{"id":106728,"date":"2025-12-30T12:00:00","date_gmt":"2025-12-30T11:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/asile.ch\/?p=106728"},"modified":"2025-12-22T13:05:46","modified_gmt":"2025-12-22T12:05:46","slug":"campus-unige-plongee-dans-le-plus-grand-camp-de-refugies-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2025\/12\/30\/campus-unige-plongee-dans-le-plus-grand-camp-de-refugies-du-monde\/","title":{"rendered":"Campus (UniGe) | A Deep Dive into the World's Largest Refugee Camp"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"accroche\">Dans le cadre du programme InZone, des scientifiques de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve ont organis\u00e9 une formation en sant\u00e9 communautaire\u00a0pour des r\u00e9fugi\u00e9s du camp de Cox\u2019s Bazar, au Bangladesh. Une d\u00e9marche unique dans ce camp qui abrite plus d\u2019un million de Rohingyas ayant fui les violences et les pers\u00e9cutions dont ils sont la cible depuis des ann\u00e9es dans la Birmanie voisine.\u00a0L&rsquo;article que nous relayons aujourd&rsquo;hui propose une plong\u00e9e dans ce camp et ce programme acad\u00e9mique unique par les paroles et les souvenirs de Karl Blanchet, superviseur de la formation en sant\u00e9 communautaire que lui et son \u00e9quipe ont lanc\u00e9e en f\u00e9vrier. <\/span><\/p>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;article est initialement paru dans <a href=\"https:\/\/www.unige.ch\/campus\/campus163\/extramuros\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.unige.ch\/campus\/campus163\/extramuros\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Campus, le magazine scientifique de l&rsquo;Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve.<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"500\" src=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/5EMCoxs_Bazar.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-106729\" srcset=\"https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/5EMCoxs_Bazar.jpg 750w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/5EMCoxs_Bazar-300x200.jpg 300w, https:\/\/asile.ch\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/5EMCoxs_Bazar-150x100.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Image : article d&rsquo;origine. World&rsquo;s biggest refugee camp in Kutupalong Rohingya camp near Cox&rsquo;s Bazar, Bangladesh.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Programme InZone<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9\u00e9e en 2005, le programme InZone est actif depuis plusieurs ann\u00e9es dans les camps d\u2019Azraq (Jordanie), de Kakuma (Nord-ouest du Kenya) et, plus r\u00e9cemment, de Diffa (Niger). Il met en \u0153uvre des modules d\u2019enseignement sup\u00e9rieur dans les r\u00e9gions touch\u00e9es par les conflits et les crises humanitaires et d\u00e9livre des cr\u00e9dits et des certificats reconnus par l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. L\u2019objectif principal du projet est d\u2019autonomiser, autant que faire se peut, les personnes d\u00e9plac\u00e9es qui se trouvent bloqu\u00e9es dans des pays de transit.<\/p>\n\n\n<div\n    class=\"c-block--box  is-box--\">\n    <div class=\"c-block--box-inner\">\n        \n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Dans le plus grand camp de r\u00e9fugi\u00e9s du monde<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><span class=\"accroche\">Dans le cadre du programme InZone, des scientifiques de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve ont organis\u00e9 une formation en sant\u00e9 communautaire\u00a0pour des r\u00e9fugi\u00e9s du camp de Cox\u2019s Bazar, au Bangladesh.