{"id":58949,"date":"2020-05-19T11:48:45","date_gmt":"2020-05-19T09:48:45","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=58949"},"modified":"2021-08-29T22:32:04","modified_gmt":"2021-08-29T20:32:04","slug":"j-c-metraux-la-sante-mentale-des-personnes-migrantes-au-temps-du-confinement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2020\/05\/19\/j-c-metraux-la-sante-mentale-des-personnes-migrantes-au-temps-du-confinement\/","title":{"rendered":"J.-C. M\u00e9traux | La sant\u00e9 mentale des personnes migrantes au temps du confinement"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\"><a href=\"http:\/\/jcmetraux.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Jean-Claude M\u00e9traux<\/a>, psychiatre d\u2019enfants et d\u2019adolescents, co-cr\u00e9ateur de l\u2019association <a href=\"https:\/\/www.appartenances.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Appartenances<\/a>, s&rsquo;int\u00e9resse aux cons\u00e9quences psychiques des deux mois de semi-confinement sur les personnes migrantes qu&rsquo;il a pu rencontrer. Dans cet article r\u00e9dig\u00e9 pour <em>Vivre Ensemble<\/em>\u00a0(asile.ch) et le groupe\u00a0<em><span class=\"sc_item_title_text\"><a href=\"http:\/\/www.masm.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">M\u00e9decins Actions Sant\u00e9 Migrant\u00b7e\u00b7s<\/a>, <\/span><\/em>il \u00e9voque le quotidien des familles, d&rsquo;adolescent.e.s, de personnes traumatis\u00e9es par la guerre, surtout celles vivant en appartement. Les restreindre dans leurs mouvements a comme un air de d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu. Le sentiment d\u2019isolement se renforce face \u00e0 des directives dans une langue non maitris\u00e9e, un syst\u00e8me scolaire inintelligible, un r\u00e9seau de soignant.e.s diminu\u00e9. Alors que les proc\u00e9dures d\u2019asile continuent leur cadence, les personnes seules voient s\u2019\u00e9vanouir le petit r\u00e9seau qui les entoure. L\u2019angoisse se renforce. Paradoxalement, ce temps suspendu permet \u00e9galement de r\u00e9duire la menace du renvoi, qui reprendra aussit\u00f4t que les fronti\u00e8res s\u2019entrouvriront \u00e0 nouveau. Seul r\u00e9confort alors, exprim\u00e9e par les personnes rencontr\u00e9es: pendant ce moment, elles auront v\u00e9cu quelque chose en commun avec la population suisse.<\/span><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>La sant\u00e9 mentale des personnes migrantes au temps du confinement<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Jean-Claude M\u00e9traux*<\/strong><\/p>\n<h5 style=\"text-align: left;\"><em>\u00a0\u00a0 *Psychiatre d\u2019enfants et d\u2019adolescents FMH, membre de M\u00e9decins \u2013 Action \u2013 Sant\u00e9 \u2013 Migrants (<a href=\"http:\/\/www.masm.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">vers leur site<\/a>)<\/em><\/h5>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but du confinement, s&rsquo;est pos\u00e9e la question des effets sp\u00e9cifiques du Covid 19 et du semi-confinement sur la sant\u00e9 mentale des migrants. J\u2019ai sans cesse repouss\u00e9 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de r\u00e9pondre aux sollicitations de r\u00e9diger un article voire d&rsquo;alerter la population \u00e0 ce propos. Aujourd\u2019hui, alors que les enfants sont retourn\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole et que la vie \u00e9conomique a en grande partie repris, je me vois dans l\u2019obligation de r\u00e9pondre enfin \u00e0 ces attentes.