{"id":97211,"date":"2024-05-14T18:33:13","date_gmt":"2024-05-14T16:33:13","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=97211"},"modified":"2024-05-14T18:34:25","modified_gmt":"2024-05-14T16:34:25","slug":"swissinfo-participer-aux-jeux-olympiques-sans-pays-a-representer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/de\/2024\/05\/14\/swissinfo-participer-aux-jeux-olympiques-sans-pays-a-representer\/","title":{"rendered":"Swissinfo | An den Olympischen Spielen teilnehmen ohne ein Land zu vertreten"},"content":{"rendered":"<blockquote class=\"wp-block-quote has-large-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00abJ\u2019en r\u00eave jour et nuit. Cela me trotte dans la t\u00eate en permanence. C\u2019est mon objectif principal et je ferai tout ce qu\u2019il faut pour l\u2019atteindre.\u00bb<\/p>\n<cite>Habtom Amaniel<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><span class=\"accroche\">Les guerres et les dictatures n&rsquo;\u00e9pargnent pas les athl\u00e8tes. Une fois obtenu le statut de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7es, ils ne peuvent plus repr\u00e9senter leur pays d\u2019origine, ni leur nouveau pays d&rsquo;accueil, tant qu&rsquo;ils n&rsquo;en ont pas la nationalit\u00e9. C&rsquo;est notamment le cas, en Suisse, de Habtom Amaniel, qui a fui l&rsquo;\u00c9rythr\u00e9e, et de Baddredin Wais, r\u00e9fugi\u00e9 de Syrie. La solution est venue de l\u2019\u00e9quipe olympique des r\u00e9fugi\u00e9s, explique le journaliste Jan Camenzind Broomby, dans un article paru dans Swissinfo. Depuis 2016, l&rsquo;\u00e9quipe olympique permet \u00e0 des athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s de concourir sur la sc\u00e8ne olympique.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;article <a href=\"https:\/\/www.swissinfo.ch\/fre\/vivre-vieillir\/refugies-participer-aux-jo-sans-pays-a-representer\/75828144\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Participer aux Jeux olympiques sans pays \u00e0 repr\u00e9senter <\/a> est paru le 12 mai 2024 sur swissinfo.ch. Le texte et les photos sont de de Jan Camenzind Broomby. Nous les remercions de nous avoir autoris\u00e9 \u00e0 le publier. <\/em><\/p>\n\n\n<div\n    class=\"c-block--box  is-box--\">\n    <div class=\"c-block--box-inner\">\n        \n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Participer aux Jeux olympiques sans pays \u00e0 repr\u00e9senter<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Deux athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s en Suisse esp\u00e8rent participer aux Jeux olympiques de Paris au sein de l\u2019\u00e9quipe olympique des r\u00e9fugi\u00e9s. Cr\u00e9\u00e9e en 2016, cette \u00e9quipe est pass\u00e9e de dix \u00e0 pr\u00e8s de trente membres.\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"6000\" height=\"4000\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Habtom-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-97214\" style=\"width:858px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Habtom-3.png 6000w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Habtom-3-300x200.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Habtom-3-150x100.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 6000px) 100vw, 6000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Habtom Amaniel \u00e0 l&rsquo;entrainement. SWI swissinfo.ch<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019arriver en Suisse, Habtom Amaniel n\u2019osait m\u00eame pas songer aux Jeux olympiques. Pour lui qui a grandi en \u00c9rythr\u00e9e aux c\u00f4t\u00e9s de 12 fr\u00e8res et s\u0153urs, le r\u00eave de devenir athl\u00e8te professionnel semblait hors de port\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abJe savais que je voulais \u00eatre coureur, mais je vivais dans un petit village. Il n\u2019y avait pas de structure, pas de club, pas d\u2019entra\u00eeneur, se souvient l\u2019homme de 33 ans. Je courais surtout pour aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Dix kilom\u00e8tres aller, dix kilom\u00e8tres retour.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Confortablement assis dans sa tenue de course l\u00e9g\u00e8re, Habtom Amaniel nous re\u00e7oit dans un centre d\u2019entra\u00eenement de son lieu d\u2019adoption, le canton de Vaud.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est d\u00e9sormais l\u2019un des quatre athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s qui vivent et s\u2019entra\u00eenent en Suisse. \u00c0 quelques mois des JO de Paris, Habtom Amaniel esp\u00e8re repr\u00e9senter l\u2019\u00e9quipe olympique des r\u00e9fugi\u00e9s du Comit\u00e9 international olympique (CIO), avec l\u2019ambition de rapporter une m\u00e9daille en Suisse.