{"id":46556,"date":"2018-03-24T08:11:48","date_gmt":"2018-03-24T07:11:48","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=46556"},"modified":"2021-08-26T13:48:03","modified_gmt":"2021-08-26T11:48:03","slug":"hrw-turquie-expulsions-massives-de-demandeurs-dasile-syriens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2018\/03\/24\/hrw-turquie-expulsions-massives-de-demandeurs-dasile-syriens\/","title":{"rendered":"HRW | Turquie: Expulsions massives de demandeurs d&rsquo;asile syriens"},"content":{"rendered":"<p class=\"subtitle\"><span class=\"accroche\">L&rsquo;Union europ\u00e9enne devrait \u00e9voquer cette question et s\u2019engager \u00e0 renforcer son aide lors du prochain sommet UE-Turquie.<\/span><\/p>\n<p>Article publi\u00e9 sur le site de Human Rights Watch (HRW), le 22 mars 2018. Cliquez <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2018\/03\/22\/turquie-expulsions-massives-de-demandeurs-dasile-syriens\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de HRW.<\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Les forces de s\u00e9curit\u00e9 turques ont r\u00e9guli\u00e8rement intercept\u00e9 des centaines, parfois des milliers, de demandeurs d&rsquo;asile \u00e0 la fronti\u00e8re turco-syrienne depuis au moins d\u00e9cembre 2017 et les ont expuls\u00e9s sommairement vers le gouvernorat d&rsquo;Idlib \u2013 zone ravag\u00e9e par la guerre \u2013 en Syrie, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch aujourd&rsquo;hui. Les gardes-fronti\u00e8res turcs ont tir\u00e9 sur des demandeurs d&rsquo;asile qui tentaient d&rsquo;entrer en Turquie de mani\u00e8re clandestine par l\u2019interm\u00e9diaire de passeurs, faisant des morts et des bless\u00e9s, et ont refoul\u00e9 vers Idlib des Syriens r\u00e9cemment arriv\u00e9s dans la ville turque d&rsquo;Antakya, situ\u00e9e \u00e0 30 kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re syrienne.<\/p>\n<p>L&rsquo;offensive de d\u00e9cembre de l&rsquo;alliance militaire russo-syrienne contre les forces anti-gouvernementales dans la province d&rsquo;Idlib a entra\u00een\u00e9 le d\u00e9placement de <a href=\"https:\/\/reliefweb.int\/sites\/reliefweb.int\/files\/resources\/latest_developments_in_north-western_syria_20180313_final.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">pr\u00e8s de 400&rsquo;000<\/a> civils, selon les Nations Unies. Ils ont rejoint plus de 1,3 million d&rsquo;autres civils pris au pi\u00e8ge dans cette province et entass\u00e9s dans des camps surpeupl\u00e9s et pr\u00e9caires, ainsi que dans des camps de fortune install\u00e9s dans des champs \u00e0 proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re turque, qui est ferm\u00e9e, o\u00f9 ils sont sous la menace constante d&rsquo;attaques et manquent de nourriture, d&rsquo;eau potable, d&rsquo;abris, de soins m\u00e9dicaux et d&rsquo;assistance. \u00c0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une <a href=\"http:\/\/www.consilium.europa.eu\/fr\/meetings\/international-summit\/2018\/03\/26\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9union au sommet pr\u00e9vue le 26 mars 2018<\/a> en Bulgarie, l&rsquo;Union europ\u00e9enne devrait insister aupr\u00e8s de la Turquie pour qu&rsquo;elle autorise les civils syriens qui fuient les combats \u00e0 chercher refuge en territoire turc et s&rsquo;engager \u00e0 accro\u00eetre son aide aux r\u00e9fugi\u00e9s syriens en Turquie et dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab<em>Alors que les gardes-fronti\u00e8res turcs tentent de verrouiller les derni\u00e8res trou\u00e9es restantes le long de la ligne de d\u00e9marcation, des centaines de milliers de Syriens sont pris au pi\u00e8ge dans des champs o\u00f9 ils sont expos\u00e9s aux bombes du c\u00f4t\u00e9 syrien<\/em>\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Gerry Simpson, directeur adjoint du programme Droits des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Human Rights Watch. \u00ab<em>L&rsquo;UE devrait insister aupr\u00e8s de la Turquie pour qu&rsquo;elle ouvre sa fronti\u00e8re aux civils dans le besoin et fournir \u00e0 ceux-ci une assistance significative, au lieu de rester silencieuse pendant que la Turquie s&rsquo;affranchit du droit international en mati\u00e8re de r\u00e9fugi\u00e9s et en refoule des milliers vers des zones o\u00f9 ils sont menac\u00e9s d&rsquo;un carnage.<\/em>\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>[caption id=\"attachment_46557\" align=\"alignright\" width=\"225\"]<a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_security_posts.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-46557 size-medium\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_security_posts-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_security_posts-225x300.jpg 225w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_security_posts-113x150.jpg 113w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_security_posts.jpg 585w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a> La zone frontali\u00e8re o\u00f9 les forces de s\u00e9curit\u00e9 turques proc\u00e8dent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des expulsions massives de demandeurs d&rsquo;asile syriens. Satellite data \u00a9 2018 DigitalGlobe; Analysis \u00a9 2018 Human Rights Watch[\/caption]<\/p>\n<p>\u00c0 la mi-f\u00e9vrier, Human Rights Watch s&rsquo;est entretenu au t\u00e9l\u00e9phone avec 21 citoyens syriens, au sujet de leurs multiples tentatives infructueuses de p\u00e9n\u00e9trer clandestinement en Turquie avec l&rsquo;aide de passeurs. Dix-huit d&rsquo;entre eux ont d\u00e9clar\u00e9 que l&rsquo;intensification des attaques a\u00e9riennes russo-syriennes dans les provinces de Deir al-Zour et Idlib les avait forc\u00e9s \u00e0 se d\u00e9placer \u00e0 plusieurs reprises, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils d\u00e9cident finalement qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas d&rsquo;autre option que de risquer leurs vies et s&rsquo;enfuir en Turquie.