{"id":14025,"date":"2014-02-01T20:35:46","date_gmt":"2014-02-01T20:35:46","guid":{"rendered":"http:\/\/asile.ch\/wp\/?p=14025"},"modified":"2021-08-26T14:08:33","modified_gmt":"2021-08-26T12:08:33","slug":"irin-les-refugies-nigerians-inquietent-le-cameroun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asile.ch\/en\/2014\/02\/01\/irin-les-refugies-nigerians-inquietent-le-cameroun\/","title":{"rendered":"IRIN | Les r\u00e9fugi\u00e9s nig\u00e9rians inqui\u00e8tent le Cameroun"},"content":{"rendered":"<h3>Sur les milliers de r\u00e9fugi\u00e9s nig\u00e9rians contraints de fuir les combats entre les membres du groupe djihadiste Boko Haram et l\u2019arm\u00e9e nig\u00e9riane dans le nord-est du pays, seuls environ 1 800 se sont install\u00e9s dans un camp \u00e9tabli au Cameroun voisin. D\u2019autres sont partis vivre chez des proches habitant dans des villages situ\u00e9s le long de la fronti\u00e8re, ce qui complique le processus d\u2019identification et soul\u00e8ve l\u2019inqui\u00e9tude des autorit\u00e9s camerounaises qui craignent de voir des insurg\u00e9s infiltrer les communaut\u00e9s locales.<\/h3>\n<p><em><strong>Article publi\u00e9 sur le site de l&rsquo;IRIN, le 30 d\u00e9cembre 2013. Cliquez <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/fr\/reportfrench.aspx?ReportID=99406&amp;utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> pour lire l&rsquo;article sur le site de l&rsquo;IRIN.<\/strong><\/em><\/p>\n<div class=\"c-block--box c-block--default\"><div class=\"c-block--box-inner\"><\/p>\n<p>La fronti\u00e8re entre le Cameroun et le Nigeria traverse plusieurs villages o\u00f9 vivent des groupes ethniques similaires ; les autorit\u00e9s locales indiquent que les Nig\u00e9rians qui se sont install\u00e9s chez leurs parents camerounais ne se consid\u00e8rent g\u00e9n\u00e9ralement pas comme des r\u00e9fugi\u00e9s, ils affirment qu\u2019ils ne font que rendre visite \u00e0 leur famille. On trouve des groupes comme les Hausa et les Fulani dans le nord-est du Nig\u00e9ria et dans la r\u00e9gion camerounaise du Grand Nord.<\/p>\n<p>Les mouvements et le commerce transfrontaliers entre les deux r\u00e9gions se sont toujours fait sans difficult\u00e9 ; les communaut\u00e9s qui vivent des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re sont endogames et partagent une culture commune. Cependant, depuis que l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 dans les \u00e9tats nig\u00e9rians de Borno, Yobe et Adamawa, au nord-est du pays, en mai 2013, et que le pays a d\u00e9ploy\u00e9 des troupes et lanc\u00e9 une offensive militaire contre Boko Haram, les activit\u00e9s transfrontali\u00e8res ont connu un ralentissement, les craintes li\u00e9es \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 se sont accrues et les civils ont \u00e9t\u00e9 contraints de fuir.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons remarqu\u00e9 que les r\u00e9fugi\u00e9s ne veulent pas s\u2019\u00e9loigner des villages [frontaliers] \u00bb, a dit \u00e0 IRIN Ndeye Ndour, la repr\u00e9sentante du Haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<abbr class='c2c-text-hover' title='Haut commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s'>HCR<\/abbr>) au Cameroun. \u00ab Ils veulent passer la nuit au Cameroun et traverser [la fronti\u00e8re] le lendemain pour s\u2019occuper de leurs commerces ou de leurs fermes au Nig\u00e9ria. Nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un dilemme : pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9, le gouvernement ne veut pas que ces r\u00e9fugi\u00e9s s\u2019installent le long de la fronti\u00e8re, car il craint une infiltration de Boko Haram \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Refus de s\u2019installer dans le camp<\/strong><\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s camerounaises ont enregistr\u00e9 8 200 r\u00e9fugi\u00e9s nig\u00e9rians et le HCR a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la v\u00e9rification de 5 000 d\u2019entre eux pour l\u2019instant, mais seuls 1 852 r\u00e9fugi\u00e9s ont accept\u00e9 d\u2019\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s au camp de Minawao, \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re. Les autres ont choisi de rester chez des proches install\u00e9s dans des villages frontaliers.