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p>Cox\u2019s Bazar, terre de contrastes. Cette r\u00e9gion du sud du Bangladesh est connue pour son interminable plage de sable blanc, ses grands h\u00f4tels et ses villages de p\u00eacheurs pittoresques. Le tout envelopp\u00e9 dans une v\u00e9g\u00e9tation luxuriante. Peu de visiteurs se doutent qu\u2019\u00e0 moins d\u2019une heure de route de ce haut lieu de loisirs et d\u2019insouciance, quelque part au-del\u00e0 de la for\u00eat et des collines, se d\u00e9ploie le plus grand camp de r\u00e9fugi\u00e9s du monde. Loin des piscines et des restaurants s\u2019y entassent plus d\u2019un million de Rohingyas ayant fui les violences et les pers\u00e9cutions dont ils sont la cible depuis des ann\u00e9es dans la Birmanie voisine.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Il est pourtant un voyageur, en ce jour de juin 2025, qui ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019\u00eatre remu\u00e9 par cette dissonance. Professeur et directeur du Centre d\u2019\u00e9tudes humanitaires (Facult\u00e9 de m\u00e9decine) et copr\u00e9sident du Conseil de la sant\u00e9 mondiale du World Humanitarian Forum, Karl Blanchet a atterri \u00e0 Cox\u2019s Bazar et sa premi\u00e8re nuit, il l\u2019a justement pass\u00e9e dans un des h\u00f4tels touristiques de la c\u00f4te qui lui servira de base le temps de son s\u00e9jour. Au petit matin, une voiture du Haut-Commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='United Nations High Commissioner for Refugees'>HCR<\/abbr>) est venue le chercher. Chaque jour, elle fera la navette entre les deux mondes. Le camp s\u2019approche mais on ne le distingue pas encore depuis la route. Le scientifique sait n\u00e9anmoins qu\u2019il est compos\u00e9 de plus d\u2019une trentaine d\u2019entit\u00e9s administratives rassembl\u00e9es en une gigantesque agglom\u00e9ration de 24 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, implant\u00e9e \u00e0 moins de 3 km de la fronti\u00e8re avec la Birmanie.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abC\u2019est assez saisissant<\/em>, avoue Karl Blanchet.&nbsp;<em>On passe d\u2019un coup d\u2019une ambiance de d\u00e9contraction o\u00f9 l\u2019on est entour\u00e9 de vacanciers bangladais \u00e0 un environnement plus ou moins clos, peupl\u00e9 de Birmans qui sont parqu\u00e9s l\u00e0 contre leur gr\u00e9. Ces gens ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s de leur pays d\u2019origine et ils sont ind\u00e9sirables dans celui o\u00f9 ils ont \u00e9chou\u00e9. D\u00e9pourvus de citoyennet\u00e9, ils n\u2019ont, pour l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 d\u2019entre eux, nulle part o\u00f9 aller.\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Premi\u00e8re vol\u00e9e<\/strong>&nbsp;Le chercheur genevois s\u2019est rendu au Bangladesh dans le cadre du programme InZone de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, dont il est le directeur acad\u00e9mique. Sa mission consiste \u00e0 superviser la formation en sant\u00e9 communautaire que lui et son \u00e9quipe ont lanc\u00e9e en f\u00e9vrier. La trentaine d\u2019\u00e9tudiants de la premi\u00e8re vol\u00e9e assistent \u00e0 leurs derniers cours et doivent recevoir leur dipl\u00f4me \u00e0 la fin de la semaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9\u00e9e en 2005, le programme InZone est actif depuis plusieurs ann\u00e9es dans les camps d\u2019Azraq (Jordanie), de Kakuma (Nord-ouest du Kenya) et, plus r\u00e9cemment, de Diffa (Niger). Il met en \u0153uvre des modules d\u2019enseignement sup\u00e9rieur dans les r\u00e9gions touch\u00e9es par les conflits et les crises humanitaires et d\u00e9livre des cr\u00e9dits et des certificats reconnus par l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. L\u2019objectif principal du projet est d\u2019autonomiser, autant que faire se peut, les personnes d\u00e9plac\u00e9es qui se trouvent bloqu\u00e9es dans des pays de transit.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abR\u00e9cemment, nous nous sommes aper\u00e7us que nous \u00e9tions pr\u00e9sents dans les camps de personnes r\u00e9fugi\u00e9es parmi les plus importants du monde mais que nous ne travaillions pas dans le plus grand de tous\u00bb<\/em>, se rappelle Karl Blanchet.