<\/p>\n<p>Les personnes interrog\u00e9es ont d\u00e9crit 137 incidents, survenus presque tous entre la mi-d\u00e9cembre et le d\u00e9but de mars, dans lesquels ils avaient \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9s par les gardes-fronti\u00e8res turcs juste apr\u00e8s avoir franchi la fronti\u00e8re avec des passeurs. Human Rights Watch s&rsquo;est entretenu avec 35 autres Syriens bloqu\u00e9s dans la province d&rsquo;Idlib et qui n&rsquo;avaient pas tent\u00e9 de fuir, de peur d&rsquo;\u00eatre abattus par les gardes-fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Par ailleurs, neuf personnes ont \u00e9galement d\u00e9crit 10 incidents survenus entre septembre et d\u00e9but mars, lors desquels les gardes-fronti\u00e8res turcs avaient tir\u00e9 sur eux ou sur d&rsquo;autres personnes se trouvant devant eux alors qu&rsquo;ils essayaient de franchir la fronti\u00e8re, tuant 14 personnes, dont 5 enfants, et en blessant 18.<\/p>\n<p>Les civils d&rsquo;Idlib se sont \u00e9galement trouv\u00e9s pris entre deux feux lors d&rsquo;affrontements entre forces kurdes et turques pendant l&rsquo;offensive men\u00e9e par la Turquie dans la ville syrienne d&rsquo;Afrine tenue par les Kurdes, au nord d&rsquo;Idlib, qui a commenc\u00e9 le 20 janvier.<\/p>\n<p>En novembre, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>) <a href=\"http:\/\/www.refworld.org\/pdfid\/59f365034.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">a d\u00e9clar\u00e9<\/a>, dans sa derni\u00e8re directive-pays sur la Syrie, que \u00ab<em>toute<\/em><em>s les r\u00e9gions de Syrie sont r\u00e9put\u00e9es avoir \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es, directement ou indirectement, par un ou plusieurs conflits<\/em>\u00bb et a en cons\u00e9quence maintenu son appel d\u00e9j\u00e0 ancien \u00e0 tous les pays \u00ab<em>\u00e0 ne pas refouler les Syriens par la force.<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Les Syriens qui ont tent\u00e9 d&rsquo;entrer en Turquie ont d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9s apr\u00e8s avoir franchi le fleuve Oronte ou \u00e0 proximit\u00e9 du camp pour personnes d\u00e9plac\u00e9es d&rsquo;al-Dureyya. Ils ont affirm\u00e9 que les gardes-fronti\u00e8res turcs les avaient refoul\u00e9s en compagnie de centaines, parfois de milliers, d&rsquo;autres ressortissants syriens qu&rsquo;ils avaient intercept\u00e9s. Ils ont pr\u00e9cis\u00e9 que les gardes les avaient forc\u00e9s \u00e0 retourner en territoire syrien \u00e0 un point de passage officieux situ\u00e9 \u00e0 Hatya ou en franchissant un petit barrage sur l&rsquo;Oronte appel\u00e9 le <a href=\"https:\/\/reliefweb.int\/sites\/reliefweb.int\/files\/resources\/turkey_syria_border_crossing_status_update_20171114_en.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pont de l&rsquo;amiti\u00e9<\/a>, habituellement utilis\u00e9 par les agences humanitaires.<\/p>\n<p>Human Rights Watch a obtenu des images satellite de ces deux points de passage et de quatre postes de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9quip\u00e9s de grandes tentes dress\u00e9es sur des terrains de basketball dans les environs imm\u00e9diats de la fronti\u00e8re, o\u00f9 les demandeurs d&rsquo;asile ont affirm\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s en r\u00e9tention avant d&rsquo;\u00eatre renvoy\u00e9s en Syrie.<\/p>\n<p>L&rsquo;acquisition de ces nouveaux \u00e9l\u00e9ments fait suite \u00e0 la publication le 3 f\u00e9vrier par Human Rights Watch d&rsquo;un rapport sur les <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2018\/02\/03\/turkey\/syria-border-guards-shoot-block-fleeing-syrians\">meurtres commis par la Turquie \u00e0 sa fronti\u00e8re<\/a> (v. ci-dessous) et sur les refoulements sommaires de demandeurs d&rsquo;asile entre mai et d\u00e9cembre 2017, ainsi qu&rsquo;\u00e0 des constats similaires faits en <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2015\/11\/23\/turkey-syrians-pushed-back-border\">novembre 2015<\/a> et en <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2016\/05\/10\/turquie-des-gardes-frontieres-ont-tue-et-blesse-des-demandeurs-dasile-syriens\">mai 2016<\/a><u>.<\/u><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2018\/02\/03\/turkey\/syria-border-guards-shoot-block-fleeing-syrians\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-46558 size-large\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/FrontiereTUR-SYR_HRW-1024x652.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"652\" \/><\/a><\/p>\n<p>En r\u00e9ponse au rapport du 3 f\u00e9vrier, un responsable turc de haut rang a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 la <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/article\/us-mideast-crisis-syria-turkey\/turkey-denies-report-border-guards-shot-at-fleeing-syrians-idUSKBN1FN0CP\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9ponse habituelle de son gouvernement \u00e0 de telles informations<\/a>, soulignant que la Turquie a accueilli des millions de r\u00e9fugi\u00e9s syriens. Human Rights Watch a pr\u00e9sent\u00e9 ses derni\u00e8res constatations dans une lettre envoy\u00e9e le 15 mars au ministre turc de l&rsquo;Int\u00e9rieur, sollicitant un commentaire avant le 21 mars.<\/p>\n<p>La Turquie a d\u00e9j\u00e0 accueilli plus de 3,5 millions de r\u00e9fugi\u00e9s syriens, <a href=\"http:\/\/www.unhcr.org\/tr\/en\/18768-grandi-urges-aid-turkeys-refugee-hosting-effort.