{"id":45666,"date":"2018-01-30T20:23:16","date_gmt":"2018-01-30T19:23:16","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=45666"},"modified":"2021-08-26T13:48:17","modified_gmt":"2021-08-26T11:48:17","slug":"cimade-chroniques-honteuses-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2018\/01\/30\/cimade-chroniques-honteuses-1\/","title":{"rendered":"La Cimade |\u00a0Chroniques honteuses \u2013 1"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">R\u00e9cit de quelques expulsions sauvages vers l\u2019Italie depuis les Prahdas de G\u00e9menos et Vitrolles\u2026 Quand la police se sert du r\u00e8glement Dublin comme arme d\u2019exception pour pi\u00e9tiner le droit d\u2019asile.<\/span><\/p>\n<p><em>Article publi\u00e9 sur le site de La Cimade, le 24 janvier 2018. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.lacimade.org\/chroniques-honteuses-1\/#.WmimY7sG1mw.twitter\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de La Cimade.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Tatia-Gimmig-01-2018.gif\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-45667\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Tatia-Gimmig-01-2018-300x242.gif\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"242\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Tatia-Gimmig-01-2018-300x242.gif 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Tatia-Gimmig-01-2018-150x121.gif 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Le collectif \u00abSTOP DUBLIN -Marseille\u00bb publie quelques t\u00e9moignages sur les conditions d\u2019arrestations et d\u2019expulsions le mardi 12 d\u00e9cembre (juste apr\u00e8s une mobilisation publique du collectif) de demandeurs d\u2019asiles Dublin\u00e9s, assign\u00e9s \u00e0 r\u00e9sidence dans les PRADHAs de France.<\/p>\n<p>Ces t\u00e9moignages font tous le r\u00e9cit d\u2019agissements ill\u00e9gaux de la police et de la gendarmerie, parfois m\u00eame contre des d\u00e9cisions de justice: absence de traductions et d\u2019interpr\u00e8tes \u00e0 toutes les \u00e9tapes de la proc\u00e9dure d\u2019expulsion, pressions polici\u00e8res et menaces pour obliger les demandeurs d\u2019asile \u00e0 signer des papiers dont ils ne comprennent pas le contenu, escortes polici\u00e8res surnum\u00e9raires et entraves (menottes, liens pieds et jambes) non conformes \u00e0 la situation, d\u00e9cisions de la pr\u00e9fecture de maintenir des expulsions alors m\u00eame que des juges ont ordonn\u00e9 la remise en libert\u00e9\u2026.<\/p>\n<p>Sous couvert de \u00abr\u00e8glement Dublin\u00bb, les polices peuvent actuellement faire abstraction des lois, des d\u00e9cisions juridiques et du droit d\u2019asile.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong><em>Compte rendu d\u2019un entretien avec C. suite \u00e0 son expulsion le 24 octobre 2017<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u00ab<em>Le matin du 24 octobre 2017 au PRADHA de Vitrolles j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par la police et emmen\u00e9 au commissariat menott\u00e9<\/em><em>, accompagn\u00e9 par la directrice de l\u2019\u00e9tablissement. Nous \u00e9tions quatre ce jour l\u00e0, \u00e0 \u00eatre emmen\u00e9<\/em><em>s menott\u00e9s. Au commissariat de Vitrolles on a \u00e9t\u00e9 <\/em><em>fouill\u00e9 int\u00e9gralement. J\u2019ai sign\u00e9 des papiers le matin \u00e0 <\/em><em>Vitrolles [\u2026] mais je ne connais pas leurs natures car il n\u2019y avait pas d\u2019interpr\u00e8te, \u00e0 aucun moment, qui aurait pu m\u2019expliquer la proc\u00e9dure que j\u2019\u00e9tais en train de subir. On a pas pu retourner au PRADHA pour r\u00e9cup\u00e9rer nos affaires. On est partis toujours attach\u00e9<\/em><em>s vers Avignon. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8<\/em><em>s perturb\u00e9 par le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 <\/em><em>menott\u00e9 et mes souvenirs sont vagues quant \u00e0 la dur\u00e9e du transport car j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00ab<\/em><em>bouscul<\/em><em>\u00e9\u00bb aussi bien physiquement que moralement. [\u2026] Le 24\/10\/17, quand on est arriv\u00e9 \u00e0 Avignon, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 dans une cellule avec une autre personne. On nous a donn\u00e9 \u00e0 manger une fois dans la journ\u00e9e mais pas le lendemain. <\/em><\/p>\n<p><em>Je ne me se souviens pas de ce que j\u2019ai sign\u00e9 \u00e0 <\/em><em>Avignon. J\u2019ai sign\u00e9 des papiers mais ne connait pas leurs natures, car il n\u2019y avait toujours pas d\u2019interpr\u00e8te. [\u2026] Pour aller de Vitrolles \u00e0 Avignon, nous \u00e9tions seuls, chacun dans une voiture diff\u00e9rente. Quand nous sommes arriv\u00e9s au centre de r\u00e9tention j\u2019ai suppli\u00e9 qu\u2019on m\u2019enl\u00e8ve les menottes. Les autres \u00e9taient agit\u00e9s et se d\u00e9battaient. Moi, j\u2019ai promis que je ne ferait rien si on m\u2019enlevait les menottes. Ce qui a \u00e9t\u00e9 fait. <\/em><\/p>\n<p><em>Les autres ont \u00e9t\u00e9 <\/em><em>attach\u00e9s pieds et mains \u00e0 leur chaise. Je ne me rappelle plus du temps \u00e9<\/em><em>coul\u00e9 car j\u2019\u00e9<\/em><em>tais trop perturb\u00e9. Nous n\u2019avons pas pu boire ni manger jusqu\u2019au soir. <\/em><\/p>\n<p><em>Le 25\/10\/17, ils nous ont amen\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9roport. Nous sommes arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9roport tous les quatre menott\u00e9<\/em><em>s. J\u2019ai demand\u00e9 de nouveau qu\u2019on m\u2019enl\u00e8ve les menottes, ce qui a \u00e9t\u00e9 fait. Les trois autres se d\u00e9battaient et pleuraient. Ils ont \u00e9t\u00e9 <\/em><em>rattach\u00e9s pieds et mains. Ce jour du 25, nous n\u2019avons pas pu boire ni manger. Je ne se souvient pas d\u2019avoir sign\u00e9 des papiers \u00e0 l\u2019a\u00e9roport. Nous sommes mont\u00e9s dans un avion \u00absp\u00e9cial<\/em><em>\u00bb, sans touristes. <\/em><em>J\u2019ai atterri \u00e0 Rome. Et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 contraint et forc\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de d\u00e9poser les empreintes de mes deux mains. <\/em><em>\u00bb <\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong><em>Compte rendu d\u2019un entretien avec S. suite \u00e0 son expulsion le 24 octobre 2017<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>\u201cLe 24 octobre 2017 je me suis r\u00e9veill\u00e9 et j\u2019ai pris mon petit d\u00e9jeuner puis je suis all\u00e9 signer au commissariat de Vitrolles o<\/em><em>\u00f9 je suis arriv\u00e9 vers 11h du matin. Je suis rentr\u00e9 dans le commissariat o<\/em><em>\u00f9 on m\u2019a fait assoir. Je n\u2019ai rien sign\u00e9 mais un officier de police a verrouill\u00e9 la porte et m\u2019a enferm\u00e9 environ 30 minutes dans la pi\u00e8ce o<\/em><em>\u00f9 <\/em><em>j\u2019attendais. <\/em><\/p>\n<p><em>Quatre civils sont venus me chercher, m\u2019ont menott\u00e9 et m\u2019ont fait monter dans une voiture banalis\u00e9e aux vitres teint\u00e9es. On est ensuite partis au Prahda. Ils m\u2019ont enlev\u00e9 les menottes pour que je puisse prendre mes papiers et mon sac puis m\u2019ont remis les menottes. <\/em><\/p>\n<p><em>Nous sommes remont\u00e9s dans la voiture pour aller en \u201cPrison\u201d. On a roul\u00e9 une heure avant d\u2019arriver \u00e0 la prison o<\/em><em>\u00f9 j\u2019ai retrouv\u00e9 d\u2019autres co-d\u00e9tenus des Prahdas de Vitrolles. Arriv\u00e9s \u00e0 la prison, on m\u2019a enlev\u00e9 les menottes puis on m\u2019a <\/em><em>fouill\u00e9 ainsi que le contenu de mon sac. J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 voir un avocat mais l\u2019avocat n\u2019est jamais venu. Ils m\u2019ont fait signer un papier en me disant que c\u2019\u00e9tait pour voir un avocat mais c\u2019\u00e9tait en fait un papier qui disait que j\u2019acceptais d\u2019\u00eatre transf\u00e9r\u00e9 vers l\u2019Italie. Sous la pression polici\u00e8re, j\u2019ai sign\u00e9 sans comprendre car il n\u2019y avait pas de traduction. [\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>Le lendemain matin j\u2019ai pris le petit-d\u00e9jeuner puis ils m\u2019ont fouill\u00e9 une nouvelle fois puis menott\u00e9. Ils ne m\u2019ont pas donn\u00e9 de nouveaux papiers. Trois civils m\u2019ont escort\u00e9 dans une voiture noire banalis\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 un petit a\u00e9roport.