \u00e0 quitter la ruche pour s\u2019installer ailleurs. \u00abEn v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est comme un tr\u00e9sor,\u00bb dit-il. \u00abMon objectif est de coop\u00e9rer avec la communaut\u00e9 pour am\u00e9liorer cette race.\u00bb<\/p>\n<p>Le rucher de Ryad Alsous compte maintenant 17 ruches qu\u2019il a construites \u00e0 partir de mat\u00e9riaux recycl\u00e9s.<\/p>\n<p>Sid\u00e9r\u00e9 d\u2019apprendre que le Royaume-Uni importe 90% de sa consommation de miel, selon les donn\u00e9es du secteur, il est convaincu que les champs de colza et les buttes de bruy\u00e8re et de lavande pourraient supporter un nombre de ruches bien plus important.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que le jour o\u00f9 il a particip\u00e9 \u00e0 un d\u00eener mensuel organis\u00e9 pour accueillir les r\u00e9fugi\u00e9s et les nouveaux arrivants dans la r\u00e9gion de Huddersfield, que son projet a commenc\u00e9 \u00e0 prendre forme. Il y a rencontr\u00e9 deux femmes, Jean York et Jane Wood, qui travaillent avec des r\u00e9fugi\u00e9s dans le district de Kirklees, un membre du mouvement communautaire britannique City of Sanctuary qui s\u2019emploie \u00e0 favoriser l\u2019insertion des nouveaux arrivants.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est l\u00e0 que les choses se sont \u00e9clair\u00e9es pour moi,\u00bb raconte Jean York, en se rappelant de sa premi\u00e8re conversation avec Ryad Alsous qui \u00e9voquait la possibilit\u00e9 d\u2019enseigner l\u2019apiculture aux r\u00e9fugi\u00e9s et aux demandeurs d\u2019emploi.<\/p>\n<p>Geof Hughes, un apiculteur local qui avait rencontr\u00e9 Ryad \u00e0 l\u2019association de Huddersfield, \u00e9tait tout aussi impressionn\u00e9. \u00abJ\u2019ai vu tout le potentiel de cette id\u00e9e,\u00bb dit-il. \u00abJ\u2019ai voulu lui apporter mon aide.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019an dernier, ils se sont tous r\u00e9unis pour \u00e9tablir un comit\u00e9 directeur et se sont mis au travail. Le projet Buzz \u00e9tait n\u00e9.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 avec des financements locaux, le projet vient juste d\u2019achever le deuxi\u00e8me de ses ateliers offerts tous les 15 jours \u00e0 12 volontaires. Parmi les stagiaires figurent trois syriennes, un r\u00e9fugi\u00e9 congolais qui ramassait le miel dans la jungle et une \u00e9tudiante nig\u00e9riane qui se demandait d\u00e9j\u00e0 comment obtenir sa propre reine.<\/p>\n<p>C\u2019est apr\u00e8s une rencontre surprise avec le maire de Huddersfield, Jim Dodds, que le projet a vraiment d\u00e9marr\u00e9.<\/p>\n<p>Un lieu a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la disposition de Ryad Alsous pour l\u2019\u00e9t\u00e9 prochain \u00e0 Standedge, un village proche o\u00f9 il installera 10 ruches pour enseigner l\u2019apiculture aux visiteurs.<\/p>\n<p>Jusque-l\u00e0, son rucher restera divis\u00e9 entre un lieu d\u2019hivernage un peu plus chaud, au verger d\u2019Armitage Bridge, et un espace herbeux que lui a pr\u00eat\u00e9 un m\u00e9canicien local.<\/p>\n<p>\u00abSi quelqu\u2019un demande de l\u2019aide, pourquoi la lui refuser?\u00bb dit Ted Mankowski, le propri\u00e9taire du verger qui vit en Angleterre depuis 30 ans. \u00abEn Pologne, mon oncle avait des abeilles.\u00bb<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il soit en s\u00e9curit\u00e9 au Royaume-Uni, Ryad Alsous ne peut oublier sa patrie o\u00f9 l\u2019on d\u00e9nombrait un demi-million de ruches avant la guerre. \u00abToutes ces colonies se sont pratiquement effondr\u00e9es,\u00bb dit-il. \u00abJ\u2019esp\u00e8re un jour pouvoir rentrer chez moi et contribuer \u00e0 leur reconstitution. C\u2019est tr\u00e8s important.\u00bb<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ryad Alsous, un ancien r\u00e9fugi\u00e9 qui a reconstruit sa vie dans le nord de l\u2019Angleterre, est devenu l\u2019ardent d\u00e9fenseur des races d\u2019abeilles indig\u00e8nes et transmet \u00e0 d\u2019autres ses connaissances de l\u2019apiculture.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,1210,206,313,1139,300],"ve_numero":[],"pays":[340],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-45571","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-emploi","tag-integration","tag-prejuge","tag-prejuge-oisivete","tag-travail","pays-syrie","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45571","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45571"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45571\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":99218,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45571\/revisions\/99218"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45571"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45571"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45571"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=45571"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=45571"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=45571"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=45571"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}