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">selon <\/a>le HCR. Ce pays m\u00e9rite donc d&rsquo;\u00eatre salu\u00e9 pour sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et soutenu, et est parfaitement en droit de s\u00e9curiser sa fronti\u00e8re avec la Syrie.<\/p>\n<p>Toutefois, il incombe \u00e9galement \u00e0 la Turquie de respecter le principe international de non-refoulement, qui interdit aux pays de renvoyer quelque personne que ce soit vers un lieu o\u00f9 elle sera expos\u00e9e \u00e0 un risque r\u00e9el de pers\u00e9cution, de torture ou de traitement ou punition inhumain et d\u00e9gradant. Ce principe inclut l&rsquo;interdiction de rejeter des demandeurs d&rsquo;asile par-del\u00e0 des fronti\u00e8res o\u00f9 ils seraient expos\u00e9s \u00e0 de telles menaces. La Turquie a aussi l&rsquo;obligation de respecter les normes internationales concernant le recours \u00e0 la force l\u00e9tale, ainsi que le droit universel \u00e0 la vie et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 physique.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_border_wall.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-46559\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_border_wall-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_border_wall-225x300.jpg 225w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_border_wall-113x150.jpg 113w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/201803refugees_turkey_syria_border_wall.jpg 585w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a>En <a href=\"https:\/\/www.dailysabah.com\/politics\/2017\/12\/20\/911-km-security-wall-along-syrian-border-to-be-completed-in-spring\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">d\u00e9cembre<\/a> dernier, la Turquie avait achev\u00e9 pr\u00e8s de 800 kilom\u00e8tres sur les 911 kilom\u00e8tres pr\u00e9vus d&rsquo;une muraille destin\u00e9e \u00e0 sceller sa fronti\u00e8re avec la Syrie, consistant en un mur de b\u00e9ton et une palissade d&rsquo;acier capables de r\u00e9sister \u00e0 un tir de roquette. Les images satellite que Human Rights Watch a obtenues de la zone o\u00f9 les Syriens affirment avoir travers\u00e9 avec des passeurs clandestins montrent des secteurs non encore mur\u00e9s.<\/p>\n<p>Le refus persistant de la Turquie, depuis au moins le milieu de l&rsquo;ann\u00e9e 2015, d&rsquo;autoriser les demandeurs d&rsquo;asile syriens \u00e0 franchir la fronti\u00e8re l\u00e9galement a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 par l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2016\/11\/14\/qa-why-eu-turkey-migration-deal-no-blueprint\">accord sur la migration<\/a> controvers\u00e9 conclu en mars 2016 entre l&rsquo;UE et la Turquie afin de limiter le flux de r\u00e9fugi\u00e9s et de migrants vers l&rsquo;Union europ\u00e9enne. L&rsquo;UE devrait plut\u00f4t travailler avec la Turquie pour qu&rsquo;elle maintienne ses fronti\u00e8res ouvertes aux r\u00e9fugi\u00e9s, soutenir financi\u00e8rement les efforts de la Turquie en faveur des r\u00e9fugi\u00e9s et partager avec elle la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;accueil en accroissant les r\u00e9installations en Europe de r\u00e9fugi\u00e9s actuellement en Turquie, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab<em>L&rsquo;UE devrait cesser d&rsquo;ignorer les refoulements massifs de r\u00e9fugi\u00e9s par la Turquie<\/em>\u00bb, a affirm\u00e9 Gerry Simpson. \u00ab<em>La r\u00e9union en Bulgarie est une belle occasion pour les gouvernements et les institutions de l&rsquo;UE de changer de cap et d&rsquo;accentuer leurs efforts pour aider la Turquie \u00e0 prot\u00e9ger les r\u00e9fugi\u00e9s syriens, notamment en accroissant les r\u00e9installations de r\u00e9fugi\u00e9s sur le territoire de l&rsquo;Union.<\/em>\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><strong><em><u>Informations compl\u00e9mentaires<\/u><\/em><\/strong><\/p>\n<p>Les fronti\u00e8res terrestres de la Turquie sont prot\u00e9g\u00e9es par des unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es des Forces arm\u00e9es turques. La gendarmerie, \u00e9galement pr\u00e9sente sur les fronti\u00e8res, op\u00e8re sous l&rsquo;autorit\u00e9 du commandement des forces terrestres. Il y a aussi des postes de gendarmerie \u00e0 proximit\u00e9 des fronti\u00e8res, qui sont charg\u00e9s d&rsquo;activit\u00e9s r\u00e9guli\u00e8res de police en milieu rural. Ce rapport fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des gardes-fronti\u00e8res sans pr\u00e9ciser si ce sont des militaires ou des membres de la gendarmerie, car nombre des personnes interrog\u00e9es n&rsquo;ont pas fourni ou ne poss\u00e9daient pas d&rsquo;information sp\u00e9cifique \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p><strong>Expulsions massives r\u00e9guli\u00e8rement commises \u00e0 la fronti\u00e8re turque <\/strong><\/p>\n<p>Entre le 14 et le 20 f\u00e9vrier, Human Rights Watch a men\u00e9 des entretiens avec les 21 demandeurs d&rsquo;asile syriens qui avaient tent\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de franchir la fronti\u00e8re. Human Rights Watch les a interrog\u00e9s par t\u00e9l\u00e9phone portable et leur a expliqu\u00e9 l&rsquo;objectif de ces entretiens et donn\u00e9 l&rsquo;assurance qu&rsquo;ils resteraient anonymes. Les personnes interrog\u00e9es nous ont \u00e9galement donn\u00e9 l&rsquo;autorisation de d\u00e9crire leurs exp\u00e9riences.