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un d\u00e9but pr\u00e9coce<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si Habtom Amaniel n\u2019a d\u00e9but\u00e9 son entra\u00eenement qu\u2019apr\u00e8s son arriv\u00e9e en Suisse, bien souvent les athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 des sportives et sportifs confirm\u00e9s dans leur pays d\u2019origine avant d\u2019\u00eatre contraints de fuir.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la ville syrienne d\u2019Alep, Baddredin Wais a commenc\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 des comp\u00e9titions cyclistes r\u00e9gionales \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans. Cadet d\u2019une fratrie de sept enfants, il a \u00e9t\u00e9 incit\u00e9 par sa famille \u00e0 se lancer dans le cyclisme.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abJ\u2019ai vol\u00e9 un v\u00e9lo \u00e0 mon fr\u00e8re\u00bb, raconte cet homme de 33 ans avec un sourire ironique, assis dans un caf\u00e9 des rues tranquilles de la capitale suisse, Berne. \u00abJ\u2019ai parfois eu des probl\u00e8mes avec lui.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Baddredin Wais a \u00e9t\u00e9 le premier coureur syrien junior \u00e0 se qualifier pour les championnats du monde \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans, un succ\u00e8s qui l\u2019a catapult\u00e9 dans l\u2019\u00e9quipe nationale syrienne. \u00abJe r\u00eavais d\u2019aller aux Jeux olympiques et de devenir professionnel\u00bb, se souvient-il. Son r\u00eave a toutefois \u00e9t\u00e9 \u00e9touff\u00e9 par la guerre civile qui fait rage dans le pays depuis 2011.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"5088\" height=\"3392\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Baddredin-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-97215\" style=\"width:805px\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Baddredin-2.png 5088w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Baddredin-2-300x200.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Baddredin-2-150x100.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 5088px) 100vw, 5088px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Baddredin Wais avec son v\u00e9lo.\u00a0SWI swissinfo.ch<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Contraints de fuir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les manifestations du Printemps arabe \u2013 la vague d\u2019appels \u00e0 la d\u00e9mocratie et au changement de r\u00e9gime qui a balay\u00e9 l\u2019Afrique du Nord et le Moyen-Orient \u2013 ont \u00e9t\u00e9 violemment r\u00e9prim\u00e9es en Syrie. Le pays a rapidement sombr\u00e9 dans la guerre civile.<\/p>\n\n\n\n<p>Les amis de Baddredin Wais sont morts ou ont \u00e9t\u00e9 contraints de s\u2019engager dans l\u2019arm\u00e9e. La moiti\u00e9 de l\u2019\u00e9quipe nationale qu\u2019il \u00e9tait fier d\u2019avoir int\u00e9gr\u00e9e a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e. \u00abLe m\u00eame \u00e2ge, le m\u00eame r\u00eave, la m\u00eame passion\u2026 soudain, j\u2019ai appris qu\u2019ils \u00e9taient morts\u00bb, se souvient-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Le conflit l\u2019a \u00e9galement touch\u00e9 directement. Il a d\u00e9cid\u00e9 de fuir la Syrie en 2014, apr\u00e8s l\u2019attaque du bus qu\u2019il empruntait pour se rendre \u00e0 l\u2019universit\u00e9 par des combattants impliqu\u00e9s dans la guerre civile. Il a travers\u00e9 la fronti\u00e8re terrestre avec le Liban, est pass\u00e9 par la Turquie puis la Gr\u00e8ce avant d\u2019atteindre la Suisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Habtom Amaniel a quant \u00e0 lui \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019exil par les politiques oppressives du gouvernement \u00e9rythr\u00e9en. Forc\u00e9 de rejoindre l\u2019arm\u00e9e \u00e9rythr\u00e9enne, il s\u2019est ensuite retrouv\u00e9 emprisonn\u00e9 pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e apr\u00e8s avoir interrog\u00e9 ses sup\u00e9rieurs sur la corruption au sein de l\u2019arm\u00e9e. \u00abIl n\u2019y avait pas d\u2019issue. J\u2019avais l\u2019impression que soit je mourrais l\u00e0, soit je devais partir\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9chapp\u00e9 de justesse aux soldats, il a march\u00e9 durant trois jours pour franchir la fronti\u00e8re avec le Soudan. De l\u00e0, il a atteint l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Le voyage est p\u00e9rilleux pour beaucoup. Contre de l\u2019argent, des passeurs criminels trouv\u00e9s par bouche-\u00e0-oreille font franchir les fronti\u00e8res \u00e0 des personnes en exil comme Habtom Amaniel et Baddredin Wais.