<\/p>\n<p>Pourquoi ai-je tant tard\u00e9\u00a0? De fait, cette t\u00e2che s\u2019av\u00e9rait beaucoup plus compliqu\u00e9e que je ne l\u2019avais pr\u00e9vu. Les cons\u00e9quences psychiques d\u2019une situation particuli\u00e8re, de plus in\u00e9dite, n\u2019apparaissent qu\u2019au bout d\u2019un certain temps et il aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9somptueux d\u2019en faire pr\u00e9cocement la liste. M\u00eame aujourd\u2019hui, pr\u00e8s de deux mois apr\u00e8s l\u2019annonce des mesures du Conseil f\u00e9d\u00e9ral, il reste difficile, si ce n\u2019est impossible, d\u2019en dresser un tableau g\u00e9n\u00e9ral. N\u2019y \u00e9tant pas all\u00e9 ou n\u2019y ayant pas acc\u00e8s, je n\u2019ai par exemple pas la moindre id\u00e9e de l\u2019impact de cette crise du coronavirus sur les requ\u00e9rants d\u2019asile vivant dans le contexte singulier des centres de Boudry et de Vallorbe. De plus, chez les migrants rencontr\u00e9s au cours de cette p\u00e9riode, les exp\u00e9riences sont si diverses que leur illustration par une seule vignette n\u2019aurait pas le moindre sens. Finalement, je dois l\u2019avouer, je me suis toujours d\u2019abord int\u00e9ress\u00e9, dans l\u2019\u00e9criture, aux parall\u00e8les pouvant \u00eatre tiss\u00e9s entre les v\u00e9cus des personnes affect\u00e9es par un ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0; plut\u00f4t que de monter en \u00e9pingle, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une vignette, une situation unique d\u00e9pourvue de toute repr\u00e9sentativit\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le temps \u00e9coul\u00e9 est suffisamment long, les rencontres r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019intervalle suffisamment nombreuses pour que je puisse parler en connaissance de cause d\u2019une part des migrants habitant en appartement, d\u2019autre part de ceux menac\u00e9s de renvoi.<\/p>\n<h3><strong>Les couples et les familles avec des enfants en bas \u00e2ge<\/strong><\/h3>\n<p>La plupart des familles migrantes log\u00e9es dans un appartement, en particulier celles avec des enfants de moins de douze ans, ont respect\u00e9 tr\u00e8s strictement les mesures de confinement, allant m\u00eame au-del\u00e0 des recommandations f\u00e9d\u00e9rales\u00a0: leurs angoisses, li\u00e9es au virus, ont eu tendance \u00e0 d\u00e9passer la moyenne et \u00e9taient associ\u00e9es souvent \u00e0 une peur visc\u00e9rale d\u2019\u00eatre admonest\u00e9es dans la rue par la police\u00a0; l\u2019incertitude \u00e9tait d\u2019autant plus p\u00e9nible que les adultes ne parlant pas notre langue n\u2019avaient pas acc\u00e8s, comme j\u2019ai pu \u00e0 plusieurs reprises le v\u00e9rifier, aux informations fournies par les autorit\u00e9s, par exemple les mesures \u00e9chelonn\u00e9es de d\u00e9confinement dont la reprise le 11 mai de l\u2019\u00e9cole. Leurs conditions de vie n\u2019\u00e9taient cependant gu\u00e8re adapt\u00e9es \u00e0 un confinement s\u00e9v\u00e8re\u00a0: appartements petits, souvent sans balcon\u00a0; absence d\u2019outils informatiques n\u00e9cessaires aux enfants pour faire l\u2019\u00e9cole \u00e0 la maison risquant ainsi de compromettre leur futur scolaire \u2013 certains enseignants, mais de loin pas tous, ont magnifiquement palli\u00e9 ce probl\u00e8me en amenant les t\u00e2ches au domicile des familles. Ce contexte a \u00e9t\u00e9 propice pour certains, essentiellement des hommes et des enfants, \u00e0 