<\/p>\n<p>Ils ont d\u00e9crit 137 incidents \u2013 dont 107 survenus entre le 1er janvier et le 6 mars \u2013 dans lesquels les gardes-fronti\u00e8res turcs les avaient intercept\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re pr\u00e8s de la ville syrienne de Darkush et les avaient d\u00e9tenus dans des postes de s\u00e9curit\u00e9 situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9, avant de les refouler en Syrie avec des centaines, parfois des milliers, d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>Un homme originaire du gouvernorat de Deir al-Zour, qui avait fui des attaques du gouvernement syrien contre son village en septembre 2017, a d\u00e9clar\u00e9 que les gardes-fronti\u00e8res l&rsquo;avaient intercept\u00e9 neuf fois en janvier et durant la premi\u00e8re moiti\u00e9 de f\u00e9vrier, dans des zones frontali\u00e8res proches du camp pour personnes d\u00e9plac\u00e9es d&rsquo;al-Dureyya en Syrie.<\/p>\n<p>D\u00e9crivant trois de ces incidents en f\u00e9vrier, il a d\u00e9clar\u00e9:<\/p>\n<blockquote><p>Chaque fois, ils insultaient les hommes, les traitant de \u00ab<em>tra\u00eetres syriens.<\/em>\u00bb Ils ont forc\u00e9 certains \u00e0 ramasser du bois pour le feu. Puis ils nous ont tous emmen\u00e9s en camions militaires \u00e0 un terrain de basketball am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un poste de s\u00e9curit\u00e9 proche du poste fronti\u00e8re de Hatya. Il y avait aussi une grande tente. Ils nous ont tous plac\u00e9s dans cette tente, o\u00f9 ils nous ont gard\u00e9s toute la nuit. Ils ne nous ont donn\u00e9 ni nourriture ni eau et ne nous ont pas permis d&rsquo;utiliser de vraies toilettes. Nous \u00e9tions si nombreux sous la tente que nous d\u00e9bordions \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur sur le terrain de basketball. Nous \u00e9tions des centaines. Le lendemain, ils nous ont tous ramen\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re en bus.<\/p><\/blockquote>\n<p>Trois Syriens ont affirm\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9s en compagnie de milliers d&rsquo;autres. Un homme originaire d&rsquo;al-Hamediyah, qui a affirm\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9 par les gardes-fronti\u00e8res turcs \u00e0 11 reprises entre septembre et janvier, a indiqu\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait habituellement refoul\u00e9 en m\u00eame temps qu&rsquo;environ 500 autres personnes. Cependant, il a affirm\u00e9 qu&rsquo;une fois, en janvier, les gardes-fronti\u00e8res avaient donn\u00e9 des num\u00e9ros aux personnes qu&rsquo;ils avaient intercept\u00e9es alors qu&rsquo;elles tentaient de franchir la fronti\u00e8re en provenance de Syrie et qu&rsquo;il avait re\u00e7u le num\u00e9ro 3 890. Il a pr\u00e9cis\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des derniers \u00e0 monter dans un bus pour \u00eatre ramen\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re.<\/p>\n<p>De nombreuses personnes refoul\u00e9es ont mentionn\u00e9 deux points de refoulement qui, selon elles, \u00e9taient situ\u00e9s \u00e0 environ 10 et 30 minutes en voiture des postes de s\u00e9curit\u00e9 o\u00f9 les gardes-fronti\u00e8res les avaient d\u00e9tenus: l&rsquo;un \u00e9tait un point de passage frontalier officieux situ\u00e9 \u00e0 Hatya, l&rsquo;autre \u00e9tait un petit barrage sur l&rsquo;Oronte appel\u00e9 le \u00ab<em>Pont de l&rsquo;amiti\u00e9.<\/em>\u00bb Human Rights Watch a obtenu des images satellite de ces deux points de passage et de quatre postes de s\u00e9curit\u00e9 situ\u00e9s dans la zone frontali\u00e8re, o\u00f9 les demandeurs d&rsquo;asile ont indiqu\u00e9 avoir p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 en territoire turc.<\/p>\n<p>Une femme originaire du gouvernorat de Hama, qui avait tent\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de franchir la fronti\u00e8re, a d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9e six fois durant les deux premi\u00e8res semaines de f\u00e9vrier, en compagnie de groupes de 50 \u00e0 600 autres Syriens, selon ses estimations:<\/p>\n<blockquote><p>La seconde fois, vers le 4 f\u00e9vrier, les gardes-fronti\u00e8res nous ont emmen\u00e9s \u00e0 un camp militaire et nous ont plac\u00e9s dans une grande tente avec 200 autres personnes qu&rsquo;ils avaient d\u00e9j\u00e0 intercept\u00e9es. Quatre heures plus tard, vers 8h00 du matin, ils nous ont fait monter dans de gros bus et nous ont emmen\u00e9s au Pont de l&rsquo;amiti\u00e9. L\u00e0, ils nous ont dit de descendre et de retraverser le fleuve vers la Syrie.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les images satellite obtenues par Human Rights Watch confirment l&rsquo;existence de trou\u00e9es dans le mur tout au long de l&rsquo;Oronte, \u00e0 l&rsquo;ouest de la ville syrienne de Salkeen, ainsi qu&rsquo;en divers endroits situ\u00e9s entre le point sud o\u00f9 la fronti\u00e8re rejoint le fleuve et le point de passage de Hatya.<\/p>\n<p><strong>Expulsions \u00e0 partir d&rsquo;Antakya<\/strong><\/p>\n<p>Trois Syriens ont indiqu\u00e9 que la police turque les avait refoul\u00e9s, eux-m\u00eames ou des membres de leurs familles, \u00e0 partir de la ville d&rsquo;Antakya, situ\u00e9e \u00e0 environ 20 kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;ouest de la fronti\u00e8re syrienne.<\/p>\n<p>Un homme originaire du gouvernorat de Deir al-Zour a d\u00e9clar\u00e9:<\/p>\n<blockquote><p>J&rsquo;ai franchi la fronti\u00e8re de nuit avec ma femme et mes deux filles et environ 20 autres personnes fin d\u00e9cembre 2017, pr\u00e8s du camp [pour personnes d\u00e9plac\u00e9es] d&rsquo;al-Dureyya. Les gardes-fronti\u00e8res ne nous ont pas rep\u00e9r\u00e9s. Les passeurs nous ont emmen\u00e9s chez eux \u00e0 Antakya, \u00e0 environ deux heures de voiture de la fronti\u00e8re. Il y avait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 20 autres Syriens qui nous ont dit \u00eatre \u00e9galement venus de Syrie cette nuit-l\u00e0. Peu apr\u00e8s, la police turque est arriv\u00e9e. Ils nous ont emmen\u00e9s \u00e0 un poste de police o\u00f9 ils nous ont d\u00e9tenus jusqu&rsquo;au lendemain matin. Ils ont pris nos empreintes digitales et des photos de nous. Puis ils nous ont tous emmen\u00e9s dans des fourgons de police \u00e0 la fronti\u00e8re \u00e0 Bab al-Hawa et nous ont renvoy\u00e9s en Syrie.