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abC\u2019est un commerce parfois brutal, avec un prix humain \u00e9lev\u00e9\u00bb, commente Anja Klug, repr\u00e9sentante de l\u2019antenne suisse du Haut commissariat pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Hoher Fl\u00fcchtlingskommissar der Vereinten Nationen'>HCR<\/abbr>). Ces passeurs se soucient souvent davantage de leur portefeuille que de la vie des personnes r\u00e9fugi\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abIls \u00e9taient arm\u00e9s, vous tiraient dessus si vous parliez\u00bb, se souvient Habtom Amaniel. Il a vu des personnes avec lesquelles il avait voyag\u00e9 \u00eatre tra\u00een\u00e9es hors des voitures et tu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une nouvelle vie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les sommets alpins surplombant le lac L\u00e9man et s\u2019\u00e9levant dans le ciel sont l\u2019une des premi\u00e8res choses que Baddredin Wais a remarqu\u00e9es lorsqu\u2019il \u00e9tait assis dans le train, \u00e9trangement silencieux, au d\u00e9part de l\u2019a\u00e9roport de Gen\u00e8ve. Il avait pris l\u2019avion depuis la Gr\u00e8ce et se rendait \u00e0 Lausanne pour s\u00e9journer chez un ami syrien rencontr\u00e9 au d\u00e9but de sa carri\u00e8re de cycliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Il esp\u00e9rait d\u2019abord s\u2019installer en Belgique, mais a rapidement d\u00e9cid\u00e9 de demander le statut de r\u00e9fugi\u00e9 en Suisse. L\u2019ordre et la propret\u00e9 du pays l\u2019ont attir\u00e9, ainsi que sa neutralit\u00e9 et sa r\u00e9putation de paix.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s des mois de voyage, il a finalement trouv\u00e9 un logement. \u00abC\u2019\u00e9tait le d\u00e9but d\u2019une nouvelle vie\u00bb, se souvient-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment initial d\u2019exaltation d\u2019avoir atteint un pays s\u00fbr n\u2019est pas n\u00e9gligeable, mais le d\u00e9fi est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9. De nombreuses personnes r\u00e9fugi\u00e9es doivent se battre contre un syst\u00e8me d\u2019asile hostile et s\u2019adapter \u00e0 leur nouvel environnement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un des plus grands d\u00e9fis est d\u2019apprendre \u00e0 communiquer dans une langue \u00e9trang\u00e8re. C\u2019est particuli\u00e8rement difficile en Suisse, le pays comptant quatre langues nationales et une vari\u00e9t\u00e9 de dialectes largement parl\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces circonstances, le sport peut \u00eatre un moyen pr\u00e9cieux pour s\u2019int\u00e9grer, apprendre la langue et retrouver un sentiment d\u2019autonomie, explique Anja Klug.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord incapable de parler un mot de fran\u00e7ais ou d\u2019allemand, Baddredin Wais a rapidement rejoint une petite \u00e9quipe de cyclistes amateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abLe cyclisme m\u2019a beaucoup aid\u00e9. J\u2019\u00e9tais avec des Suisses tous les jours, je conversais pendant une ou deux heures\u00bb, explique-t-il dans son dialecte al\u00e9manique, qu\u2019il ma\u00eetrise d\u00e9sormais sans peine. \u00abJ\u2019ai compris le pays, les r\u00e8gles et m\u00eame la langue de plus en plus vite.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"5048\" height=\"3365\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Habtom-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-97216\" style=\"width:777px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Habtom-1.png 5048w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Habtom-1-300x200.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Habtom-1-150x100.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 5048px) 100vw, 5048px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a0Habtom Amaniel\u00a0SWI swissinfo.ch<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La course \u00e0 pied a fourni \u00e0 Habtom Amaniel un r\u00e9seau de contacts locaux. Un athl\u00e8te et entra\u00eeneur suisse avait mis sur pied un groupe de course \u00e0 pied fr\u00e9quent\u00e9 par des personnes r\u00e9fugi\u00e9es ainsi que par des habitants et habitantes de la r\u00e9gion. \u00abCela m\u2019a permis de rencontrer beaucoup de gens, une aubaine pour ma vie sociale en Suisse\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce au soutien du groupe, la course de Habtom Amaniel s\u2019est progressivement am\u00e9lior\u00e9e. Il r\u00eavait toujours de participer aux Jeux olympiques, mais un obstacle s\u2019est dress\u00e9 sur sa route.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 la recherche d\u2019une \u00e9quipe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour participer \u00e0 des Jeux olympiques, les athl\u00e8tes doivent pouvoir repr\u00e9senter un pays, explique Gonzalo Barrio, responsable de l\u2019\u00e9quipe olympique des r\u00e9fugi\u00e9s du Comit\u00e9 international olympique (CIO). Les personnes migrantes comme Habtom Amaniel et Baddredin Wais se retrouvent dans le flou.