{"id":59312,"date":"2020-06-23T08:00:15","date_gmt":"2020-06-23T06:00:15","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=59312"},"modified":"2021-08-26T13:45:28","modified_gmt":"2021-08-26T11:45:28","slug":"le-courrier-violences-a-chevrilles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2020\/06\/23\/le-courrier-violences-a-chevrilles\/","title":{"rendered":"Le Courrier | Violences \u00e0 Chevrilles"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Trois requ\u00e9rants d&rsquo;asile portent plainte contre les entreprises de s\u00e9curit\u00e9 mandat\u00e9es par le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat aux migrations (<abbr class='c2c-text-hover' title='Secr\u00e9tariat d&#039;\u00c9tat aux migrations'>SEM<\/abbr>) et actives au centre f\u00e9d\u00e9ral d&rsquo;asile de Chevrilles (<em>Giffers<\/em> en allemand). Les trois plaignants accusent les agents de s\u00e9curit\u00e9 de violences physiques et d&rsquo;agressions fr\u00e9quentes envers les habitants du centre. Le Courrier relaie les t\u00e9moignages d&rsquo;Ali, Mohamed et Abdalim, victimes des violences dans le centre de Chevrilles, ainsi que ceux de deux agents de s\u00e9curit\u00e9, qui d\u00e9plorent leurs conditions de travail, qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0lamentables\u00a0\u00bb, ainsi qu&rsquo;une formation insuffisante du personnel de s\u00e9curit\u00e9. <\/span><span class=\"accroche\">Les agressions dans le centre de Chevrilles ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9es par <a href=\"https:\/\/solidaritetattes.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Solidarit\u00e9 Tattes<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/DroitDeResterFribourg\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Droit De Rester Fribourg<\/a> dans la newsletter publi\u00e9e le 18 juin 2020 et <a href=\"https:\/\/asile.ch\/2020\/06\/19\/centre-federal-de-giffers-les-requerants-dasile-sont-en-danger-en-suisse\/\">relay\u00e9e sur notre site<\/a>. <\/span><span class=\"accroche\">Ces trois plaintes surviennent en m\u00eame temps que l&rsquo;enqu\u00eate de la WOZ et de la SRF sur les violences dans le centre f\u00e9d\u00e9ral d&rsquo;asile de B\u00e2le et <a href=\"https:\/\/asile.ch\/2020\/05\/27\/violences-denoncees-au-centre-federal-de-bale-un-systeme-incrimine\/\">dont nous nous faisions l&rsquo;\u00e9cho le 27 mai 2020<\/a>.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><em>En lien, le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 de la RTS a diffus\u00e9 un reportage le 19 juin 2020 o\u00f9 les victimes prennent la parole et un agent de s\u00e9curit\u00e9 t\u00e9moigne. A revoir <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/play\/tv\/19h30\/video\/fr-trois-requerants-dasile-brisent-le-silence-a-chevrilles-et-accusent-un-agent-de-detention-de-les-avoir-violentes?id=11414681&amp;fbclid=IwAR3yz627lfc5onbVR-ZvIuuVvmM3o9QH4cZ5PNx34Jryjg7kLDOdpAQxKwI\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">sur le site de la RTS<\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em>Nous reproduisons ci-dessous <a href=\"https:\/\/lecourrier.ch\/2020\/06\/18\/malaise-a-chevrilles\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l&rsquo;article de Julie Jeannet \u00ab\u00a0Violences \u00e0 Chevrilles\u00a0\u00bb publi\u00e9 par Le Courrier<\/a> le 18 juin 2020.