<\/p><\/blockquote>\n<p>Un homme originaire du gouvernorat de Hama a ainsi d\u00e9crit ce qu&rsquo;il \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 sa femme:<\/p>\n<blockquote><p>Les Turcs ont renvoy\u00e9 ma femme d&rsquo;Antakya \u00e0 deux reprises. Elle m&rsquo;a racont\u00e9 tout ce qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9. La premi\u00e8re fois, c&rsquo;\u00e9tait il y a une semaine [vers le 10 f\u00e9vrier]. Les passeurs clandestins l&rsquo;ont emmen\u00e9e en voiture avec une dizaine d&rsquo;autres personnes d&rsquo;un point frontalier proche de l&rsquo;Oronte \u00e0 la ville de Reyhanli, puis de l\u00e0 \u00e0 Antakya. Ils ont atteint les faubourgs d&rsquo;Antakya vers 6h00 du matin. L\u00e0, des policiers turcs ont tir\u00e9 dans les roues de la voiture pour la forcer \u00e0 s&rsquo;arr\u00eater. Ils ont pass\u00e9 le conducteur \u00e0 tabac et ont imm\u00e9diatement mis ma femme et les autres Syriens dans un fourgon de police et les ont ramen\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re \u00e0 Bab al-Hawa.<\/p>\n<p>Mon \u00e9pouse a travers\u00e9 de nouveau la fronti\u00e8re quatre jours plus tard. Les passeurs l&rsquo;ont emmen\u00e9e, en compagnie de dix autres personnes, dans une petite maison situ\u00e9e dans un village turc proche de la fronti\u00e8re, puis les ont emmen\u00e9s en voiture dans une maison \u00e0 Antakya o\u00f9 se trouvaient d\u00e9j\u00e0 environ 50 autres Syriens qui disaient \u00eatre \u00e9galement arriv\u00e9s cette nuit-l\u00e0. Soudain, des policiers turcs sont arriv\u00e9s, vers 7h00. Ils ont pris leurs noms et les ont photographi\u00e9s. Ils les ont fait monter dans un gros camion et les ont emmen\u00e9s au poste fronti\u00e8re de Bab al-Hawa. Ils les ont retenus l\u00e0-bas toute la journ\u00e9e, avant de les renvoyer en Syrie.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Quand les gardes-fronti\u00e8res tirent sur les demandeurs d&rsquo;asile <\/strong><\/p>\n<p>Neuf citoyens syriens interrog\u00e9s ont d\u00e9crit un total de 10 incidents, survenus entre septembre et mars, lors desquels les gardes-fronti\u00e8res turcs ont tir\u00e9 sur des r\u00e9fugi\u00e9s, faisant, selon eux, 14 morts et 18 bless\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 la mi-f\u00e9vrier, un homme originaire du gouvernorat de Deir al-Zour a d\u00e9clar\u00e9 que lors des cinq semaines pr\u00e9c\u00e9dentes, il avait tent\u00e9 \u00e0 quatre reprises de parvenir en Turquie avec sa femme et ses cinq enfants. Les trois premi\u00e8res fois, a-t-il dit, les gardes-fronti\u00e8res turcs les ont refoul\u00e9s. La quatri\u00e8me fois, ils ont eux-m\u00eames rebrouss\u00e9 chemin parce que les gardes-fronti\u00e8res turcs tiraient sur leur groupe alors qu&rsquo;ils approchaient de la fronti\u00e8re:<\/p>\n<blockquote><p>Alors que nous \u00e9tions \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de la fronti\u00e8re pr\u00e8s du camp [pour personnes d\u00e9plac\u00e9es] d&rsquo;al-Dureyya, les Turcs ont soudain commenc\u00e9 \u00e0 tirer sur notre groupe. Ils ont tu\u00e9 une fillette de 8 ans et bless\u00e9 deux hommes, l&rsquo;un \u00e0 la jambe, l&rsquo;autre au ventre. J&rsquo;ai aid\u00e9 celui qui avait \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 au ventre \u00e0 rebrousser chemin avec le reste de notre groupe, tandis que les autres transportaient la fillette et aidaient l&rsquo;autre homme. Plus tard, les passeurs nous ont racont\u00e9 qu&rsquo;une fille de 13 ans, appartenant \u00e0 un autre groupe qui avait tent\u00e9 de franchir la fronti\u00e8re apr\u00e8s nous, avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e dans la fusillade.<\/p><\/blockquote>\n<p>Un homme \u00e9vacu\u00e9 d&rsquo;Alep fin 2016 avec sa femme et leur b\u00e9b\u00e9 a d\u00e9clar\u00e9 avoir tent\u00e9 sans succ\u00e8s \u00e0 trois reprises de passer la fronti\u00e8re turque pr\u00e8s du camp d&rsquo;al-Dureyya en septembre 2017 et en janvier 2018, et avoir \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9 en compagnie de centaines d&rsquo;autres personnes les deux premi\u00e8res fois. Au sujet de leur troisi\u00e8me tentative, en janvier, il a d\u00e9clar\u00e9 ceci:<\/p>\n<blockquote><p>Les gardes-fronti\u00e8res ont tir\u00e9 sur nous et ont bless\u00e9 ma femme au ventre et \u00e0 une jambe. Elle \u00e9tait enceinte et le b\u00e9b\u00e9 est mort. Ils ont aussi bless\u00e9 deux hommes et un gar\u00e7on de 5 ans, qui a re\u00e7u une balle dans une jambe. Nous avons emmen\u00e9 ma femme dans un h\u00f4pital en Syrie pr\u00e8s de la fronti\u00e8re. Son c\u0153ur s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9 deux fois, mais elle a surv\u00e9cu. Ils ne pouvaient pas l&rsquo;op\u00e9rer, donc ils l&rsquo;ont envoy\u00e9e en Turquie par le poste-fronti\u00e8re de Bab al-Hawa pour une intervention chirurgicale. L\u00e0, elle a \u00e9t\u00e9 amput\u00e9e de sa jambe bless\u00e9e et le b\u00e9b\u00e9 mort a \u00e9t\u00e9 avort\u00e9. Ils ne m&rsquo;ont pas laiss\u00e9 traverser la fronti\u00e8re avec elle mais quelques jours plus tard, un passeur m&rsquo;a aid\u00e9 \u00e0 entrer en Turquie avec ma fille.