<\/p>\n\n\n\n<p>En tant que r\u00e9fugi\u00e9s en Suisse, ils ne peuvent plus repr\u00e9senter leur pays d\u2019origine mais, bien que leur statut de r\u00e9fugi\u00e9 soit officiellement reconnu, ils ne sont pas non plus citoyens suisses et ne peuvent donc pas concourir sous le drapeau helv\u00e9tique. \u00abLeur carri\u00e8re sportive \u00e9tait mise entre parenth\u00e8ses, c\u2019\u00e9tait un vrai probl\u00e8me\u00bb, poursuit Gonzalo Barrio.<\/p>\n\n\n\n<p>La solution est venue de l\u2019\u00e9quipe olympique des r\u00e9fugi\u00e9s. Fond\u00e9e en 2016, elle constitue la premi\u00e8re opportunit\u00e9 pour des athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s de concourir sur la sc\u00e8ne olympique.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette initiative a \u00e9t\u00e9 suivie par la cr\u00e9ation de la Fondation olympique pour les r\u00e9fugi\u00e9s (ROF) du CIO et de ses bourses d\u2019\u00e9tudes pour les athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s, dot\u00e9es de 1500 dollars (pr\u00e8s de 1400 francs suisses) par mois pour financer l\u2019entra\u00eenement et les frais de subsistance de 70 boursiers et boursi\u00e8res dans le monde entier, dont Habtom Amaniel et Badreddin Wais.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abL\u2019objectif \u00e9tait de permettre aux r\u00e9fugi\u00e9s de participer \u00e0 des comp\u00e9titions d\u2019\u00e9lite, de repr\u00e9senter et inspirer les millions de personnes r\u00e9fugi\u00e9es et d\u00e9plac\u00e9es dans le monde\u00bb, explique Gonzalo Barrio depuis son bureau de Lausanne, si\u00e8ge du CIO.<\/p>\n\n\n\n<p>Dix athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s du monde entier ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s par le CIO pour participer aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Quatre ans plus tard, ils et elles \u00e9taient 29 \u00e0 participer \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019ouverture des JO de 2020 \u00e0 Tokyo. L\u2019un d\u2019entre eux \u00e9tait Baddredin Wais. Le nombre de concurrents et concurrentes r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Paris n\u2019a encore pas \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En se classant 38e dans l\u2019\u00e9preuve cycliste individuelle contre la montre, il est devenu le deuxi\u00e8me r\u00e9fugi\u00e9 install\u00e9 en Suisse \u00e0 participer \u00e0 des Jeux olympiques. \u00abC\u2019\u00e9tait un sentiment tr\u00e8s sp\u00e9cial, se rem\u00e9more-t-il, ma famille et mes amis \u00e9taient si fiers.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Recherch\u00e9 en Syrie pour avoir quitt\u00e9 le pays et s\u2019\u00eatre soustrait au service militaire obligatoire, Baddredin Wais n\u2019a pas pu revoir de nombreux membres de sa famille au cours des ann\u00e9es qui ont suivi sa fuite. Son p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 lorsqu\u2019il est arriv\u00e9 en Suisse. \u00abJ\u2019aurais vraiment aim\u00e9 avoir mon p\u00e8re \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s et lui dire: \u2018Nous avons r\u00e9ussi, nous sommes aux Jeux olympiques\u2019\u00bb, confie-t-il.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"6000\" height=\"4000\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Baddredin-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-97217\" style=\"width:775px\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Baddredin-3.png 6000w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Baddredin-3-300x200.png 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Baddredin-3-150x100.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 6000px) 100vw, 6000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Baddredin Wais sur son v\u00e9lo.\u00a0SWI swissinfo.ch<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Des am\u00e9liorations en cours<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 le soutien du CIO, les athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s rencontrent encore des difficult\u00e9s et ne peuvent parfois pas prendre part \u00e0 certaines comp\u00e9titions.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre le CIO qui g\u00e8re les Jeux olympiques, il existe des f\u00e9d\u00e9rations sportives ind\u00e9pendantes qui r\u00e9gissent chaque sport et organisent des comp\u00e9titions internationales de moindre envergure.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les 42 f\u00e9d\u00e9rations sportives internationales reconnues par le CIO, seules 13 ont actuellement des cat\u00e9gories autorisant explicitement les personnes r\u00e9fugi\u00e9es \u00e0 concourir.