<\/em><em>\u00bb <\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong><em>T\u00e9moignage de G. suite \u00e0 son arrestation au Prahda le 12 d\u00e9cembre 2017 et \u00e0 son expulsion<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>\u00abJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 mardi 12 d\u00e9cembre \u00e0 9h au commissariat de Vitrolles apr\u00e8s avoir sign\u00e9 pour l\u2019assignation \u00e0 r\u00e9sidence. On m\u2019a mis \u00e0 part dans un bureau o<\/em><em>\u00f9 se trouvait d\u00e9j\u00e0 un de mes co-r\u00e9sident au PRAHDA de Vitrolles, arr\u00eat\u00e9 un peu plus t\u00f4t. Deux policiers m\u2019ont pris mon argent <\/em><em>(40 euros) et mon t\u00e9l\u00e9phone. Ensuite, ils ont voulu me faire signer des documents que je n\u2019ai pas compris. Comme il n\u2019y avait pas d\u2019interpr\u00e8te, j\u2019ai refus\u00e9 de signer: ils ont alors ferm\u00e9 la porte, se sont dirig\u00e9s vers moi de mani\u00e8re mena<\/em><em>\u00e7ante et m\u2019ont encadr\u00e9 en m\u2019intimant de signer. <\/em><\/p>\n<p><em>Jusqu\u2019\u00e0 ce que je signe. Puis ils m\u2019ont menott\u00e9. Ils ont ensuite appel\u00e9 au t\u00e9l\u00e9<\/em><em>phone un interpr\u00e8te pour nous traduire qu\u2019ils nous emmenaient au centre de r\u00e9tention de N\u00eemes. On a voulu demander des pr\u00e9cisions, mais les policiers ont coup\u00e9 la conversation t\u00e9l\u00e9phonique. Ils nous ont fait monter dans deux voitures distinctes, nous \u00e9tions accompagn\u00e9<\/em><em>s chacun de 3 policiers. Nous avons pu r\u00e9cup\u00e9rer nos affaires personnelles au PRAHDA. <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><em>A l\u2019<\/em><em>arriv\u00e9e au centre de r\u00e9tention, les policiers m\u2019ont pris mes affaires et m\u2019ont fait signer de nouveaux documents. On a retrouv\u00e9 3 personnes du PRAHDA de G\u00e9menos dans le couloir. On n\u2019a pas pu manger jusqu\u2019au soir 19h. Nous avons rencontr\u00e9 une personne de l\u2019association Forum R\u00e9fugi\u00e9s vers 17h30 pour un entretien: beaucoup de questions, mais peu d\u2019explications sur notre droit de d\u00e9poser un recours. <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><em>Mercredi 13 d\u00e9cembre, la police est venue nous chercher dans les cellules \u00e0 8h45 : les agents nous ont dit qu\u2019on partait en Italie. J\u2019ai dit que je suis malade (\u00ab kystes \u00bb \u00e0 la gorge, en exploration m\u00e9dicale aupr\u00e8s d\u2019un sp\u00e9cialiste, sur recommandations d\u2019un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste consult\u00e9 avant arrestation). Les agents m\u2019ont r\u00e9pondu que je verrais <\/em><em>\u00e7a en Italie. A la sortie de la prison, pour monter dans la voiture, un des policiers m\u2019a \u00e9trangl\u00e9. Je n\u2019avais fait aucun geste de r\u00e9sistance. Je lui ai dit d\u2019arr\u00eater \u00e0 cause de ma gorge, je lui ai dit que ce n\u2019\u00e9tait pas bien. Il a continu\u00e9 un peu, puis il m\u2019a menac\u00e9 \u00ab<\/em><em>tu verras \u00e0 l\u2019a\u00e9roport!