{"id":11868,"date":"2013-11-02T13:09:20","date_gmt":"2013-11-02T13:09:20","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=11868"},"modified":"2021-08-26T14:09:48","modified_gmt":"2021-08-26T12:09:48","slug":"csdh-protection-de-la-vie-familiale-et-application-de-la-clause-de-souverainete-dans-le-cadre-du-reglement-dublin-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2013\/11\/02\/csdh-protection-de-la-vie-familiale-et-application-de-la-clause-de-souverainete-dans-le-cadre-du-reglement-dublin-ii\/","title":{"rendered":"CSDH | Protection de la vie familiale et application de la clause de souverainet\u00e9 dans le cadre du r\u00e8glement Dublin II"},"content":{"rendered":"<h2>Dans un arr\u00eat du 17 avril 2013, le Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral juge que l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral des migrations doit, en vertu de l\u2019art. 8 <abbr class='c2c-text-hover' title='Convention europ\u00e9enne des droits de l&#039;homme'>CEDH<\/abbr>, faire application de la clause de souverainet\u00e9 et se saisir de la demande d\u2019asile d\u2019un requ\u00e9rant dont l\u2019\u00e9pouse et l\u2019enfant ont le statut de r\u00e9fugi\u00e9 en Suisse.<\/h2>\n<p><em><strong>Information publi\u00e9e sur le site du Centre suisse de comp\u00e9tence pour les droits humains (<a href=\"http:\/\/www.skmr.ch\/frz\/index.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CSDH<\/a>), le 18 septembre 2013. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.skmr.ch\/frz\/domaines\/migration\/nouvelles\/protection-vie-familiale-dublin.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">here<\/a> pour consulter l&rsquo;information sur le site du CSDH.<\/strong><\/em><\/p>\n<div>\n<h3>Pertinence pratique<\/h3>\n<ul>\n<li>Transfert Dublin incompatible avec l\u2019art. 8 CEDH et application de la clause de souverainet\u00e9 pour un requ\u00e9rant dont l\u2019\u00e9pouse et l\u2019enfant sont des r\u00e9fugi\u00e9s reconnus en Suisse.<\/li>\n<li>Rappel de la hi\u00e9rarchie des crit\u00e8res de d\u00e9termination de l\u2019\u00c9tat responsable et du \u00abprincipe de p\u00e9trification\u00bb qui exige la prise en compte de l\u2019\u00e9tat de fait au moment du d\u00e9p\u00f4t de la premi\u00e8re demande d\u2019asile.<\/li>\n<li>Obligation pour l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral des migrations de mentionner toutes les indications utiles permettant \u00e0 l\u2019\u00c9tat Dublin de se prononcer sur la reprise en charge du requ\u00e9rant.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Un ressortissant \u00e9rythr\u00e9en d\u00e9pose une demande d\u2019asile en Italie avant d\u2019entrer en Suisse, o\u00f9 son \u00e9pouse enceinte et son enfant r\u00e9sident comme r\u00e9fugi\u00e9s reconnus. L\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral des migrations (<abbr class='c2c-text-hover' title='Federal Office for Migration'>ODM<\/abbr>) refuse de se saisir de sa nouvelle demande d\u2019asile et d\u00e9cide son transfert vers l\u2019Italie. Le requ\u00e9rant saisit le Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral (<abbr class='c2c-text-hover' title='Federal Administrative Court'>TAF<\/abbr>) invoquant le droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale (<a href=\"http:\/\/www.admin.ch\/opc\/fr\/classified-compilation\/19500267\/index.html#a8\">art. 8 CEDH<\/a>).<\/p>\n<p>Le TAF se demande tout d\u2019abord si l\u2019ODM \u00e9tait fond\u00e9 \u00e0 ne pas entrer en mati\u00e8re sur la demande d\u2019asile du requ\u00e9rant (<a href=\"http:\/\/www.admin.ch\/opc\/fr\/classified-compilation\/19995092\/index.html#a34\">art. 34 al. 2 let. d <abbr class='c2c-text-hover' title='Asylum Law'>LA si<\/abbr><\/a>). L\u2019Italie, en tant que lieu de d\u00e9p\u00f4t de la premi\u00e8re demande d\u2019asile, est r\u00e9put\u00e9e avoir reconnu sa comp\u00e9tence pour traiter la demande d\u2019asile du requ\u00e9rant, car elle n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 la demande de reprise en charge de la Suisse dans le d\u00e9lai imparti (art. 20 par. 1 points b et c du <a href=\"http:\/\/eur-lex.europa.eu\/LexUriServ\/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2003:050:0001:0010:FR:PDF\">r\u00e8glement Dublin II<\/a>).