<\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>[caption id=\"attachment_59314\" align=\"alignright\" width=\"244\"]<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-59314\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Le-Courrier.png\" alt=\"\" width=\"244\" height=\"294\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Le-Courrier.png 488w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Le-Courrier-249x300.png 249w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Le-Courrier-124x150.png 124w\" sizes=\"auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px\" \/> Cet article a \u00e9t\u00e9 reproduit gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aimable autorisation du quotidien Le Courrier. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 cet article ne doit pas faire oublier que l\u2019information a un co\u00fbt et ce sont les abonn\u00e9-e-s au Courrier qui garantissent son ind\u00e9pendance[\/caption]<\/p>\n<h2 class=\"c-Article-titre\">Violences \u00e0 Chevrilles<\/h2>\n<p><strong>Trois plaintes p\u00e9nales ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es contre des agents de s\u00e9curit\u00e9 mandat\u00e9s par le Secr\u00e9tariat d\u2019Etat aux migrations \u00e0 Chevrilles (FR). Des vigiles d\u00e9noncent une banalisation de la violence. <\/strong><\/p>\n<p><span class=\"c-Article-metaDate\">Jeudi 18 juin 2020<\/span> | <span class=\"c-Article-metaJournaliste\"><a class=\"c-Article-breadcrumb-tagsLink\" href=\"https:\/\/lecourrier.ch\/auteur\/julie-jeannet\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Julie Jeannet<\/a><\/span><\/p>\n<p>Ils ont d\u00e9cid\u00e9 de briser le silence assourdissant qui r\u00e8gne au lieu dit la Gouglera. Trois requ\u00e9rants d\u2019asile ont port\u00e9 plainte contre les entreprises de s\u00e9curit\u00e9 mandat\u00e9es par le Secr\u00e9tariat d\u2019Etat aux migrations (SEM) au Centre f\u00e9d\u00e9ral de Chevrilles (Giffers en allemand), situ\u00e9 en Haute-Singine (FR). Les trois hommes confient avoir \u00e9t\u00e9 victimes de violences physiques de la part d\u2019agents de s\u00e9curit\u00e9. Bless\u00e9s, ils ont \u00e9t\u00e9 pris en charge par les urgences de l\u2019h\u00f4pital de Fribourg, photos et constats m\u00e9dicaux \u00e0 l\u2019appui. Des employ\u00e9s de la s\u00e9curit\u00e9 font \u00e9tat d\u2019une banalisation de la violence dans le centre.<\/p>\n<p>Le 4 mai, vers 17\u2009h\u200915, Ali rentre \u00e0 la Gouglera apr\u00e8s s\u2019\u00eatre rendu \u00e0 Fribourg. Lui qui a \u00e9t\u00e9 atteint du Covid souffre encore de vertiges et souhaite se coucher. Il attend que le service de s\u00e9curit\u00e9 le fouille et effectue le protocole d\u2019entr\u00e9e dans le centre. D\u2019apr\u00e8s ses propos, les agents l\u2019ignorent et le font attendre trente longues minutes. Malade, il s\u2019impatiente, cogne contre la vitre et demande aux vigiles de faire leur travail. Vex\u00e9s par cette interpellation, deux agents l\u2019auraient pouss\u00e9 au sol et rou\u00e9 de coups.<\/p>\n<p><strong>En sang devant le centre<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLorsque j\u2019ai dit au personnel de s\u00e9curit\u00e9 de faire leur travail, ils ont r\u00e9agi comme si je les avais insult\u00e9s, raconte Ali. Je leur ai dit d\u2019arr\u00eater, que j\u2019avais du mal \u00e0 respirer. Ils ont r\u00e9pondu qu\u2019ils n\u2019en avaient rien \u00e0 faire.\u00bb L\u2019homme raconte avoir err\u00e9 la t\u00eate en sang devant le b\u00e2timent, Il aurait appel\u00e9 la police qui lui aurait r\u00e9pondu qu\u2019il devait n\u00e9gocier lui-m\u00eame avec les vigiles son retour dans le centre.