<\/p><\/blockquote>\n<p>Human Rights Watch s&rsquo;est \u00e9galement entretenu avec un m\u00e9decin dans un h\u00f4pital syrien proche de la fronti\u00e8re turque \u00e0 l&rsquo;ouest de la ville d&rsquo;Idlib, qui a indiqu\u00e9 qu&rsquo;entre le 1er ao\u00fbt et le 16 f\u00e9vrier, l&rsquo;h\u00f4pital avait admis 66 personnes pr\u00e9sentant des blessures par balles et qui affirmaient avoir \u00e9t\u00e9 atteintes alors qu&rsquo;elles tentaient de franchir la fronti\u00e8re turque.<\/p>\n<p><strong>Conflit et crise humanitaire dans le gouvernorat d&rsquo;Idlib <\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.crisisgroup.org\/middle-east-north-africa\/eastern-mediterranean\/syria\/b56-averting-disaster-syrias-idlib-province\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Selon l&rsquo;ONU<\/a>, la population du Gouvernorat d&rsquo;Idlib est actuellement d&rsquo;environ 2,65 millions de personnes, sur lesquelles plus de 1,75 million sont des d\u00e9plac\u00e9s en provenance d&rsquo;autres zones de cette province ou d&rsquo;autres r\u00e9gions de Syrie, dont pr\u00e8s de <a href=\"https:\/\/reliefweb.int\/sites\/reliefweb.int\/files\/resources\/latest_developments_in_north-western_syria_20180313_final.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">400&rsquo;000 ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es depuis d\u00e9cembre.<\/a> Les civils d&rsquo;Idlib ont subi des ann\u00e9es de conflit. En septembre, les forces russes et syriennes ont lanc\u00e9 une nouvelle offensive \u00e0 Idlib, trois jours apr\u00e8s que la Russie, l&rsquo;Iran et la Turquie eurent accept\u00e9 l&rsquo;instauration d&rsquo;un cessez-le-feu et la cr\u00e9ation d&rsquo;une zone de \u00ab<em>d\u00e9sescalade<\/em>\u00bb dans la province et dans certains secteurs de Hama et d&rsquo;Alep-ouest. Human Rights Watch <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2017\/10\/31\/russia\/syria-deadly-airstrikes-trapped-civilians\">a document\u00e9<\/a> le fait que les attaques de septembre avaient frapp\u00e9 des march\u00e9s et des quartiers r\u00e9sidentiels peupl\u00e9s et avaient pouss\u00e9 des milliers de personnes \u00e0 fuir vers des sites pour d\u00e9plac\u00e9s pr\u00e8s de la fronti\u00e8re turque.<\/p>\n<p>Les hostilit\u00e9s \u00e0 Idlib ont cess\u00e9 le 8 octobre apr\u00e8s que la <a href=\"https:\/\/www.aljazeera.com\/news\/2017\/10\/erdogan-turkey-backing-fsa-rebels-idlib-push-171007134000451.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Turquie eut d\u00e9ploy\u00e9 des observateurs<\/a> sur place, mais elles ont repris <a href=\"https:\/\/news.un.org\/en\/story\/2018\/01\/640922-un-aid-wing-sounds-alarm-behalf-civilians-caught-rising-violence-northern-syria\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00e0 la fin d\u00e9cembre<\/a>. En janvier, l&rsquo;alliance militaire russo-syrienne a effectu\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.middleeasteye.net\/news\/government-air-raids-kill-33-civilians-northwest-syria-monitor-1683435670\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">des frappes a\u00e9riennes pour appuyer les troupes syriennes au sol<\/a>. Dans certaines de ces attaques, des <a href=\"http:\/\/www.bbc.com\/news\/world-middle-east-42944033\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">armes interdites<\/a> ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es et des <a href=\"https:\/\/www.doctorswithoutborders.org\/article\/syria-health-facilities-are-hit-airstrikes-idlib-%E2%80%9Cwhere-will-wounded-be-treated%E2%80%9D\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">h\u00f4pitaux<\/a> ont \u00e9t\u00e9 vis\u00e9s.<\/p>\n<p>Le 21 janvier, la Turquie a lanc\u00e9 une <a href=\"https:\/\/www.washingtonpost.com\/world\/middle_east\/turkey-says-its-troops-have-entered-syria-in-fight-against-kurdish-militias\/2018\/01\/21\/ceed2abc-fe8d-11e7-8f66-2df0b94bb98a_story.html?utm_term=.3288fed90fd6\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">offensive militaire contre la ville d&rsquo;Afrine tenue par les Kurdes<\/a><u>, <\/u>mettant \u00e9galement en danger des civils d\u00e9plac\u00e9s. Les forces turques et kurdes ont \u00e9chang\u00e9 des tirs d&rsquo;artillerie de chaque c\u00f4t\u00e9 du camp pour personnes d\u00e9plac\u00e9es d&rsquo;Atma en Syrie, sur la fronti\u00e8re turque, qui abrite 60&rsquo;000 personnes.<\/p>\n<p>Des t\u00e9moins ont affirm\u00e9 que <a href=\"http:\/\/syriadirect.org\/news\/%E2%80%98ypg-shelling%E2%80%99-hits-northwestern-idlib-displacement-camp-during-afrin-battles-rebel-spokesman\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le 6 f\u00e9vrier<\/a>, lors des combats, des obus sont tomb\u00e9s dans le camp, tuant une fillette de 8 ans et blessant sept autres civils.<\/p>\n<p>Human Rights Watch a interrog\u00e9 sept Syriens d\u00e9plac\u00e9s au sujet de cet incident. Ils ont tous d\u00e9clar\u00e9 que leurs enfants avaient \u00e9t\u00e9 terrifi\u00e9s par les tirs d&rsquo;artillerie et en avaient perdu le sommeil.<\/p>\n<p>Un homme, p\u00e8re de sept enfants, originaire de Hama, qui vivait pr\u00e8s du point d&rsquo;impact de l&rsquo;obus le 6 f\u00e9vrier, a d\u00e9clar\u00e9:<\/p>\n<blockquote><p>J&rsquo;\u00e9tais l\u00e0 quand c&rsquo;est arriv\u00e9 et je me suis pr\u00e9cipit\u00e9 pour aider. J&rsquo;ai entendu dire qu&rsquo;une fillette avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e mais je n&rsquo;ai vu que deux personnes bless\u00e9es. L&rsquo;une avait perdu un bras et une jambe et l&rsquo;autre avait perdu la vue. J&rsquo;avais tellement peur que cela arrive \u00e0 mes enfants que nous nous sommes enfuis du camp et sommes all\u00e9s nous installer dans un champ \u00e0 proximit\u00e9 du point de passage frontalier de Bab al-Hawa. Mais nous ne pouvions pas rester l\u00e0-bas tous seuls, sans aucune aide, et nous avons d\u00fb retourner au camp. Maintenant, nous vivons tous dans la peur, en permanence.