{"id":45903,"date":"2018-02-13T18:17:48","date_gmt":"2018-02-13T17:17:48","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=45903"},"modified":"2021-08-26T13:48:13","modified_gmt":"2021-08-26T11:48:13","slug":"migreurop-6-fevrier-2014-massacre-de-tarajal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2018\/02\/13\/migreurop-6-fevrier-2014-massacre-de-tarajal\/","title":{"rendered":"Migreurop |\u00a06 f\u00e9vrier 2014: Massacre de Tarajal"},"content":{"rendered":"<p><em>Communiqu\u00e9 de presse de Migreurop, publi\u00e9 le 6 f\u00e9vrier 2018. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.migreurop.org\/article2856.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire le communiqu\u00e9 sur le site de Migreurop.<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_45904\" aria-describedby=\"caption-attachment-45904\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Migreurop_Massacre-Tarajal.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-45904\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Migreurop_Massacre-Tarajal-1024x596.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"596\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-45904\" class=\"wp-caption-text\">Photo: Manifestation du 6 f\u00e9vrier 2015 \u00e0 Ceuta, Elsa Tyszler<\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p class=\"soustitre hN\"><span class=\"accroche\">Le permis de tuer des gardes-fronti\u00e8res<\/span><\/p>\n<p>Le 6 f\u00e9vrier 2018, les familles des victimes et leurs soutiens comm\u00e9morent, pour la quatri\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive, le massacre de Tarajal. Cette date est devenue l\u2019un des symboles tragiques de politiques migratoires qui portent atteinte aux droits et \u00e0 la vie des personnes en exil.<\/p>\n<p>Le 6 f\u00e9vrier 2014, plus de 200 personnes, parties des c\u00f4tes marocaines, ont tent\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la nage \u00e0 l\u2019enclave espagnole de Ceuta. Alors qu\u2019elles n\u2019\u00e9taient plus qu\u2019\u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres de la plage du Tarajal, la Guardia civil a utilis\u00e9 du mat\u00e9riel anti-\u00e9meute \u2013 fumig\u00e8nes et balles en caoutchouc \u2013 pour les emp\u00eacher d\u2019arriver en \u00abterre espagnole\u00bb. Ni la Guardia civil ni les militaires marocains pr\u00e9sents n\u2019ont port\u00e9 secours aux personnes qui se noyaient devant eux. Quinze corps ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s c\u00f4t\u00e9 espagnol, des dizaines d\u2019autres ont disparu, les survivants ont \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9s, certains ont p\u00e9ri c\u00f4t\u00e9 marocain.<\/p>\n<p>Les investigations men\u00e9es par des journalistes et des militant\u00b7e\u00b7s europ\u00e9en\u00b7ne\u00b7s ont permis de produire des images et de r\u00e9colter des t\u00e9moignages de survivants et t\u00e9moins oculaires \u00e9tablissant directement la responsabilit\u00e9 des gardes civils pour ces morts. La juge en charge de l\u2019affaire a elle conclu \u00e0 l\u2019absence d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s quant au mat\u00e9riel utilis\u00e9 par la Guardia civil. Elle a \u00e9galement valid\u00e9 la d\u00e9cision de refouler directement vers le Maroc les 23 personnes qui avaient r\u00e9ussi \u00e0 atteindre la plage.<br class=\"autobr\" \/> Le 16 octobre 2015, la juge a class\u00e9 l\u2019affaire et abandonn\u00e9 les poursuites contre les 16 gardes civils mis en examen. Dans son ordonnance, elle allait jusqu\u2019\u00e0 souligner la responsabilit\u00e9 des victimes: \u00abLes migrants ont assum\u00e9 le risque d\u2019entrer ill\u00e9galement sur le territoire espagnol par la mer, \u00e0 la nage, faisant de plus abstraction des agissements dissuasifs tant des forces marocaines que de la Guardia civil\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019Asociaci\u00f3n Pro Derechos Humanos de Andaluc\u00eda avait alors r\u00e9pliqu\u00e9 qu\u2019\u00ab\u00a0en aucun cas le droit de migrer n\u2019implique d\u2019assumer le fait que l\u2019on peut mourir pendant son parcours ou \u00e0 la fronti\u00e8re. Ce qui s\u2019est pass\u00e9 n\u2019est pas un accident et il est n\u00e9cessaire de faire lumi\u00e8re, de sanctionner les responsables et de garantir que \u00e7a ne se reproduise plus\u00bb<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[1]<\/span>.