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc impossible pour les athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s de participer \u00e0 la plupart des petits \u00e9v\u00e9nements organis\u00e9s par ces f\u00e9d\u00e9rations, ce qui repr\u00e9sente un d\u00e9savantage certain.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abPour concourir \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur, il faut aussi le faire \u00e0 un niveau inf\u00e9rieur\u00bb, commente Baddredin Wais. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 des comp\u00e9titions de moindre envergure permet aux athl\u00e8tes de s\u2019entra\u00eener, d\u2019acqu\u00e9rir de l\u2019exp\u00e9rience et, au final, de r\u00e9ussir sur la sc\u00e8ne olympique.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, m\u00eame s\u2019ils et elles sont en mesure de participer, les athl\u00e8tes r\u00e9fugi\u00e9s se voient parfois refuser l\u2019entr\u00e9e dans un pays. Cela peut se produire pour des raisons politiques ou parce que les gardes-fronti\u00e8res ne comprennent pas leurs documents et les refoulent, explique Gonzalo Barrio.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Habtom Amaniel et Baddredin Wais se disent tous deux tr\u00e8s satisfaits du soutien du CIO, le financement qu\u2019ils re\u00e7oivent n\u2019est pas suffisant pour leur permettre de s\u2019entra\u00eener comme des professionnels \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 son entra\u00eenement quotidien, Habtom Amaniel travaille comme peintre en b\u00e2timent. Badreddin Wais est quant \u00e0 lui employ\u00e9 un jour par semaine dans un magasin de sport de la vieille ville de Berne.<\/p>\n\n\n\n<p>Badreddin Wais souligne n\u00e9anmoins que la bourse lui a permis de se concentrer davantage sur son cyclisme. Il s\u2019entra\u00eene d\u00e9sormais r\u00e9guli\u00e8rement avec une \u00e9quipe bas\u00e9e \u00e0 Lyon (France) et travaille avec l\u2019\u00e9quipe nationale suisse pour participer \u00e0 de grandes comp\u00e9titions.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle lui a \u00e9galement ouvert les portes de diverses courses, et il s\u2019est r\u00e9cemment class\u00e9 14e dans le relais par \u00e9quipe mixte lors des championnats du monde de cyclisme \u00e0 Glasgow.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Habtom Amaniel, la perspective d\u2019aller aux Jeux olympiques de Paris cette ann\u00e9e repr\u00e9sente la concr\u00e9tisation de ses ambitions ultimes. \u00abJ\u2019en r\u00eave jour et nuit. Cela me trotte dans la t\u00eate en permanence, dit-il en souriant. C\u2019est mon objectif principal et je ferai tout ce qu\u2019il faut pour l\u2019atteindre.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Texte relu et v\u00e9rifi\u00e9 par Virginie Mangin\/ds, traduit de l\u2019anglais par Lucie Donz\u00e9\/ptur<\/em><\/p>\n\n\n    <\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abJ\u2019en r\u00eave jour et nuit. Cela me trotte dans la t\u00eate en permanence. C\u2019est mon objectif principal et je ferai tout ce qu\u2019il faut pour l\u2019atteindre.\u00bb Habtom Amaniel Les guerres et les dictatures n&rsquo;\u00e9pargnent pas les athl\u00e8tes. Une fois obtenu le statut de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7es, ils ne peuvent plus repr\u00e9senter leur pays d\u2019origine, ni leur nouveau &hellip; <a href=\"https:\/\/asile.ch\/de\/2024\/05\/14\/swissinfo-participer-aux-jeux-olympiques-sans-pays-a-representer\/\">Continued<\/a><\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":97214,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160],"tags":[294,1159,206,977,242,1243,203],"ve_numero":[],"pays":[263,82,340],"ve_type":[1061],"ve_action":[1050],"class_list":["post-97211","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","tag-discrimination","tag-documentation","tag-integration","tag-langues","tag-solidarite","tag-sport","tag-temoignage-2","pays-erythree","pays-suisse","pays-syrie","ve_type-article-de-presse","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97211","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97211"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97211\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":97225,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97211\/revisions\/97225"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media\/97214"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97211"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97211"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=97211"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=97211"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=97211"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/de\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=97211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}