<\/p><\/blockquote>\n<p>Un p\u00e8re de quatre enfants a d\u00e9clar\u00e9 que cet incident avait tellement \u00e9branl\u00e9 sa famille qu&rsquo;il \u00e9tait retourn\u00e9 dans sa ville d&rsquo;origine de Kafr Zita, dans le gouvernorat de Hama, qui \u00e9tait toujours en proie au conflit, parce que tous les autres camps de d\u00e9plac\u00e9s de la province d&rsquo;Idlib \u00e9taient pleins. Comme sa maison avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, a-t-il dit, il vivait dans un champ \u00e0 la limite de la ville et avait des difficult\u00e9s \u00e0 survivre: \u00ab<em>Il y a toujours des tirs d&rsquo;artillerie ici mais si nous devons mourir, autant mourir chez nous.<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Human Rights Watch s&rsquo;est \u00e9galement entretenu avec cinq Syriens qui s&rsquo;\u00e9taient d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises au cours des derniers mois \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du gouvernorat d&rsquo;Idlib pour s&rsquo;\u00e9loigner d&rsquo;une ligne de front mouvante et qui, \u00e0 la mi-f\u00e9vrier, vivaient aussi pr\u00e8s que possible de la fronti\u00e8re turque dans l&rsquo;espoir d&rsquo;\u00e9chapper aux combats.<\/p>\n<p>L&rsquo;ONU affirme que depuis d\u00e9cembre, les violences ont entra\u00een\u00e9 le <a href=\"https:\/\/reliefweb.int\/sites\/reliefweb.int\/files\/resources\/latest_developments_in_north-western_syria_20180313_final.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">d\u00e9placement d&rsquo;au moins 385&rsquo;000 personnes<\/a>, qui se sont ajout\u00e9es \u00e0 2,65 millions d&rsquo;autres civils, dont 1,35 million qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 la mi-f\u00e9vrier, Human Rights Watch a interrog\u00e9 deux responsables d&rsquo;organisations humanitaires travaillant dans le gouvernorat d&rsquo;Idlib. L&rsquo;un d&rsquo;eux a ainsi r\u00e9sum\u00e9 la gravit\u00e9 de la situation en mati\u00e8re humanitaire:<\/p>\n<blockquote><p>Il n&rsquo;y a plus de place nulle part pour les personnes qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es ces derniers mois. Les camps pour personnes d\u00e9plac\u00e9es sont pleins \u00e0 craquer et nous [les humanitaires] n&rsquo;avons pas les ressources n\u00e9cessaires pour subvenir de mani\u00e8re appropri\u00e9e aux besoins de base comme l&rsquo;eau, la nourriture, le chauffage, les soins m\u00e9dicaux et l&rsquo;\u00e9ducation. Les loyers ont explos\u00e9, de sorte que les gens \u00e9chouent par dizaines de milliers \u00e0 la limite des villes et des villages, dans des camps de fortune install\u00e9s dans des champs. Il est tout simplement impossible pour les agences humanitaires d&rsquo;aider tous ces gens. Au mieux, elles peuvent apporter une aide tr\u00e8s limit\u00e9e une fois de temps en temps \u00e0 quelques-uns, et ce n&rsquo;est pas fait de mani\u00e8re organis\u00e9e. La souffrance est partout, dans chaque camp et dans chaque village.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les 56 Syriens d\u00e9plac\u00e9s dans la province d&rsquo;Idlib que Human Rights Watch a interrog\u00e9s, dont 42 d\u00e9plac\u00e9s par les plus r\u00e9centes violences, ont tous d\u00e9crit les conditions extr\u00eamement difficiles auxquelles ils \u00e9taient confront\u00e9s \u00e0 Idlib les mois pr\u00e9c\u00e9dents. Les d\u00e9plac\u00e9s les plus r\u00e9cents ont d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;ils avaient entendu dire que les camps pour personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e9taient compl\u00e8tement satur\u00e9s et qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas les moyens de payer les loyers tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s pratiqu\u00e9s dans les villes et les villages de la r\u00e9gion. Ils ont en cons\u00e9quence fini par s&rsquo;installer dans des champs satur\u00e9s d&rsquo;eau dans le gouvernorat d&rsquo;Idlib, souvent en compagnie d&rsquo;autres familles, dans des tentes improvis\u00e9es faites de sacs et d&rsquo;autres mat\u00e9riaux cousus ensemble, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas les moyens de se procurer de vraies tentes.<\/p>\n<p>Ils ont d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;ils avaient des difficult\u00e9s \u00e0 trouver de la nourriture et devaient payer des prix \u00e9lev\u00e9s pour recevoir de l&rsquo;eau, livr\u00e9e par camions. En g\u00e9n\u00e9ral, ils n&rsquo;avaient vu aucun membre d&rsquo;une agence humanitaire, ou ceux qui en avaient vu ont pr\u00e9cis\u00e9 que ceux-ci n&rsquo;\u00e9taient pas en mesure de les aider, ou avaient promis de leur apporter de l&rsquo;aide mais n&rsquo;\u00e9taient pas revenus.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s turques ont <a href=\"https:\/\/reliefweb.int\/report\/syrian-arab-republic\/turkey-syria-humanitarian-dashboard-cross-border-response-jan-dec-2017\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">autoris\u00e9<\/a> les organisations humanitaires turques et internationales bas\u00e9es en Turquie \u00e0 passer en Syrie et \u00e0 se joindre aux organisations syriennes, pour distribuer des tentes et d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;assistance humanitaire aux Syriens d\u00e9plac\u00e9s dans les camps situ\u00e9s dans la zone frontali\u00e8re. Human Rights Watch a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;autoriser une telle aide tr\u00e8s n\u00e9cessaire \u00e0 travers la fronti\u00e8re \u00e9tait important, mais que cela n&rsquo;exemptait pas la Turquie de son obligation d&rsquo;autoriser les civils syriens qui fuient les combats \u00e0 se mettre \u00e0 l&rsquo;abri sur son territoire.