<\/p>\n<p>Selon Mme. Ndour, des chefs de villages ont dissuad\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019aller \u00e0 Minawao dans l\u2019espoir que le HCR et les autres organisations d\u2019aide humanitaire s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 leurs communaut\u00e9s et y construisent des \u00e9coles ou des h\u00f4pitaux. C\u2019est le cas dans l\u2019est du Cameroun, o\u00f9 des r\u00e9fugi\u00e9s originaires de la R\u00e9publique centrafricaine (RCA) sont h\u00e9berg\u00e9s par les communaut\u00e9s locales. \u00ab Ce qui fait la diff\u00e9rence entre ces deux groupes [de la RCA et du Nig\u00e9ria], c\u2019est la question de la s\u00e9curit\u00e9. Les r\u00e9fugi\u00e9s ne peuvent pas rester le long de la fronti\u00e8re de la r\u00e9gion du Grand Nord \u00bb, a-t-elle dit.<\/p>\n<p>En octobre 2013, les forces camerounaises reconduisaient une centaine de Nig\u00e9rians soup\u00e7onn\u00e9s d\u2019appartenir \u00e0 Boko Haram \u00e0 la fronti\u00e8re entre le Nig\u00e9ria et le Cameroun lorsque des coups de feu ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s. Quinze des Nig\u00e9rians ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s, certains ont r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019\u00e9chapper et les autres ont \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9s au Cameroun.<\/p>\n<p><strong>La menace Boko Haram<br \/>\n<\/strong><br \/>\n\u00ab Lorsque les r\u00e9fugi\u00e9s arrivent, ils devraient aller au camp, mais si certains d\u2019entre eux refusent, cela veut dire que quelque chose ne va pas, et ce sont ces personnes que nous ramenons \u00bb, a dit Bob-Iga Emmanuel, directeur de la division de la police rattach\u00e9e au bureau du gouverneur de la r\u00e9gion du Grand Nord.<\/p>\n<p>Boko Haram a revendiqu\u00e9 l\u2019enl\u00e8vement d\u2019une famille fran\u00e7aise en mars 2013 et celui d\u2019un pr\u00eatre fran\u00e7ais dans la r\u00e9gion camerounaise du Grand Nord en novembre, ce qui met en lumi\u00e8re la [<a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/report\/99174\/with-cross-border-attacks-boko-haram-threat-widens\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">menace croissante<\/a>] que repr\u00e9sente le groupe et la difficult\u00e9 de surveiller les 1 690 km de fronti\u00e8re. Le Nig\u00e9ria et le Cameroun travaillent \u00e0 la mise en place de patrouilles conjointes de s\u00e9curit\u00e9 pour lutter contre les militants islamistes.<\/p>\n<p>Le Cameroun n\u2019a pas rejoint les Forces interarm\u00e9es multinationales qui se composent de troupes nig\u00e9riennes, nig\u00e9rianes et tchadiennes. Elles ont \u00e9t\u00e9 mises en place \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 pour combattre la criminalit\u00e9 transnationale et elles m\u00e8nent des op\u00e9rations de contre-terrorisme depuis l\u2019\u00e9mergence de Boko Haram. Les autorit\u00e9s de la capitale camerounaise, Yaound\u00e9, craignent que le pays ne devienne la cible des attaques de Boko Haram en cas de participation \u00e0 la force r\u00e9gionale. Selon certaines personnes, ces craintes sont injustifi\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019offensive militaire nig\u00e9riane a chass\u00e9 les insurg\u00e9s de la plupart des zones urbaines du nord-est du pays ; les combattants islamistes se trouveraient d\u00e9sormais dans les montagnes nig\u00e9rianes de Gwoza, non loin de la fronti\u00e8re camerounaise, mais la milice radicale poursuit ses <a href=\"http:\/\/www.irinnews.org\/report\/99319\/updated-timeline-of-boko-haram-attacks-and-related-violence\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">violences<\/a>.<\/p>\n<p>Ali Shouek, 34 ans, vit avec sa femme et ses cinq enfants dans le camp de Minawao. Il a dit que des hommes arm\u00e9s appartenant au groupe Boko Haram avaient lanc\u00e9 un raid sur sa ville de Maiduguri en d\u00e9cembre 2012, tuant et blessant des civils, br\u00fblant des \u00e9glises et enlevant des enfants. Il a dit que la nuit de leur fuite du Nig\u00e9ria avait \u00e9t\u00e9 un \u00ab enfer \u2026 Ils [les combattants de Boko Haram] ont dit qu\u2019ils voulaient faire de la r\u00e9gion une r\u00e9gion islamique. Si vous \u00eates chr\u00e9tien, vous avez int\u00e9r\u00eat \u00e0 vous convertir ou ils vous tuent. Si vous acceptez de vous convertir, ils vous font faire leurs activit\u00e9s \u2013 br\u00fbler des maisons et attaquer des civils \u00bb.