une passivit\u00e9 accrue, un \u00e9norme ennui que la t\u00e9l\u00e9vision et les consoles ne parvenaient \u00e0 combler. Dans d\u2019autres familles, parfois les m\u00eames, des tensions sont apparues ou se sont exacerb\u00e9es d\u00e9bouchant sur des conflits, des cris et le m\u00e9contentement des voisins. J\u2019ai observ\u00e9 chez beaucoup un sentiment tr\u00e8s fort d\u2019isolement, leur r\u00e9seau social, parfois essentiellement constitu\u00e9 de professionnels \u2013 assistant social, psy, m\u00e9decin, enseignant \u2013, s\u2019\u00e9tant \u00e9vanoui.<\/p>\n<p>Quelques personnes, celles qui ont l\u2019habitude de vivre la plupart du temps dehors pour \u00e9vacuer la nervosit\u00e9 ou fuir les tensions conjugales, qui tendent \u00e0 parcourir nos rues \u00e0 longueur de journ\u00e9e, hyperfragiles psychiquement, avaient un tel besoin d\u2019air qu\u2019elles se sont montr\u00e9es au contraire incapables de se plier aux consignes. Elles se sont constamment mises en danger\u00a0; leur conjoint \/ conjointe, inquiet pour leur sant\u00e9, se mettait en col\u00e8re plus encore qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e\u00a0; certaines ont v\u00e9ritablement d\u00e9compens\u00e9 et les urgences psychiatriques ont d\u00fb \u00eatre sollicit\u00e9es.<\/p>\n<p>J\u2019ai aussi pu observer chez celles et ceux ayant v\u00e9cu la guerre, m\u00eame il y a tr\u00e8s longtemps, m\u00eame lorsqu\u2019ils b\u00e9n\u00e9ficient aujourd\u2019hui d\u2019un permis de s\u00e9jour stable en Suisse, que les mesures prises par notre gouvernement avaient r\u00e9veill\u00e9 des souvenirs traumatiques\u00a0: la claustration chez soi, la fermeture des fronti\u00e8res, la n\u00e9cessit\u00e9 de se m\u00e9fier et de se prot\u00e9ger de l\u2019autre leurs rappelaient la Bosnie, le Kosovo, l\u2019Afghanistan ou la Syrie. Au point parfois de d\u00e9velopper des id\u00e9es que l\u2019on pourrait qualifi\u00e9es de parano\u00efaques ou, dans le langage m\u00e9diatique \u00e0 la mode, de th\u00e9ories du complot, telles: \u00ab\u00a0Ils ont sem\u00e9 ce coronavirus pour tuer les vieux qui co\u00fbtent trop cher\u00a0\u00bb. Bref, un langage de guerre.<\/p>\n<h3><strong>Les familles avec des adolescents<\/strong><\/h3>\n<p>Les parents d\u2019adolescents comme les adolescents eux-m\u00eames ont souvent eu la vie dure. Cela a aussi \u00e9t\u00e9 le cas dans de nombreuses familles \u00ab\u00a0bien de chez nous\u00a0\u00bb. Le confinement, surtout s\u2019il fut excessivement strict, a priv\u00e9 les jeunes de leur espace de libert\u00e9 (pr\u00e9sent d\u2019ordinaire sur le chemin de l\u2019\u00e9cole ou \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation, m\u00eame quand les limites parentales aux sorties sont importantes). Les filles, par exemple, qui profitaient de ces instants pour rencontrer leurs copains ou draguer des gar\u00e7ons \u00e0 l\u2019insu des parents, se sont retrouv\u00e9es interdites de privacit\u00e9. Vue\u00a0la promiscuit\u00e9 de ces familles, m\u00eame de secrets messages WhatsApp pouvaient \u00eatre d\u00e9masqu\u00e9s et une liaison cach\u00e9e,\u00a0transgressant\u00a0parfois\u00a0des r\u00e8gles parentales\u00a0contraignantes, d\u00e9couverte.<\/p>\n<p>Dans ces situations, et j\u2019en ai vu plusieurs au cours de cette p\u00e9riode, les risques d\u2019une v\u00e9ritable explosion familiale sont immenses. Avec, en sus, en raison des politiques institutionnelles li\u00e9es au Covid-19, la quasi impossibilit\u00e9 d\u2019un placement ou d\u2019une hospitalisation. L\u2019absence ou l\u2019\u00e9loignement du r\u00e9seau d\u2019intervenants a \u00e9t\u00e9 parfois cruel\u00a0: faire des entretiens efficients par Skype ou Zoom en pareilles circonstances constitue une v\u00e9ritable prouesse.