{"id":4787,"date":"2012-06-04T14:15:27","date_gmt":"2012-06-04T14:15:27","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=4787"},"modified":"2021-08-26T14:11:52","modified_gmt":"2021-08-26T12:11:52","slug":"vol-special-que-sont-ils-devenus-le-webdoc-est-en-ligne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2012\/06\/04\/vol-special-que-sont-ils-devenus-le-webdoc-est-en-ligne\/","title":{"rendered":"VOL SPECIAL | Que sont-ils devenus? Le webdoc est en ligne"},"content":{"rendered":"<h3><em>\u00abApr\u00e8s chaque d\u00e9part par vol sp\u00e9cial, nous sommes rest\u00e9s en contact avec les d\u00e9tenus. Nous avons donc d\u00e9cid\u00e9 de continuer \u00e0 les suivre dans leur pays d\u2019origine et filmer leur vie apr\u00e8s l\u2019expulsion.\u00bb<\/em> La cam\u00e9ra de Fernand Melgar nous emm\u00e8ne sur les pas de ceux que la Suisse a choisi d&rsquo;expulser par vol sp\u00e9cial, et de filmer les cons\u00e9quences concr\u00e8tes d&rsquo;une politique intransigeante et des lois vot\u00e9es par une majorit\u00e9 de Suisses.<\/h3>\n<p><a href=\"http:\/\/www.volspecial.ch\/fr\/webdoc\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00e9couvrir le webdoc<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/volspecial.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4790\" title=\"volspecial\" src=\"http:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/volspecial.jpg\" alt=\"\" width=\"908\" height=\"812\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/volspecial.jpg 908w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/volspecial-300x268.jpg 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/volspecial-150x134.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px\" \/><\/a>GEORDRY<br \/>\nFils d\u2019un opposant politique assassin\u00e9, Geordry doit fuir le Cameroun et d\u00e9pose une demande d\u2019asile en Suisse. Ses motifs de pers\u00e9cution sont jug\u00e9s peu vraisemblables. Suite \u00e0 une d\u00e9cision n\u00e9gative, il est amen\u00e9 \u00e0 Frambois. Expuls\u00e9 par vol sp\u00e9cial \u00e0 Yaound\u00e9, il est incarc\u00e9r\u00e9 d\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 la prison centrale de Kondengui, tristement connue pour ses pratiques de torture. Pour des raisons non \u00e9claircies, des \u00e9l\u00e9ments compromettants de sa demande d\u2019asile en suisse ont \u00e9t\u00e9 remis aux autorit\u00e9s camerounaises.<\/p>\n<p>RAGIP<br \/>\nAncien saisonnier, Ragip a travaill\u00e9 20 ans en Suisse o\u00f9 il a pay\u00e9 des imp\u00f4ts et cotis\u00e9 aux assurances sociales. Expuls\u00e9 par vol sp\u00e9cial au Kosovo, il est rong\u00e9 d\u2019inqui\u00e9tude pour ses 3 enfants et sa femme qui vivent cach\u00e9s. Pendant la d\u00e9tention de Ragip et \u00e0 la demande du D\u00e9partement de la s\u00e9curit\u00e9, de la police et de l\u2019environnement genevois, le D\u00e9partement de l\u2019instruction publique a confirm\u00e9 la derni\u00e8re adresse connue d\u2019un de ses enfants inscrits \u00e0 l\u2019\u00e9cole publique. L\u2019adresse transmise s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e caduque.<\/p>\n<p>JETON<br \/>\nRom du Kosovo r\u00e9fugi\u00e9 en Allemagne, Jeton est arr\u00eat\u00e9 et emprisonn\u00e9 pour s\u00e9jour ill\u00e9gal en Suisse pendant sa proc\u00e9dure de mariage. Suite au d\u00e9c\u00e8s du requ\u00e9rant nig\u00e9rian, les vols sp\u00e9ciaux sont temporairement suspendus et Jeton est lib\u00e9r\u00e9 de Frambois. Il rejoint sa fianc\u00e9e et peut se marier in extremis en d\u00e9cembre 2010. Il b\u00e9n\u00e9ficie alors d\u2019un regroupement familial et donc d\u2019une admission provisoire en Suisse. Depuis le 1er janvier 2011, la Suisse interdit les mariages sur son territoire aux sans papiers, m\u00eame avec un conjoint suisse.