<\/p>\n<p><strong>La vie dans le camp<\/strong><\/p>\n<p>Le camp de Minawao, pr\u00e9vu pour accueillir 10 000 personnes, a ouvert en juin 2013 dans le d\u00e9partement de Mokolo, situ\u00e9 dans la r\u00e9gion camerounaise du Grand Nord. Il est encore en construction. Des \u00e9coles et un poste de police ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s ; des puits de forage et des toilettes sont en construction. Les personnes install\u00e9es dans le camp b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un abri et re\u00e7oivent des rations alimentaires mensuelles ainsi que d\u2019autres produits non alimentaires. \u00ab Jusqu\u2019ici tout va bien \u00bb, a dit M. Shouek. \u00ab Mais la maison, c\u2019est la maison. On ne peut pas comparer sa maison avec quoi que ce soit d\u2019autre \u00bb. Le HCR indique que le camp est un espace la\u00efc qui accueille aussi bien chr\u00e9tiens que musulmans.<\/p>\n<p>Mustafa Bukara, 35 ans, a dit qu\u2019il \u00e9tait le seul membre de sa famille \u00e0 avoir fui au Cameroun. Il a dit \u00e0 IRIN que les chr\u00e9tiens et les musulmans s\u2019entendaient bien, bien que M. Shouek ait parl\u00e9 de tensions au d\u00e9but. \u00ab Imaginez ce que \u00e7a fait d\u2019\u00eatre chass\u00e9 de votre maison par un serpent et de retrouver ce serpent \u2026 dans votre [lieu de] refuge. Ils [les musulmans] s\u2019enfuient \u00e0 cause de l\u2019arm\u00e9e, pas \u00e0 cause de Boko Haram \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Mesures de s\u00e9curit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s camerounaises indiquent qu\u2019elles ont renforc\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 pour parer \u00e0 toute attaque de Boko Haram. Il a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 aux chefs de village d\u2019identifier les \u00e9trangers, notamment les pr\u00e9dicateurs inconnus dans leur r\u00e9gion, et de signaler leur pr\u00e9sence, a dit Ouhe Kolandi, un responsable en charge de l\u2019administration et des affaires civiles dans le d\u00e9partement de Mokolo.<\/p>\n<p>Suite aux remous en R\u00e9publique centrafricaine voisine et dans le nord-est du Nig\u00e9ria, le Cameroun est devenu une zone plus s\u00fbre pour les personnes qui fuient le conflit. Le pays accueille plus de 100 000 r\u00e9fugi\u00e9s venant des deux pays voisins. Cependant, le Cameroun aussi est expos\u00e9 \u00e0 des risques de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Albert Sidi, responsable des affaires \u00e9conomiques et culturelles au bureau du gouverneur de la r\u00e9gion du Grand Nord, a dit : \u00ab Nous n\u2019avons pas les ressources n\u00e9cessaires pour surveiller toutes les fronti\u00e8res \u00bb.<\/p>\n<p><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur les milliers de r\u00e9fugi\u00e9s nig\u00e9rians contraints de fuir les combats entre les membres du groupe djihadiste Boko Haram et l\u2019arm\u00e9e nig\u00e9riane dans le nord-est du pays, seuls environ 1 800 se sont install\u00e9s dans un camp \u00e9tabli au Cameroun voisin. D\u2019autres sont partis vivre chez des proches habitant dans des villages situ\u00e9s le long de la fronti\u00e8re, ce qui complique le processus d\u2019identification et soul\u00e8ve l\u2019inqui\u00e9tude des autorit\u00e9s camerounaises qui craignent de voir des insurg\u00e9s infiltrer les communaut\u00e9s locales.<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[155,162],"tags":[1159],"ve_numero":[],"pays":[411,260],"ve_type":[1073],"ve_action":[1050],"class_list":["post-14025","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentation","category-publications","tag-documentation","pays-cameroun","pays-nigeria","ve_type-rapport-recherche","ve_action-documentation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14025","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14025"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14025\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14025"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14025"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14025"},{"taxonomy":"ve_numero","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_numero?post=14025"},{"taxonomy":"pays","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pays?post=14025"},{"taxonomy":"ve_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_type?post=14025"},{"taxonomy":"ve_action","embeddable":true,"href":"https:\/\/asile.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ve_action?post=14025"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}