<\/p>\n<h3><strong>Les personnes vivant seules ou habitant un foyer pour requ\u00e9rants d\u2019asile<\/strong><\/h3>\n<p>Certains requ\u00e9rants d\u2019asile vivent seuls, que ce soit dans un appartement ou dans une chambre d\u2019un foyer de l\u2019EVAM<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[1<\/a><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">]<\/a> \u2013 tel un homme, souffrant d\u2019un handicap, renvoy\u00e9 dans un tel foyer suite \u00e0 des violences familiales. Leur solitude fut extr\u00eame. Leurs troubles d\u00e9pressifs pr\u00e9existant, s\u2019il y en avait, se sont exacerb\u00e9s. D\u00e8s lors, dans une recherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de liens, les contacts avec la famille demeur\u00e9e au pays et la qu\u00eate de nouvelles sur les avances de la pand\u00e9mie dans celui-ci sont devenus leur passe-temps favori, accroissant encore leurs angoisses, cette fois pour les leurs. La prolongation du confinement, pour eux, aurait eu des cons\u00e9quences catastrophiques.<\/p>\n<p>J\u2019ai n\u00e9anmoins rencontr\u00e9 trop peu de monde, durant cet intervalle, habitant dans un foyer pour en d\u00e9gager de probantes tendances quant \u00e0 leur v\u00e9cu de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. Juste une impression\u00a0: de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019homme cit\u00e9 ci-dessus que le handicap emp\u00eachait pratiquement de sortir de sa chambre, le fait de vivre dans un centre pour requ\u00e9rants d\u2019asile a pr\u00e9venu un trop grand isolement et d\u2019une certaine mani\u00e8re a frein\u00e9 l\u2019apparition de cons\u00e9quences psychiques du confinement.<\/p>\n<h3><strong>Quelques r\u00e9flexions<\/strong><\/h3>\n<p>Beaucoup de personnes migrantes, incertaines quant \u00e0 leur destin en Suisse, ayant au cours des ann\u00e9es v\u00e9cu une succession d\u2019\u00e9v\u00e9nements traumatiques ou dont le pays d\u2019origine est encore le th\u00e9\u00e2tre de conflits arm\u00e9s sont dans ce que j\u2019appelle un <em>\u00e9tat de survie. <\/em>En permanent \u00e9tat d\u2019alerte, <em>hypervigilants<\/em>, leur temporalit\u00e9 est fig\u00e9e\u00a0: ils sont fix\u00e9s sur le pr\u00e9sent, le scrutant dans ses moindres d\u00e9tails afin d\u2019y d\u00e9celer tout danger. On peut donc suspecter qu\u2019ils \u00e9taient mieux pr\u00e9par\u00e9s que nous, autochtones, \u00e0 l\u2019irruption du coronavirus, son omnipr\u00e9sence dans les m\u00e9dias et les conversations, cet asservissement de notre futur aux statistiques morbides du lendemain, \u00e0 la prochaine prise de parole d\u2019Alain Berset ou de Daniel Koch. Mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, le danger de la contagion a encore fortifi\u00e9 leurs m\u00e9canismes de survie, leur interdisant toute projection dans l\u2019avenir, f\u00fbt-elle minime. Cet an\u00e9antissement de tout futur (m\u00eame les verbes ne sont plus conjugu\u00e9s \u00e0 ce temps) compromet \u2013 le mot est bien faible \u2013 toute pr\u00e9paration \u00e0 un \u00e9ventuel renvoi, toute possibilit\u00e9 d\u2019imaginer une alternative \u00e0 un tr\u00e8s long exil entre Gen\u00e8ve et Kreuzlingen (d\u2019autant plus que l\u2019id\u00e9e