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide d\u2019un autre requ\u00e9rant, il parvient \u00e0 prendre le bus pour Fribourg, mais perd connaissance avant d\u2019arriver aux urgences. Des militaires l\u2019escortent jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Apr\u00e8s quelques heures en observation, l\u2019h\u00f4pital paie un taxi pour le ramener \u00e0 la Gouglera. Aux portes du centre, il se serait vu refuser l\u2019entr\u00e9e et aurait pass\u00e9 la nuit sur un banc. \u00abPourquoi les autorit\u00e9s nous traitent-elles ainsi?\u00bb s\u2019interroge-t-il.<\/p>\n<p>Cette m\u00eame journ\u00e9e du 4 mai, Mohamed affirme avoir aussi subi l\u2019ire de vigiles. Il fait la sieste dans sa chambre lorsque deux agents lui demandent d\u2019\u00e9vacuer les lieux. L\u2019un d\u2019eux lui fait remarquer que sa chambre est sale, Mohamed d\u00e9crit un ton agressif et injurieux. Il s\u2019en plaint aupr\u00e8s du directeur du centre. Lorsqu\u2019il sort de l\u2019entretien, deux agents le prennent \u00e0 part. L\u2019un l\u2019aurait attrap\u00e9 \u00e0 la gorge, tandis que l\u2019autre lui aurait pris les pieds pour le sortir du b\u00e2timent. Il est soudain pris d\u2019une crise d\u2019\u00e9pilepsie.<\/p>\n<p>\u00abAu lieu de me venir en aide, les agents ont ri. J\u2019ai march\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la route, mais j\u2019ai perdu connaissance. Je me suis r\u00e9veill\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.\u00bb Le constat m\u00e9dical mentionne une marque d\u2019\u00e9tranglement au niveau du cou. Selon la version des agents, Mohammed aurait \u00e9t\u00e9 \u00abagress\u00e9 par un ami\u00bb. Celui-ci affirme pourtant que des t\u00e9moins \u00e9taient pr\u00e9sents. \u00abLes agressions sont tr\u00e8s fr\u00e9quentes, personne n\u2019ose rien dire. D\u2019autres gens viendront apr\u00e8s nous, je porte plainte pour que cela ne se reproduise plus.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Hospitalis\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Abdalim marche difficilement avec des b\u00e9quilles depuis sa sortie de l\u2019h\u00f4pital le 7&nbsp;mai. Il consid\u00e8re que des vigiles de Chevrilles ont \u00abbousill\u00e9 sa vie\u00bb. \u00abUne bagarre a \u00e9clat\u00e9, moi je discutais tranquillement avec d\u2019autres et on m\u2019a demand\u00e9 de rentrer dans ma chambre.\u00bb Abdalim ne s\u2019est peut-\u00eatre pas ex\u00e9cut\u00e9 aussi rapidement que le souhaitait le personnel de s\u00e9curit\u00e9. Il affirme avoir \u00e9t\u00e9 violemment pouss\u00e9 contre une vitre, qui s\u2019est bris\u00e9e sous le choc et l\u2019a gri\u00e8vement bless\u00e9 \u00e0 la jambe.<\/p>\n<p>Le verre a sectionn\u00e9 plusieurs tendons, ce qui a n\u00e9cessit\u00e9 une op\u00e9ration et une hospitalisation de cinq jours. \u00abJ\u2019ai travers\u00e9 23&nbsp;pays, tout \u00e7a pour perdre l\u2019usage de ma jambe en Suisse\u00bb, lance l\u2019homme en col\u00e8re. D\u2019apr\u00e8s les agents, il aurait perdu l\u2019\u00e9quilibre et serait tomb\u00e9 de lui-m\u00eame sur la vitre.<\/p>\n<p>La police fribourgeoise affirme \u00eatre intervenue une trentaine de fois au centre f\u00e9d\u00e9ral de Chevrilles en 2020. Depuis janvier 2019, quatre plaintes p\u00e9nales ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es pour des l\u00e9sions corporelles simples. Les enqu\u00eates sont en cours. D\u2019apr\u00e8s nos informations, le personnel impliqu\u00e9 dans ces agressions serait toujours en poste \u00e0 Chevrilles. Contact\u00e9, le SEM affirme prendre la situation tr\u00e8s au s\u00e9rieux mais n\u2019est pas autoris\u00e9 \u00e0 commenter les affaires en cours.