<\/p>\n<p>Toutefois, l\u2019art. 7 du r\u00e8glement Dublin II \u00e9nonce que \u00absi un membre de la famille du demandeur d\u2019asile, que la famille ait \u00e9t\u00e9 ou non pr\u00e9alablement form\u00e9e dans le pays d\u2019origine, a \u00e9t\u00e9 admis \u00e0 r\u00e9sider en tant que r\u00e9fugi\u00e9 dans un \u00c9tat membre, cet \u00c9tat membre est responsable de l\u2019examen de la demande d\u2019asile, \u00e0 condition que les int\u00e9ress\u00e9s le souhaitent\u00bb. Le TAF rappelle que ce crit\u00e8re de d\u00e9termination de l\u2019\u00c9tat responsable prime le crit\u00e8re du lieu de d\u00e9p\u00f4t de la premi\u00e8re demande d\u2019asile de l\u2019art. 13 du r\u00e8glement Dublin II; sur cette base, la Suisse pourrait \u00eatre d\u00e9sign\u00e9e comme l\u2019\u00c9tat responsable. N\u00e9anmoins, en vertu du \u00abprincipe de p\u00e9trification\u00bb de l\u2019art. 5 par. 2 du r\u00e8glement Dublin II qui exige de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019\u00e9tat de fait qui pr\u00e9valait au moment du d\u00e9p\u00f4t de la premi\u00e8re demande d\u2019asile, ce crit\u00e8re de l\u2019art. 7 du r\u00e8glement Dublin II n\u2019est applicable que si, premi\u00e8rement, la famille existait d\u00e9j\u00e0 au moment du d\u00e9p\u00f4t de la premi\u00e8re demande d\u2019asile du requ\u00e9rant et, secondement, si le membre de la famille dont il est question s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 vu reconna\u00eetre la qualit\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9. Cette seconde condition fait d\u00e9faut dans le cas d\u2019esp\u00e8ce car l\u2019\u00e9pouse du requ\u00e9rant ne se trouvait pas encore en Suisse au b\u00e9n\u00e9fice de la qualit\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque du d\u00e9p\u00f4t de la demande d\u2019asile du requ\u00e9rant en Italie.<\/p>\n<p>Le TAF admet ensuite qu\u2019il y a lieu d\u2019appliquer la clause de souverainet\u00e9 pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019art. 3 par. 2 du r\u00e8glement Dublin II, en lien avec l\u2019art. 8 CEDH qui garantit le droit \u00e0 l\u2019unit\u00e9 de la famille. En effet, l\u2019\u00e9pouse et l\u2019enfant du requ\u00e9rant b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un droit de pr\u00e9sence en Suisse, si bien qu\u2019il n\u2019est pas envisageable d\u2019exiger de leur part qu\u2019ils reconstituent une cellule familiale en Italie, o\u00f9 en outre le requ\u00e9rant ne b\u00e9n\u00e9ficie que d\u2019une protection subsidiaire. Contrairement \u00e0 l\u2019ODM, le TAF rel\u00e8ve que le requ\u00e9rant et son \u00e9pouse, m\u00eame s\u00e9par\u00e9s durant plus de six ans, poursuivent actuellement une relation qualifi\u00e9e d\u2019\u00e9troite et effective. La famille vit sous le m\u00eame toit et un second enfant commun est n\u00e9 en 2013. Par ailleurs, rien ne met en doute la r\u00e9alit\u00e9 de leur mariage.<\/p>\n<p>Enfin, le TAF constate que l\u2019ODM \u2013 en ne mentionnant pas dans sa requ\u00eate de reprise en charge que l\u2019\u00e9pouse et l\u2019enfant du requ\u00e9rant ont la qualit\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9 en Suisse \u2013 a omis d\u2019attirer l\u2019attention de l\u2019Italie sur la situation familiale du requ\u00e9rant (art. 20 par. 1 point a du r\u00e8glement Dublin II). Correctement inform\u00e9e, l\u2019Italie aurait certainement demand\u00e9 \u00e0 la Suisse d\u2019examiner elle-m\u00eame la demande d\u2019asile du requ\u00e9rant, en vertu de la clause humanitaire (art. 15 par. 1 du r\u00e8glement Dublin II).<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un arr\u00eat du 17 avril 2013, le Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral juge que l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral des migrations doit, en vertu de l\u2019art. 8 <abbr class='c2c-text-hover' title='Convention europ\u00e9enne des droits de l&#039;homme'>CEDH<\/abbr>, faire application de la clause de souverainet\u00e9 et se saisir de la demande d\u2019asile d\u2019un requ\u00e9rant dont l\u2019\u00e9pouse et l\u2019enfant ont le statut de r\u00e9fugi\u00e9 en Suisse.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159,187,194,223,672],"ve_numero":[],"pays":[],"ve_type":[1090],"ve_action":[1050],"class_list":["post-11868","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","tag-dublin","tag-jurisprudence","tag-taf","tag-vie-familiale","ve_type-jurisprudence","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11868","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11868"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11868\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11868"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11868"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11868"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=11868"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=11868"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=11868"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=11868"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}