<\/p>\n<p><strong>Le silence de l&rsquo;UE <\/strong><\/p>\n<p>Human Rights Watch a document\u00e9 que, depuis <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2015\/11\/23\/turkey-syrians-pushed-back-border\">au moins la mi-ao\u00fbt 2015<\/a>, les gardes-fronti\u00e8res turcs, charg\u00e9s d&rsquo;appliquer la d\u00e9cision prise par le pays en mars 2015 de fermer sa fronti\u00e8re, ont refoul\u00e9 des Syriens qui tentaient d&rsquo;entrer en territoire turc. En avril et en <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2016\/05\/10\/turquie-des-gardes-frontieres-ont-tue-et-blesse-des-demandeurs-dasile-syriens\">mai<\/a> 2016, Human Rights Watch a document\u00e9 le fait que les gardes-fronti\u00e8res turcs ont ouvert le feu sur des demandeurs d&rsquo;asile syriens qui tentaient de p\u00e9n\u00e9trer en Turquie et les ont pass\u00e9s \u00e0 tabac, ce qui a occasionn\u00e9s <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2016\/04\/20\/turkey-open-border-displaced-syrians-shelled-government\">des morts et de graves blessures<\/a>, et qu&rsquo;ils ont renvoy\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2016\/04\/14\/turkey-open-borders-syrians-fleeing-isis\">en Syrie ceux qui avaient r\u00e9ussi \u00e0 passer<\/a>. En f\u00e9vrier 2018, Human Rights Watch a fait \u00e9tat de <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2018\/02\/03\/turkey\/syria-border-guards-shoot-block-fleeing-syrians\">nouveaux meurtres, de blessures et de refoulements <\/a>s&rsquo;\u00e9tant produits durant la seconde moiti\u00e9 de 2017.<\/p>\n<p>Le 20 mai 2016, Human Rights Watch a <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/news\/2016\/05\/20\/un-press-turkey-open-border\">appel\u00e9 les \u00c9tats membres de l&rsquo;ONU<\/a> et les agences de l&rsquo;ONU participant au Sommet humanitaire mondial \u00e0 Istanbul \u00e0 insister aupr\u00e8s des autorit\u00e9s turques pour qu&rsquo;elles rouvrent la fronti\u00e8re turque aux demandeurs d&rsquo;asile syriens. Mais ni la Commission europ\u00e9enne ni un seul \u00c9tat membre de l&rsquo;Union europ\u00e9enne \u2013 ni aucun autre pays \u2013 n&rsquo;ont fait publiquement pression sur la Turquie pour qu&rsquo;elle le fasse, tandis que les agences de l&rsquo;ONU sont \u00e9galement rest\u00e9es publiquement silencieuses.<\/p>\n<p>Le silence de la communaut\u00e9 internationale \u2013 et en particulier de l&rsquo;UE \u2013 face \u00e0 la violation par la Turquie du principe de base du droit international en mati\u00e8re de r\u00e9fugi\u00e9s revient \u00e0 tol\u00e9rer les abus commis \u00e0 sa fronti\u00e8re par la Turquie.<\/p>\n<p>Le refus de l&rsquo;UE d&rsquo;accueillir davantage de demandeurs d&rsquo;asile et de r\u00e9fugi\u00e9s syriens contribue \u00e9galement \u00e0 la pression \u00e0 laquelle la Turquie se sent soumise. L&rsquo;UE devrait promptement remplir ses propres engagements de reloger des demandeurs d&rsquo;asile syriens et d&rsquo;autres nationalit\u00e9s actuellement bloqu\u00e9s en Gr\u00e8ce et, conjointement avec d&rsquo;autres pays, devrait \u00e9galement \u00e9largir les canaux s\u00fbrs et l\u00e9gaux par lesquels les demandeurs d&rsquo;asile peuvent atteindre des destinations s\u00fbres \u00e0 partir de la Turquie, y compris en accroissant les r\u00e9installations de r\u00e9fugi\u00e9s, les admissions \u00e0 titre humanitaire, les octrois de visas, notamment humanitaires, et en facilitant les r\u00e9unifications familiales.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les forces de s\u00e9curit\u00e9 turques ont r\u00e9guli\u00e8rement intercept\u00e9 des centaines, parfois des milliers, de demandeurs d\u2019asile \u00e0 la fronti\u00e8re turco-syrienne depuis au moins d\u00e9cembre 2017 et les ont expuls\u00e9s sommairement vers le gouvernorat d\u2019Idlib \u2013 zone ravag\u00e9e par la guerre \u2013 en Syrie, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch aujourd\u2019hui. Les gardes-fronti\u00e8res turcs ont tir\u00e9 sur des demandeurs d\u2019asile qui tentaient d\u2019entrer en Turquie de mani\u00e8re clandestine par l\u2019interm\u00e9diaire de passeurs, faisant des morts et des bless\u00e9s, et ont refoul\u00e9 vers Idlib des Syriens r\u00e9cemment arriv\u00e9s dans la ville turque d\u2019Antakya, situ\u00e9e \u00e0 30 kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re syrienne.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":46557,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160,155,162],"tags":[310,1159,994,464],"ve_numero":[],"pays":[340,270],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-46556","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-documentation","category-publications","tag-accords-migratoires","tag-documentation","tag-frontieres","tag-refoulement","pays-syrie","pays-turquie","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/46556","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=46556"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/46556\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media\/46557"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=46556"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=46556"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=46556"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=46556"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=46556"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=46556"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=46556"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}