<\/p>\n<p>La Gouglera n\u2019est pas le seul centre d\u2019asile concern\u00e9 par la violence. Mi-mai, l\u2019\u00e9mission al\u00e9manique Rundschau et la Wochenzeitung d\u00e9noncent une violence structurelle au sein du centre f\u00e9d\u00e9ral d\u2019asile de B\u00e2le. Viviane Luisier, de l\u2019association Solidarit\u00e9 Tattes, consid\u00e8re ces agressions comme l\u2019une des cons\u00e9quences de la nouvelle proc\u00e9dure d\u2019asile. Elle d\u00e9nonce la concentration des requ\u00e9rants dans des centres f\u00e9d\u00e9raux. \u00abLes r\u00e9fugi\u00e9s sont soumis \u00e0 un r\u00e9gime carc\u00e9ral, loin des centres urbains. Je crains que ces centres deviennent des zones de non-droit.\u00bb<\/p>\n<hr>\n<div class=\"o-Encadre o-Encadre--center\">\n<h2>\u00abTol\u00e9rance z\u00e9ro\u00bb<\/h2>\n<p>Les requ\u00e9rants d\u2019asile ne sont pas seuls \u00e0 juger la situation intol\u00e9rable. Des employ\u00e9s des entreprises de s\u00e9curit\u00e9 mandat\u00e9es par la Conf\u00e9d\u00e9ration, Securitas et Protectas, jugent \u00e9galement certains comportements inacceptables. R\u00e9volt\u00e9s par l\u2019attitude de certains de leurs coll\u00e8gues, deux ont d\u00e9cid\u00e9 de t\u00e9moigner anonymement.<\/p>\n<p>\u00abCe printemps, la situation est devenue tr\u00e8s tendue. Certains agents sont all\u00e9s trop loin\u00bb, confie Julien*. \u00abLe personnel de s\u00e9curit\u00e9 est tr\u00e8s peu form\u00e9. Il faut de l\u2019exp\u00e9rience pour immobiliser un individu. Les interventions dont je suis t\u00e9moins sont tr\u00e8s \u2018sales\u2019, elles peuvent souvent blesser les personnes que l\u2019on cherche \u00e0 immobiliser\u00bb, relate Paul*. Il d\u00e9plore aussi une attitude r\u00e9pressive. \u00abDans les sc\u00e9narios d\u2019exercice, les requ\u00e9rants d\u2019asile sont pr\u00e9sent\u00e9s comme des gens violents en qui nous ne pouvons pas avoir confiance.\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les deux agents, le recours \u00e0 la violence serait r\u00e9guli\u00e8rement valoris\u00e9 au d\u00e9triment du dialogue. \u00abOn nous demande d\u2019appliquer la tol\u00e9rance z\u00e9ro, sans nous expliquer ce que cela signifie. Lorsque quelque chose ne va pas, on ne cherche pas \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, on tape dedans\u00bb, constate Paul. Le SEM explique que le personnel a pour instruction de d\u00e9samorcer verbalement les diff\u00e9rends chaque fois que cela est possible. La contrainte est sens\u00e9e n\u2019\u00eatre utilis\u00e9 qu\u2019en dernier recours. Pour Paul, cette th\u00e9orie est peu mise en pratique. \u00abLors de notre formation, on nous a dit qu\u2019il fallait recourir dans un premier temps \u00e0 la strat\u00e9gie de d\u00e9sescalade, mais il n\u2019y a aucun protocole.\u00bb<\/p>\n<p>Le SEM affirme que le recours \u00e0 des mesures coercitives non proportionn\u00e9es n\u2019est pas tol\u00e9r\u00e9 et sanctionn\u00e9e. Les vigiles peuvent se voir interdire de fournir des services au nom du SEM si des comportements ill\u00e9gaux ou intol\u00e9rables sont identifi\u00e9s. La responsabilit\u00e9 d\u2019\u00e9ventuelles autres sanctions revient aux entreprises de s\u00e9curit\u00e9. \u00abLorsque les \u00e9v\u00e9nements d\u00e9rapent, les rapports sont r\u00e9dig\u00e9s par les agents eux-m\u00eames. Ils y mettent ce qu\u2019ils veulent et sont couverts par la hi\u00e9rarchie\u00bb, commente Paul. Les deux vigiles affirment avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de sc\u00e8nes lors desquelles certains de leurs coll\u00e8gues ont envenim\u00e9 la situation, en provoquant les requ\u00e9rants d\u2019asile. \u00abOn place des humains sous la surveillance d\u2019enfants, c\u2019est d\u00e9plorable.