d\u2019un voyage, tourisme ou retour au pays, par les temps qui courent angoisse n\u2019importe qui, d\u00e9sertant tout projet estival). En m\u00eame temps \u2013 cela a \u00e9t\u00e9 abondamment soulign\u00e9 \u2013 les proc\u00e9dures d\u2019asile, tant les auditions que les d\u00e9cisions du <abbr class='c2c-text-hover' title='Secr\u00e9tariat d&#039;\u00c9tat aux migrations'>SEM<\/abbr> et du <abbr class='c2c-text-hover' title='Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral'>TAF<\/abbr><a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[2]<\/a>, ne se sont pas interrompues. Deux temporalit\u00e9s, l\u2019une fig\u00e9e, l\u2019autre lin\u00e9aire et progressive, entrent ainsi en collision, tel un TGV heurtant de plein fouet un train en panne. On peine \u00e0 imaginer les d\u00e9g\u00e2ts dans le cerveau des personnes en exil. Sans oublier que l\u2019atmosph\u00e8re du confinement est propice aux pens\u00e9es qui tournent en boucle\u00a0: chez eux, l\u2019\u00e9pouvante d\u2019un renvoi \u00e0 tr\u00e8s court terme.<\/p>\n<p>A l\u2019oppos\u00e9, nos fronti\u00e8res scell\u00e9es ont sans aucun doute rassur\u00e9 certains. \u00ab\u00a0Au moins b\u00e9n\u00e9ficions-nous d\u2019un r\u00e9pit\u00a0\u00bb. Pour eux, le d\u00e9confinement progressif s\u2019apparentera \u00e0 une descente aux enfers.<\/p>\n<p>Signalons un autre \u00ab\u00a0avantage\u00a0\u00bb, pour les personnes migrantes, de cette bizarre \u00ab\u00a0parenth\u00e8se\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Pour une fois, nous sommes toutes et tous \u00e0 \u00e9galit\u00e9 face \u00e0 ce danger. Pour une fois nous avons tous peur de la m\u00eame chose. Pour une fois, les fronti\u00e8res sont pour tous closes\u00a0\u00bb. Pour une fois peut-\u00eatre, effectivement, appartenons-nous presque au m\u00eame monde.<\/p>\n<p>Ce sentiment d\u2019\u00eatre enfin un peu <em>m\u00eames<\/em> sans aucun doute fait du bien \u00e0 beaucoup.<\/p>\n<h5><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[1]<\/a> \u00c9tablissement Vaudois d\u2019Accueil des Migrants<br \/>\n<a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[2]<\/a> SEM\u00a0: Secr\u00e9tariat d\u2019Etat aux migrations\u00a0; TAF\u00a0: Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral<\/h5>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Claude M\u00e9traux, psychiatre d\u2019enfants et d\u2019adolescents, co-cr\u00e9ateur de l\u2019association Appartenances, s&rsquo;int\u00e9resse aux cons\u00e9quences psychiques des deux mois de semi-confinement sur les personnes migrantes qu&rsquo;il a pu rencontrer. Jean-Claude M\u00e9traux, psychiatre d\u2019enfants et d\u2019adolescents, co-cr\u00e9ateur de l\u2019association Appartenances, s&rsquo;int\u00e9resse aux cons\u00e9quences psychiques des deux mois de semi-confinement sur les personnes migrantes qu&rsquo;il a pu rencontrer. Dans un article, r\u00e9dig\u00e9 pour Vivre Ensemble\u00a0(asile.ch) et le groupe\u00a0M\u00e9decins Actions Sant\u00e9 Migrant\u00b7e\u00b7s, il \u00e9voque le quotidien des familles, d&rsquo;adolescent.e.s, de personnes traumatis\u00e9es par la guerre, surtout celles vivant en appartement. Les restreindre dans leurs mouvements a comme un air de d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu. Il \u00e9voque le quotidien des familles, d&rsquo;adolescent.e.s, de personnes traumatis\u00e9es par la guerre, surtout celles vivant en appartement. 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