<\/p>\n\n\n\n<p>Le camp de Cox\u2019s Bazar a en effet gagn\u00e9 ce titre peu enviable quand, en 2017, une r\u00e9pression brutale s\u2019est abattue sur les Rohingyas de Birmanie poussant en quelques mois pr\u00e8s de 750 000 d\u2019entre eux \u00e0 rejoindre au Bangladesh les r\u00e9fugi\u00e9s d\u00e9j\u00e0 partis entre les ann\u00e9es 1970 et 1990. Les Rohingyas sont musulmans \u2013 et rejet\u00e9s comme tels par la Birmanie majoritairement bouddhiste \u2013 et d\u2019aucuns ont pens\u00e9 que le Bangladesh les accueillerait plus facilement pour cette raison. Ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abNous avons donc contact\u00e9 le HCR pour lui proposer nos services<\/em>, reprend le chercheur.&nbsp;<em>On nous a r\u00e9pondu que nous tombions \u00e0 pic. L\u2019\u00e9quipe qui s\u2019occupe de Cox\u2019s Bazar avait en effet de la peine \u00e0 attirer des Universit\u00e9s, contrairement \u00e0 ce qui se passe dans d\u2019autres camps dans le monde. C\u2019est ainsi que \u00e7a a commenc\u00e9.\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me, c\u2019est que l\u2019on ne peut pas intervenir facilement dans le camp de Cox\u2019s Bazar. Les autorit\u00e9s bangladaises sont tr\u00e8s sourcilleux sur tout ce qui a trait aux r\u00e9fugi\u00e9s. Leur implantation \u00e9tant officiellement temporaire, la moindre initiative qui pourrait encourager une installation plus p\u00e9renne est interdite. Les r\u00e9fugi\u00e9s n\u2019ont ainsi pas le droit de travailler hors du camp ni d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une \u00e9ducation tertiaire. Le fait qu\u2019une universit\u00e9 comme celle de Gen\u00e8ve, dont l\u2019enseignement acad\u00e9mique est pr\u00e9cis\u00e9ment la sp\u00e9cialit\u00e9, souhaite intervenir risque donc d\u2019\u00eatre vu d\u2019un mauvais \u0153il. C\u2019est pourquoi le HCR s\u2019est charg\u00e9 d\u2019obtenir les autorisations n\u00e9cessaires aux \u00e9quipes venues de Gen\u00e8ve. La formation d\u00e9livr\u00e9e par InZone est d\u2019ailleurs labellis\u00e9e comme un cours de capacity building, et non un cours \u00abuniversitaire\u00bb, afin de passer entre les fourches caudines de l\u2019administration bangladaise.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enchev\u00eatrement de toitures<\/strong>&nbsp;Une fois ces formalit\u00e9s achev\u00e9es, entrer physiquement dans l\u2019enceinte n\u2019est en soi pas une grande affaire. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre fray\u00e9 un passage \u00e0 travers la multitude de rickshaws, de v\u00e9los-taxis et de bus qui se font soudainement plus nombreux, la voiture de Karl Blanchet p\u00e9n\u00e8tre finalement dans le camp. Il n\u2019y a ni barri\u00e8re ni poste de contr\u00f4le. La police surveille sans doute les alentours, mais sa pr\u00e9sence ne se fait pas ressentir.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, ce qui, vu d\u2019en haut, ressemble \u00e0 un enchev\u00eatrement infini et invraisemblable de toitures, est en r\u00e9alit\u00e9 relativement propre et bien organis\u00e9. C\u2019est en tout cas l\u2019impression du chercheur genevois. Il croise sur sa route de nombreuses organisations non gouvernementales ainsi que des services de sant\u00e9, d\u2019\u00e9ducation ou encore destin\u00e9s \u00e0 la jeunesse. Les rues regorgent aussi de petites boutiques. Certaines chauss\u00e9es sont m\u00eame pav\u00e9es, ce qui s\u2019av\u00e8re indispensable lorsque la mousson provoque d\u2019importantes inondations et des \u00e9boulements. L\u2019oc\u00e9an de baraques plus ou moins bien construites ondule sur une topographie vallonn\u00e9e et travers\u00e9e par plusieurs cours d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abLa densit\u00e9 de population est terriblement \u00e9lev\u00e9e<\/em>, pr\u00e9cise Karl Blanchet.&nbsp;<em>Et il y a beaucoup de d\u00e9s\u0153uvrement chez les jeunes. Ces ingr\u00e9dients favorisent la violence, les commerces illicites et les probl\u00e8mes de radicalisation. Il existe d\u2019ailleurs des gangs qui organisent des trafics ill\u00e9gaux, notamment d\u2019armes, avec l\u2019ext\u00e9rieur et m\u00eame avec la Birmanie. La vie dans le camp est donc relativement dangereuse. Et les autorit\u00e9s bangladaises sont inqui\u00e8tes. Contr\u00f4ler un million de personnes, ce n\u2019est pas simple.