<\/p>\n<p>En juin 2016, des familles de victimes se sont vu refuser leur demande de visa pour aller identifier le corps de leurs fils \u00e0 Ceuta. Apr\u00e8s que de nombreux vices de proc\u00e9dure ont \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9s, l\u2019enqu\u00eate a cependant \u00e9t\u00e9 rouverte avant d\u2019\u00eatre \u00e0 nouveau class\u00e9e en janvier 2018.<\/p>\n<p>Pour que ces morts ne sombrent pas dans l\u2019oubli, la soci\u00e9t\u00e9 civile espagnole s\u2019est mobilis\u00e9e et a organis\u00e9 le 3 f\u00e9vrier 2018 la cinqui\u00e8me \u00abMarche de la dignit\u00e9\u00bb \u00e0 Ceuta.<\/p>\n<p>Migreurop soutient ces mobilisations et toutes les initiatives visant \u00e0 faire la lumi\u00e8re sur le massacre de Tarajal. \u00c0 la suite de la condamnation de l\u2019Espagne par la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019Homme<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[2]<\/span>, le r\u00e9seau et ses membres exigent l\u2019arr\u00eat imm\u00e9diat et d\u00e9finitif des pratiques ill\u00e9gales op\u00e9r\u00e9es \u00e0 cette fronti\u00e8re par la Guardia civil, notamment les refoulements men\u00e9s en coop\u00e9ration avec les autorit\u00e9s marocaines, tant au niveau des barri\u00e8res de Ceuta ou Melilla que sur les c\u00f4tes de ces enclaves.<\/p>\n<p>La semaine pass\u00e9e, au moins 110 nouvelles personnes, dont une vingtaine parties des c\u00f4tes marocaines, ont perdu la vie en tentant d\u2019atteindre l\u2019Europe. Elles ont rejoint la liste des plus de 16&rsquo;000 personnes mortes en M\u00e9diterran\u00e9e depuis 2013. Au travers de la militarisation de ses fronti\u00e8res ext\u00e9rieures, l\u2019Union europ\u00e9enne pratique depuis de nombreuses ann\u00e9es une politique du laissez-mourir incarn\u00e9e notamment dans la criminalisation des actions de secours et de sauvetage<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[3]<\/span>. Le massacre de Tarajal rappelle que, sans respect du droit \u00e0 \u00e9migrer, formul\u00e9 notamment dans l\u2019art. 13 de la D\u00e9claration universelle des droits de l\u2019Homme (DUDH), les politiques de \u00abcontr\u00f4le des flux\u00bb rel\u00e8vent non seulement de la non assistance \u00e0 personne en danger mais sont \u00e9galement \u00e0 l\u2019origine d\u2019atteintes d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es au droit le plus fondamental, celui \u00e0 la vie (art. 3 DUDH).<\/p>\n<hr \/>\n<aside class=\"notes txt\">\n<p class=\"spip\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[1]\u00a0<\/span>\u00abLos inmigrantes asumieron el riesgo de entrar ilegalmente en territorio espa\u00f1ol por el mar a nado, en avalancha y haciendo caso omiso a las actuaciones disuasorias tanto de las fuerzas marroqu\u00edes y de la Guardia Civil\u00bb, <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.eldiario.es\/desalambre\/Archivado-muerte-personas-frontera-Ceuta_0_441656238.html\" target=\"_blank\" rel=\"external noopener\">en ligne<\/a>.<\/p>\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[2]\u00a0<\/span><abbr class='c2c-text-hover' title='Convention europ\u00e9enne des droits de l&#039;homme'>CEDH<\/abbr>, 3 octobre 2017, N.D. et N.T. c. Espagne, req. n\u00b0\u00a08675\/15 et 8697\/15<\/p>\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[3]\u00a0<\/span>Voir le rapport du groupe de recherche Forensic Oceanography \u00abBlaming the rescuers. Criminalising solidarity, Re-enforcing detterence\u00bb, <a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/blamingtherescuers.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"external noopener\">en ligne<\/a>.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<\/aside>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 6 f\u00e9vrier 2018, les familles des victimes et leurs soutiens comm\u00e9morent, pour la quatri\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive, le massacre de Tarajal. 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