<\/p>\n<p>SERGE<br \/>\nRequ\u00e9rant d\u00e9bout\u00e9, Serge a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 par vol sp\u00e9cial \u00e0 Kinshasa en RDC et d\u00e9pouill\u00e9 par la police locale de tous ses bagages et de son argent \u00e0 son arriv\u00e9e. Traumatis\u00e9 par le vol, sans le sou, sans famille et sans attache sur place, il vit dans la plus grande des mis\u00e8res. Depuis une ann\u00e9e, il se rend r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019ambassade suisse pour essayer de r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019argent qu\u2019il a cotis\u00e9 aux assurances sociales lorsqu\u2019il travaillait \u00e0 Gen\u00e8ve. Il est sans nouvelles de sa fille rest\u00e9e en Suisse.<\/p>\n<p>JULIUS<br \/>\nLors du vol sp\u00e9cial, Julius a dit \u00e0 maintes reprises aux policiers zurichois en charge de son entravement qu\u2019il avait un probl\u00e8me au genou. Suite au d\u00e9c\u00e8s du Nig\u00e9rian qui est mort \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s \u00e0 l\u2019a\u00e9roport, Julius est lib\u00e9r\u00e9. Il a gard\u00e9 de graves s\u00e9quelles physiques li\u00e9es \u00e0 son entravement. Pour avoir \u00e9t\u00e9 ligot\u00e9 trop fort, son tendon a l\u00e2ch\u00e9. Fin 2010, il a subi une premi\u00e8re op\u00e9ration au genou mais risque de rester partiellement handicap\u00e9.<\/p>\n<p>ALAIN<br \/>\nAlain, syndicaliste menac\u00e9, fuit la RDC et demande l\u2019asile \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve. Il ne verra jamais la Suisse autrement qu\u2019au travers des barreaux d\u2019une cellule. Apr\u00e8s \u00eatre rest\u00e9 enferm\u00e9 2 mois \u00e0 l\u2019a\u00e9roport pendant sa proc\u00e9dure d\u2019asile, il est amen\u00e9 \u00e0 Frambois apr\u00e8s une r\u00e9ponse n\u00e9gative. Expuls\u00e9 8 mois plus tard, il s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 en Angola. Selon lui, les policiers suisses ont transmis aux autorit\u00e9s congolaises son dossier d\u2019asile contenant des informations compromettantes pour lui et ses proches.<\/p>\n<p>WANDIFA<br \/>\nWandifa habite en Gambie, dans un petit village. Il est \u00e9lev\u00e9 par son oncle et sa tante dans une maisonn\u00e9e d\u2019une vingtaine de personnes. A sa majorit\u00e9, Wandifa est \u00ab \u00e9lu\u00bb par son oncle pour partir en Europe. Il part sur une pirogue avec 80 autres personnes. Ils se perdent en mer et le voyage qui dure 9 jours se fait dans des conditions extr\u00eamement difficiles. Arriv\u00e9s aux Canaries, il est transf\u00e9r\u00e9 en Espagne. Il devient rapidement un requ\u00e9rant d\u2019asile d\u00e9bout\u00e9 en Suisse. Il travaille tant bien que mal et effectue n\u2019importe quel petit boulot qui lui permet d\u2019envoyer mensuellement de l\u2019argent \u00e0 sa famille en Gambie. Il est arr\u00eat\u00e9 et d\u00e9tenu \u00e0 Frambois pendant 16 mois. Durant sa d\u00e9tention, il cumule les diff\u00e9rents travails possibles au sein de la prison et arrive \u00e0 gagner 300 CHF (250 euros)\u00a0 par mois qu\u2019il continue d\u2019envoyer \u00e0 sa famille. En prison, il d\u00e9veloppe sa musique. Il \u00e9crit d\u2019ailleurs des chansons sur les th\u00e8mes de la migration et de l\u2019incarc\u00e9ration. Il est expuls\u00e9 en Gambie en septembre 2010.