{"id":13378,"date":"2014-01-08T18:14:43","date_gmt":"2014-01-08T18:14:43","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=13378"},"modified":"2021-08-26T14:08:43","modified_gmt":"2021-08-26T12:08:43","slug":"irin-au-dela-des-frontieres-comment-aider-les-refugies-nomades","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/01\/08\/irin-au-dela-des-frontieres-comment-aider-les-refugies-nomades\/","title":{"rendered":"IRIN | Au-del\u00e0 des fronti\u00e8res: comment aider les r\u00e9fugi\u00e9s nomades"},"content":{"rendered":"<h2>Les populations nomades ou semi-nomades ont souvent du mal \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la vie dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s. Elles sont habitu\u00e9es aux grands espaces et \u00e0 la possibilit\u00e9 de se d\u00e9placer et elles voyagent souvent avec de nombreuses b\u00eates, qui constituent \u00e0 la fois leurs biens et leurs moyens de subsistance. Or, les camps sont restreints par des limites g\u00e9ographiques permettant de d\u00e9terminer qui re\u00e7oit de l\u2019aide et garantissant le respect des normes humanitaires.<\/h2>\n<p><em><strong>Article publi\u00e9 sur le site d&rsquo;IRIN, le 18 novembre 2013. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/report\/99141\/au-del%C3%A0-des-fronti%C3%A8res-comment-aider-les-r%C3%A9fugi%C3%A9s-nomades\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de l&rsquo;IRIN.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>Les organisations d\u2019aide humanitaire doivent cependant de plus en plus veiller non seulement \u00e0 prot\u00e9ger la vie des r\u00e9fugi\u00e9s, mais \u00e9galement \u00e0 leur permettre de se remettre des crises. Accueillir le b\u00e9tail des \u00e9leveurs pastoraux est souvent la meilleure mani\u00e8re d\u2019y parvenir.<\/p>\n<p>L\u2019exode de populations pastorales du nord du Mali au cours du conflit de 2012 a pouss\u00e9 les organisations d\u2019aide humanitaire \u00e0 \u00e9tudier de nouvelles m\u00e9thodes pour aider les \u00e9leveurs et leur b\u00e9tail. IRIN a interrog\u00e9 les \u00e9quipes du Haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>) au Niger et en Mauritanie sur les solutions adopt\u00e9es pour aider ces r\u00e9fugi\u00e9s nomades.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9gime alimentaire<\/strong><\/p>\n<p>Le camp de Mbera, en Mauritanie, accueille environ 68 000 r\u00e9fugi\u00e9s maliens sur 350 hectares. Bien que les familles ne soient pas du tout \u00e0 l\u2019\u00e9troit, elles se plaignent de ne pas avoir assez d\u2019espace, car elles ne sont pas habitu\u00e9es \u00e0 \u00eatre aussi proches de leurs voisins. Certaines plantent leur tente de mani\u00e8re \u00e0 ce que leur entr\u00e9e ne soit pas face \u00e0 leurs voisins, d\u2019autres s\u2019installent en bordure du camp, o\u00f9 elles se sentent un peu plus isol\u00e9es.<\/p>\n<p>Les habitants du camp font preuve de cr\u00e9ativit\u00e9 pour s\u2019adapter \u00e0 la vie du camp. Le Programme alimentaire mondial (PAM) distribue ses rations habituelles \u2014 l\u00e9gumes secs, c\u00e9r\u00e9ales et huile, plut\u00f4t que le lait et la viande auxquels les Maliens du Nord sont habitu\u00e9s. Mais les r\u00e9fugi\u00e9s ont lanc\u00e9 leurs propres laiteries et ont ouvert un abattoir avec l\u2019aide de l\u2019organisation non gouvernementale (ONG) Action Contre la Faim (ACF).<\/p>\n<p>\u00ab Les abattoirs et les laiteries ne font pas partie de nos comp\u00e9tences \u00bb, a dit d\u2019un air pince-sans-rire Moise Ballo, directeur par int\u00e9rim du PAM en Mauritanie. L\u2019organisation \u00e9tudie cependant la question de savoir si la distribution d\u2019argent en esp\u00e8ces pourrait fonctionner dans le camp et si les habitants pourraient s\u2019en servir pour acheter ce qu\u2019ils souhaitent.<\/p>\n<p>Le HCR reconna\u00eet les complications que pourrait apporter la mise en service d\u2019une cha\u00eene d\u2019approvisionnement en viande et en produits laitiers conforme aux normes d\u2019hygi\u00e8ne. L\u2019organisme dit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 vacciner et vermifuger le b\u00e9tail pour r\u00e9duire les risques de maladies.<\/p>\n<p>Environ 14 laiteries sont actuellement en fonctionnement et distribuent du lait aux familles qui n\u2019en ont pas. \u00ab Le lait est indispensable pour nous. Si nous n\u2019en avons pas, nous tombons malades \u00bb, a dit Aitaa Ag Mahmoud, \u00e9leveur, en \u00e9voquant une maladie appel\u00e9e \u00ab takagress \u00bb en tamachek, une langue locale. \u00ab Sans lait, nous attrapons la fi\u00e8vre, nous n\u2019avons pas d\u2019\u00e9nergie, nous avons la diarrh\u00e9e et nous pouvons m\u00eame vomir \u00bb, a-t-il dit sous les hochements de t\u00eate des autres \u00e9leveurs qui l\u2019entouraient.<\/p>\n<p>Les familles qui ne poss\u00e8dent pas de b\u00e9tail vendent g\u00e9n\u00e9ralement une partie de leurs rations alimentaires \u2014 les l\u00e9gumes secs, le plus souvent \u2014 pour acheter de la viande, du lait, des condiments, du charbon ou du savon, qui sont vendus \u00e0 prix fort.