<\/em><em>\u00bb. Il \u00e9tait tr\u00e8s mauvais. Nous \u00e9tions tous les 5 dans la m\u00eame voiture. A l\u2019a\u00e9roport, nous avons attendu pendant 1h30 dans la voiture: l\u2019a\u00e9roport \u00e9tait ferm\u00e9, on ne pouvait pas entrer. Pendant ce temps-l\u00e0 nous \u00e9tions toujours menott\u00e9s. Puis on nous a conduit vers 11h dans une petite salle r\u00e9serv\u00e9<\/em><em>e, escort\u00e9s de 3 policiers par personne. <\/em><\/p>\n<p><em>Ils m\u2019ont encore pos\u00e9 des questions et j\u2019ai encore expliqu\u00e9 pourquoi je ne voulais pas aller en Italie. Cette fois-l\u00e0, ils m\u2019ont aussi ligot\u00e9 les cuisses et les chevilles. Puis ils ont enlev\u00e9 les liens. Nous avons vu l\u2019avion arriver vers 11h30. C\u2019\u00e9tait un petit avion sp\u00e9cial blanc avec des insignes noirs sur les ailes. Quand ils nous ont fait nous diriger vers l\u2019embarquement, j\u2019<\/em><em>ai essay\u00e9 de r\u00e9<\/em><em>sister en m\u2019accrochant \u00e0 une table. Les autres co-d\u00e9tenus aussi. Ils nous ont ligot\u00e9s \u00e0 nouveau, mains, cuisses, chevilles et nous ont port\u00e9s dans l\u2019avion. On a d\u00e9<\/em><em>coll\u00e9 un peu apr\u00e8s midi je pense. Ils ne m\u2019ont lib\u00e9r\u00e9 qu\u2019\u00e0 mi-parcours du vol. L\u2019un de mes co-d\u00e9tenu a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9 \u00e0 l\u2019<\/em><em>arriv\u00e9e \u00e0 Venise. <\/em><\/p>\n<p><em>Les formalit\u00e9s aupr\u00e8s de la police italienne ont dur\u00e9 20 minutes seulement. On m\u2019a demand\u00e9 si je voulais rester en Italie ou repartir au Soudan. Le choix \u00e9tait vite fait. J\u2019ai demand\u00e9 l\u2019adresse d\u2019un centre d\u2019h\u00e9bergement o<\/em><em>\u00f9 dormir, ou d\u2019une \u00ab plateforme d\u2019asile <\/em><em>\u00bb en leur expliquant qu\u2019il \u00e9tait impossible de faire une demande d\u2019asile en \u00e9tant \u00e0 la rue. Ils m\u2019ont dit que je n\u2019avais pas le choix, que je n\u2019avais qu\u2019\u00e0 aller dans n\u2019importe quelle ville italienne et ils m\u2019ont pouss\u00e9 dehors. <\/em><\/p>\n<p><em>L\u2019a\u00e9roport est tr\u00e8s loin de la ville, j\u2019ai attendu, mais je n\u2019ai pas vu les autres camarades sortir des bureaux. J\u2019ai pris un train.<\/em>\u00bb<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong><em>Compte rendu du collectif \u00abStop-Dublin<\/em><\/strong><strong><em>\u00bb suite \u00e0 la mobilisation contre les arrestations et expulsions du 12 d\u00e9cembre 2017<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u00ab<em>Mardi 12 d\u00e9cembre \u00e0 11h, on apprend que 5 arrestations particuli\u00e8rement muscl\u00e9es ont eu lieu parmi les r\u00e9sidents du PRAHDA de G\u00e9menos et de Vitrolles. Ils sont conduits menott\u00e9s et escort\u00e9s de plusieurs policiers jusqu\u2019\u00e0 leur chambre au PRAHDA pour r\u00e9cup\u00e9rer leurs affaires personnelles. <\/em><\/p>\n<p><em>A midi, c\u2019est confirm\u00e9, ils sont enferm\u00e9s tous les cinq au Centre de r\u00e9tention (<abbr class='c2c-text-hover' title='Commission suisse de recours en mati\u00e8re d\u2019asile remplac\u00e9e par le TAF'>CRA<\/abbr>) de N\u00eemes, avec un vol d\u2019expulsion annonc\u00e9 pour le lendemain \u00e0 destination de Venise. Les amis marseillais et les avocats se mobilisent et une requ\u00eate d\u2019urgence est d\u00e9pos\u00e9e. Ils d\u00e9crochent une audience exceptionnelle inesp\u00e9r\u00e9e pour le lendemain \u00e0 9h devant le Juge des libert\u00e9s et de la d\u00e9tention (JLD). <\/em><\/p>\n<p><em>Le soir, on appelle nos amis dans les cellules du CRA, quelques conseils, des encouragements, des infos sur ce qui peut se passer, courage, on fera tout ce qu\u2019on peut pour vous sortir de l\u00e0<\/em><em>. Le JLD n\u2019est pas garanti, on le sait, on conna\u00eet la chanson. Mais il y a un espoir d\u2019obtenir une lib\u00e9ration avant qu\u2019ils ne vous conduisent \u00e0 l\u2019a\u00e9roport. <\/em><\/p>\n<p><em>Mercredi 13 d\u00e9cembre \u00e0 9h, nouveau sale coup de th\u00e9\u00e2tre de la police: malgr\u00e9 l\u2019audience pr\u00e9vue devant le JLD, les cinq gar<\/em><em>\u00e7ons ont \u00e9t\u00e9 conduits de force \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de N\u00ee<\/em><em>mes Garons. Ils passent plusieurs heures dans les locaux la PAF (la Police aux Fronti\u00e8<\/em><em>res). Feu l\u2019audience ! <\/em><\/p>\n<p><em>10h: Nouveau rebondissement, la juge a maintenu l\u2019audience en l\u2019absence des cinq d\u00e9tenus. Des soutiens des C\u00e9<\/em><em>vennes, de N\u00eemes, Montpellier, Avignon sont au rendez-vous. Et, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 quasi certain, ce sont des jugements de lib\u00e9ration qui vont \u00eatre rendus. Plus qu\u2019\u00e0 attendre ces jugements. Ce n\u2019est qu\u2019une question de temps, <\/em><em>\u00e7a va \u00eatre serr\u00e9, on le sait, retenez votre souffle.[\u2026] 11h: Insoutenable attente de ces jugements, qui ne sont toujours pas au greffe. Que fait la juge? La juge t\u00e9l\u00e9phone par deux reprises \u00e0 la PAF pour annoncer sa d\u00e9cision et exiger l\u2019interruption de l\u2019expulsion. Mais les flics se marrent. La Pr\u00e9fecture qui \u00e9tait pourtant pr\u00e9<\/em><em>sente \u00e0 l\u2019audience ne donne aucun contrordre: elle joue la montre en se frottant les mains. <\/em><\/p>\n<p><em>11h50: Une premi\u00e8re d\u00e9cision est enfin rendue. Mais le vol est imminent. Il faut faxer la d\u00e9cision \u00e0 la PAF centrale au plus vite. Et les autres ne sauraient tarder. Grouille bordel! <\/em><\/p>\n<p><em>12H15: Une personne est lib\u00e9r\u00e9e sur le tarmac. On ne sait pas qui, on veut pas vraiment savoir. Et les autres, allez ! c\u2019est pas possible de lib\u00e9rer un seul pote sur les cinq. <\/em><\/p>\n<p><em>12H40: \u00c7a y est, on a les quatre autres d\u00e9cisions, yallah! Les soutiens se rendent \u00e0 l\u2019a\u00e9roport pour remettre les d\u00e9cisions en mains propres aux escortes, tandis que les fax sont d\u00e9j\u00e0 partis \u00e0 la pr\u00e9fecture, qui a finalement d\u00e9cid\u00e9 de se foutre totalement des d\u00e9cisions de justice. <\/em><\/p>\n<p><em>Mais sur place il n\u2019y a pas d\u2019avion, pas les gars, pas la PAF\u2026 Ils ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9<\/em><em>!!!! <\/em><\/p>\n<p><em>Le soir m\u00eame les portables de nos camarades sonnaient toujours dans le vide: \u00ab<\/em><em>Welcome to Lyca Mobile\u2026\u00bb. Bilan de la journ\u00e9e: la voix glac\u00e9e d\u2019un r\u00e9pondeur, le vide fig\u00e9 dans nos c\u0153urs et une rage sourde: celle de notre impuissance face aux flics qui s\u2019assoie<\/em><em>nt sur une d\u00e9cision de justice\u2026 On a souvent peur des mots, mais ce \u00e0 quoi on a assist\u00e9 ce jour l\u00e0, c\u2019est bien \u00e0 un basculement, et on ne pourra pas dire qu\u2019on ne le savait pas\u2026<\/em><em>\u00bb<\/em><\/p>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9cit de quelques expulsions sauvages vers l\u2019Italie depuis les Prahdas de G\u00e9menos et Vitrolles\u2026 Quand la police se sert du r\u00e8glement Dublin comme arme d\u2019exception pour pi\u00e9tiner le droit d\u2019asile.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,187,189,203],"ve_numero":[],"pays":[354],"ve_type":[1054],"ve_action":[1050],"class_list":["post-45666","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-dublin","tag-renvoi","tag-temoignage-2","pays-france","ve_type-temoignage","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45666","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45666"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45666\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45666"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45666"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45666"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=45666"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=45666"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=45666"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=45666"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}