\u00a0 Sa famille n\u2019est pas contente car elle s\u2019\u00e9tait cotis\u00e9e pour lui payer le voyage et l\u2019argent qu\u2019il envoyait depuis la Suisse leur permettait de se nourrir et de payer les soins m\u00e9dicaux. Son renvoi est vu comme un \u00e9chec migratoire. Wandifa rend d\u2019ailleurs visite r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 sa famille, mais n\u2019habite plus avec eux. Il continue \u00e0 \u00e9crire sa musique et trouve m\u00eame un studio d\u2019enregistrement pour faire son premier single.<\/p>\n<p>PITCHOU<br \/>\nIl y a plus de 15 ans, Pitchou d\u00e9pose une demande d\u2019asile en Suisse. Elle est rejet\u00e9e en 1998, mais comme il n\u2019existe aucun accord de r\u00e9admission avec la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo (RDC), les autorit\u00e9s suisses ne peuvent pas le renvoyer. Pendant ces ann\u00e9es, il habite Lausanne. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il travaille en tant que coiffeur, qu\u2019il cr\u00e9e son r\u00e9seau social et qu\u2019il rencontre sa fianc\u00e9e et m\u00e8re de son fils, Christ-Vie. Un matin de d\u00e9cembre 2009, deux policiers en civil frappent au domicile de la famille. Ils expliquent \u00e0 Pitchou qu\u2019il doit se rendre au Service de la Population pour un probl\u00e8me administratif. Pitchou embrasse sa fianc\u00e9e et son fils, \u00e2g\u00e9 alors d\u2019un mois et demi et suit les policiers. Il n\u2019arrivera jamais au Service de la Population. Il est conduit devant la Justice de Paix et est incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 Frambois en vue de son expulsion. C\u2019est depuis cette prison qu\u2019il est amen\u00e9 plus tard \u00e0 Vevey. Cha\u00eenes aux pieds et aux poignets, humili\u00e9, il traverse la ville jusqu\u2019au Service de l\u2019Etat Civil. En effet, il veut finir les d\u00e9marches li\u00e9es \u00e0 la reconnaissance en paternit\u00e9 de son fils qu\u2019il avait entreprises avant son incarc\u00e9ration. Le 2 mars 2010, un jour avant un vol sp\u00e9cial qui doit emmener Pitchou \u00e0 destination de Kinshasa, un revirement de situation se produit. Suite \u00e0 une forte pression m\u00e9diatique et \u00e0 une mobilisation de militants, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, Pitchou est lib\u00e9r\u00e9. Il rejoint alors sa fianc\u00e9e et son fils. Il trouve un logement modeste pour sa famille \u00e0 Aigle. Il obtient un permis provisoire et se met \u00e0 la recherche d\u2019un travail. Pitchou le sait, il fait figure d\u2019exception parmi les d\u00e9tenus de Frambois. Mais sa situation reste pr\u00e9caire : avec leur admission provisoire, lui est sa famille peuvent se faire expulser \u00e0 tout moment.<\/p>\n<p>JEAN-MICHEL CLAUDE<br \/>\nAvant d\u2019\u00eatre \u00e0 Frambois, il a \u00e9t\u00e9 le directeur de la plus grande prison p\u00e9nale de Gen\u00e8ve, Champ-Dollon, dont il a \u00e9t\u00e9 \u00e9vinc\u00e9, suite \u00e0 un s\u00e9v\u00e8re rapport d\u2019experts d\u00e9non\u00e7ant son obsession s\u00e9curitaire et des m\u00e9thodes de gestion autoritaires, propos qu\u2019il a toujours jug\u00e9 exag\u00e9r\u00e9s. Mis alors au placard huit ann\u00e9es durant au D\u00e9partement de justice et police \u2013entre temps rebaptis\u00e9 des institutions-, Jean-Michel Claude a cependant obtenu la possibilit\u00e9 de reprendre des \u00e9tudes et de faire un master en administration publique \u00e0 Lausanne. Mais son horizon professionnel \u00e9tait bouch\u00e9 et il a postul\u00e9 \u00e0 58 reprises en interne sans succ\u00e8s.