\u00bb JJT<\/p>\n<p>*Pr\u00e9nom fictif.<\/p>\n<hr>\n<h2>\u00abNos conditions de travail sont lamentables\u00bb<\/h2>\n<p>Maigre salaire, contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, horaires \u00e9reintants, planification tardive, le tableau que d\u00e9crivent les agents de s\u00e9curit\u00e9 est peu reluisant. \u00abLes journ\u00e9es de treize heures, les horaires qui fluctuent, les services de nuit qui s\u2019encha\u00eenent, \u00e7a fatigue et \u00e7a rend agressif, t\u00e9moigne Julien*. Depuis que je travaille dans le centre d\u2019asile de Chevrilles, j\u2019ai vu beaucoup de casse: des burn-out, des accidents, du harc\u00e8lement. La gestion du personnel est catastrophique.\u00bb<\/p>\n<p>Il affirme ne pas \u00eatre serein, en raison du manque de mat\u00e9riel. \u00abJ\u2019ai un coll\u00e8gue de 20&nbsp;ans qui a travaill\u00e9 sans gilet de protection. A plusieurs reprises, je n\u2019ai pas eu de spray au poivre durant mes services et je n\u2019avais pas de radio portative.\u00bb S\u2019il n\u2019excuse pas la violence, Julien pointe du doigt les entreprises de s\u00e9curit\u00e9 mandat\u00e9es par la Conf\u00e9d\u00e9ration qui visent \u00e0 maximiser les profits. \u00abNous ne sommes pas suffisamment form\u00e9s pour g\u00e9rer une telle pression. Il ne faut pas la m\u00eame formation pour surveiller un parking que pour encadrer une population qui va du nourrisson \u00e0 la grand-m\u00e8re.\u00bb, regrette-t-il.<\/p>\n<p>Une nouvelle convention de travail dans le domaine de la s\u00e9curit\u00e9 est entr\u00e9e en vigueur le 1er&nbsp;juin. Si les salaires d\u2019entr\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 augment\u00e9s de 0,5 \u00e0 1% et le travail limit\u00e9 \u00e0 deux cent dix&nbsp;heures par mois, ces am\u00e9liorations restent tr\u00e8s insuffisantes pour le syndicat Unia. \u00abLes conditions de travail offertes par le SEM et le manque de formation sont extr\u00eamement probl\u00e9matiques. Les adjudications des mandats de s\u00e9curit\u00e9 reposent essentiellement sur le prix, non sur la comp\u00e9tence et la formation des agents\u00bb, regrette Arnaud Bouverat, secr\u00e9taire syndical.<\/p>\n<p>\u00abUne formation solide constitue le seul rempart contre les violences. Economiser dans ce domaine n\u2019est pas anodin: cela entra\u00eene un danger pour la s\u00e9curit\u00e9 des habitants des centres et celle du personnel de s\u00e9curit\u00e9\u00bb d\u00e9nonce-t-il. JJT<\/p>\n<p>*Pr\u00e9nom fictif.<\/p>\n<\/div>\n<p><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trois requ\u00e9rants d&rsquo;asile portent plainte contre les entreprises de s\u00e9curit\u00e9 mandat\u00e9es par le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat aux migrations (<abbr class='c2c-text-hover' title='Staatliches Sekretariat f\u00fcr Migration'>SEM<\/abbr>) et actives au centre f\u00e9d\u00e9ral d&rsquo;asile de Chevrilles (Giffers en allemand). Les trois plaignants accusent les agents de s\u00e9curit\u00e9 de violences physiques et d&rsquo;agressions fr\u00e9quentes envers les habitants du centre. 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