\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>O\u00f9 sont les femmes?<\/strong>&nbsp;Karl Blanchet se rend directement dans l\u2019entit\u00e9 administrative du \u00abcamp n\u00b0 2\u00bb, l\u00e0 o\u00f9 sont organis\u00e9es les activit\u00e9s d\u2019InZone, profitant des structures d\u00e9j\u00e0 existantes et g\u00e9r\u00e9es par les ONG locales. Les scientifiques genevois collaborent notamment avec BRAC (Bangladesh Rural Advancement Committee), qui a imagin\u00e9 en 1974 l\u2019utilisation de microcr\u00e9dits pour lutter contre la pauvret\u00e9. Depuis, l\u2019organisation s\u2019est consid\u00e9rablement d\u00e9velopp\u00e9e au point de devenir un acteur majeur dans le d\u00e9veloppement du pays. Elle a m\u00eame cr\u00e9\u00e9 une universit\u00e9, la BRAC University, devenue l\u2019une des plus importantes du Bangladesh avec ses 20 000 \u00e9tudiants. Absente jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent du camp de Cox\u2019s Bazar, cette institution envisage d\u2019y \u00e9tendre ses activit\u00e9s depuis l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. En tout cas, un contact a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli \u00e0 ce propos entre les deux acad\u00e9mies.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois arriv\u00e9 sur place, Karl Blanchet rencontre la vol\u00e9e d\u2019\u00e9tudiants sur le point d\u2019\u00eatre dipl\u00f4m\u00e9s.&nbsp;<em>\u00abLa plupart des \u00e9tudiants, \u00e2g\u00e9s entre 22 et 28 ans, sont d\u00e9j\u00e0 des agents de sant\u00e9 communautaire qui travaillent pour M\u00e9decins sans fronti\u00e8res et d\u2019autres ONG bangladaises<\/em>, pr\u00e9cise-t-il.&nbsp;<em>Ils ont tous un excellent niveau d\u2019anglais, ce qui est un pr\u00e9requis pour suivre nos cours. Mais ils montrent surtout une motivation extraordinaire qu\u2019on n\u2019a rencontr\u00e9e nulle part ailleurs. Ils sont avides d\u2019apprendre. Le seul b\u00e9mol, c\u2019est que ce ne sont que des hommes. Au d\u00e9but du cours, nous nous sommes demand\u00e9: mais o\u00f9 sont les femmes?\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une rapide enqu\u00eate, il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que les parents des jeunes femmes, pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du camp, ne voulaient pas les laisser se rendre seules au learning hub du camp n\u00b0 2. Par ailleurs, chez les Rohingyas, le niveau d\u2019anglais et d\u2019\u00e9tudes en g\u00e9n\u00e9ral des filles est beaucoup moins bon que celui des gar\u00e7ons, ce qui rend plus difficile l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la formation d\u2019InZone.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00e9viter que cela ne se reproduise, les scientifiques ont commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer le recrutement de la deuxi\u00e8me vol\u00e9e avant m\u00eame que la premi\u00e8re ait termin\u00e9 son cursus. En accord avec le HCR, des agents ont ainsi approch\u00e9 les parents pour expliquer la d\u00e9marche et les convaincre de l\u2019int\u00e9r\u00eat de laisser leur fille participer \u00e0 une formation. En m\u00eame temps, une ONG locale a lanc\u00e9 un programme passerelle visant \u00e0 mettre \u00e0 niveau les connaissances des jeunes femmes int\u00e9ress\u00e9es afin qu\u2019elles puissent int\u00e9grer le prochain cours de sant\u00e9 communautaire en f\u00e9vrier prochain.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abPlus de la moiti\u00e9 de la prochaine cohorte sera compos\u00e9e de femmes<\/em>, promet Karl Blanchet.