<\/p>\n<p><strong>Eau<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019animaux dans le camp, mais la plupart des familles ont un proche ou, pour les plus ais\u00e9s, un employ\u00e9, qui fait pa\u00eetre leurs b\u00eates sur les circuits de p\u00e2turage proches du camp, en Mauritanie et au Mali. Les quelques t\u00eates de b\u00e9tail qui se trouvent dans le camp ont r\u00e9guli\u00e8rement besoin d\u2019eau, mais les points d\u2019eau sont insuffisants dans l\u2019est de la Mauritanie et une grande partie de ceux qui existent doivent \u00eatre remis en \u00e9tat. Les p\u00e2turages sont par ailleurs rares cette ann\u00e9e, car les pluies ont \u00e9t\u00e9 faibles dans cette r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Oxfam a construit deux abreuvoirs pour le b\u00e9tail \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres du camp, connect\u00e9s au syst\u00e8me d\u2019approvisionnement en eau du camp. Lors de la visite d\u2019IRIN, au moins 300 vaches, ch\u00e8vres et moutons attendaient leur tour pour boire. L\u2019eau coulait faiblement dans l\u2019abreuvoir qui \u00e9tait con\u00e7u pour les moutons et les ch\u00e8vres, ce qui provoquait la col\u00e8re des \u00e9leveurs.<\/p>\n<p>\u00ab Le propri\u00e9taire ne cesse de couper l\u2019eau et nous devons donc attendre pendant des heures \u00bb, a dit Mohamed Dirja Dadir Mohamed, \u00e9leveur. La plupart disaient qu\u2019ils appr\u00e9ciaient cet approvisionnement en eau, mais qu\u2019ils avaient besoin de bien plus d\u2019abreuvoirs entre le camp et le Mali.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons vraiment besoin d\u2019aide. Nos b\u00eates ne sont pas en bonne sant\u00e9 ici. Elles ont besoin de plus d\u2019eau. Nous avons besoin de vaccins [&#8230;] C\u2019est difficile pour nous de survivre dans ces conditions. \u00bb<\/p>\n<p>La mise en place de seulement un ou deux points d\u2019eau autour du camp pousse les animaux \u00e0 rester au m\u00eame endroit et favorise ainsi le surp\u00e2turage, a alert\u00e9 l\u2019ONG allemande SPANA, qui a conseill\u00e9 au HCR de financer la cr\u00e9ation de points d\u2019eau le long des circuits de p\u00e2turage traditionnels.<\/p>\n<p>Hovig Etyemezian, directeur du HCR \u00e0 Bassikounou, si\u00e8ge local des organisations travaillant \u00e0 Mbera, s\u2019est montr\u00e9 r\u00e9ceptif \u00e0 ces conseils. Il a remarqu\u00e9 que le HCR \u00e9tait sorti de la phase d\u2019urgence, durant laquelle il veillait en priorit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins essentiels des r\u00e9fugi\u00e9s. Le HCR cherche maintenant \u00e0 leur apporter une meilleure qualit\u00e9 de vie en essayant de trouver des solutions pour les aider \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des revenus, pour am\u00e9liorer les \u00e9coles et pour r\u00e9pondre aux besoins de leur b\u00e9tail. M. Etyemezian collecte d\u2019ailleurs des informations sur les lieux les plus adapt\u00e9s pour construire ou restaurer des points d\u2019eau pour le b\u00e9tail.<\/p>\n<p>\u00ab Nous devons r\u00e9pondre aux besoins des r\u00e9fugi\u00e9s et si ce sont des \u00e9leveurs de b\u00e9tail, nous devons en tenir compte \u00bb, a dit M. Etyemezian \u00e0 IRIN.<\/p>\n<p>L\u2019ONG locale SOS Desert a tent\u00e9 d\u2019aider les \u00e9leveurs en distribuant du fourrage aux animaux producteurs de lait, en les vaccinant et les vermifugeant, en remettant en \u00e9tat une douzaine de puits autour du camp pour les \u00e9leveurs et en essayant de mettre sur pied des jardins mara\u00eechers, entre autres activit\u00e9s, \u00ab juste pour que les gens ne perdent pas espoir \u00bb, a dit Ahmed Ibrahim, directeur de l\u2019organisation \u00e0 Mbera. Selon lui, aider les populations d\u2019accueil favorisera \u00e9galement la bonne entente avec les r\u00e9fugi\u00e9s. Mais seulement deux \u00e0 cinq pour cent des animaux du camp ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ces activit\u00e9s, a-t-il estim\u00e9.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9curit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour adapter le camp aux besoins des \u00e9leveurs pastoraux, le HCR doit comprendre leur n\u00e9cessit\u00e9 de se d\u00e9placer \u00e0 la recherche de p\u00e2turages et les informer des conditions de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019organisme travaille en collaboration avec la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Mali et d\u2019autres organisations pour identifier des zones de s\u00e9curit\u00e9 vertes, oranges et rouges au Mali.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, environ 1 000 habitants du camp de Mbera sont officiellement rentr\u00e9s au Mali de leur plein gr\u00e9. La plupart des \u00e9leveurs interrog\u00e9s par IRIN ont cependant dit que l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9tait encore trop grande. Ils craignaient d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des terroristes \u00e0 cause de leur appartenance ethnique et avaient peur de se faire voler leur b\u00e9tail.<\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les populations nomades ou semi-nomades ont souvent du mal \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la vie dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s. Elles sont habitu\u00e9es aux grands espaces et \u00e0 la possibilit\u00e9 de se d\u00e9placer et elles voyagent souvent avec de nombreuses b\u00eates, qui constituent \u00e0 la fois leurs biens et leurs moyens de subsistance. 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