<br \/>\nLa nomination de Jean-Michel Claude \u00e0 Frambois co\u00efncide avec le lancement d\u2019une proc\u00e9dure, par ses soins, aupr\u00e8s du Tribunal de premi\u00e8re instance pour harc\u00e8lement moral, de multiples affrontements et proc\u00e9dures, ayant eu lieu durant toutes ces ann\u00e9es, notamment concernant sa gestion administrative de Champ-Dollon. Il reprend ainsi en 2008 la direction de Frambois dans un contexte explosif, o\u00f9 le centre est de surcro\u00eet la cible de vives critiques de la part des milieux de d\u00e9fense des droits de l&rsquo;homme et de la Commission des visiteurs officiels. Aujourd\u2019hui, Il est tr\u00e8s fier de son travail \u00e0 Frambois, de son \u00e9quipe, du Centre et de son approche qu\u2019il qualifie de \u00ab sociale \u00bb car, dans les autres prisons, comme \u00e0 Zurich, les m\u00e9thodes utilis\u00e9es sont beaucoup plus dures, avec un taux de r\u00e9ussite de renvoi plus faible qu\u2019\u00e0 Frambois\u2026 On peut dire que Jean-Michel Claude a r\u00e9alis\u00e9 son r\u00eave car, \u00e0 la vue de ses bons r\u00e9sultats, une d\u00e9cision des parlementaires genevois a \u00e9t\u00e9 prise en septembre 2011 lui permettant de lancer un projet d\u2019agrandissement pour augmenter les places de d\u00e9tention administrative \u00e0 Frambois de 25 \u00e0 200\u2026<\/p>\n<p>DENIS<br \/>\nGendarme en France pendant 32 ans, Denis s\u2019occupait alors de mineurs ou de toxicomanes. Une fois \u00e0 la retraite, de son propre aveu, il tournait en rond \u00e0 la maison\u2026 Il est ainsi arriv\u00e9 \u00e0 Frambois en 2007 pour s\u2019occuper et s\u2019est rapidement retrouv\u00e9 chef d\u2019unit\u00e9. Denis trouve son travail tr\u00e8s \u00e9panouissant. Pour lui qui n\u2019a quasiment jamais voyag\u00e9, le contact avec les d\u00e9tenus lui donne le sentiment de voyager\u2026<\/p>\n<p>ADULA\u00cf<br \/>\nOriginaire de Guin\u00e9e-Bissau, Adula\u00ef a grandi au Portugal puis est venu \u00e0 Gen\u00e8ve dans les ann\u00e9es 90 pour poursuivre sa carri\u00e8re de footballeur. Il y a fond\u00e9 une famille et est rest\u00e9 en Suisse. Il a travaill\u00e9 en tant que m\u00e9diateur interculturel pour une association qui militait pour l\u2019int\u00e9gration des \u00e9trangers \u00e0 Gen\u00e8ve. En 2004, il rejoint Frambois en tant que surveillant. \u00ab Mon c\u00f4t\u00e9 militant dirait que j\u2019aime mieux que ce soit moi ici plut\u00f4t qu\u2019un autre \u00bb, affirme-t-il. Les d\u00e9tenus africains se m\u00e9fient de lui et pensent qu\u2019il est charg\u00e9 d\u2019identifier leur nationalit\u00e9 pour mieux les renvoyer. En tant qu\u2019Africain, Adula\u00ef dit \u00eatre contre les renvois forc\u00e9s. Il sait que le retour au bled les mains vides, pour la plupart, c\u2019est du suicide.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/volspecial.fr\/le-film\/que-sont-ils-devenus\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/volspecial.fr\/le-film\/que-sont-ils-devenus\/<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Apr\u00e8s chaque d\u00e9part par vol sp\u00e9cial, nous sommes rest\u00e9s en contact avec les d\u00e9tenus. 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