&nbsp;<em>C\u2019est important car la formation en sant\u00e9 communautaire d\u2019InZone d\u00e9livre des cr\u00e9dits ainsi qu\u2019un dipl\u00f4me reconnus par l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve et donc par l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 acad\u00e9mique internationale. Ce titre peut aussi, et surtout, aider \u00e0 l\u2019obtention d\u2019un visa donnant droit \u00e0 l\u2019asile et donc \u00e0 la possibilit\u00e9 de quitter le camp. Sur les 30 \u00e9tudiants de la premi\u00e8re vol\u00e9e, quatre ont ainsi r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9crocher la possibilit\u00e9 de se rendre aux Philippines.\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quatre sur un million, ce n\u2019est certes pas beaucoup, mais c\u2019est une lueur d\u2019espoir. Pour la maintenir, voire la faire cro\u00eetre, les collaborateurs d\u2019InZone multiplient les initiatives. Une formation suppl\u00e9mentaire, portant sur la sant\u00e9 mentale, est ainsi en cours d\u2019\u00e9laboration.&nbsp;<em>\u00abL\u2019\u00e9quipe du HCR de Cox\u2019s Bazar est incroyablement enthousiaste,<\/em>&nbsp;se r\u00e9jouit Karl Blanchet.&nbsp;<em>Elle propose d\u00e9j\u00e0 plusieurs cours sur diff\u00e9rents th\u00e8mes, avec des contenus et des manuels. Mais il lui manquait des professeurs pouvant porter la formation \u00e0 un niveau suffisant pour pr\u00e9tendre \u00e0 un dipl\u00f4me reconnu dans le monde entier.\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il existe par ailleurs un programme d\u2019\u00e9ducation, actuellement d\u00e9velopp\u00e9 par Myriam Radhouane et Abdeljalil Akkari, respectivement professeure assistante et professeur \u00e0 la Facult\u00e9 de psychologie et des sciences de l\u2019\u00e9ducation, dont le but est de perfectionner la formation p\u00e9dagogique des enseignants qui travaillent dans les \u00e9coles des camps.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve est, avec celle d\u2019Oslo, coresponsable du tout nouveau programme Global University Academy (GUA). Cette initiative, soutenue par le HCR, vise \u00e0 rassembler toutes les universit\u00e9s de bonne volont\u00e9 qui acceptent de participer et de d\u00e9velopper des cours pour les personnes r\u00e9fugi\u00e9es dans le monde, chacune dans les disciplines de son choix. Une trentaine d\u2019institutions ont d\u00e9j\u00e0 rejoint le mouvement.&nbsp;<\/p>\n\n\n    <\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre du programme InZone, des scientifiques de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve ont organis\u00e9 une formation en sant\u00e9 communautaire\u00a0pour des r\u00e9fugi\u00e9s du camp de Cox\u2019s Bazar, au Bangladesh. Une d\u00e9marche unique dans ce camp qui abrite plus d\u2019un million de Rohingyas ayant fui les violences et les pers\u00e9cutions dont ils sont la cible depuis des &hellip; <a href=\"https:\/\/asile.ch\/en\/2025\/12\/30\/campus-unige-plongee-dans-le-plus-grand-camp-de-refugies-du-monde\/\">Continued<\/a><\/p>","protected":false},"author":46,"featured_media":106729,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[160],"tags":[613,1159,1160,620],"ve_numero":[],"pays":[670],"ve_type":[1061],"ve_action":[1050],"class_list":["post-106728","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","tag-camp-de-refugies","tag-documentation","tag-ecole","tag-rohingya","pays-bangladesh","ve_type-article-de-presse","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106728","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/46"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=106728"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106728\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":106730,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106728\/revisions\/106730"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/106729"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=106728"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=106728"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=106728"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=106728"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=106728"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=106728"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=106728"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}